Leah Remini – Scientology and the Aftermath – Saison 2 – Episode 13

Cet épisode, consacré au fondateur de la scientologie, est intitulé La vie et les mensonges de L. Ron Hubbard. Le titre parle de lui-même. Le plus difficile à affronter pour les ex-scientologues qui ont rejeté la secte est la découverte que L. Ron Hubbard a menti éhontément sur son passé et qu’il s’est fait passer pour ce qu’il n’était pas. Cet épisode est sans doute le plus « dur » de la série pour les anciens adeptes qui continuent de considérer Hubbard comme un grand homme et un génie.

 

Miscavige et la scientologie sont K.O. debout

6 mars 2015 : Canal + a acquis les droits de « Going Clear ». Pas de date de diffusion pour l’instant.

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23 février 2015 : Un article paru au Canada résume bien la situation décrite dans ce billet. Cliquez ici.

A la fin de sa projection au Festival de Sundance, dimanche dernier, le film d’Alex Gibney consacré à la scientologie, « Going Clear », a reçu une standing ovation, événement rarissime pour un documentaire.

En publiant des pleines pages de pub attaquant le film (sans même l’avoir vu) dans plusieurs grands quotidiens américains, dont le New York Times, la scientologie avait créé le buzz. Les festivaliers s’étaient précipités en masse pour voir le film et la salle de projection était pleine à craquer. Des centaines de festivaliers ont dû rester dehors dans le froid, faute de places, et se rabattre sur la seconde projection du film le jour suivant. A la sortie de la projection, Alex Gibney a remercié la scientologie d’avoir dépensé 250 000 dollars pour promouvoir son documentaire.

Mike Rinder et Tony Ortega, ainsi que plusieurs ex-scientologues apparaissant dans le film, étaient présents à la projection et ont été enthousiasmés par le travail de recherche et d’investigation de Gibney, par son sens de la narration et par sa capacité à capter l’émotion chez les individus venus témoigner devant sa caméra.

Gibney reprend la plupart des révélations publiées dans le livre de Lawrence Wright (et dans ce blog depuis deux ans) donc pour ceux qui ont lu le livre ou suivi ce blog, il n’y a pas énormément de news fraîches à se mettre sous la dent. Par contre, les futurs spectateurs « wogs » qui ne connaissent pas la scientologie vont enfin découvrir ce qu’est cette église : une organisation criminelle, totalitaire et paranoïaque dirigée par un tyran cruel et sans scrupules dont le but est d’asservir ses ouailles et de leur soutirer un maximum d’argent. Avec ce film, la scientologie est définitivement discréditée.

Gibney a cependant réussi à dénicher quelques infos, images et séquences inédites :

– Des séquences jamais diffusées montrant la Sea Org sur l’Apollo, ou bien Miscavige au travail dans son bureau en compagnie de Marty Rathbun, ou encore des extraits inédits du discours triomphal de Miscavige en 1993 lorsqu’il a annoncé : « La guerre est terminée ».

– Un scoop de Marty Rathbun qui raconte, lorsqu’il auditait Tom Cruise que celui-ci, pendant une séance, avait dit plus ou moins pour plaisanter qu’il aimerait bien mettre Nicole Kidman sur écoute pour savoir avec qui elle parlait. Rathbun avait ensuite fidèlement rapporté les propos de Cruise à Miscavige qui lui avait aussitôt ordonné de mettre Kidman sur écoute. Pour rappel, Miscavige détestait Kidman car son père était psychologue (donc, un « ennemi ») et qu’il estimait qu’elle éloignait Cruise de la scientologie. Miscavige avait aussi tenté de convaincre les enfants adoptifs de Cruise et Kidman que leur mère était suppressive afin qu’ils coupent les ponts avec elle. Cette révélation de Marty Rathbun a immédiatement fait le tour du monde et a été reprise par des centaines de médias. Bien sûr, ce n’est pas la séquence la plus importante du film, mais au moins elle a le mérite de lui faire une énorme publicité.

– Vous connaissez sans doute le documentaire consacré à L.Ron Hubbard à bord de l’Appolo et diffusé en 1968 par la chaîne britannique Granada (devenue ITV). Eh bien, Gibney a retrouvé le réalisateur de ce documentaire qui lui a fourni une conversation « off-the record » (hors caméra) qu’il avait eue avec LRH et dans laquelle ce dernier admet que les mauvais traitements existent en scientologie. (Pour ceux qui l’ignorent, sur l’Apollo, on jetait les « cas d’éthique » par-dessus bord, quel que soit leur âge ou leur état physique, puis une fois qu’ils avaient bien « mariné », on les repêchait.)

– De nouvelles révélations accablantes tirées des témoignages écrits de Sara Northrup, la deuxième femme de Hubbard, montrent ce dernier sous un jour peu reluisant. Pour rappel, dans le documentaire diffusé par la chaîne de TV britannique « Granada » (l’ancêtre d’ITV) en 1968, Hubbard niait avoir épousé Northrup. Dans les années 80, il renia Alexis Hubbard, la fille qu’il avait eue avec elle.

Comme on pouvait s’y attendre, le film de Gibney n’est pas qu’un réquisitoire contre les crimes de l’église et de Miscavige, il fait aussi la lumière sur la véritable personnalité et les mensonges de LRH. Il va devenir de plus en plus difficile pour la scientologie de faire passer Hubbard pour un humaniste.

Enfin, le film illustre de façon détaillée le mythe de Xenu (les matériaux d’OT III)  qui, de toute façon, était devenu un secret de polichinelle puisque de nombreux sites internet y sont consacrés.

Bien entendu, la scientologie a immédiatement réagi en envoyant à tous les médias un communiqué de presse qui dépeint le film comme un tissu de mensonges et dans lequel elle se plaint de ne pas avoir été contactée par le réalisateur et par HBO pendant le tournage du film afin qu’elle puisse rétablir la vérité. Sauf qu’à la fin du film, Gibney remarque que l’église n’a jamais répondu aux multiples demandes d’interview adressées à Miscavige et aux cadres supérieurs de la scientologie.

Dans son communiqué de presse, la scientologie renvoie les médias à un lien, celui de Freedom Magazine, afin de leur faire bénéficier des « vraies infos ». Je suis allé y jeter un coup d’œil et l’article consacré au film n’est qu’un ramassis de bile haineuse et diffamatoire. Gibney, HBO et tous ceux qui ont participé au documentaire y sont traînés dans la boue selon le vieil adage scientologue : en cas d’attaque, ripostez et détruisez l’ennemi. Sauf que là, plus personne ne croit en la propagande surannée de l’église avec ses 11 000 églises et missions et ses 10 millions de scientologues.

Soit dit en passant, s’il y a vraiment des millions de scientologues dans le monde, comment se fait-il qu’on n’ait pas vu au moins quelques centaines d’entre eux manifester devant la salle où le film était projeté ? Comment se fait-il qu’aucun porte-parole de l’église n’ait fait le tour des télés pour dénoncer le film ?

Le fait est que Miscavige est mort de trouille et n’ose pas vraiment contre-attaquer. Sa seule défense aujourd’hui, c’est de crier : « Menteurs ! »

Car il sait que toutes les accusations portées dans le film sont vraies : le « Trou », les violences physiques, les tortures, le personnel Sea Org exploité, sous-payé et maltraité, le chantage exercé contre l’IRS (le fisc américain) pour obtenir le statut de religion et l’exemption fiscale, le fiasco des orgs idéales et de GAT 1 & 2 ou encore l’utilisation frauduleuse de l’argent de l’IAS pour payer les hordes d’avocats chargés de lui éviter la prison. Oui, il est fort à parier que Miscavige soit en train de souiller son caleçon en soie à 500 dollars.

Gibney s’adresse directement à Tom Cruise et John Travolta. Il dit qu’ils ne pouvaient pas ne pas être au courant des exactions de l’église et de Miscavige. Il les met au défi d’exprimer publiquement leur désaccord et de se désolidariser d’une organisation qui n’hésite pas à fouler aux pieds les droits de l’homme et à obliger ses adeptes à rompre les liens avec tous ceux qui sont considérés comme des « ennemis » de la scientologie.

Tom et John, un défi vous a été lancé. Le relèverez-vous ? Le monde entier vous regarde.

Voici quelques liens. Cliquez ici, ici, ici et ici.

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2 février 2015. Un de nos bloggers a envoyé cette photo publiée dans un vieil « Advance ».

3 février 2015 : La scientologie continue de creuser sa tombe ici.

Retour en 1968

Le dernier billet de Mike Rinder nous ramène en 1968, alors que la tristement célèbre PL « Fair Game » vivait ses derniers jours.

J’en ai traduit l’essentiel, avec quelques commentaires personnels.

Commençons avec l’ED 1471 WW publiée le 31 mars 1968 par LRH. Le fondateur y sanctionne (par une baisse d’un cran de leur condition d’éthique) les responsables du dernier numéro (n° 35) du journal The Auditor pour avoir été « nuisiblement commerciaux » dans leurs articles et leurs annonces publicitaires, pour n’avoir pas mis suffisamment l’accent sur les publicités pour les livres, pour avoir mis l’accent sur la rapidité des cours au détriment de la valeur et de l’extrême précision de l’entraînement et, enfin, pour avoir été responsables de la baisse des ventes de livres. LRH prédit que si les choses continuent comme ça, les statistiques s’effondreront dans les six mois.

Ce texte est intéressant pour deux raisons. De nos jours, avec GAT II, l’accent est mis sur « la vitesse de l’entraînement » et la « vitesse à laquelle on progresse sur le Pont ». Quant à l’aspect commercial de la scientologie, il est PARTOUT. On demande de l’argent aux scientologues 24 heures sur 24.

Voici un scan de l’ED 1471 WW. Cliquez dessus pour l’agrandir.

Et voici maintenant un scan du n°35 de The Auditor publié au premier trimestre 1968.

On y parle effectivement beaucoup d’argent et de vitesse de l’entraînement et de l’audition. Quant aux livres, il n’y a qu’une seule annonce. Elle concerne Une nouvelle optique sur la vie.

Mais le plus intéressant, historiquement, est ailleurs. On découvre des choses fascinantes qui remettent certaines pendules à l’heure. Commençons avec la première page. (Pour agrandir chaque page, cliquez dessus.)

L’homme sur la photo n’est autre qu’Otto Roos qui, peu de temps après sera déclaré suppressif et vilipendé, tout comme la plupart des scientologues mentionnés sur cette page : Ray Kemp. Allan Walter. Baron Berez. D’ailleurs, tout au long des pages du journal, on retrouve des scientologues de la première époque qui ont connu le même sort. On ne compte plus les personnes qui étaient des « phares » de la scientologie et qui, brusquement tombées en disgrâce, ont été déclarées « suppressives » du jour au lendemain. Bref, il ne s’agit PAS d’un phénomène nouveau.

Sur la dernière page, la page 8, nous retrouvons à nouveau de nombreux scientologues qui sont devenus « suppressifs ». Parmi toutes ces personnes excommuniées, combien sont encore scientologues aujourd’hui ?

La page 3 est de loin la plus intéressante.

L’encadré « Racket Exposed » (littéralement, « trafic dévoilé ») choquera même les plus blasés d’entre vous. Cela commence avec une liste de scientologues déclarés suppressifs.

Au point 1, ils sont accusés d’avoir en leur possession, falsifié, altéré et distribué des « matériaux des niveaux supérieurs » qui en étaient encore au stade de la recherche et qui ne devaient pas être distribués. Ils auraient, sur l’instigation d’un psychiatre, volé ces matériaux dangereux dans le but de les utiliser pour semer la folie et la mort.

Au point 2, ils sont accusés d’avoir monnayé ces matériaux.

Au point 3, ils sont déclarés ennemis de l’humanité, de la planète et de toute vie.

Au point 4, ils sont déclarés « fair game » (« cible légitime » – également traduit parfois, éronnément, par « gibier de potence »).

Point 5 : Aucune amnistie ne pourra jamais être prononcée en leur faveur.

Point 6 : Si jamais ils mettent les pieds dans une division de qualifications, on devra leurs administrer des « reverse processes » (des procédés visant à les restimuler afin de les rendre fous ou malades).

Point 7: Tout membre de la Sea Org qui serait en contact avec ces personnes doit leur administrer le procédé d’audition R2-45.

Point 8 : Le Bureau des Poursuites Criminelles doit déterrer tous les crimes qu’elles ont commis dans le passé, les traîner devant la justice et les faire jeter en prison.

Signé : L. Ron Hubbard – Fondateur

C’est du lourd, du très lourd. Ici, nul second degré ou plaisanterie.

Ce qui paraît étrange, c’est que ces 12 personnes mises au pilori aient toutes commis le même « crime ». Quant au « crime » lui-même, il est plutôt vague. Falsification et distribution de matériaux « dangereux » ?… De quels matériaux s’agit-il ? En quoi sont-ils dangereux ? Ces personnes ont-elles été convoquées devant un comm-ev ? Ont-elles été entendues ou ont-elles été sommairement jugées coupables ? Ou avons-nous affaire à une chasse au sorcière initiée par un LRH revanchard ?

Les points 4, 6 et 7, en particulier, font froid dans le dos. A l’origine, R2-45 était une blague de LRH qui figurait dans « Création des aptitudes humaines ». Mais ici, le ton employé ne souffre d’aucune ambiguïté. LRH demande l’exécution pure et simple de ceux qu’il a déclarés suppressifs, ce qui s’aligne parfaitement avec la PL « La responsabilité des leaders », écrite l’année d’avant.

Certains vont rétorquer : Oui mais, il a annulé « Fair Game » un peu plus tard. Peut-être, mais la seule et unique raison pour laquelle il a officiellement annulé Fair Game, c’est parce que cela avait créé de mauvaises relations publiques. C’était juste pour calmer les esprits. Officieusement, la pratique de Fair Game s’est poursuivie avec l’aval de LRH.

Souvenez-vous de la fameuse devise : « Si ce n’est pas dans The Auditor, c’est que ça n’a pas eu lieu. » Eh bien, là, C’EST dans The Auditor et ça a VRAIMENT eu lieu.

Et pour ceux qui ont encore des doutes, voici l’ordre d’éthique qui a été reproduit mot pour mot dans The Auditor. Il y est précisé que cet ordre doit être diffusé à tous les scientologues (BPI – Broad Public Issue)  et publié dans The Auditor.

En page 4, il y a un article sur la tournée mondiale de John McMaster, le tout premier Clair. Lui aussi allait bientôt être déclaré « suppressif » bien qu’il ait été personnellement C/Sé et supervisé par LRH lorsqu’il a fait son Cours de Clearing. Etonnant, non ?

Les deux pages suivantes concernent la scientologie dans le monde et parlent de plusieurs scientologues éminents. Neville Potter est toujours scientologue et travaille comme espion pour Miscavige. Il a été la « ligne de comm » de Mary Sue Hubbard, de sa sortie de prison jusqu’à sa mort. De nos jours, il est chargé d’espionner Arthur et Suzette Hubbard, et Roanne, la fille de Diana qui s’est évadée de la Sea Org  il y a deux ans.

Quant à la show girl, Nikki Freedman, elle a été le bras droit de Mary Sue lorsqu’elle était Controller. Elle a quitté la Sea Org.

Un long article est consacré à l’écrivain américain William Burroughs qui a pratiqué la scientologie pendant une dizaine d’années. Burroughs était très impressionné par la tech mais a fini par claquer la porte en 1970 en fustigeant LRH dans plusieurs articles de journaux où il lui reprochait d’avoir mis sur pied une organisation totalitaire qui interdisait la liberté d’expression et de pensée.

Sur la page 6, nous trouvons d’autres noms de futurs « suppressifs ». Les 2,5% sont pulvérisés. Et ce n’est pas le régime Miscavige qui les a tous excommuniés.

Et, pour finir, voici la page 7. Comme le fait remarquer Mike Rinder, il serait intéressant, d’un point de vue historique, de mettre la main sur des numéros antérieurs de The Auditor. Peut-être en avez-vous conservé quelques-uns dans une vieille malle au fond de votre grenier.

Les nostalgiques de l’avant-Miscavige, quand la scientologie était « cool » et « thêta », risquent de ne pas beaucoup aimer ce qu’ils viennent de lire. Mais comme l’a dit si bien Georges Braque : « La vérité existe. On n’invente que le mensonge. »

Scientologie : une chute inéluctable

Voici un billet fort intéressant de l’un de nos plus anciens bloggers, aleajactaest. Bonne lecture.

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Nous cherchons tous à comprendre l’incroyable déclin de l’empire scientologue. Certains y voient la pleine responsabilité de LRH, d’autres celle de David Miscavige, d’autres encore invoquent les complots de diverses entités gouvernementales suppressives.

Et si c’était simplement un déclin naturel et ce, conformément aux données de LRH lui-même dans une conférence de 1952 que je vous invite à découvrir ou redécouvrir : Force en tant qu’Homo Sapiens et en tant que thétan. Cette conférence se trouve dans le pack Les secrets de l’univers Mest.

Pour qu’un homme vive dans l’espace, il lui faut un équipement spécial car l’espace n’est pas son milieu naturel. Il semblerait que cela soit pareil pour l’être spirituel. L’univers physique n’étant pas son habitat naturel, il lui faut un équipement pour survivre. Beaucoup de philosophes et de chercheurs se sont penchés sur la confection du scaphandre idéal. LRH a appelé le sien « la Tech » et il a dit qu’il nous protégerait.

Toujours selon LRH, un thétan créé sa propre énergie. En d’autres termes, sa force. Quand il gère cette force au mieux, on dit de lui qu’il est autodéterminé.

Plongé dans l’univers physique, le thétan se retrouve soudain affublé de 8 gamins turbulents : les dynamiques. Le poids de la responsabilité tombe sur ses frêles épaules ! Il créait son petit business tranquilou dans sa bulle et le voilà parachuté en territoire hostile obligé de prendre soin de 8 gamins contre sa volonté. Soit il en prend responsabilité, soit il proteste. Et quand il proteste, il souffre. Mais l’ironie du sort veut que quand il décide d’en prendre responsabilité, il en bave tout autant.

La responsabilité, dans cet univers, mène fatalement au désastre parce que cet univers est fait pour nous la renvoyer un jour ou l’autre dans les dents.

LRH dit qu’être responsable, c’est donner de l’énergie à chaque dynamique pour les aider à survivre dans cet univers qui n’est, rappelons-le, pas l’habitat naturel de l’être spirituel.

Bref, le thétan se voit obligé de vivre dans cet univers avec un équipement plus ou moins adapté : le yoga, les méthodes de relaxation, la philosophie, la religion, la méthode Coué, la pensée positive, la psychologie, la sophrologie, la méditation et/ou… la tech de dianétique et de scientologie.

Mais voilà : que l’on soit responsable ou pas, l’univers MEST finit toujours par fissurer tous ces scaphandres protecteurs.

Mais revenons à la notion de responsabilité. Pour LRH, c’est le commandement de la force.

« La responsabilité est le commandement de la force. Ainsi être disposé à être responsable serait être disposé à assumer le commandement de la force,de travailler avec la dichotomie idée/force. Ce serait ça, sa responsabilité. »

Eh oui, à l’intérieur de sa bulle, notre petit être spirituel baignait dans les concepts et les idées mais dans l’univers physique, il baigne dans la force. Il ne peut plus seulement ÊTRE, il lui faut FAIRE et AVOIR. Chiotte !

Bon, ce thétan a donc 8 dynamiques et leur attribue une part de responsabilité, une part de sa force : toi tu te feras ça et tu obtiendras ça et toi tu feras ça et tu obtiendras ça.Voilà un peu d’énergie pour lancer vos activités et je compte sur vous pour me ramener de bons résultats. Voilà un peu comme on parle inconsciemment à ses dynamiques.

Et c’est là où, selon LRH, ça se corse. Un thétan est fondamentalement puissant. Dans son univers il peut tout faire tout seul mais dans cet univers MEST, il est obligé de déléguer des responsabilités. Prenez un chef d’entreprise ou un Président de la République. Il ne peut pas tout faire. Il délègue à des ministres qui à leur tour délégueront à leurs subordonnés. On distribue sa force et toute cette force déléguée devient une bombe à retardement car elle est sur un flux unique.

« Ce flux à sens unique ira loin simplement parce qu’il attribue de la force. Et s’il continue à attribuer de la force, de la force, de la force, ça aboutit à la contre-élasticité du flux et ça s’inverse. Et quand ça s’inverse, mon gars, nous avons un paranoïaque ! « C’est sûr, dit-il, ils sont tous contre moi ! » Ce qui est drôle, c’est qu’ils le sont, normalement. Et la force qu’il a envoyée au dehors est maintenant revenue et vient le percuter. Et il a réellement la sensation que les choses sont contre lui. C’est peut-être un peu difficile pour certains d’entre vous de concevoir cela, mais il a réellement la sensation que des choses font pression sur lui, que les choses sont en train de le pousser… Des choses qu’il ne voit pas sont en train  de le pousser.
Qu’a t-il fait ? Il a dit : « Vous prenez de la force et vous prenez de la force et vous prenez de la force et maintenant vous devez me donner de la force, vous devez me donner de la force, vous devez me donner de la force. (…) Et quand il a fait « vous prenez de la force » assez longtemps, il se retrouve à l’autre bout du flux à sens unique. Il n’a plus aucune force. Il faut qu’il la gère lui-même. Et ainsi vous avez ce gars qui parcourt le cycle de désigner la responsabilité, de déléguer la responsabilité. Le point suivant est de trouver qu’elle est mal assumée. »

LRH nous mettait en garde contre ce piège mais il y a lui-même mis le pied ! Il a délégué des responsabilités dans le monde entier, il a distribué toute sa force. Je ne vous rappelle pas comment tout cela s’est terminé. On pourrait dire, selon son propre raisonnement, que le flux s’est inversé et que toute la force distribuée lui est revenue dans la figure.

Et très violemment.

Miscavige a repris les rênes à l’endroit même du cycle où une personne pense que « la responsabilité est mal assumée ». Il a tout de suite accusé les cadres de la Sea Org d’être des nuls et leur a retiré toute responsabilité. Ils l’assumaient mal selon lui et ne méritaient que « le trou ».

… »Et le point qui suit immédiatement est : il doit le faire lui-même. »

Et nous avons donc un Miscavige seul à la barre de l’exécutif. Un Miscavige qui croit tout savoir, qui croit être le seul cadre compétent du groupe et qui est devenu totalement paranoïaque, tout comme LRH avant lui.

« Et le point qui suit « doit tout faire lui-même » est celui où il est dans un état d’effondrement. Que fait-il ? Il manipule de la force, il administre de la force.

Et nous avons un Miscavige au bout du rouleau qui sait juste imposer de la force à ses adeptes et en réclamer. Il n’y a plus que l’argent qui lui donne un sentiment de force car en tant qu’être, il est totalement exsangue. Il n’y a plus que les milliards de dollars accumulés pour lui donner l’illusion de la force.
L’argent, c’est de l’énergie. On aime tous en avoir – ça nous donne le sentiment d’être plus fort. Mais ceux qui en accumulent de façon compulsive n’ont plus une molécule de force personnelle et ces gens là plongent le monde dans les crises.

LRH poursuit un peu plus loin dans sa conférence en disant que quand on est dans un corps MEST, on distribue de la force et cette force nous revient et nous frappe avec une telle violence que, je cite « nous sommes probablement incapables d’y survivre ». Il n’y a pas survécu lui-même.

Au vu de ces données bien pessimistes, on voit que la Scientologie, en tant que groupe, ne pouvait de toute façon pas réussir.

La grande question est de savoir si l’on peut vraiment créer une nouvelle civilisation dans ce monde ? C’est comme se demander si on peut être libre en prison. Selon moi, on ne peut l’être qu’en recréant sa bulle et ses propres codes, comme l’avait fait Mandela pour tenir le coup pendant ses longues années d’emprisonnement. Il racontait avoir mis un écran autour de lui.

LRH a probablement voulu que l’être spirituel retrouve la sérénité et sa liberté créative dans l’univers MEST. Mais en créant un groupe très hiérarchisé, il est entré dans le piège du partage de la responsabilité et toute la force qu’il a distribuée est revenue, à terme, le frapper.

Miscavige, lui, ne distribue pas de responsabilités mais accuse les autres d’en manquer. En parallèle, il essaie de retrouver de la force uniquement par l’accumulation d’argent et il a lui aussi plongé son groupe dans la crise.

Comme le père Castor, LRH nous a raconté de belles histoires, il nous a fait rêver d’un monde meilleur et d’un état supérieur mais j’ai l’impression qu’il nous racontait toutes ces belles histoires avec une corde au cou que lui-même avait fabriquée… Cela me donne, avec le recul, un sentiment bien étrange.

Nous sommes dans un monde où les marges de manoeuvres sont faibles alors appréciez les bons moments et les belles histoires et tirez-en tout le bien-être que vous pouvez, mais ne les prenez pas pour argent comptant et gardez à l’esprit que le bonheur, dans ce monde, réside avant tout dans votre propre créativité.

aleajactaest

La « SO #1 Line » – Encore un mythe qui fait pschitt…

Mike Rinder vient de publier un article sur la « SO #1 Line ».

« S0 #1 » est l’abbréviation de « Standing Order #1 », littéralement : « Ordre Permanent n°1 ». La « SO #1 Line » était la ligne de communication directe à LRH. N’importe qui pouvait écrire à LRH et celui-ci répondait personnellement à chaque lettre – du moins c’est ce qu’il affirmait.

Mike Rinder, qui a travaillé dans la Sea Org de 1973 à 2007, vient de rétablir la vérité : LRH n’a jamais répondu aux lettres qui lui étaient personnellement envoyées par les scientologues. En fait, c’est la  » SO #1 Unit » qui s’en chargeait. Elle rédigeait les réponses et signait à la place de LRH.

Si vous avez encore en votre possession une lettre de LRH, ce n’est pas lui qui l’a dictée et signée.

LRH recevait un abondant courrier. S’il avait dû répondre à chaque lettre qui lui était adressée, il n’aurait pas eu le temps de faire autre chose.

De plus, à partir de 1980, LRH s’est isolé du monde pour échapper à la justice américaine et il va de soi qu’on n’allait pas faire suivre du courrier dans les lieux secrets où il vivait en reclus.

Que LRH ne puisse pas répondre aux milliers de lettres qu’il recevait chaque année est tout à fait compréhensible. Mais qu’il ait entretenu la légende selon laquelle il répondait personnellement à chaque lettre l’est beaucoup moins. Pourquoi ce mensonge ?

Ci-dessous, vous trouverez le scan d’une « lettre de LRH » reçue par un ex-scientologue et datée du 22 janvier 1986, c’est-à-dire deux jours avant sa mort alors qu’il agonisait. (Cliquez dessus pour l’agrandir.)

La réédition de « Bare-Faced Messiah »

Hier, nous étions le 13 mars, jour de l’anniversaire de LRH, qui aurait eu 103 ans cette année. Cet anniversaire a été marqué par la réédition du livre de l’auteur anglais Russell Miller « Bare-Faced Messiah – the True Story Of L. Ron Hubbard ».

Lorsque le livre parut en 1987, l’église de scientologie poursuivit l’auteur en justice pour « violation de copyright », l’accusant d’avoir utilisé des écrits de l’église sans autorisation. L’objectif était bien entendu de faire interdire le livre. Le contenu lui-même du livre, les faits biographiques minutieusement documentés ne furent jamais remis en cause par l’église. L’angle d’attaque concernait uniquement les « violations de copyright ». Il ne s’agissait donc pas d’un procès en diffamation. Finalement, l’église obtint gain de cause aux Etats-Unis, et le livre y fut interdit.

Mais partout ailleurs dans le monde, l’église fut déboutée et le livre parut dans de nombreux pays, dont la France. Plon publia le livre en 1993 sous le titre « Le gourou démasqué ». Il est épuisé depuis belle lurette mais on en trouve encore des exemplaires d’occasion sur divers sites, dont celui d’Amazon France. On le trouve également en ligne au format pdf.

Dans la nouvelle édition de son livre, Russell Miller fait état du harcèlement et des attaques dont il a été victime. L’église de scientologie a même tenté de le faire accuser de meurtres non élucidés. Dans une interview donnée hier à Tony Ortega, Miller revient sur toutes les attaques auxquelles il a été soumis. C’est terrifiant.

Dans son blog, Marty Rathbun apporte quelques informations supplémentaires sur cette campagne de harcèlement et fait son mea culpa. Il dit, entre autres choses, qu’il avait éreinté le livre il y a quelque temps mais qu’en fait il ne l’avait jamais lu. Tout ce qu’il avait lu, c’était les « D.A. Packs » d’OSA à l’époque où il s’occupait de l’affaire. Mike Rinder, dans l’un des commentaires, avoue exactement la même chose.  A noter également que Karen de la Carriere apporte elle aussi, dans l’un des commentaires, quelques précisions troublantes sur cette affaire. A la fin de son article, Rathbun dit a Miller qu’il est sincèrement désolé d’avoir contribué à faire de sa vie un enfer.

Pour comprendre et disséquer le sujet de la scientologie, il est impératif de bien connaître son fondateur car les deux sont indissociables.

Ayant lu le livre, je puis affirmer qu’il s’agit d’un ouvrage très bien documenté. A vous de vous faire votre propre opinion.

Scientologie : Un business lucratif

La scientologie a beau clamer qu’elle est une religion, elle n’est en fait qu’un business.

Un business très lucratif.

Comment se fait-il qu’un mouvement qui prétend vouloir sauver l’humanité demande des sommes astronomiques à ses adeptes ? Pourquoi le salut éternel est-il payant ? Pourquoi les scientologues doivent-ils se ruiner pour acheter leur éternité ?

En 2014, une intensive d’audition de douze heures et demie à Flag, l’église mère de la scientologie en Floride, coûte 5000 dollars (environ 4000 Euros).

L’ensemble des cours, depuis les petits cours de base (peu coûteux pour appâter le client), en passant par le Student Hat, le cours PTS/SP et les cours d’Académie de 0 à IV,  jusqu’aux cours Classe VI (SHSBC) et Classe VIII vous reviendra à 30 ou 40 000 dollars.

Un électromètre Mark VIII vous délestera de 5000 dollars. Mais vous devez en posséder un deuxième en cas de panne du premier, ce qui fait donc 10 000 dollars. Le prix de revient d’un Mark VIII n’excède pas 200 dollars. Bénéfice net par électromètre : 4800 dollars.

L’ensemble des livres et des conférences (Fondements, Congrès, ACC, volumes verts, volumes rouges, volumes bleus, etc) oscille entre 15 et 20 000 dollars.

Si vous ne pouvez pas vous payer toute la librairie de LRH, vous êtes au moins obligé d’acheter et d’étudier les fondements  (3000 dollars) pour pouvoir faire le Student Hat et les cours d’auditeur.

Des droits d’auteur sont prélevés sur les livres et les conférences et vont directement dans les caisses de la CST (Church of Spiritual Technology – nom officiel de la scientologie).

Ensuite, il y a les donations à l’IAS, aux morgues idéales,  à Super Power, aux programmes « humanitaires » (Chemin du bonheur, Oui à la vie Non à la Drogue, etc).

Et comme si cela ne suffisait pas, une nouvelle source de donations vient d’être lancée : Le LRH Hall et le LRH Museum. Tout comme avec l’IAS et les morgues idéales, une hiérarchie de statuts à été établie. A vos portefeuilles !

Un scientologue moyen, en vingt ou trente ans, versera des dizaines de milliers de dollars pour montrer à l’église qu’il contribue à son expansion et qu’il en est un membre actif qui mérite son invitation aux niveaux supérieurs de la scientologie : les niveaux d’OT, censés faire de l’adepte un être doté de super pouvoirs – un homo novis qui mènera l’humanité jusqu’au nirvana.

L’église touche également un pourcentage des sommes engrangées par  WISE, ABLE, Applied Scholastics et Narconon.

A l’heure actuelle, la scientologie est à la tête d’une fortune gigantesque de plus de 2,5 milliards de dollars répartie dans les Sea Org Reserves, les caisses de l’IAS et les comptes de la CST.

Quant à son patrimoine immobilier, qui comprend 24 orgs idéales, les bâtiments de Clearwater, (Flag, Super Power, Sandcastle, Fort Harrison, etc) les bâtiments des orgs avancées, ceux des orgs de management continentales et ceux des orgs du management international (en Californie), il tourne probablement autour du milliard de dollars.

Pas mal pour une « religion » qui compte à peine quelques dizaines de milliers de membres actifs dans le monde.

En scientologie, il y a les très gros donateurs, des individus extrêmement riches qui versent des millions de dollars à l’IAS et aux morgues idéales. On les appelle des « whales » en anglais (littéralement, des baleines – en argot américain, un « whale » est un flambeur richissime qui dépense des sommes faramineuses sans que cela l’affecte financièrement).

Ensuite, il y a les scientologues qui appartiennent à la classe moyenne supérieure. Ce sont des gens aisés capables de faire des donations importantes mais qui se retrouvent souvent, financièrement, sur le fil du rasoir.

Puis viennent les classes moyennes, obligées de vendre leur patrimoine ou d’emprunter à la banque. Les classes moyennes en bavent et flirtent en permanence avec la faillite personnelle.

Et, finalement, il y a les « petits » scientologues, souvent des employés ou des fonctionnaires dont le salaire n’excède pas 2500 Euros. Pour eux, l’audition est pratiquement inatteignable. Après trente ans de scientologie, c’est tout juste s’ils ont terminé leurs grades. Ces « petits » scientologues sont considérés par les autres scientologues comme étant « downstats ». (Downstat : statistiques basses – autrement dit, revenus faibles. Un « downstat » est regardé avec mépris ou pitié. S’il est « downstat », c’est parce qu’il n’applique pas les principes scientologiques dans la vie et qu’il est victime de ses aberrations. En gros, c’est un raté.)

Une grande partie des volumes OEC (Organisation Executive Course), également appelé volumes verts, est consacrée à l’argent. Hubbard a écrit des centaines de pages sur les mille et une façons de faire entrer de l’argent dans les caisses de l’église.

C’est ainsi que pour encourager les scientologues à faire venir de nouveaux clients, Hubbard a mis en place le système des FSM (Field Staff Members – littéralement, membres du personnel à l’extérieur). Un FSM est un scientologue qui n’appartient pas au personnel de l’église et qui « dissémine » (fait du prosélytisme). Chaque fois qu’un FSM trouve de nouveaux clients qui achètent un cours ou de l’audition, il touche une commission de 10%.

Vous connaissez beaucoup de religions qui versent des commissions à leurs paroissiens chaque fois qu’ils recrutent de nouveaux adeptes ? Vous avez déjà vu un FSM catholique faire venir une dizaine de nouvelles personnes à la messe du dimanche et se faire reverser par le curé 10% de l’argent que ces personnes ont glissé dans les troncs ?

Le système des commissions FSM a transformé certains scientologues en véritables requins. Les FSM particulièrement doués et voraces ont gagné des fortunes. A Flag, les meilleurs FSM roulent en Porsche ou en Ferrari.

On peut aussi toucher des commissions en vendant des livres, des conférences et des électromètres. Ceux qui tiennent la librairie dans une église peuvent très bien gagner leur vie.

Lorsque les Fondements sont sortis il y a quelques années, les membres du personnel des orgs se sont rués sur les paroissiens pour leur vendre un ou plusieurs lots. Quand on est payé 50 dollars par semaine et qu’on arrive à vendre quatre lots de Fondements à 3000 dollars pièce, çela fait une commission de 1200 dollars – une véritable fortune. Les membres du personnel sont maintenus dans un tel état de pauvreté qu’ils sont prêts à tout pour gagner un peu d’argent. Et on leur répète à longueur de journée que s’ils sont pauvres, c’est parce qu’ils ne ramènent pas assez d’argent et qu’ils sont « downstats ».

Le système des commissions FSM s’est étendu aux donations pour l’IAS et les morgues idéales. Quiconque réussit à convaincre un scientologue de donner de l’argent à l’IAS ou aux morgues idéales reçoit 10% des sommes versées.

La philosophie de l’argent à tout prix est profondément ancrée dans les gènes de beaucoup de scientologues.

Mais le plus terrifiant, c’est que la scientologie, en échange des sommes astronomiques qu’elle demande, ne vous donne absolument RIEN.

L’audition et les cours dispensés ne produisent pas chez les individus d’améliorations qui justifient le prix qu’ils ont payé. Souvent même, les scientologues payent énormément d’argent pour aller plus mal qu’avant. Beaucoup de choses sont promises en scientologie mais très peu de ces promesses sont tenues. C’est à se demander si ces promesses étaient vraiment tenables ou s’il ne s’agissait pas tout simplement d’une carotte brandie à l’intention des âmes naïves qui désiraient sortir des sentiers spirituels battus.

Pour ce qui est des donations à l’IAS, là aussi les scientologues n’ont pas obtenu les résultats promis par Miscavige. L’IAS n’a pas fait avancer les objectifs de la scientologie dans le monde. Ses programmes « sociaux » ne sont que de la poudre aux yeux et n’ont pas fait évoluer l’humanité d’un pouce. Au contraire, la scientologie est à l’heure actuelle l’un des mouvements les plus villipendés de la planète.

Quant à l’argent versé pour les morgues idéales, il n’aura servi qu’à bâtir d’immenses cathédrales high tech qui demeurent désespérément vides et qui coûtent plus d’argent qu’elles n’en rapportent.

Oui, la scientologie n’est rien d’autre qu’un business – un business qui ne rapporte rien à ses adeptes et qui remplit les poches de son chef suprême et de quelques petits malins qui profitent du système.

Le dictateur Miscavige vit dans un luxe obscène et emploie une légion d’avocats qu’il paye des dizaines de millions de dollars pour le soustraire à la loi.

Pourquoi Hubbard a-t-il cru bon de transformer la scientologie en une gigantesque activité commerciale ?

S’il avait offert la scientologie sans contrepartie à l’humanité qu’il affirmait vouloir sauver, peut-être qu’elle serait aujourd’hui utilisée et mise en pratique à grande échelle.

En voulant faire de la scientologie une multinationale de l’âme, Hubbard a oublié le plus important : la liberté spîrituelle ne saurait être vendue comme un vulgaire Big Mac.

Les mécanismes de contrôle de la scientologie

Certains se demandent peut-être pourquoi je ne parle pas davantage des déboires juridiques de l’église aux Etats-Unis, de sa politique de recentralisation à Flag, du fiasco phénoménal des morgues idéales ou du tourbillon de panique dans lequel est actuellement pris David Miscavige, petit dictateur couard et sadique qui règne sur une poignée de fidèles endormis et qui vient de tuer, coup sur coup, plusieurs poules aux oeufs d’or en transformant les lancements de GAT II et de Super Power, ainsi que la fiesta annuelle de l’IAS, en des non-événements floridiens dont on ne connaît toujours pas les dates. Oui, pourquoi n’ai-je pas parlé de tout cela ?

Ma réponse est simple : l’église de scientologie, telle qu’elle existe à l’heure actuelle, est embarquée dans une spirale d’autodestruction inexorable, alors pourquoi tirer sur l’ambulance ?

Non, ce qui me paraît bien plus intéressant, c’est de comprendre comment bon nombre d’entre nous, scientologues et ex-scientologues, avons pu adhérer à une idéologie qui s’apparente à celle de la Corée du Nord. Car, ne nous y trompons pas, la scientologie, quelle que soit la valeur de sa technologie, est un mouvement aussi dangereux et néfaste pour l’humanité que l’ont été le nazisme, le maosime ou le stalinisme.

J’ai largement puisé dans plusieurs interviews récentes de Jefferson Hawkins, ex-responsable du marketing international de la scientologie. Son analyse de la nature de l’éthique scientologique est claire, précise et non dénuée de bon sens. C’est Tony Ortega qui a publié ces interviews.

C’est parti.

Projetons-nous d’abord 63 ans en arrière aux Etats-Unis. Lorsque LRH publie en 1950 La Dianétique – La Science Moderne de la Santé Mentale, le livre est un succès inattendu qui propulse son auteur sur le devant de la scène. Ce qu’il propose dans son livre, c’est une thérapie (l’audition) qui permet de débarrasser l’individu de tous les traumatismes qui lui pourrissent la vie depuis la conception. Le mot clé, ici, est thérapie. Dans son livre, Hubbard promet la lune : un individu « clair » qui ne tombe plus jamais malade et qui baigne dans une joie de vivre permanente – et ce, sans l’aide de médicaments ou de traitements médicaux. Ni une ni deux, les gens commencent à s’auditer entre eux et des groupes d’auditeurs se forment spontanément aux quatre coins du pays.

Aussitôt, le monde de la médecine et de la psychiatrie hurle au charlatanisme, attaque violemment Hubbard dans les médias et tente de récupérer le sujet et de le tuer dans l’oeuf. Hubbard, seul contre tous, sombre peu à peu dans la paranoïa – une paranoïa qui, au fl des années, se traduira par une idéologie de plus en plus extrémiste et isolationniste dans laquelle tout individu qui n’est pas d’accord avec lui ou avec la scientologie doit être considéré comme un ennemi à abattre.

Et c’est ainsi qu’est né le système d’éthique de la scientologie qui est un mécanisme de contrôle vicieux destiné à maintenir les adeptes dans le rang.

Première étape : redéfinir le mot « éthique » et démontrer que l’humanité va mal car elle ne possède pas une « vraie technologie de l’éthique ».

L’éthique est l’ensemble des actions que l’individu applique à soi-même.

Ici, la notion de bien et de mal inhérente à l’éthique a disparu. L’éthique devient une espèce d’action autorégulée – l’individu « met son éthique en place », pour employer le jargon scientologue. Oui, mais comment met-on son éthique en place ? En appliquant la technologie de l’éthique, bien sûr !

Sans une technologie de l’éthique, l’individu est incapable de mettre l’éthique en place sur lui-même et de s’empêcher de commettre des actes anti-survie. Résultat : il entame sa propre destruction. Il ne remontera la pente que s’il utilise la technologie fondamentale de l’éthique et qu’il l’applique à lui-même et aux autres.

Le décor est planté. Toutes les vieilles définitions de l’éthique sont périmées et vaseuses. Par bonheur, la scientologie peut vous enseigner ce qu’est vraiment l’éthique.

Des termes tels que bien et mal, vivant et mort, bon et mauvais ne sont utilisés qu’en conjonction avec des échelles graduées.

Autrement dit, si vous croyez savoir ce qui est bien ou ce qui est mal, vous faites fausse route. Si vous vous demandez si c’est bien ou mal de faire telle ou telle chose, la vraie réponse est : ça dépend.

En effet, l’éthique, c’est l’application de la raison pour le plus grand bien (le plus grand nombre de dynamiques) – mais de façon autodéterminée. Sauf que l’individu ne saurait être autodéterminé et éthique que s’il apprend et connaît la technologie de l’éthique.

La solution optimale à un problème serait toute solution qui serait la plus bénéfique pour le plus grand nombre de dynamiques.

Ce qui ouvre la porte à : La fin justifie les moyens. et à : On ne peut pas faire d’omelettes sans casser des oeufs.

C’est ce genre de raisonnement qui fait que le scientologue lambda va commettre des actes stupides, répréhensibles ou illégaux en prétextant que « c’est pour le plus grand bien ». Ce genre de raisonnement justifie tout : le mensonge, le chantage, la manipulation, la déconnexion.

Cela justifie également qu’on sacrifie ses première et deuxième dynamiques au profit des buts de troisième et quatrième dynamiques de la scientologie. Un scientologue qui serait trop centré sur ses première et deuxième dynamiques serait très mal vu et forcé de réétudier la technologie de l’éthique, voire sanctionné par l’éthique.

En outre, une personne qui ne serait pas à 100% engagée dans des activités de troisième et quatrième dynamiques a probablement des « overts » et des « retenues ». « Overt » est un mot inventé par Hubbard qui signifie : péché, action antisurvie. Et une « retenue » est un overt, un péché, un acte antisurvie dont la personne ne veut pas parler.

En scientologie, les overts et les retenues sont principalement des péchés ou des mauvaises pensées à l’encontre de Hubbard, Miscavige ou du sujet lui-même de la scientologie. Ce sont les seuls overts et retenues qui intéressent l’église.

Tant qu’on ne se sera pas délesté de ses overts et de ses retenues, on ne retirera aucun bienfait de l’audition et on n’appartiendra pas vraiment au groupe – telle est la rengaine que l’église assène à ses paroissiens. Pour confesser ses péchés et ses mauvaises pensées, la personne peut soit les rédiger sur des feuilles de papier qui seront ensuite classées dans son dossier d’éthique, soit les communiquer à un auditeur dans le cadre de confessions (security checks) à l’électromètre. Tout overt ou mauvaise pensée à l’encontre de l’église, de Hubbard ou de dirigeants de l’église sont notés par l’auditeur qui les transmet ensuite à l’officier d’éthique qui les classe dans le dossier d’éthique de la personne. Ces informations pourront être utilisées contre la personne si cela s’avère nécessaire.

Dans la religion catholique, les péchés confessés au prêtre le sont verbalement et demeurent strictement entre le paroissien et son confesseur. En scientologie, les péchés sont soigneusement consignés par écrit et potentiellement utilisables pour faire chanter le paroissien.

Confesser ses péchés peut apporter un grand soulagement. La valeur spirituelle ou thérapeutique de la confession est avérée. C’est ainsi que l’église de scientologie justifie les incessants sec checks qu’elle fait subir à ses paroissiens.

Hubbard, à mesure que sa paranoïa augmentait, a décrété que toute personne qui était en désaccord avec la scientologie ou avec lui avait automatiquement des overts contre l’église et contre lui, ce qui faisait de la personne un ennemi qu’il fallait détruire par tous les moyens. Ce raisonnement simpliste et fallacieux est à la base de tous les gros dérapages et de toutes les dérives qui ont eu lieu au cours des quarante dernières années (création de l’organisation paramilitaire appelée Sea Org, opération Snow White, condamnation de Mary Sue, excommunication de milliers de scientologues en 1983, évasion fiscale de LRH dans les années 70, puis durant les dernières années de sa vie, etc, etc).

Une autre donnée simpliste et fallacieuse du même accabit a été que les scientologues qui « blowaient » (quittaient la scientologie) avaient forcément des overts et des retenues contre l’église.

Si on suit ce raisonnement, quelqu’un qui quitte son job pour aller travailler ailleurs a forcément des overts et des retenues contre sa boîte. Sauf qu’on lui a peut-être offert un travail plus intéressant et mieux rémunéré. Ou bien une femme battue qui quitte son mari a forcément des overts contre lui.

Et les pires pécheurs de tous, ce sont les scientologues qui quittent la scientologie parce qu’ils en ont assez de son régime fasciste et de recevoir vingt coups de fil par jour de l’IAS. Ceux-là, c’est sûr, ce sont des criminels bourrés d’overts et de retenues qu’il faut absolument mettre hors d’état de nuire.

Il reste encore beaucoup de choses à dire sur la « technologie » de l’éthique scientologique mais je m’arrêterai là pour aujourd’hui car il faut absolument que j’aille au plus vite confesser mes derniers péchés.

Le pont de Scientologie pour les nuls

Notre ami Emile-Louis est de retour avec un billet en forme de profession de foi. Prenant le contrepied de certains de nos bloggers, Emile-Louis nous livre un commentaire sincère et personnel sur le pont de la scientologie. Bonne lecture.

* * * * *

Titre volontiers provocateur histoire de titiller les idées reçues que chaque lecteur de ce billet pourrait avoir.

Cela fait un petit moment que je constate qu’il y a peu ou pas de compréhension sur ce blog concernant la personnalité de Hubbard et le Pont vers la liberté totale de Scientologie.

Alors, je me suis dit qu’il fallait que je tente de remettre les pendules à l’heure pour employer l’expression consacrée.

A travers les médias du monde entier ainsi que sur ce blog, Ron Hubbard fait beaucoup parler de lui. Normal, me direz vous, c’est le créateur de la Dianétique et de la Scientologie.

Ce qui est moins normal est de l’avoir déifié à un point tel que pas mal de gens s’imaginent qu’il était un saint. Désolé de décevoir ceux qui pensent qu’il en était un, car c’est faux. Il n’y a pas de saints sur cette planète, juste quelques personnes bien intentionnées cherchant à sortir l’humanité du cloaque. Hubbard faisait partie de cette minorité.

Même si dans nos pays bien policés, il y a une apparence de douceur, il ne faut pas se leurrer. Tout est basé autour d’une société matérialiste, avec tolérance 0 pour le spirituel.

Mais revenons à Hubbard. J’ai lu par ci, par là, qu’il n’avait pas bien fait son boulot, qu’il avait eu plusieurs femmes, qu’il était malade, qu’il était ceci et cela. Vous savez quoi ? On s’en fout de savoir s’il a bien mené ou pas sa vie.

Par contre, ce que je sais, c’est qu’il a dû faire face à d’énormes attaques. A l’époque ou il faisait ses recherches sur le mental et la scientologie, il était impliqué dans à peu près 80 procès dans le monde entier. A l’époque, pas mal d’institutions (non vénérables) voulaient sa peau, ce qui explique les procès montés de toutes pièces, et aussi le fait qu’il soit devenu plus ou moins parano. Mais qui, face à de telles attaques, ne le serait pas devenu ?

On peut reprocher à Hubbard de n’avoir pas terminé son boulot, mais il l’a terminé.

Ses recherches ont été orientées au début pour faire un Clair (dianétiquement parlant). Un clair est quelqu’un qui n’a plus son mental réactif (mental qui n’est pas directement sous le contrôle de la personne). Il y est arrivé. N’importe qui peut devenir clair.

Ensuite, il s’est aperçu qu’il fallait améliorer les aptitudes de l’être spirituel.

Pour ceux qui ne connaitraient pas bien la Scientologie, chaque personne est composée de trois parties :
– Le corps
– Le mental. (Liaison entre le thêtan et le corps)
– Le thêtan, ou l’esprit . « thêtan » vient de la lettre grecque « thêta » qui signifie la vie)

On clarifie le mental au moyen de la Dianétique et on augmente les aptitudes du thêtan au moyen de la Scientologie.

Je reprends. Hubbard, une fois le stade de clair obtenu de façon standard, s’est demandé comment faire pour augmenter les aptitudes du thêtan.

C’est donc dans les années 50/60 qu’il a essayé tout un tas de techniques : extériorisation, clair d’un coup, etc… Las, ce n’était pas stable. Les gens étaient bien quelque temps, mais retombaient à un moment ou à un autre. Pas stable.

Il réalise alors qu’il va falloir faire le grand saut. C’est à dire OT3, et ensuite passer au travers du cas de NOTs (OTV et VII). Réalisez qu’au départ, il cherchait à court-circuiter NOTs. Pourquoi ? car c’est un gros morceau. Il voulait bien passer au travers d’OT3, mais il aurait préféré ne pas entrer dans le cas de NOTs. Mais il s’est aperçu que c’est ce cas de NOTs qui empêche toute stabilité du cas de chacun. C’est un fait, pas de la science fiction.

OT3, 5 et 7, existent réellement. Ah, bien sûr, des petits malins vont me dire que ce n’est que de la science-fiction. Je peux comprendre que c’est dur d’appréhender que cela puisse être vrai, mais c’est encore un fait, ça l’est.

Et je vais même enfoncer le clou. Ceux qui ne passeront pas au travers de 3, 4, 5, 6 et 7, ne pourront pas accéder à certains niveaux spirituels. Désolé de froisser peut-être quelques lecteurs, mais bon, toute vérité doit être énoncée. C’est un fait.

Si vous vous demandez pourquoi je suis sûr de moi, c’est parce que miraculeusement je suis passé au travers de tout ce foutoir et que je m’en remets petit à petit.

Alors, vous me direz, pourquoi Hubbard n’a pas clairement énoncé tout ça ?

Parce qu’il n’en a pas eu le temps. Après avoir fait face à plus de 80 procès, il a eu le tort (mais je ne le blâme pas) de s’entourer de commodore messagers (sorte d’unité d’élite de la Sea Org) censés relayer ses communications à travers le monde. Malheureusement, le ver était dans le fruit, et les messagers censés être des gens intègres se sont révélés être des escrocs et des criminels. Ils ont coupés Hubbard des bons éléments et c’est comme cela que Miscavige a pu se placer au pouvoir. Miscavige faisait parti de ces messagers.

Hubbard, hors circuit depuis 1979, est mort en 1986 et Miscavige a pris le pouvoir.

Le but horrible non avoué mais pourtant réel a été mis en place: IL NE FAUT PAS D’OTS SUR LA PLANETE.

C’est pour ça que le vrai pont supérieur, depuis 1986 est devenu petit à petit totalement inaccessible. Pire que ça, OTV et OTVII sont des pièges tendus pour que vous n’en ressortiez jamais. Et si vous en sortez, vous n’êtes plus le même. Vous êtes dans les masses. Car tout est fait pour vous faire aller vers le « côté obscur de la force ». Ne croyez pas que je déraisonne. C’est vrai. De nombreux soi-disant OTs sont morts, d’autres sont malades, d’autres sont robotisés. Il suffit de côtoyer des OTs pour s’apercevoir qu’il y a vraiment quelque chose qui cloche. Ca me touche beaucoup quand je pense à ceux qui ont disparus. C’était des gens bien. J’espère pour eux qu’ils s’en sortiront plus tard.

Alors s’il vous plaît, arrêtez de parler du comportement des OTs. Hormis ceux qui ont pu se tirer des griffes de cet out-tech monstrueux, il n’y a pas de vrais OTs. Donc, c’est peine perdue de parler du comportement de ces gens-là, puisque cela ne correspond pas aux résultats promis sur le pont.

C’est le but recherché par Miscavige et consorts, dont le but n’est que de s’en mettre plein les poches.

Quand vous aurez compris qu’il ne sert à rien de parler du comportement des OTs, vous aurez tout compris. C’est pathétique, c’est monstrueux, mais c’est réel.

Les seuls vrais OTs sont ailleurs.

Le grand problème est que Miscavige a décidé de tout saboter. Les niveaux d’OTs, c’est fait. Mais tout aussi grave il est en train de saboter la porte d’entrée du pont. A savoir le clearing. Devenir Clair. Je ne suis pas certain au moment où j’écris ces lignes que les églises produisent de vrais clairs.

En conclusion, si vous voulez vraiment phosphorer sur tout ça, je vous invite à regarder et à chercher les infos, et surtout à trouver des plans pour éradiquer Miscavige et sa clique. Mais attention, il ne suffira pas juste de l’enlever lui, il faudra trouver le moyen que toute cette mascarade disparaisse.

Allez, un peu de boulot en perspective, mais ça en vaut la chandelle.