Mémoires d’un guerrier de la scientologie – Résumé – Partie 1

J’ai traduit « Memoirs of a Scientology Warrior » par « Mémoires d’un guerrier de la scientologie », plutôt que par « Mémoires d’un guerrier scientologue ». Pourquoi ? Parce que Marty Rathbun, aujourd’hui, ne se considère plus comme scientologue.

Dans le résumé qui suit, je me suis attardé sur les faits qui, pour moi, sont les plus significatifs. Il couvre un peu plus du premier tiers du livre. La suite dans quelques jours.

* * * * *

Dans le premier chapitre de son livre, Marty raconte qu’il vient d’une famille très perturbée. Lorsqu’il a cinq ans, sa mère, suivie depuis des années par des psychiatres, se suicide en se jetant du Golden Gate Bridge. Ses deux frères aînés ne s’en remettront jamais. Le plus âgé, Scott (huit ans de plus que Marty), diagnostiqué « schizophrène », passera la majeure partie de sa vie adulte en hôpital psychiatrique. Son autre frère, Bruce (quatre ans de plus que Marty), fera des allers-retours en hôpital psy avant de mourir poignardé à 27 ans au cours d’une rixe dans un bar.

A la fin des années 2000, quand l’église de scientologie démarre sa campagne de haine contre Marty, elle se sert de ses antécédents familiaux pour tenter de convaincre les médias et les scientologues qu’il est fou à lier et qu’il vient d’une famille de cinglés – bref, que c’était génétique, invalidant au passage toutes les théories dianétiques. Tout cela, bien entendu, venait de ses dossiers confidentiels de paroissien. Au cours d’une séance d’audition, Marty avait contacté un incident prénatal dans lequel sa mère avait reçu des électrochocs alors qu’elle était enceinte de lui. Le choc avait éjecté Marty du corps du fœtus (la première extériorisation de sa vie présente) et il était resté là à regarder la terrible scène en se demandant s’il devait réintégrer le corps ou aller se réincarner ailleurs. Finalement, il opta pour la première solution.

Mais quelque chose tarabustait Marty : cet incident était-il réel ou imaginaire ? En effet, sa famille ne lui en avait jamais parlé. Quelque temps plus tard, il raconta l’incident à sa tante, qui, stupéfaite, le confirma.

Je passe rapidement sur l’enfance et l’adolescence de Marty : un père qui se remarie deux fois, deux frères traumatisés par le suicide de leur mère et qui détestent ses « remplaçantes » et Marty qui tente, en vain, de faire régner un semblant de paix familiale.

Dans les années 70, quand la famille s’installe à Laguna Beach, en Californie, il se prend de passion pour le basket-ball. Il joue d’abord au streetball et rencontre un jeune marginal qui l’initie au Tao. Puis, il intègre l’équipe du lycée dont il devient rapidement un joueur clé. Au cours d’un match, il extériorise avec toutes les perceptions et prend conscience de sa nature spirituelle. Il prend également conscience d’un rapport télépathique avec l’un des joueurs avec lequel il multiplie les passes à l’aveugle.

Alors que Marty est dans sa dernière année de lycée, son frère Bruce est renvoyé de l’armée pour comportement violent et enfermé à l’asile d’Oakland. Marty réussit à le faire sortir et s’occupe de lui comme il peut en faisant avec lui de longues randonnées et autres activités en plein air.

Puis suivent deux années de fac passées surtout à prendre des drogues hallucinogènes et à essayer diverses techniques de méditation avec plus ou moins de succès. A l’été 1977, Rathbun arrête la fac avec l’intention de voyager et de devenir écrivain comme ses héros, Kerouac et Hemingway. Il fait des petits boulots en Oregon et en Californie. Un jour son père lui téléphone : Bruce a rechuté et a été enfermé à l’hôpital psy de Portland. Marty s’y rend immédiatement. Il s’agit de l’hôpital de Dammasch, là où a été tourné Vol au-dessus d’un nid de coucou. Il réussit à nouveau à faire sortir Bruce et s’installe avec lui dans un minuscule appartement qu’il a loué avec ses maigres économies. Mais Bruce est très vite repris par ses vieux démons, se fait arrêter et se retrouve à nouveau à Dammasch. Marty jette l’éponge. Il ne peut rien pour son frère. Il décide de prendre le bus et de partir pour le Mexique. Il est temps pour lui de vivre sa vie.

Alors qu’il se rend à la gare routière pour prendre le bus, il rencontre Mark, l’un des « body routers » de la mission de Portland. Les « body routers » sont les employés d’une mission ou d’une église de scientologie qui écument les rues pour trouver de nouveaux paroissiens. Marty les croisait de temps en temps dans la rue mais n’avait eu, jusque là, aucune véritable conversation avec eux. Avant de prendre son bus, Rathbun demande à Mark de lui dire ce qu’est la scientologie. Mark lui dit qu’en essence, la scientologie est spécialisée dans la communication. Cela éveille l’intérêt de Marty car soudain il se dit que s’il améliore son niveau de communication, peut-être pourra-t-il aider son frère après tout.

Au lieu de partir pour le Mexique, Rathbun s’inscrit au cours de communication et découvre les TR de 0 à 4 qui, à l’époque, se font à la dure. Sur le TR 0, il en bave. Un jour, il découvre qu’il peut être là, à l’aise et confronter, et il extériorise avec toutes les perceptions. Mais cette fois-ci, son extériorisation ne dure pas quelques secondes mais de longues minutes. Il en informe son superviseur qui lui dit qu’il a réussi l’exercice et qu’il peut « redescendre » quand bon lui semblera. Qu’il savoure cette victoire.

A partir de cet instant, Rathbun est totalement converti. Il termine son cours, puis lit le Livre Un de la dianétique. On l’informe aussi sur les différents niveaux du tableau des grades. Il trouve un boulot et va quotidiennement voir Bruce (son frère) à Dammasch. Peu à peu, il parvient à entrer en communication avec lui et à le convaincre qu’il existe une sortie de secours : la dianétique et la scientologie. Entre temps, il achète des livres, le cours de la casquette de l’étudiant (sudent hat) et un électromètre, ce qui lui mange toutes ses économies. Il réussit à faire sortir Bruce une fois de plus. Il l’emmène à la mission et là, patatras, on lui annonce que son frère ne peut être audité à cause de ses séjours répétés chez les psys. Bruce le prend très mal et se referme comme une huitre, cessant de communiquer avec Marty qui ne sait plus quoi faire pour lui remonter le moral.

Il commence le Student Hat à la mission et se prend KSW 1 de plein fouet. Il comprend très vite qu’il ne pourra pas continuer à étudier la scientologie s’il n’est pas à 100% d’accord avec les règles dictées par KSW, lesquelles demandent une soumission aveugle qui est en contradiction totale avec le fait de penser par soi-même. Finalement, il laisse son intégrité au vestiaire et décide d’adhérer, à contrecœur, à ces règles en raisonnant que c’est la seule façon pour lui de continuer à étudier la scientologie et peut-être de sauver son frère. Ce n’est que 30 ans plus tard qu’il comprend son erreur en lisant L’Âge de Raison, de Thomas Paine : Lorsqu’un homme a corrompu et prostitué la pureté de son esprit au point de souscrire à des choses en lesquelles il ne croit pas, il s’est préparé à commettre n’importe quel crime.

Peu après, un recruteur de la Sea Org arrive à la mission de Portland et convainc Marty de signer un contrat d’un milliard d’années en lui assénant l’argument massue : Grâce à la Sea Org, Marty va pouvoir contribuer à nettoyer le domaine de la santé mentale.

Marty se retrouve à Los Angeles dans le complexe immobilier (en pleine rénovation) du Cedars of Lebanon Hospital qui couvre tout un pâté de maisons à la lisière du centre ville et qui regroupe l’org Classe IV de Los Angeles, l’org avancée qui dispense les niveaux supérieurs, la maison d’édition (Pubs Org, qui, plus tard, deviendra Bridge publications), et le QG du management de la Côte Ouest. Ces bâtiments, construits dans les années 30, ont été rachetés par l’église pour une bouchée de pain dans les années 70. Rathbun se retrouve sur le EPF (Estates Project Force), stage d’initiation à la Sea Org : cinq heures de travaux manuels et cinq heures de cours consacrés à l’étude des Flag Orders (règlements de LRH relatifs à la Sea Org) et des conférences de Hubbard traitant exclusivement de la Sea Org et de sa raison d’être : remettre l’éthique en place sur la planète et lui apporter la santé d’esprit en dépit des efforts des ennemis de la scientologie pour l’en empêcher. Sur le moment, Rathbun, qui jusque là avait plutôt mené une vie de bohême, trouve qu’il s’agit là « d’une expérience socialiste plutôt réussie » même si la discipline militaire et les uniformes de la marine ne l’enthousiasment guère.

Après l’EPF et divers boulots, Rathbun est posté comme manutentionnaire dans la Pubs Org (maison d’édition). Il a droit à cinq heures d’étude par jour. Au bout de quelques semaines, son superviseur de cours, John Colletto, un Classe VIII, est envoyé au RPF (Rehabilitation Project Force – le camp de réinsertion de la Sea Org) car on a découvert qu’il était un « rockslammeur ». Le rockslam est un mouvement anarchique et violent de l’aiguille de l’électromètre qui, d’après Hubbard, montre que la personne a des intentions nuisibles. Un jour, Colletto quitte brusquement le RPF et s’évapore dans la nature. Sa femme, Diane, est également membre de la Sea Org et occupe le poste de directeur du marketing des livres de Hubbard.

Un soir, le cousin de Diane demande à Marty d’attendre la jeune femme et de la raccompagner jusqu’à ses quartiers. John Colletto l’aurait menacée et elle ne se sent pas en sécurité. Marty monte dans la voiture de Diane qui démarre. Ils n’arriveront jamais à destination. John Colletto surgit dans une vieille Volvo et percute le véhicule de Diane qui fait une embardée et s’immobilise contre le trottoir. Colletto sort de la Volvo, arme au poing, fracasse la vitre côté Diane et lui tire une balle dans la jambe. Marty est déjà sorti de la voiture et saute sur Colletto. S’ensuit un violent corps à corps entre Colletto et Marty qui tente de le désarmer. Colletto estourbit Marty à coups de crosse. Marty extériorise et voit Colletto courir vers Diane, blessée à la jambe. Elle gît sur la route à quelques mètres de sa voiture. Colletto lui tire une balle dans la bouche, lâche son arme et s’enfuit.

Marty, tout d’abord soupçonné du crime, est finalement innocenté. Deux jours plus tard, John Colletto est retrouvé mort. Il s’est tiré une balle dans la tête. Durant la cérémonie scientologique des obsèques de la jeune femme, Marty perçoit Diane qui le remercie d’avoir risqué sa vie, sort par une fenêtre et disparaît. Marty considère cette expérience spirituelle comme l’une des plus fortes de son existence – « la perception objective d’une âme qui extériorise et qui poursuit son existence après la mort du corps. »

L. Ron Hubbard entend parler de l’acte d’héroïsme du jeune Sea Org. Peu après, Marty est transféré à la base secrète où vit Hubbard – située à la Quinta en Californie. Nous sommes en 1978 et la vie de Rathbun va changer du tout au tout.

A suivre…

33 réflexions sur « Mémoires d’un guerrier de la scientologie – Résumé – Partie 1 »

  1. Merci pour tout le temps que vous prenez en traduisant pour les frenchies que nous sommes des articles ou livres qui ne sont malheureusement pas traduits dans notre langue.
    Dégager l’essentiel n’est pas facile. Merci encore !
    Je ne peux pas dire que le baromètre des sujets traités soit au beau fixe, alors prenez le temps de prendre le soleil et d’apprécier le ciel bleu.
    Affectueusement.

  2. Bravo Voltaire.
    Marty, personnage de western.
    Marty Rathbun ex sherif a épousé indienne et veut la peau de Dave, ancien complice qui tient la ville avec la bande des squirrelbuster (les frères Allender, bas de plafond) avec l’aide de Mike Rinder (Dean Martin).
    On a compris que Marty c’est John Wayne… Pour 1 euro, c’est quel film ?
    Tiziano Lugli dans le rôle du Kid à la guitare. Qui déjà l’acteur ?
    On peut allonger le casting !

  3. bonjour Voltaire, après réflexion j’ai décidé que je n’avais pas ma place ici. J’ai essayé de supprimer mon compte mais je n’ai pas trouver de lien. Pourriez-vous le faire et enlever également tous mes commentaires. Merci

      1. Objection mon capitaine ! Que le compte de Virgile soit supprimé, ok mais pas ses commentaires. Il faut qu’il les assume :
        1) Beaucoup de gens lui ont répondu et si nos réponses à ses commentaires restent, ça va faire décousu.
        2) Je ne suis pas ok pour que mes réponses à ses commentaires disparaissent. Toute réponse peut élargir le point de vue de quelqu’un.
        Voilà !

    1. Virgile, tes commentaires ont fait réfléchir des gens et ont fait naître des points de vue que ces gens n’ont peut être pas envie de voir partir en fumée…
      Tes propos étaient très intéressants et créaient du débat, pourquoi vouloir partir ?
      Et puis personne ne te connaît, ça fait quoi si tes commentaires restent ? Explique-nous s’te plaît. 🙂

    2. Hello Virgile ! As-tu trouvé une meilleure idée pour communiquer tes désaccords avec l’église et Miscavige ? Si oui, je suis intéressé de savoir comment !Fais-nous en profiter ! 🙂 Ou alors tu considères que tu as commis un « péché » en t’exprimant librement sur ce blog et la peur de motivateurs t’a fait demander à Voltaire de supprimer tout ce que tu as écrit ? Ou quelqu’un t’a invalidé ? ici ça débat sec, c’est vrai mais ce serait vraiment bête que tu n’aies pas perçu nos grandes sensibilités.

    3. Rectification : Désolé Virgile, mais après avoir jeté un coup d’oeil à vos commentaires, il m’est impossible de les supprimer car beaucoup de bloggers y ont répondu. Je n’ai aucune intention de supprimer (censurer) leurs réponses.

      De toute façon, je ne vois pas où est le problème. Personne ne vous connaît. Vous pouvez disparaître aussi anonymement que vous êtes apparu.

    4. Le regret transforme nos efforts en contre-efforts. Pour ta sérenité, tu devrais juste assumer que tu as bien écrit ce que tu as écrit. C’est moins douloureux, je t’assure que le fait de se retirer ! En demandant la suppression de tes commentaires, tu dit que tu n’es pas propriétaire de ce que tu avais écrit ou que tu ne veux plus l’être…

  4. Bonjour,
    ne voyez pas quelque chose de compliqué dans mon départ. Je suis quelqu’un de plutôt simple mais je sais aussi analyser. Je suis plein de certitudes concernant la Tech et LRH. La seule chose sur laquelle j’ai douté un moment concerne David Miscavige. Ces doutes sont apparus car j’ai donné beaucoup de crédit aux propos tenus par des vétérans de la scientologie. Ce n’est pas de cette manière que j’acquiers « ma certitude ». Je n’ai subit aucune influence. De plus, j’ai déjà dit que je ne ferais jamais parti des indépendants. Il est plus simple pour moi de garder mes certitudes et d’écarter ce que je peux facilement mettre en doute puisque je ne peux pas le vérifier concrètement, par moi-même. C’est dommage que mes commentaires ne puissent pas être supprimés. Puisqu’il en est ainsi, je profite de ce post pour invalider toutes mes critiques vu qu’elles ne sont pas fondées. Je me suis juste laissé emporter par une vague sur laquelle je n’aurais pas dû me trouver. Chacun est libre de penser ce qu’il veut. Mes certitudes ne concerne que moi et je ne les imposerais à personne. Ça marche aussi dans l’autre sens.
    Cordialement

    Virgile

    1. donc si j ai bien suivi, tu ne doutes plus de Dm et si tu as eu un doute c’est la faute des veterans ? Autrement dit tu as commis un overt contre Dm que tu veux que Voltaire enterre comme un os ? si tu veux remonter ta condition d ennemi aupres de l eglise va falloir assumer et avouer tout ce que tu as dit sur ce blog, virgile. il n y a pas d autre alternative a la prise de responsabilite…

    1. Bjr Virgile. Bon c’est un peu comme si tu demandais a un auditeur de jeter ses feuilles de travail apres t ‘avoir audite… Si ton desir est de retourner sous la coupe de Miscavige le mieux a faire est de confronter tes commentaires. 🙂 Pas de les cacher derriere un nouveau pseudo. Personne ne t’a pousse a les ecrire…

      1. Eh oui!
        Virgile s’est fait choper par la STASI du révérend Roux !
        T’es responsable d’avoir des postulats d’esclave mon vieux, c’est plus confortable que d’être un rebelle, mais ce n’est qu’une apparence !
        Le confort réside dans l’intégrité, pas dans la négation de sa nature profonde…

  5. salut Virgile ou « Ancien Membre ». tu dois être un peu normand p’ être bien qu’oui p’être bien qu’non. Position difficile. Très difficile. Tire-toi du blog, prends des vacances loin de tout mais vraiment de tout. Ne réfléchis pas, fais le grand VIDE. Prends-toi une année sabbatique mentale. Et à ce moment-là tu pourras prendre une bonne décision si tu ne fais pas parti de la STASI…

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