Quelques réflexions…

Le blog fait un break. Le prochain billet sera posté début septembre.

Mais rassurez-vous, je continuerai de publier vos commentaires tout l’été. 

En attendant, je vous laisse ruminer ces quelques réflexions que m’ont inspirées les commentaires de nos bloggeuses et bloggeurs les plus assidus.

Bonnes vacances à tous.

* * * * *

Tout système de pensée devient restrictif lorsque nous ne parvenons pas à nous en détacher. Nous en devenons alors l’esclave. C’est ainsi que nous bâtissons autour de nous une prison mentale et spirituelle qui nous coupe des autres points de vue et nous passons notre existence à juger et à condamner depuis l’intérieur de notre prison.

Autrement dit, nous évaluons et nous invalidons, pour reprendre la terminologie scientologue.

Il existe une infinité de « vérités ». Chacune d’elles véhicule son lot d’évaluations et d’invalidations. La scientologie ne fait pas exception.

Une philosophie ou une religion ou une thérapie se doit d’être ouverte à TOUS les points de vue, sinon elle asservit.

Un système de pensée qui n’évolue pas est un système de pensée qui est condamné à disparaître.

Ou, dit différemment, lorsque l’élève n’arrive pas à dépasser le Maître, c’est que le Maître a échoué.

John Travolta sous camisole scientologique

Dans une longue interview donnée au quotidien britannique The Telegraph, John Travolta revient sur sa carrière, sur sa rencontre avec la scientologie et sur les bienfaits que cette dernière lui a apportés.

En scientologie, on appelle ça un article « thêta » – un article qui donne une bonne image de la secte. Et Dieu sait si la scientologie a besoin d’articles « thêtas » à l’heure actuelle.

Manque de chance, cet article a été repris par des dizaines de médias à travers le monde et s’est transformé en articles « enthêtas » – des articles qui donnent une mauvaise image de la secte.

La seule chose, finalement, qui semble avoir intéressé les autres médias dans cette interview, c’est lorsque Travolta parle du décès de son fils Jett en 2009 suite à une attaque foudroyante. Travolta, après avoir nié que son fils était autiste (l’autisme est une « aberration » que les scientologues ont du mal à confronter), a finalement avoué qu’il l’était bel et bien. Il dit que s’il n’y avait pas eu la scientologie, il n’aurait jamais pu surmonter cette épreuve :

“Oh mon Dieu, je ne sais pas ce que j’aurais fait si je n’avais pas eu le soutien de la scientologie. Je ne pense pas que j’aurais pu surmonter ça. Après la mort de Jett, les scientologues sont restés avec moi tous les jours. Ils ont même voyagé avec moi quand je devais m’en aller. Cela a duré deux bonnes années. Ce n’est qu’au cours de la deuxième année que j’ai commencé à me séparer d’eux pendant un ou deux jours – juste pour voir si j’arrivais à m’en sortir tout seul.”

Cette confession de Travolta a soulevé bon nombre de questions :

Suite à la mort de son fils, Travolta avait-il commencé à douter de la scientologie et Miscavige et OSA l’ont-ils placé sous surveillance ?

Il est courant en scientologie de recevoir quelques séances d’audition lorsqu’on perd un être cher. Mais comment se fait-il que Travolta, qui est OT, ait dû être suivi spirituellement pendant deux ans pour surmonter son chagrin ? L’audition serait-elle inefficace avec lui ?

Que Travolta ait été placé sous surveillance pendant deux ans est indéniable. La secte ne peut pas se permettre de perdre une super star comme lui. Il en résulterait un exode massif d’adeptes. Bien entendu, tous les détails des séances d’audition qu’il aura reçues pour « décharger » la mort de son fils auront été transmises directement à Miscavige et à OSA.

Ce qui est troublant, dans cette interveiw, c’est le fait que Travolta reconnaisse avoir été surveillé par des scientologues pendant deux ans. S’agit-il d’une maladresse de sa part ? Ou l’a-t-il fait volontairement ?

Travolta sait très bien qu’il ne peut pas quitter la scientologie car Miscavige détient des informations sur sa vie privée qu’il n’hésiterait pas à fournir aux medias si jamais l’acteur ne filait pas droit.

Par contre, sous couvert de maladresse, Travolta a peut-être essayé de faire passer le message que la scientologie est une organisation mafieuse qui contrôle sa vie et qui la contrôlera jusqu’à la fin de ses jours. Allez savoir…

Bon, d’accord, c’est hautement improbable mais je suis un indécrottable optimiste.

Morgues idéales : La pompe à pognon de la scientologie

Sous le règne de David Miscavige, le Parrain de l’organisation mafieuse qu’est devenue la scientologie, l’accent n’a été mis que sur deux choses : l’argent et la destruction. Les deux vont de pair.

Quel est le bilan de Miscavige ?

Il a certes rempli les caisses de son église mais, ce faisant,  il a volontairement détruit la scientologie en imposant aux auditeurs SA version de la technologie de l’audition (GAT I, GAT II, Fondements) et en les obligeant à tout réétudier de multiples fois pour qu’ils aient le droit de continuer à exercer. Depuis 1996, le nombre d’auditeurs a dégringolé de façon spectaculaire car qui a envie de passer des mois et des années à réétudier une version altérée de la scientologie pour récupérer un diplôme d’auditeur qui a été arbitrairement annulé ? Pire encore, les quelques auditeurs qui ont suivi les chemins de croix que sont GAT I et GAT II ont vu toutes leurs certitudes être ébranlées et n’utilisent plus la technologie de Hubbard, mais celle de Miscavige.

La destruction initiée par Miscavige ne s’arrête pas là. Elle touche tous les paroissiens et membres du personnel de l’église. Excommunications arbitraires, familles et amitiés brisées par l’obligation de couper les ponts avec les scientologues excommuniés, violations des droits de l’homme dans la Sea Org, incessantes levées de fonds agressives, tentatives d’annhilation d’ex-scientologues qui dénoncent les crimes et les dérives de l’église, la liste est longue.

Pourquoi toute cette destruction ?

Pour continuer à faire le l’argent.

Tout ce qui intéresse Miscavige, c’est le pouvoir. Et l’argent. Car sans argent, il n’y a pas de pouvoir.

Sans argent, impossible de dépenser des centaines de millions de dollars en dizaines d’avocats chargés de maintenir Miscavige à la tête de son église et de le soustraire à la justice.

Oui, Miscavige n’est rien d’autre qu’un simple chef mafieux cynique, violent, lâche et malfaisant – comme l’a été Al Capone à son époque.

Ses deux sources principales de pépettes sont l’IAS et les orgs idéales.

Les orgs idéales, désormais surnommées « morgues idéales » par les ex-scientologues et les critiques les plus virulents de la scientologie, sont la poudre aux yeux qui permet à Miscavige de convaincre ses ouailles que la scientologie connaît une expansion sans précédent.

Voici une liste de ses orgs dites idéales, dont la plupart, ne l’oublions pas, existaient déjà et ont tout simplement déménagé dans des locaux plus grands et plus luxueux : Berlin, Bruxelles, Buffalo, Cambridge (Ontario), Cincinnati, Clearwater (Floride), Dallas, Denver, Hambourg, Johannesbourg, Kaohsiung (Taïwan), Las Vegas, Londres, Madrid, Malmö (Suède), Melbourne, Mexico, Moscou, Nashville, New York, Padova (Italie), Phoenix, Portland, Pretoria, Québec, Rome, Seattle,  Tampa, Tel Aviv et Washington DC, sans oublier les orgs californiennes d’Inglewood, Los Angeles, Los Gatos, Orange County, Pasadena, Sacramento, San Francisco et San Jose.

Manquent dans cette liste toutes les orgs idéales qui ont été achetées mais qui sont à l’abandon et en attente de rénovation depuis des années, comme par exemple Chicago, Harare, Bulawayo, Auckland, Vancouver, Philadelphie (ville natale de Miscavige), Bâle ou Zurich. Et je ne parle même pas des orgs britanniques de Birmingham, Newcastle ou Manchester.

Quel est le point commun des orgs idéales qui ont été inaugurées en grande pompe ?

Elles sont vides.

La plupart comptent entre vingt et trente membres du personnel plus ou moins apathiques qui ne touchent pas le moindre salaire. Elles sont désertées par les scientologues. Le week-end, avec un peu de chance, vous trouverez une quinzaine de paroissiens en train d’étudier les Fondements. Quant aux nouveaux publics, ils ne sont pas plus de un ou deux, chaque semaine, à prendre un cours de division 6.

Il ya 10 jours, Mike Rinder a publié les statistiques mondiales, continent par continent, org par org. C’est très, très long, mais vous serez sans doute intéressé par les comptes-rendus et les stats de l’org de Paris et du CC Paris (vers le milieu de l’article).

Que remarquons-nous en lisant tous ces comptes-rendus ? Que l’accent est mis principalement sur les levées de fonds pour l’IAS, les orgs idéales et les programmes « sociaux ». Peu ou pas de « push » pour former des auditeurs, vendre des livres et attirer de nouveaux publics. Ces orgs en sont arrivées au point où, lorsqu’elles ont réussi à faire venir un ou deux nouveaux publics  ou qu’elles ont vendu dix ou vingt livres, considèrent cela comme un gigantesque accomplissement !

L’aveuglement des OT committees dépasse l’entendement et leur efficacité est proche du zéro absolu. C’était bien la peine de dépenser des centaines de milliers d’Euros pour devenir des homo novis capables de mener l’humanité vers des cimes plus élevées. En fait, ces OT committees ne sont que des VRP et des collecteurs d’impôts pour Miscavige. Ils n’ont plus qu’un seul objectif : ruiner les paroissiens et les empêcher de progresser sur le Pont. Et accessoirement, toucher des commissions sur l’argent collecté.

90% de ces orgs ne gagnent pas assez d’argent pour régler leur loyer à Int Landlord, pour payer les charges (taxe foncière, électricité, téléphone, papier toilettes, etc) et pour rémunérer les membres du personnel. Elles sont toutes renflouées par Int Landlord, sinon elles seraient obligées de mettre la clé sous la porte. Mais pour combien de temps encore ? Les réserves d’Int Landlord ne sont pas inépuisables et ne suffiront pas, à la longue, à maintenir une trentaine d’orgs sous perfusion.

Malgré cet état de choses catastrophique, les levées de fonds continuent partout dans le monde. Plus que jamais, les paroissiens sont exhortés à participer à l’achat ou à la rénovation de nouvelles orgs idéales qui, une fois ouvertes, demeureront désespérément vides comme toutes les autres. Le cynisme et la malhonnêteté de Miscavige, du management international et des cadres et des OT COmmittees qui dirigent localement les orgs ne connaissent pas de limites.

La preuve :

Quinn Bennett, une gamine de 10 ans vient de donner 100 000 dollars pour l’org idéale de Silicon Valley ! (Le statut d’Humanitarian équivaut à 100 000 dollars.)

On reste sans voix.

Cet « exploit » a été largment commenté ici et ici.

A quand des regs à la sortie des crèches et des maternités ?

Utiliser des enfants pour collecter de l’argent est non seulement méprisable mais c’est surtout le signe que les scientologues miscavigiens sont devenus des êtres dépravés dénués de tout sens moral.

Le slogan de cette pub se veut humoristique mais ne parvient qu’à être ridicule :

« Le Bon, la Brute et l’Idéal » ? Vraiment ?

Au secours !

Il y a, cependant, une part de vérité dans ce slogan : la scientologie miscavigienne est effectivement un monde de brutes sans foi ni loi.

Jusqu’à quand Al Miscavigione va-t-il pomper les adeptes comme le font les prostituées de l’org de Bulawayo ?

Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de scientologues.

Et cela risque d’arriver plus vite qu’il ne l’imagine.

Un bordel idéal

Le blog sud-africain vient de publier un article du Daily News concernant deux orgs idéales au Zimbabwe (ex-Rhodésie).

Il y sept ou huit ans, Miscavige annonçait dans le n°120 du magazine Impact que l’IAS avait acheté deux bâtiments à Harare et à Bulawayo, les deux plus grandes villes du Zimbabwe – bâtiments destinés à devenir des « orgs idéales stratégiques ». Ce pays ne comptant qu’une poignée de scientologues, il n’y avait personne pour financer un tel projet, raison pour laquelle Miscavige, comme il l’a fait en Nouvelle-Zélande, avait puisé dans le trésor de guerre de l’IAS pour acheter les deux bâtiments et montrer à son fan club qu’il oeuvrait pour l’expansion de la scientologie.

Bien entendu, comme c’est le cas pour beaucoup d’orgs idéales, les bâtiments de Harare et de Bulawayo sont restés à l’abandon, faute d’argent pour les rénover.

Et voilà que le Daily News, journal zimbwabéen, publie un article qui raconte que l’org de Balawayo est squattée depuis sept ans par des poivrots, des SDF, des jeunes au chômage et des prostitué(e)s qui utilisent les lieux comme maison de passe.

L’org idéale de Bulawayo est devenu un lupanar idéal !

Malgré les tentatives de l’administrateur de l’org, un certain Chipere, de faire évacuer les lieux avec l’aide la police, les squatters, à peine chassés, revenaient s’installer. En dépit de plusieurs ultimatums, les occupants refusent toujours de s’en aller. Apparemment, la police traite cette affaire plutôt mollement et le porte-parole de la police locale affirme même ne pas être au courant mais qu’il va initier une enquête.

Chipere a fait savoir au Daily News qu’il se sentait impuissant et qu’il ne voyait pas comment régler cette affaire.

Chipere devrait être fou de joie. Voici enfin une org idéale qui accueille des personnes qui ont besoin d’aide. A moins qu’il ne s’agisse de pauvres hères qui, après avoir terminé GAT II, ont sombré dans l’alcoolisme et le stupre.

Chipere pourrait mettre les prostituées sur le cours de ministre volontaire et elles dispenseraient alors des « touch assists » et autres procédés de deuxième dynamique qui pourraient soulager de nombreux publics.

Le fait que les squatters réintègrent les lieux dès qu’ils en sont chassés démontre qu’ils sont heureux des services reçus et qu’ils en veulent davantage. La statistique des « personnes qui re-signent pour de nouveaux services » est un excellent indicateur de l’expansion d’une org.

Peut-être que Miscavige devrait utiliser ce modèle économique pour transformer toutes les orgs idéales à l’abandon en maisons closes. Cela permettrait de les rentabiliser.

Petite devinette : Quelle est la différence entre l’org de Bulawayo et le CC Paris ?

Aucune. Dans les deux, vous vous faites baiser, mais à Bulawayo, ça vous coûte moins cher.

The Gang Bang Theory

En 2013, Karen de la Carriere, Classe XII formée par LRH, ex-Sea Og, ex-femme de Heber Jentsch, le président de l’église de scientologie internationale qui a disparu de la circulation, a commencé à produire une série de vidéos intitulée « Surviving Scientology » (survivre à la scientologie). Ces vidéos dénoncent, souvent sous forme de satire, les crimes et les dérives de la prétendue « église » actuellement dirigée par David Miscavige.

Dans sa dernière vidéo, Karen décrit l’une des techniques de persuasion utilisée par la scientologie : la technique du gang, également surnommée technique du gang bang. Pour amadouer ou submerger la cible, on utilise un gang dans le but de la faire craquer. Il est à noter que le mot « gang », en français, est défini comme une bande organisée de malfaiteurs.

Tout d’abord, il y a le « gang bang seck checking ». Cette pratique a vu le jour au début des années 80 lors de la grande purge. Les paroissiens et les membres du personnel soupçonnés de n’être pas à 100% fidèles à la cause scientologique recevaient des « security checks » (confessions forcées) en présence d’une demi-douzaine de personnes qui leur hurlaient dessus et les accusaient des pires ignominies. Je vous laisse imaginer les traumatismes subis par ces pauvres bougres.

Ensuite, Karen nous parle du procès qui oppose l’église à Monique Rathbun – un autre exemple de la technique du gang bang : 22 avocats pour représenter la scientologie contre Ray Jeffries, l’avocat de Monique. Pour l’instant, Jeffries mènent largement aux points, pour reprendre une expression de boxe et la technique du gang bang chère à la scientologie a montré qu’elle ne fonctionne pas toujours.

Karen enchaîne avec la triste histoire de Janet Light, ex–directrice de l’IAS. Lorsque Janet a accusé Miscavige de s’enrichir personnellement avec l’argent de l’IAS au nez et à la barbe du fisc américain et exprimé son désaccord, un groupe de membres de la Sea Org enragés lui est tombé dessus (en présence de l’un des avocats de l’église, Monique Yingling !), l’a traitée plus bas que terre et l’a envoyée au tristement célèbre Trou (la prison où sont enfermés une cinquantaine de super cadres de la scientologie depuis des années). Il a ensuite fallu une demi-douzaine de Sea Org pour maîtriser le mari de Janet, rendu furieux par cet emprisonnement arbitraire.

La technique du gang bang a également été utilisée contre Mary Sue Hubbard à la mort de son mari. Sur ordre de Miscavige, toute une bande de membres du personnel en uniforme s’est rendu chez elle et l’a obligée à céder à l’église tous les biens qu’elle possédait sous le régime de la communauté.

Lorsque John Brousseau s’est évadé de la Sea Org en 2010, Miscavige a envoyé VINGT personnes, dont Tommy Davis, pour tenter de le récupérer. Brousseau n’a pas cédé.

Karen aborde ensuite le gang bang regging. Pour extorquer de l’argent à un paroissien, on envoie au minimum 4 personnes pour lui vider ses comptes en banque, de préférence tard le soir quand il n’a qu’une envie : aller se coucher. Bon nombre d’entre vous ont été victime de ces regs agressifs capables de vous harceler pendant des heures jusqu’à ce que vous jetiez l’éponge et sortiez votre carte de crédit. Une autre technique de gang bang regging est communément utilisée de nos jours. Lors d’une soirée de collecte de fonds, on ferme les portes, on place un membre du personnel devant et on ne vous laisse sortir que lorsque vous avez craché au bassinet. Si vous ne donnez rien, on vous fait sentir par le regard ou par quelque remarque assassine que vous êtes un mauvais scientologue.

Karen n’en parle pas dans sa vidéo, mais la technique du gang bang est également utilisée pour recruter de nouveaux membres du personnel. J’ai personnellement été la cible à plusieurs reprises de tentatives par un petit groupe de Sea Org de me recruter. Ils arrivent à cinq ou six, vingt minutes avant 14 heures, le jeudi, et vous mettent le contrat d’un milliard d’années sous le nez, puis tentent de vous convaincre avec force de le signer. Comme j’ai toujours détesté l’uniforme, je n’ai jamais signé, mais j’ai connu pas mal de scientologues qui, dans les mêmes circonstances, se sont laissé avoir.

Pour conclure sa vidéo, Karen parle de ce qu’on pourrait appeler la « gang bang validation ». Un scientologue qui vient par exemple de faire une grosse donation pour l’IAS ou les morgues idéales, ou qui a atteint un nouveau statut de donateur, va soudain être applaudi à tout rompre par tout le groupe comme un super héros qui vient de sauver le monde.

Voici une anecdote qui illustre bien la technique de la gang bang validation. Une scientologue, après avoir fini de payer sa carte Patron, a vu les Jive Aces faire irruption, en musique, dans le bureau de l’officier d’éthique où elle avait été convoquée pour quelque broutille, puis elle a eu droit à une haie d’honneur de tout le personnel de l’org. Inutile de préciser que les quelques broutilles qu’elle devait régler en éthique ont été immédiatement balayées sous le tapis.

Voici donc la vidéo de Karen (en anglais). Vous trouverez toutes ses autres vidéos ici.

Scientologie : Un business lucratif

La scientologie a beau clamer qu’elle est une religion, elle n’est en fait qu’un business.

Un business très lucratif.

Comment se fait-il qu’un mouvement qui prétend vouloir sauver l’humanité demande des sommes astronomiques à ses adeptes ? Pourquoi le salut éternel est-il payant ? Pourquoi les scientologues doivent-ils se ruiner pour acheter leur éternité ?

En 2014, une intensive d’audition de douze heures et demie à Flag, l’église mère de la scientologie en Floride, coûte 5000 dollars (environ 4000 Euros).

L’ensemble des cours, depuis les petits cours de base (peu coûteux pour appâter le client), en passant par le Student Hat, le cours PTS/SP et les cours d’Académie de 0 à IV,  jusqu’aux cours Classe VI (SHSBC) et Classe VIII vous reviendra à 30 ou 40 000 dollars.

Un électromètre Mark VIII vous délestera de 5000 dollars. Mais vous devez en posséder un deuxième en cas de panne du premier, ce qui fait donc 10 000 dollars. Le prix de revient d’un Mark VIII n’excède pas 200 dollars. Bénéfice net par électromètre : 4800 dollars.

L’ensemble des livres et des conférences (Fondements, Congrès, ACC, volumes verts, volumes rouges, volumes bleus, etc) oscille entre 15 et 20 000 dollars.

Si vous ne pouvez pas vous payer toute la librairie de LRH, vous êtes au moins obligé d’acheter et d’étudier les fondements  (3000 dollars) pour pouvoir faire le Student Hat et les cours d’auditeur.

Des droits d’auteur sont prélevés sur les livres et les conférences et vont directement dans les caisses de la CST (Church of Spiritual Technology – nom officiel de la scientologie).

Ensuite, il y a les donations à l’IAS, aux morgues idéales,  à Super Power, aux programmes « humanitaires » (Chemin du bonheur, Oui à la vie Non à la Drogue, etc).

Et comme si cela ne suffisait pas, une nouvelle source de donations vient d’être lancée : Le LRH Hall et le LRH Museum. Tout comme avec l’IAS et les morgues idéales, une hiérarchie de statuts à été établie. A vos portefeuilles !

Un scientologue moyen, en vingt ou trente ans, versera des dizaines de milliers de dollars pour montrer à l’église qu’il contribue à son expansion et qu’il en est un membre actif qui mérite son invitation aux niveaux supérieurs de la scientologie : les niveaux d’OT, censés faire de l’adepte un être doté de super pouvoirs – un homo novis qui mènera l’humanité jusqu’au nirvana.

L’église touche également un pourcentage des sommes engrangées par  WISE, ABLE, Applied Scholastics et Narconon.

A l’heure actuelle, la scientologie est à la tête d’une fortune gigantesque de plus de 2,5 milliards de dollars répartie dans les Sea Org Reserves, les caisses de l’IAS et les comptes de la CST.

Quant à son patrimoine immobilier, qui comprend 24 orgs idéales, les bâtiments de Clearwater, (Flag, Super Power, Sandcastle, Fort Harrison, etc) les bâtiments des orgs avancées, ceux des orgs de management continentales et ceux des orgs du management international (en Californie), il tourne probablement autour du milliard de dollars.

Pas mal pour une « religion » qui compte à peine quelques dizaines de milliers de membres actifs dans le monde.

En scientologie, il y a les très gros donateurs, des individus extrêmement riches qui versent des millions de dollars à l’IAS et aux morgues idéales. On les appelle des « whales » en anglais (littéralement, des baleines – en argot américain, un « whale » est un flambeur richissime qui dépense des sommes faramineuses sans que cela l’affecte financièrement).

Ensuite, il y a les scientologues qui appartiennent à la classe moyenne supérieure. Ce sont des gens aisés capables de faire des donations importantes mais qui se retrouvent souvent, financièrement, sur le fil du rasoir.

Puis viennent les classes moyennes, obligées de vendre leur patrimoine ou d’emprunter à la banque. Les classes moyennes en bavent et flirtent en permanence avec la faillite personnelle.

Et, finalement, il y a les « petits » scientologues, souvent des employés ou des fonctionnaires dont le salaire n’excède pas 2500 Euros. Pour eux, l’audition est pratiquement inatteignable. Après trente ans de scientologie, c’est tout juste s’ils ont terminé leurs grades. Ces « petits » scientologues sont considérés par les autres scientologues comme étant « downstats ». (Downstat : statistiques basses – autrement dit, revenus faibles. Un « downstat » est regardé avec mépris ou pitié. S’il est « downstat », c’est parce qu’il n’applique pas les principes scientologiques dans la vie et qu’il est victime de ses aberrations. En gros, c’est un raté.)

Une grande partie des volumes OEC (Organisation Executive Course), également appelé volumes verts, est consacrée à l’argent. Hubbard a écrit des centaines de pages sur les mille et une façons de faire entrer de l’argent dans les caisses de l’église.

C’est ainsi que pour encourager les scientologues à faire venir de nouveaux clients, Hubbard a mis en place le système des FSM (Field Staff Members – littéralement, membres du personnel à l’extérieur). Un FSM est un scientologue qui n’appartient pas au personnel de l’église et qui « dissémine » (fait du prosélytisme). Chaque fois qu’un FSM trouve de nouveaux clients qui achètent un cours ou de l’audition, il touche une commission de 10%.

Vous connaissez beaucoup de religions qui versent des commissions à leurs paroissiens chaque fois qu’ils recrutent de nouveaux adeptes ? Vous avez déjà vu un FSM catholique faire venir une dizaine de nouvelles personnes à la messe du dimanche et se faire reverser par le curé 10% de l’argent que ces personnes ont glissé dans les troncs ?

Le système des commissions FSM a transformé certains scientologues en véritables requins. Les FSM particulièrement doués et voraces ont gagné des fortunes. A Flag, les meilleurs FSM roulent en Porsche ou en Ferrari.

On peut aussi toucher des commissions en vendant des livres, des conférences et des électromètres. Ceux qui tiennent la librairie dans une église peuvent très bien gagner leur vie.

Lorsque les Fondements sont sortis il y a quelques années, les membres du personnel des orgs se sont rués sur les paroissiens pour leur vendre un ou plusieurs lots. Quand on est payé 50 dollars par semaine et qu’on arrive à vendre quatre lots de Fondements à 3000 dollars pièce, çela fait une commission de 1200 dollars – une véritable fortune. Les membres du personnel sont maintenus dans un tel état de pauvreté qu’ils sont prêts à tout pour gagner un peu d’argent. Et on leur répète à longueur de journée que s’ils sont pauvres, c’est parce qu’ils ne ramènent pas assez d’argent et qu’ils sont « downstats ».

Le système des commissions FSM s’est étendu aux donations pour l’IAS et les morgues idéales. Quiconque réussit à convaincre un scientologue de donner de l’argent à l’IAS ou aux morgues idéales reçoit 10% des sommes versées.

La philosophie de l’argent à tout prix est profondément ancrée dans les gènes de beaucoup de scientologues.

Mais le plus terrifiant, c’est que la scientologie, en échange des sommes astronomiques qu’elle demande, ne vous donne absolument RIEN.

L’audition et les cours dispensés ne produisent pas chez les individus d’améliorations qui justifient le prix qu’ils ont payé. Souvent même, les scientologues payent énormément d’argent pour aller plus mal qu’avant. Beaucoup de choses sont promises en scientologie mais très peu de ces promesses sont tenues. C’est à se demander si ces promesses étaient vraiment tenables ou s’il ne s’agissait pas tout simplement d’une carotte brandie à l’intention des âmes naïves qui désiraient sortir des sentiers spirituels battus.

Pour ce qui est des donations à l’IAS, là aussi les scientologues n’ont pas obtenu les résultats promis par Miscavige. L’IAS n’a pas fait avancer les objectifs de la scientologie dans le monde. Ses programmes « sociaux » ne sont que de la poudre aux yeux et n’ont pas fait évoluer l’humanité d’un pouce. Au contraire, la scientologie est à l’heure actuelle l’un des mouvements les plus villipendés de la planète.

Quant à l’argent versé pour les morgues idéales, il n’aura servi qu’à bâtir d’immenses cathédrales high tech qui demeurent désespérément vides et qui coûtent plus d’argent qu’elles n’en rapportent.

Oui, la scientologie n’est rien d’autre qu’un business – un business qui ne rapporte rien à ses adeptes et qui remplit les poches de son chef suprême et de quelques petits malins qui profitent du système.

Le dictateur Miscavige vit dans un luxe obscène et emploie une légion d’avocats qu’il paye des dizaines de millions de dollars pour le soustraire à la loi.

Pourquoi Hubbard a-t-il cru bon de transformer la scientologie en une gigantesque activité commerciale ?

S’il avait offert la scientologie sans contrepartie à l’humanité qu’il affirmait vouloir sauver, peut-être qu’elle serait aujourd’hui utilisée et mise en pratique à grande échelle.

En voulant faire de la scientologie une multinationale de l’âme, Hubbard a oublié le plus important : la liberté spîrituelle ne saurait être vendue comme un vulgaire Big Mac.

Indépendance

Des scientologues indépendants français viennent de créer un site pour tous ceux qui voudraient continuer la scientologie en dehors de l’église. Pour y accéder, cliquez ici.

Ils offrent la possibilité de faire les anciens niveaux d’OT qui ont été arbitrairement relégués au placard il y a une trentaine d’année – et bien d’autres choses.

AF Rosenberg, Eric Roux et consorts apprécieront…

Avec tous ces ex-scientologues français qui lancent de nouveaux sites, cela va faire encore un peu plus de travail pour OSA, ce qui, évidemment, ne peut que nous réjouir.

J’ai ajouté ce site dans le menu « AUTRES SITES ».

La lente agonie de la scientologie



Mike Rinder vient de publier les dernières statistiques des Ambassadeurs OT de l’ouest des Etats-Unis, région qui regroupe 15 orgs idéales sur les 24 existant dans le monde.

Nombres de personnes, dans tout l’ouest des USA, qui cont commencé un service de division 6 : SIX.

Nombre de Clairs sur leur prochaine étape : TROIS.

Livres vendus à des nouveaux publics : 33.

Ces résultats sont le fruit du travail des 721 OT « actifs » dans la région.

Les collectes de fonds pour les morgues idéales sont au point mort, à part une donation à Salt Lake City.

Tout l’argent récolté par l’IAS vient de PAC, Pasadena et Valley.

Voilà où en est la scientologie dans l’ouest des Etats-Unis, là où il y a le plus de scientologues au monde : elle est moribonde. Vous trouverez tous les tableaux avec les chiffres ici.

Et pendant ce temps, son chef suprême, David Miscavige, tente désespérément d’échapper à l’obligation de comparaître en personne dans le procès qui oppose Monique Rathbun à la scientologie à San Antonio au Texas. Le juge a en effet ordonné que Miscavige vienne faire une déposition afin de prouver qu’il n’est pas à l’origine du harcèlement et de la surveillance systématique dont ont été victimes Monique et son mari, Marty Rathbun.

Sur les banc des accusés : CSI (Chruch of Scientology International, RTC (Religious Technology Center), les Squirrel Busters, qui ont harcelé les Rathbun devant chez eux pendant 199 jours d’affilée, et leur nouveau voisin, payé par l’église, qui a installé des caméras pour espionner les Rathbun lorsqu’ils ont déménagé dans un endroit tranquille il y a un an.

L’avocat de Monique a réussi à convaincre le juge que l’homme derrière tout cela était David Miscavige et que c’est lui qui donnait les ordres.

Dans son dernier billet, Marty Rathbun publie des chiffes qui parlent d’eux-mêmes. Miscavige a tellement peur de comparaître qu’à chaque audience, il y a 22 avocats pour représenter les différents accusés. Oui, 22 !

A titre de comparaison, dans l’affaire McPherson, en 1995, qui a coûté plus de 30 millions de dollars à l’église, une dizaine d’avocats « seulement » représentaient la scientologie.

Dans la douzaine de procès qui opposaient les Etats-Unis à Hubbard dans les années 80, là aussi une dizaine d’avocats représentaient la scientologie.

Pareil pour les 2200 plaintes déposées par les scientologues contre l’IRS (le fisc américain) au début des années 90 et qui se sont soldées par la victoire et l’exemption fiscale de l’église.

Autrement dit, Miscavige a engagé deux fois plus d’avocats dans le seul but de ne pas avoir à faire de déposition. Lorsqu’on connaît les tarifs des super avocats américains (500 dollars de l’heure minimum par avocat), on sait déjà que ce procès risque de coûter à Miscavige une bonne centaine de millions de dollars. Evidemment, il n’en a cure – l’argent vient directement des paroissiens.

Miscavige est un lâche, un petit chef mafieux qui vit dans la terreur et qui se cache derrière une armée d’avocats. Il aura beau dépenser tout l’argent de l’église pour se protéger, cela ne suffira pas. On ne peut indéfiniment acheter le mensonge.

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Addendum du 2 février 2014

Mike Rinder a publié le compte-rendu d’une « source interne » de la morgue idéale de Londres (qui vient de fusionner avec le CC Londres, lequel a dû fermer ses portes faute de nouveaux publics).

Les chiffres sont accablants.

Deux photos montrent l’org de Londres et son annexe de division 6 de Totenham Court Road (l’ancien bâtiment de l’org) aux heures de pointes.

La lente gangrène qui frappe la morgue idéale de Londres n’est pas un cas isolé. Toutes les orgs du monde, idéales ou non, connaissent actuellement le même sort.

Scientologues français, si cela peut vous consoler, vous n’êtes pas les seuls à fréquenter une org morose et dépeuplée.

Nouveau camouflet pour la scientologie française

Le 22 janvier dernier, nous apprenions que l’Etat français avait été condamné à verser €7000 à quatre scientologues et €3500 à deux personnes morales (le CC Paris et sa librairie), soit un total de €35 000. Motif : déni de justice. La scientologie estimait que la justice avait mis beaucoup trop de temps à traiter  l’affaire qui s’est soldée, en cassation, à la condamnation définitive de l’église l’an dernier. Vous trouverez tous les détails ici.

Ce qui semble être une victoire pour la scientologie est en fait un camouflet car elle réclamait €935 000 de dommages et intérêts et n’en a finalement obtenu que €35 000, ce qui n’a pas empêché Eric Roux de pavoiser.

Mais Eric Rounx a oublié de mentionner un petit détail : le même jour (le 22 janvier), une condamnation a été prononcée à l’encontre de Sabine Jacquart, ex-présidente du CC Paris.

Le 16 octobre dernier, lorsque la cour de cassation a confirmé la condamnation du CC Paris, de sa librairie et de cinq scientologues, dont AF Rosenberg et Sabine Jacquart, une autre affaire opposait cette dernière à Maître Morice et l’UNADFI.

Ce jour-là, Jacquart demandait des dommages et intérêts à L’UNADFI et à Morice en arguant que L’UNADFI, représentée par Morice, n’avait aucune raison légitime de faire partie des plaignants dans le procès qui venait d’être perdu et que, du coup, le procès n’avait pas été équitable. Mais dans son verdict, la Cour avait déjà rayé l’UNADFI de la liste des plaignants. Toujours est-il que Jacquart demandait à ce que la Cour condamne l’UNADFI et Morice à une amende conséquente et à ce que le procès soit révisé.

Morice a fait voler en éclats les arguments de Jacquart en faisant valoir qu’elle n’avait pas été présente au procès lors de l’appel et qu’il ne voyait donc pas en quoi son droit à être entendue et à bénéficier d’un procès équitable avait été violé. De plus, la Cour avait rayé l’UNADFI de la liste des plaignants, donc le problème de l’ingérence de l’UNADFI avait été réglé. Morice a ensuite demandé à la Cour de condamner Jacquart à une amende pour avoir l’attaqué, lui et l’UNADFI, sans raison légitime.

Le 22 janvier, la Cour a donné raison à Morice et l’UNADFI et condamné Jacquart a verser €15 000 de dommages et intérêts à Morice et €5000 à l’UNADFI. Elle a, en outre, reçu l’ordre de payer les frais de justice qui s’élèvent à €7000.

Bien entendu, Eric Roux n’en a pas parlé dans son communiqué de presse. Par honnêteté intellectuelle, sans doute…

Les quatre autres scientologues condamnés le 16 octobre dernier, dont AF Rosenberg, ont attaqué Morice et l’UNADFI sur la même base et il est fort à parier qu’ils écoperont de la même condamnation que Jacquart – à moins, bien sûr, qu’ils ne retirent leur plainte.

Plutôt que de se poser des questions sur l’honnêteté des dirigeants français de la scientologie (Rosenberg, Michaux et consort s’en sont mis plein les poches en commissions diverses au cours des quinze dernières années), les pauvres scientologues français doivent se dire que la France est sans doute le pays le plus suppressif du monde. Pourtant s’ils avaient le courage de regarder autour d’eux, ils s’apercevraient rapidement que le ver est dans le fruit.