Les flops de l’inauguration de Super Power et du gala annuel de l’IAS

Le 19 novembre dernier, le chef suprême de l’église, Sa Sainteté David Miscavige, inaugurait, en plein air, la nouvelle cathédrale scientologique après 15 ans de travaux qui ont coûté entre 70 et 90 millions de dollars (les levées de fonds en ont rapporté au moins 150, ce qui fait un bénéfice net d’au moins 50 millions de dollars exonérés d’impôts). L’église avait obtenue de la municipalité de Clearwater qu’elle ferme les rues avoisinantes pendant deux jours afin que les 10 000 personnes attendues ne soient pas dérangées par les riverains, les medias, les apostats aigris et défroqués, les chats de gouttière et autres suppressifs malintentionnés.

A peine Sa Grandeur avait-elle commencé son discours devant un parterre de fidèles en extase, dont Tom Cruise, John Travolta et Kelly Preston, que, ô ignominie, un hélicoptère s’est mis à survoler le site avec, à bord, Mike Rinder et Michael Bennitt, un ex-scientologue prospère, lesquels ont tout filmé d’en haut !

Gros vent de panique chez Miscavige qui ne s’attendait pas à ça. En effet, les images montrent clairement qu’on est très loin des 10 000 personnes attendues. A vue de nez, on serait plutôt aux alentours de 2500-3000. Pour une religion qui prétend compter 11 millions de membres et avoir le taux de croissance annuel le plus élevé du monde, 3000 pékins, ça fait un peu désordre. En tout cas, le bruit de l’hélicoptère a dû sérieusement entamer le TR 0 du dictateur car il a brutalement écourté son speech qui n’aura duré en tout et pour tout que huit minutes montre en main. Il a soudain déclaré la cathédrale ouverte et il s’est précipité à l’intérieur, la queue entre les jambes.

Ensuite, les fidèles ont pu visiter la cathédrale par groupes de 75. Ceux qui n’avaient pas envie de poireauter sont partis.

Voici la vidéo diffusée par les deux Mike.

Et voici une photo de l’inauguration avec Cruise, Travolta et Preston – au premier rang, cela va de soi.

En filmant l’inauguration, Mike Rinder a coupé l’herbe sous le pied du dictateur qui n’a pas pu, cette fois-ci, bidouiller les photos destinées aux médias. Sinon, ça aurait donné ceci (photo truquée hilarante de OTVIIIisGrrr8!) :

L’événement a été rapporté dans plusieurs journaux français, dont Le Figaro.

A part ça, que dire de Super Power ?

Un article de Mike Rinder démontre que l’église et son dictateur se moquent ouvertement du monde.

Super Power se compose de dix rundowns confidentiels. Confidentiels ? Hum… Une grande partie de ces rundowns ont déjà été publiés.

Voyons ce que dit la pub de Flag à propos de quelques-uns de ces rundowns.

Liste de réparation de l’éthique : Ce premier rundown est si puissant que LRH a dit: Rien n’est plus susceptible d’extérioriser un pc que ce rundown.

Euh, vraiment ? Relisez le HCOB de cette liste. Elle est assessée et auditée en méthode 3 – ce n’est pas vraiment nouveau et révolutionnaire. La seule extériorisation que vous risquez d’obtenir, c’est d’extérioriser de l’église de scientologie car si le rundown est audité correctement, ce serait son seul résultat possible.

Rundown de la renaissance personnelle (Personal Revival Rundown) Ce rundown aborde les « masses collectives » et les « thétans morts ».

Ce rundown est basé sur le HCOB du 27 octobre 78, Identités collectives. Il sera très intéressant de voir comment les « OT » vont être miraculeusement « ramenés à la vie » grâce à ce rundown.

Bright Think Rundown (Rundown de la pensée claire) : Avec ce rundown, vous aurez des gains équivalents à ceux produits par un niveau tout entier du Tableau des Grades.

Encore un rundown « confidentiel » publié dans toutes les orgs en 1978. Voici l’intégralité de ce rundown : « Où serais-tu en sécurité ? » Répétitivement jusqu’à F/N, Cog, VGIs (et pc dans le temps présent, bien entendu). Le phénomène final de ce procédé est que le pc prenne conscience qu’il est vraiment dans le temps présent.

Pour la suite, je vais faire court.

Le Super Study Rundown n’est rien d’autre la Study Green Form. Encore un rundown « confidentiel ».

Le False Data Thinking Rundown n’est rien d’autre qu’un False Data Stripping (extraction de données fausses). Vous avez dit « confidentiel » ?

Confront & Cause Rundown : Un rundown époustouflant et « confidentiel » publié le 4 février 1960.

Les Perceptiques : Tout un étage de la cathédrale est consacré au 57 perceptiques. Il s’agit de résoudre tout dysfonctionnement de ces perceptiques. Chaque perception va faire l’objet d’exercices très spécifiques à l’aide de machines high-tech comme des gyrosièges ou des tables d' »huilosité ». Bien entendu, LRH n’a jamais dit qu’il fallait construire toutes ces machines bizarroïdes.

Pour finir, parlons rapidement de la sauterie annuelle de l’IAS qui a eu lieu fin novembre à Flag sous le chapiteau ramené par bateau de Grande-Bretagne. Lorsque les fidèles sont arrivés, ils ont été accueillis par les deux Mike qui survolaient la Flag Land Base dans un petit avion qui traînait derrière lui une longue banderole avec la question « Où est Shelly Miscavige ? »

Tous les paroissiens qui ont regardé en l’air ont ensuite été convoqués en éthique pour recevoir, à leurs frais, plusieurs intensives de sec checks et de NED afin d’effacer cet engramme meurtrier susceptible de leur faire perdre tous leurs gains. (Je plaisante.)

Sinon, à part ça, cet énième gala de l’IAS destiné à faire les poches des fidèles a tenu toutes ses promesses. Le pape Miscavige a annoncé que la scientologie connaissait une expansion sans précédent et qu’une quinzaine d’orgs idéales allaient être ouvertes en 2014 (en 2013 il devait y en avoir une par mois et il n’y en a eu que 4). On est impatients de voir ça.

Sur ce, je vous souhaite une magnifique année 2014.

Excommunication sauvage de Ryan Hogarth, ancien Président de l’église de scientologie sud-africaine

Le dictateur intensifie sa politique d’oppression en Afrique du sud et continue de se débarrasser des personnes de bonne volonté.

Sa dernière victime, Ryan Hogarth, l’homme qui a été le Président et le porte-parole de l’église jusqu’en 2010, l’homme qui a contribué à mettre en place la nouvelle org de Johannesburg, un homme qui a consacré vingt ans de sa vie à essayer de bâtir un monde meilleur pour finalement se rendre compte que le régime Miscavige n’était que crimes et mensonges.

Il raconte son histoire sur le blog sud-africain. Elle mérite d’être lue.

Vous y trouverez aussi une vidéo d’une interview qu’il a donnée en 2010 à un media sud-africain. On y voit un homme souriant, sympathique et décontracté, à mille lieux de notre croque-mort national, le très psychorigide Eric Roux qui semble toujours s’exprimer avec un O-Cedar dans l’arrière-train.

Excommunications massives en Afrique du Sud

Un certain nombre de scientologues sud-africains proéminents ont ouvertement exprimé leur désaccord avec la politique répressive du dictateur et les incessantes levées de fonds pour les morgues idéales et l’IAS.

Il existe actuellement deux morgues idéales désespérément vides en Afrique du Sud : Joannesbourg et Pretoria.

Quelques « apostats » sud-africains viennent de lancer un blog qui dénonce les dérives de la scientologie en Afrique du Sud et dans le monde. Nous les félicitons, bien sûr, de cette initiative d’utilité publique.

Pour faire face à ce vent de révolte, le top management de l’église a excommunié une vingtaine de scientologues au CV mpressionnant, dont beaucoup d’OT et d’auditeurs chevronnés. Vous la trouverez un peu plus bas.

Ces excommunications sauvages et arbitraires (ces personnes ont été jugées et condamnées sans qu’aucune action de justice interne n’ait été entreprise à leur encontre) démontrent que 40 ans de bons et loyaux services au sein de l’église, ainsi qu’un nveau d’audition et de formation élevé, sont la garantie qu’un jour ou l’autre, vous serez excommuniés. On n’excommunie plus que les vétérans et les individus qui ont contribué activement à l’expansion de l’église au cours des 30 ou 40 dernières années.

Le dictateur, dans sa grande sagesse, ne veut plus qu’il y ait de scientologues en scientologie – juste une armée de jeunes zombies illettrés qui se prosternent devant lui.

Sept missionnaires de la sea org viennent d’être dépêchés pour reprendre en main l’Afrique du Sud, tellement la situation est tendue là-bas. Et une vingtaine d’excommunications supplémentaires sont déjà dans les tuyaux.

En attendant, voici la liste des « suppressifs » déjà excommuniés.

Gaye Corbett – 42 years in Scn, OT VIII, Cl IV, 3Ls, Data Series Evaluator, Triple Cornerstone Member, Silver Meritorius

Ernest Corbett – 42 years in Scn, OT VIII, 3Ls, Data Series Evaluator, Triple Cornerstone Member, Silver Meritorius

Tracey Henley (nee Corbett) – 40 years in Scn (all her life), OT V, Flag trained CL VI, Patron

Guy Henley – 12 years in Scn, Patron

Lisa Goosen (nee Corbett) – 35 years in Scn (all her life), Patron, Ls

Warwick Goosen – 20 years in Scn, Patron, Ls

Rodney Corbett – 40 years in Scn, OT V, OEC

Karl Kroeger – 35 years in Scn, OT VIII, Ls

Sandy Kroeger – 35 years in Scn, OT VIII, Cl IV

Molly Jelly – 46 years in Scn, Cl VI, OT VIII

Dave Jelly – 46 years in Scn, Cl VI, OT VIII

Craig Howarth – 20 years in Scn, 8 years on Durban Staff

Shirley Wartski – 20 years in Scn, Flag trained CL VI, OT V

Cameron Wannenberg – 15 years in Scn.

Kim Downing – 42 years in Scn, OT VII, Cl IV

Ueli Gostelli – 35+ years in Scn, OT V.

Carol Krieger – +- 20 years in Scn, CL IV, OT V

Wendy Bowman – 45 years in Scn, CL VI, 12 years on staff

Mise à jour du 10 novembre 2013

Gayle et Ernest Corbett, récemment excommuniés, viennent de mettre en ligne leur histoire et confirment ce que je pense depuis un certain temps : l’église de scientologie est une organisation mafieuse.

La déconnexion : l’arme meurtrière de l’église de la haine

Voici un commentaire de Fool OT qui méritait d’être publié en tant qu’article à part entière.

Après avoir annulé la déconnexion en 1968, Hubbard l’a réactivée et renforcée en 1983 dans la HCO PL intitulée « PTSness et Déconnexion » :

(…) Refuser de rompre les liens avec une personne suppressive va non seulement empêcher la personne PTS (connectée à une personne suppressive) de retirer des bienfaits de l’audition, mais c’est, également, un acte de solidarité avec la personne suppressive, ce qui est en soi un acte suppressif. (…)

Beaucoup de scientologues indépendants affirment que ce texte n’a pas été écrit par Hubbard, mais sans pouvoir apporter la moindre preuve tangible de ce qu’ils avancent. Quoi qu’il en soit, ce texte existe et porte la signature du fondateur et, en tant que tel, il est utilisé par Miscavige et l’église pour excommunier, ostraciser et détruire familles et amitiés.

Voici le billet de Fool OT.

* * * * *

Je voudrais revenir sur la déconnexion après qu’on m’a fait la réflexion que les « apostats » coupaient eux aussi les ponts avec la sciento, qu’ils employaient donc eux aussi la déconnexion qu’ils dénonçaient avec virulence.

Je précise ici que ce n’est pas la même déconnexion dans la mesure où un apostat continue de communiquer si on s’adresse à lui. Un scientologue pratiquant qui déconnecte, lui ne communique plus du tout.
Il fait le mort. Niveau de ton adopté : mort simulée.

Autrement dit, plus aucune affinité, réalité et communication. Pas très confortable pour un être de maintenir l’ARC tout en bas.

Tout en donnant l’impression de donner le choix, HCO impose subrepticement UN ACTE CONTRE NATURE POUR L’ETRE SPIRITUEL et ça ne peut pas attirer de bons flux, ni à la personne qui accepte de faire le mort, ni au groupe qui impose cet acte contre nature. On en voit d’ailleurs les répercussions avec tous les scandales qui font l’actualité de la scientologie.

Les apostats ne descendent jamais à « mort simulée » sur l’échelle des tons, ils ont bien trop de theta libre pour accepter de descendre aussi bas !

Pratiquant l’anti-spiritualité à outrance, la scientologie ne survit que dans la force, même si elle rassure ses ouailles en disant qu’il y a toujours du chaos quand on met de l’ordre. Ne vous y trompez pas :

LA SCIENTOLOGIE MET DE LA CHARGE LA OU IL Y AVAIT DE L’ARC.

Elle créé un chaos épouvantable, à des années lumières de ses deux principes de base, ARC/KRC, mais elle vous dira, à sa décharge, qu’elle est si efficace et en telle expansion qu’elle rend fou les SPs.

Quand un taux de SPs dépasse allègrement les 2,5%, comme c’est le cas de nos jours en sciento, un groupe devrait se poser la question de savoir si ce n’est pas lui qui est devenu suppressif !

Le fait est que la scientologie, grande adepte de l’évaluation, de l’invalidation de cas et grande adoratrice du Mest et du dieu « Monnaie » déçoit et fait fuir un grand nombre de ses adeptes. Du reste, elle n’est pas en expansion du tout et ses orgs idéales sont désespérément vides.

Le clamer partout dans les events et la presse est un mensonge éhonté. C’est comme dire qu’un chômeur de longue durée est upstat parce qu’il a fait un héritage d’un million.

UNE VRAIE EXPANSION EST LE FRUIT DE LA PRODUCTION PAS DES DONATIONS.

Mais revenons à la notion d’apostat… Un apostat est une personne opposée au régime matéraliste et pharaonique de Miscavige le Magnifique. Lorsqu’elle arrête les services, elle déconnecte du groupe, c’est vrai, mais si un sciento sur les lignes lui écrit, elle répondra.

UN APOSTAT EST CONTRE LE REGIME EN PLACE, PAS CONTRE LES SCIENTOLOGUES.

Même si Miscavige le Magnifique écrivait en personne à cette personne, elle lui répondrait honnêtement pour lui dire ce qu’elle pense de sa politique.

UN APOSTAT QUI A COUPE LES PONTS CONTINUE DE COMMUNIQUER SI ON S’ADRESSE A LUI. LE SCIENTOLOGUE, NON.

La déconnexion est un acte qui va profondément à l’encontre des préceptes de la scientologie. Ce n’est pas du KRC (Connaissance, Responsabilité, Contrôle) mais du MIC total (Mystère, Irresponsabilité, Confusion). On ne peut pas comprendre et contrôler ce à quoi on tourne délibérément et définitivement le dos.

(note de l’auteur : MIC est ma trouvaille, ne cherchez pas dans le dico tech !)

En coupant la comm avec un être cher, l’être cher passe direct de la lumière (connaissance) à l’ombre (mystère). Vous ne pouvez dès lors plus en prendre responsabilité puisque vous avez rejeté connaissance et contrôle à son propos.

Comment la scientologie peut-elle inviter à la déconnexion entre membres d’une même famille sachant que la non communication va fatalement provoquer des ridges ? Ridges dû aux principes de base ARC/KRC non appliqués.

LA SCIENTOLOGIE DE DAVID LE MAGNIFIQUE NE REPOSE PAS SUR LE SOCLE ARC/KRC. ELLE REPOSE SUR LA FORCE, LA CONTRE-EMOTION ET LA CONTRE-PENSEE.

Sa fréquence est devenue lourde et grossière. Il suffit de regarder les décors pompeux et visuellement agressifs des events pour s’en rendre compte.

La scientologie devient tellement matérialiste, tellement lourde et opulente qu’elle se paralyse peu à peu. Elle essaie de progresser en employant la force.

Son but premier était l’ARC, la liberté et la légèreté. En se couvrant de chaînes, elle en a quitté le sentier.

La scientologie en guerre contre Leah Remini



Le 8 juillet dernier, nous apprenions que Leah Remini, star de la télévision américaine et scientologue depuis plus de trente ans, avait quitté l’église de scientologie avec toute sa famille. Leah Remini est surtout connue pour son rôle dans le sitcom Un Gars du Queens (The King of Queens) qui a été diffusé par la chaîne américaine CBS de 1998 à 2007.

La nouvelle du départ de Leah s’est propagée comme une traînée de poudre dans les médias et s’est transformée en cauchemar médiatique pour l’église. On ne parle plus que de ça aujourd’hui dans la presse U.S.et dans les JT et les talk shows des principales chaînes américaines. Sans oublier Internet : vous tapez « Leah Remini » et Google affiche des dizaines et des dizaines de pages, toutes pro-Léah et anti-scientologie et anti-Miscavige.

Tout commence en novembre 2006, au mariage de Tom Cruise et Katie Holmes, en Italie. Quelques célébrités hollywoodiennes et le gotha de la scientologie ont été conviés, dont le chef ecclésiastique de l’église, David Miscavige, ami personnel de Cruise dont il est le témoin. Leah est présente et s’étonne de ne pas voir son amie Michelle (Shelly) Miscavige, l’épouse du dictateur, et demande pourquoi elle n’est pas là. Elle se fait aussitôt remonter les bretelles par Tommy Davis, porte-parole de l’église, qui lui dit qu’elle n’est pas en position, de par son rang et son statut, à poser ce genre de question. Leah est choquée par la violence de la réaction de Davies et commet un autre « impair » :  sa copine Jennifer Lopez a été placée à une table pleine de scientologues et JLo fait savoir à Leah qu’elle préférerait de loin être assise à la table de Leah pour pouvoir papoter avec elle. Du coup, Leah demande à ce que certains invités soient déplacés pour pouvoir être avec JLo. C’est très mal vu et Leah est pointée du doigt comme une fauteuse de trouble.

Elle est rapidement convoquée à Flag où elle reçoit le Rundown de la Vérité – des intensives et des intensives de sec checks destinées à lui extirper ses pensées négatives concernant Miscavige, Hubbard et la scientologie. Cela lui coûtera la bagatelle de 300 000 dollars.

Sa foi dans le management de la scientologie s’en trouve fortement ébranlée. Elle continue, dans les médias, à faire de la publicité pour la scientologie mais le cœur n’y est plus.

Lorsque Paul Haggis, scénariste et réalisateur oscarisé, quitte bruyamment la scientologie en 2009, Leah est parmi les rares scientologues à ne pas rompre les liens avec lui comme l’exigent les règlements de l’église. Elle s’en prend à Tommy Davis et lui fait savoir qu’elle est révoltée par la façon dont l’église torpille Haggis dans son organe de presse, Freedom.

Apparemment, la décision de Leah Remini de couper les ponts avec l’église a été mûrement réfléchie et planifiée. En effet, elle ne voulait surtout pas se retrouver dans une situation où sa famille et sa belle-famille (tous scientologues – la mère de Leah est OT 8 et Classe 6) auraient été forcées de rompre les liens (déconnecter) avec elle. Elle s’est donc assurée que ses proches seraient d’accord avec sa décision avant de la rendre publique. En agissant ainsi, elle a privé l’église de son arme préférée : détruire les familles avec la déconnexion.

La défection de Leah a suscité de violentes réactions chez certains scientologues, dont Kirstie Alley qui a aussitôt mis en ligne un tweet pas très subtil : « Quand je suis confrontée à des commérages malveillants, il me faut un moment pour absorber la perte d’une personne que je croyais mon amie… Et ensuite je dis : qu’elle aille se faire foutre. » (When faced w malicious gossip I take a moment to experience the loss of the person I thought was my friend… Then I say fuck em.)

La classe.

Dans un autre tweet, Alley tente ensuite de faire croire qu’elle ne parlait pas de Leah mais ne fait que jeter de l’huile sur le feu : « Tu es tellement imbue de toi-même… Tu crois probablement que mes tweets parlent de toi, pas vrai, pas vrai, pas vrai ?… C’est faux. » (you’re so vain..You probably think my tweets are about you ..don’t you don’t you don’t you ? …..they’re not) Avec ces tweets, Alley a réussi deux choses : elle s’est fait descendre en flammes dans les médias et elle a enfoncé un peu plus la scientologie.

Le plus drôle dans cette histoire, c’est que Leah Remini, maligne, n’avait, à ce moment-là, fait aucune déclaration officielle comme quoi elle quittait l’église. La nouvelle avait été répercutée par des amis, puis par sa sœur Nicole qui avait attaqué de front l’église sur la déconnexion et la disparition de Shelly Miscavige, dont personne n’a entendu parler depis 2006. La seule déclaration publique de Leah , suite à l’annonce de sa défection, avait été la suivante : « Je voudrais partager mon appréciation sincère du fond de mon coeur pour la réponse positive que j’ai reçue de la part des médias, de mes collègues et de mes fans de par le monde. Je suis vraiment reconnaissante de tout votre soutien »

Dans une interview avec Tony Ortega, Nicole raconte ce que Leah et elle ont vécu en scientologie. On apprend ainsi qu’elles ont fait partie de la Sea Org pendant un an alors qu’elles avaient respectivement 12 et 14 ans et qu’elles l’ont quittée lorsqu’on a voulu les envoyer au RPF (Rehabilitation Project Force – le camp de « réinsertion » de la Sea Org)  après avoir été faussement accusées d’avoir eu des relations sexuelles avec des garçons. Soit dit en passant, la fixation malsaine de la Sea Org sur le sexe ne connaît pas de limites et relève de la psychose.

Leah était ensuite devenue une bonne scientologue sans histoire qui n’hésitait pas à parler positivement de sa religion dans les médias – une porte-parole de luxe dont la crédibilité était renforcée par le fait qu’elle jouissait d’une très grande popularité.

Mais après l’incident de 2006 lors du mariage de Cruise, Leah avait commencé à se poser de plus en plus de questions sur la véritable nature de l’église et de ses dirigeants.

Début 2012, la lettre de Debbie Cook avait confirmé ses doutes. Leah avait alors demandé à joindre Cook pour pouvoir communiquer avec elle et l’église avait menacé de l’excommunier si elle elle le faisait. Toujours en 2012, Leah, qui s’inquiétait de plus en plus de la disparition de Shelly Miscavige, avait menacé de faire appel au FBI pour la retrouver. Une rencontre avec Miscavige en personne, destinée à la calmer, s’était très mal terminée lorsque le dictateur lui avait proposé de la rembourser pour toute la mauvaise audition qu’elle avait reçue à  Flag, faisant d’elle un « cas de remboursement » (se faire rembourser entraîne automatiquement l’excommunication).

Et voilà comment Leah Remini, excédée et dégoûtée, a fini par quitter l’église en compagnie de toute sa famille.

Trois semaine après l’annonce de son départ, Leah Remini a fait officiellement connaître sa position dans People :

« J’ai la conviction que les gens devraient pouvoir remettre les choses en question. Je crois fermement que les gens devraient chérir la famille et l’amitié, et les considérer comme sacro-saintes. (…) Personne ne me dictera ce que dois penser, personne ne me dira à qui je peux, ou non, parler. »

Il y a quelques jours, dans une lettre ouverte publiée par le Hollywood Reporter, Paul Haggis a félicité Leah pour son courage, vilipendé les ex-amis scientologues de Leah pour avoir coupé les pont avec elle au lieu de la soutenir, et il l’a mise en garde contre la campagne de dénigrement que l’église va sans doute lancer contre elle.

En effet, l’église est bien connue pour ses attaques vicieuses contre les ex-membres qui osent la critiquer. Elle a, par exemple, mis en ligne toute une série de sites abjects intitulés « whoismartyrathbun », « whoismikerinder », « whoispaulhaggis », etc (littéralement : qui est marty rathbun, qui est mike rinder, qui est paul haggis). Ces sites « qui est…? » ne sont qu’un ramassis de mensonges et de fiel qui contiennent, de surcroit, des infos tirées des dossiers d’audition des personnes concernées – une violation éhontée du devoir de confidentialité auquel est soumise l’église.

Il y a quelques jours, Karin Pouw, la porte-parole de l’église, a reconnu que l’église fournissait des infos à ces sites tout en niant qu’ils lui appartenait, une façon de dire aux VIP scientologues qui songeraient à quitter l’église qu’ils ont intérêt à se tenir à carreau s’ils ne veulent pas que leurs secrets les plus intimes soient révélés au public.

Un site « whoisleahremini » a été créé dernièrement et mis en ligne. Pour l’instant, il ne contient rien.

Un certain nombre de medias rapportent que Leah serait en train d’écrire un livre sur tout ce qu’elle a vécu et observé pendant ses quelque 35 années de scientologie.

De nouveaux faits intéressants devraient sans doute survenir dans cette étonnante affaire et cet article sera régulièrement mis à jour.

* * * * *

8 août 2013

Selon Tony Ortega, Leah Remini a officiellement signalé la disparition de Shelly Miscavige. Ce rapport envoyé par Leah va obliger la police de L.A. à lancer une enquête.

L’église et son dictateur vont être forcés de sortir Shelly de son placard, de l’épousseter et de l’exhiber publiquement. En attendant, la scientologie se retrouve évidemment à la une de tous les médias américains.

* * * * *

11 août 2013

Selon CNN, la police de L.A. a déclaré que Shelly allait bien et que l’affaire était classée. L’église a aussitôt publié un communiqué dans lequel elle accuse Leah Remini d’avoir voulu faire un coup de pub. Mais comme le font remarquer les présentateurs de CNN, même si l’affaire est classée, on ne sait toujours pas où est Shelly Miscavige.

 

Le rundown de la vérité ou comment conditionner les scientologues

Dans cette interview réalisée par Mark Bunker, un ex-membre de la Sea Org, Bruce Hines, raconte comment on conditionne les « fauteurs de troubles » condamnés au RPF (Rehabilitation Project Force – le camp de « réinsertion » de la Sea Org). On appele ça le « Truth Rundown » (le rundown de la vérité).

Lorsqu’une personne débarque dans le RPF, on rassemble tous les rapports de connaissance, ou autres, qu’elle a écrits et dans lesquels elle dit des choses considérées comme négatives sur un membre du personnel, sur les cadres superieurs de l’église et son top management, sur la scientologie et sur L. Ron Hubbard. Puis, on les classe par ordre d’importance.

Ensuite on s’en sert pour soumettre la personne à une longue série de sec checks (confessions). L’auditeur lui demande : « Dans ce rapport tu as écrit telle et telle chose. Quand exactement as-tu observé cela ?

Réponse : Quand David Miscavige a donné un coup de poing dans le ventre à Ray Mithoff.

Auditeur : Très bien. Maintenant va jusqu’au tout premier moment où tu as observé cela.

La personne trouve un premier moment où elle a vu Miscavige agir de la sorte.

Auditeur : Bien. Juste avant d’observer ça, quel overt (acte nuisible) as-tu commis?

Donc, en fait, la personne doit trouver ce qu’ELLE  a fait de mal avant d’observer ce qu’elle a observé.

L’idée derrière tout ça, c’est que la personne a mal observé, qu’elle s’est trompée, qu’elle a halluciné.

La personne va alors trouver un overt, puis une chaîne d’overts similaires. Lorsqu’elle a trouvé le tout premier overt de la chaîne, on lui demande : « Y avait-il un but malveillant ou une intention destructrice qui t’a incité à commettre cet overt ? »

Autrement dit, maintenant que la personne a trouvé l’acte nuisible qu’elle a commis, elle doit trouver ce qu’il y a de mauvais et de malveillant en elle, le mal intérieur qui la ronge et qui l’a poussée à avoir une fausse observation, une hallucination. Puis, elle doit « effacer » cette intention destructrice.

Toutes les choses que la personne a dénoncées dans ses rapports sont traitées de cette façon.

Ensuite, on  pose une série de questions du genre « As-tu déjà dit des choses négatives sur la scientologie ? » As-tu déjà dit du mal de L. Ron Hubbard à quelqu’un ? » Et ainsi de suite – une liste interminable de questions de cet accabit, avec la procédure décrite ci-dessus. La « cognition » (prise de conscience) qu’on attend de la personne, c’est qu’elle a imaginé tout ce qu’elle a observé, qu’elle a halluciné. Cela fait partie du « phénomène final » (résultat demandé) de toutes ces actions.

Le tout dure généralement des mois. Tous les jours, la personne recherche le mal qui est ancré en elle.

Et lorsque ce programme est terminé, la personne pense que tout le monde est génial et que ce sont ses intentions destructrices qui l’ont fait halluciner. Tant qu’elle n’a pas eu cette cognition, elle reste sur le RPF. Il y a d’autres actions que la personne doit accomplir avant de sortir du RPF, mais cette interminable série de sec checks est la plus importante.

Vous avez dit inquisition ?

Mémoires d’un guerrier de la scientologie – Résumé – Partie 1

J’ai traduit « Memoirs of a Scientology Warrior » par « Mémoires d’un guerrier de la scientologie », plutôt que par « Mémoires d’un guerrier scientologue ». Pourquoi ? Parce que Marty Rathbun, aujourd’hui, ne se considère plus comme scientologue.

Dans le résumé qui suit, je me suis attardé sur les faits qui, pour moi, sont les plus significatifs. Il couvre un peu plus du premier tiers du livre. La suite dans quelques jours.

* * * * *

Dans le premier chapitre de son livre, Marty raconte qu’il vient d’une famille très perturbée. Lorsqu’il a cinq ans, sa mère, suivie depuis des années par des psychiatres, se suicide en se jetant du Golden Gate Bridge. Ses deux frères aînés ne s’en remettront jamais. Le plus âgé, Scott (huit ans de plus que Marty), diagnostiqué « schizophrène », passera la majeure partie de sa vie adulte en hôpital psychiatrique. Son autre frère, Bruce (quatre ans de plus que Marty), fera des allers-retours en hôpital psy avant de mourir poignardé à 27 ans au cours d’une rixe dans un bar.

A la fin des années 2000, quand l’église de scientologie démarre sa campagne de haine contre Marty, elle se sert de ses antécédents familiaux pour tenter de convaincre les médias et les scientologues qu’il est fou à lier et qu’il vient d’une famille de cinglés – bref, que c’était génétique, invalidant au passage toutes les théories dianétiques. Tout cela, bien entendu, venait de ses dossiers confidentiels de paroissien. Au cours d’une séance d’audition, Marty avait contacté un incident prénatal dans lequel sa mère avait reçu des électrochocs alors qu’elle était enceinte de lui. Le choc avait éjecté Marty du corps du fœtus (la première extériorisation de sa vie présente) et il était resté là à regarder la terrible scène en se demandant s’il devait réintégrer le corps ou aller se réincarner ailleurs. Finalement, il opta pour la première solution.

Mais quelque chose tarabustait Marty : cet incident était-il réel ou imaginaire ? En effet, sa famille ne lui en avait jamais parlé. Quelque temps plus tard, il raconta l’incident à sa tante, qui, stupéfaite, le confirma.

Je passe rapidement sur l’enfance et l’adolescence de Marty : un père qui se remarie deux fois, deux frères traumatisés par le suicide de leur mère et qui détestent ses « remplaçantes » et Marty qui tente, en vain, de faire régner un semblant de paix familiale.

Dans les années 70, quand la famille s’installe à Laguna Beach, en Californie, il se prend de passion pour le basket-ball. Il joue d’abord au streetball et rencontre un jeune marginal qui l’initie au Tao. Puis, il intègre l’équipe du lycée dont il devient rapidement un joueur clé. Au cours d’un match, il extériorise avec toutes les perceptions et prend conscience de sa nature spirituelle. Il prend également conscience d’un rapport télépathique avec l’un des joueurs avec lequel il multiplie les passes à l’aveugle.

Alors que Marty est dans sa dernière année de lycée, son frère Bruce est renvoyé de l’armée pour comportement violent et enfermé à l’asile d’Oakland. Marty réussit à le faire sortir et s’occupe de lui comme il peut en faisant avec lui de longues randonnées et autres activités en plein air.

Puis suivent deux années de fac passées surtout à prendre des drogues hallucinogènes et à essayer diverses techniques de méditation avec plus ou moins de succès. A l’été 1977, Rathbun arrête la fac avec l’intention de voyager et de devenir écrivain comme ses héros, Kerouac et Hemingway. Il fait des petits boulots en Oregon et en Californie. Un jour son père lui téléphone : Bruce a rechuté et a été enfermé à l’hôpital psy de Portland. Marty s’y rend immédiatement. Il s’agit de l’hôpital de Dammasch, là où a été tourné Vol au-dessus d’un nid de coucou. Il réussit à nouveau à faire sortir Bruce et s’installe avec lui dans un minuscule appartement qu’il a loué avec ses maigres économies. Mais Bruce est très vite repris par ses vieux démons, se fait arrêter et se retrouve à nouveau à Dammasch. Marty jette l’éponge. Il ne peut rien pour son frère. Il décide de prendre le bus et de partir pour le Mexique. Il est temps pour lui de vivre sa vie.

Alors qu’il se rend à la gare routière pour prendre le bus, il rencontre Mark, l’un des « body routers » de la mission de Portland. Les « body routers » sont les employés d’une mission ou d’une église de scientologie qui écument les rues pour trouver de nouveaux paroissiens. Marty les croisait de temps en temps dans la rue mais n’avait eu, jusque là, aucune véritable conversation avec eux. Avant de prendre son bus, Rathbun demande à Mark de lui dire ce qu’est la scientologie. Mark lui dit qu’en essence, la scientologie est spécialisée dans la communication. Cela éveille l’intérêt de Marty car soudain il se dit que s’il améliore son niveau de communication, peut-être pourra-t-il aider son frère après tout.

Au lieu de partir pour le Mexique, Rathbun s’inscrit au cours de communication et découvre les TR de 0 à 4 qui, à l’époque, se font à la dure. Sur le TR 0, il en bave. Un jour, il découvre qu’il peut être là, à l’aise et confronter, et il extériorise avec toutes les perceptions. Mais cette fois-ci, son extériorisation ne dure pas quelques secondes mais de longues minutes. Il en informe son superviseur qui lui dit qu’il a réussi l’exercice et qu’il peut « redescendre » quand bon lui semblera. Qu’il savoure cette victoire.

A partir de cet instant, Rathbun est totalement converti. Il termine son cours, puis lit le Livre Un de la dianétique. On l’informe aussi sur les différents niveaux du tableau des grades. Il trouve un boulot et va quotidiennement voir Bruce (son frère) à Dammasch. Peu à peu, il parvient à entrer en communication avec lui et à le convaincre qu’il existe une sortie de secours : la dianétique et la scientologie. Entre temps, il achète des livres, le cours de la casquette de l’étudiant (sudent hat) et un électromètre, ce qui lui mange toutes ses économies. Il réussit à faire sortir Bruce une fois de plus. Il l’emmène à la mission et là, patatras, on lui annonce que son frère ne peut être audité à cause de ses séjours répétés chez les psys. Bruce le prend très mal et se referme comme une huitre, cessant de communiquer avec Marty qui ne sait plus quoi faire pour lui remonter le moral.

Il commence le Student Hat à la mission et se prend KSW 1 de plein fouet. Il comprend très vite qu’il ne pourra pas continuer à étudier la scientologie s’il n’est pas à 100% d’accord avec les règles dictées par KSW, lesquelles demandent une soumission aveugle qui est en contradiction totale avec le fait de penser par soi-même. Finalement, il laisse son intégrité au vestiaire et décide d’adhérer, à contrecœur, à ces règles en raisonnant que c’est la seule façon pour lui de continuer à étudier la scientologie et peut-être de sauver son frère. Ce n’est que 30 ans plus tard qu’il comprend son erreur en lisant L’Âge de Raison, de Thomas Paine : Lorsqu’un homme a corrompu et prostitué la pureté de son esprit au point de souscrire à des choses en lesquelles il ne croit pas, il s’est préparé à commettre n’importe quel crime.

Peu après, un recruteur de la Sea Org arrive à la mission de Portland et convainc Marty de signer un contrat d’un milliard d’années en lui assénant l’argument massue : Grâce à la Sea Org, Marty va pouvoir contribuer à nettoyer le domaine de la santé mentale.

Marty se retrouve à Los Angeles dans le complexe immobilier (en pleine rénovation) du Cedars of Lebanon Hospital qui couvre tout un pâté de maisons à la lisière du centre ville et qui regroupe l’org Classe IV de Los Angeles, l’org avancée qui dispense les niveaux supérieurs, la maison d’édition (Pubs Org, qui, plus tard, deviendra Bridge publications), et le QG du management de la Côte Ouest. Ces bâtiments, construits dans les années 30, ont été rachetés par l’église pour une bouchée de pain dans les années 70. Rathbun se retrouve sur le EPF (Estates Project Force), stage d’initiation à la Sea Org : cinq heures de travaux manuels et cinq heures de cours consacrés à l’étude des Flag Orders (règlements de LRH relatifs à la Sea Org) et des conférences de Hubbard traitant exclusivement de la Sea Org et de sa raison d’être : remettre l’éthique en place sur la planète et lui apporter la santé d’esprit en dépit des efforts des ennemis de la scientologie pour l’en empêcher. Sur le moment, Rathbun, qui jusque là avait plutôt mené une vie de bohême, trouve qu’il s’agit là « d’une expérience socialiste plutôt réussie » même si la discipline militaire et les uniformes de la marine ne l’enthousiasment guère.

Après l’EPF et divers boulots, Rathbun est posté comme manutentionnaire dans la Pubs Org (maison d’édition). Il a droit à cinq heures d’étude par jour. Au bout de quelques semaines, son superviseur de cours, John Colletto, un Classe VIII, est envoyé au RPF (Rehabilitation Project Force – le camp de réinsertion de la Sea Org) car on a découvert qu’il était un « rockslammeur ». Le rockslam est un mouvement anarchique et violent de l’aiguille de l’électromètre qui, d’après Hubbard, montre que la personne a des intentions nuisibles. Un jour, Colletto quitte brusquement le RPF et s’évapore dans la nature. Sa femme, Diane, est également membre de la Sea Org et occupe le poste de directeur du marketing des livres de Hubbard.

Un soir, le cousin de Diane demande à Marty d’attendre la jeune femme et de la raccompagner jusqu’à ses quartiers. John Colletto l’aurait menacée et elle ne se sent pas en sécurité. Marty monte dans la voiture de Diane qui démarre. Ils n’arriveront jamais à destination. John Colletto surgit dans une vieille Volvo et percute le véhicule de Diane qui fait une embardée et s’immobilise contre le trottoir. Colletto sort de la Volvo, arme au poing, fracasse la vitre côté Diane et lui tire une balle dans la jambe. Marty est déjà sorti de la voiture et saute sur Colletto. S’ensuit un violent corps à corps entre Colletto et Marty qui tente de le désarmer. Colletto estourbit Marty à coups de crosse. Marty extériorise et voit Colletto courir vers Diane, blessée à la jambe. Elle gît sur la route à quelques mètres de sa voiture. Colletto lui tire une balle dans la bouche, lâche son arme et s’enfuit.

Marty, tout d’abord soupçonné du crime, est finalement innocenté. Deux jours plus tard, John Colletto est retrouvé mort. Il s’est tiré une balle dans la tête. Durant la cérémonie scientologique des obsèques de la jeune femme, Marty perçoit Diane qui le remercie d’avoir risqué sa vie, sort par une fenêtre et disparaît. Marty considère cette expérience spirituelle comme l’une des plus fortes de son existence – « la perception objective d’une âme qui extériorise et qui poursuit son existence après la mort du corps. »

L. Ron Hubbard entend parler de l’acte d’héroïsme du jeune Sea Org. Peu après, Marty est transféré à la base secrète où vit Hubbard – située à la Quinta en Californie. Nous sommes en 1978 et la vie de Rathbun va changer du tout au tout.

A suivre…

Les scientologues en guerre – Le documentaire de Channel 4

Diffusé hier soir sur la chaîne nationale anglaise Channel 4, le documentaire Scientologists at War mérite votre attention.

Si vous ne comprenez pas l’anglais, une partie des faits exposés dans ce documentaire ont été couverts dans ce blog. Cliquez ici et ici.

Dépêchez-vous de le regarder – il n’est pas certain qu’il reste longtemps sur YouTube.

Un petit bonus pour égayer ce blog.

La « justice » selon Miscavige – L’Âge d’Or de l’Excommunication

Il y a quelque jours, Mike Rinder a publié une enquête sur les excommunications de l’église au cours des dix dernières années. Les questions étaient les suivantes :

Comment avez-vous appris que vous étiez excommunié (déclaré) ?

–       Par un ami/une connaissance (rumeur circulant sur vous)

–       Verbalement, par un officiel de la scientologie

–       Par une lettre de l’église de scientologie

–       Par une déclaration officielle de l’église de scientologie comme quoi vous étiez suppressif (SP declare)

–       Autre

Nombre d’années en scientologie

Niveau d’audition

Niveau d’entraînement

Niveau d’entraînement administratif

Nombre d’années dans la Sea Org

Nombre d’années comme employé d’une org ou d’une mission

Mike Rinder a reçu 200 réponses et publié aujourd’hui les premiers résultats.

Voici donc le profil d’un excommunié de l’Âge d’Or des SP :

28 ans en scientologie : Actuellement, un SP excommunié a passé en moyenne 28 ans en scientologie. Il s’agit donc de quelqu’un qui savait ce qu’était la scientologie AVANT que Miscavige n’assoie son pouvoir. Si vous avez 28 ans de scientologie ou plus, vous êtes dans la catégorie de ceux qui ont le plus de chances d’être excommunié.

10 ans en tant que membre du personnel : C’est le nombre moyen d’années pour une personne excommuniée. Si vous travaillez comme membre du personnel depuis 10 ans ou plus, vous êtes probablement un SP « du nouvel âge ». Excommuniez-vous vous-même pour éviter au dictateur la tâche pénible d’avoir à le faire.

Clairs ou OT : Accrochez-vous, 71% des SPs excommuniés sont clairs et OT. 50% sont OT et 38% sont OT V ou au-dessus.

Auditeurs entraînés : 66% des SP déclarés sont des auditeurs entraînés, niveau 0 ou au-dessus. Si on inclut les personnes qui se sont co-auditées et celles qui ont audité avec un livre (Livre Un, Auto-analyse), on arrive à 72%. Parmi, ces auditeurs, il y a des Classe V grad’, des Classe VI et des Classe VIII. 21% sont Classe V Grad’ ou au-dessus.

Entraînement administratif : 72% des SP déclarés ont fait le Staff Statut II ou au-dessus. Sur les 200 réponses reçues, 14 SP déclarés ont fait l’OEC/FEBC et 13 autres le cours d’évaluateur des Data Series.

La statistique la plus parlante est celle du pourcentage de SP déclarés qui ont été membres du personnel : 83% d’entre eux ont travaillé dans une org, dans une mission ou dans la sea org, soit 167 personnes sur 200.

Sur les 200 personnes qui ont répondu à cette enquête, seules 32 ont reçu une déclaration SP officielle par écrit. Donc, si vous êtes excommunié, vous avez 16% de chances d’en être informé officiellement. Les 84% restants sont donc privés de tout recours et resteront excommuniés ad vitam æternam.

8,5% des personnes excommuniées en ont été informées par une lettre de l’église leur disant simplement qu’elles étaient déclarées et 11,5% en ont été informées verbalement par un officiel de l’église.

Autrement dit, 64% des personnes déclarées n’en ont jamais été informées par l’église et ont appris leur excommunication par un ami, un membre de la famille ou une connaissance (qui ont, bien sûr, immédiatement coupé les ponts).

Et dire que l’église se targue d’avoir le système de justice le plus avancé du monde…

Beaucoup de scientologues sont au courant de ces violations fondamentales des droits de l’homme au sein de leur église. Mais ils ne font rien. Ils ont trop peur des conséquences et, ce faisant, ils tuent la scientologie en tant que SUJET.

L’unique façon de mettre fin à cette pratique immonde, c’est de continuer à faire pression sur l’église et ses paroissiens pour qu’ils la bannissent à jamais car c’est la seule arme dont dispose le dictateur pour les contrôler.

Désarmons Miscavige !

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Sur son blog, David St Lawrence a publié une lettre d’un membre du personnel d’une org américaine concernant les excommunications.

En voici un extrait :

Cette photo montre les ordres de déclaration (excommunication) reçus par mon org au cours des six derniers mois. Ce dossier fait plus de 300 pages.

Cela fait 4 ans que ça dure – au même rythme.

Grosso modo, ça fait 2500 personnes qui ont été excommuniées (déclarées) sur papier.

En admettant qu’il y a actuellement 40 000 scientologues actifs dans le monde, ça nous fait 6% de scientologues excommuniés perdus par l’église au cours des 4 dernières années.

J’ai remarqué que pour chaque scientologue déclaré dans mon org, 3 autres scientologues disparaissent dans la nature. (…)

Donc, ça fait 18% de scientologues supplémentaires qui ne sont plus là. (…)

A ce rythme, d’après mes calculs, si l’église perd 24% de ses paroissiens tous les 4 ans, il n’y aura plus personne dans 12 ans.

(…)

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Un article de Mike Rinder décrypte le nouveau système d’excommunication mis en place par le dictateur.

Avant, lorsque’un paroissien était excommunié, on affichait une feuille jaune (goldenrod) dans un endroit public de l’org ou de la mission afin de prévenir les paroissiens qu’un tel ou une telle avait commis des crimes qui avaient conduit à son exclusion. On y donnait tous les détails avec des preuves. Le paroissien excommunié recevait une copie de cette déclaration.

C’est désormais de l’histoire ancienne.

Comme le nombre de paroissiens mécontents qui quittent l’église augmente exponentiellement, il ne saurait être question d’afficher chaque semaine les excommunications car les paroissiens pourraient se demander pourquoi tant de gens sont soudain devenus « suppressifs ».

Donc, maintenant on excommunie en cachette. Si un paroissien demande pourquoi on ne voit plus un tel ou une telle depuis quelques mois, il lui est répondu que la personne a été excommuniée. Si le paroissien veut savoir pourquoi, on le convoque dans un bureau et on lui montre la feuille jaune du paroissien excommunié où sont énumérés tous ces « crimes » – souvent des généralités qui n’ont jamais été prouvées, du genre : « Il a rejoint un groupe d’apostats » ou « Il s’est ouvertement opposé au management en le dénigrant. » Ces déclarations se ressemblent toutes. C’est toujours plus ou moins le même texte. Seuls le nom de l’excommunié et la date changent.

Il arrive que le paroissien excommunié soit prévenu qu’il est désormais « suppressif », sous la forme d’une lettre avec l’en-tête : Senior Hubbard Communications Office. Dans cette lettre, le Justice Chief annonce à la personne qu’elle a été excommuniée pour les crimes surlignés dans la pièce jointe (HCOPL 7.3.1965RB I, republiée le 4.11.2001). Voir ci-dessous.

Là aussi, il s’agit juste de généralités. On surligne des crimes en jaune, mais on ne précise JAMAIS ce que la personne a vraiment fait, quand elle l’a fait, où elle l’a fait, etc, chose qu’Hubbard demande expressément dans la HCOPL du 2 juin 1965 – Comment rédiger un ordre d’éthique.

« When writing an Ethics Order, don’t ARC Break its readers by leaving out the data. Don’t create a mystery. Example of Wrong phrasing: “Woody McPheeters is declared a Suppressive Person. He stopped a student from coming on course.” That leaves out all the data. Leaves questions – Where did it happen? Is it in our area? What did he do? Who did he do it to? What’s the evidence? Correct Example: “WOODY McPHEETERS in Baltimore, U.S.A. is declared a Suppressive Person. On (date) he discouraged Fred Fairchild from taking the Saint Hill Course by writing to him lies about the course, well known by said McPheeters to be false statements. Evidence: Letter from McPheeters dated – – to – – now available in Ethics Files….

Don’t be unspecific or you leave people in a huge mystery. Ethics Orders are supposed to run group engrams out, not in!
Always put in what you know, nothing you don’t know, and only what you have evidence or witnesses for. Ethics Orders are issued on real data, not opinion. »

Dans la lettre ci-dessus envoyée à la personne excommuniée, on lui dit qu’elle peut faire les étapes de A à E pour réintégrer l’église et que la seule personne à qui elle peut s’adresser, c’est le International Justice Chief. Autrement dit, elle n’a plus le droit de communiquer avec les scientologues tant qu’elle n’a pas fait les étapes de A à E.

Cette façon de « rendre la justice » sans jamais exiber la moindre preuve nous renvoie aux heures glorieuses de mouvements totalitaires comme le stalinisme, le nazisme ou le maosime. On condamne arbitrairement sans aucune forme de procès.

Aux USA, cette pratique étant « religieuse », elle est difficilement attaquable.

En France, par contre, elle pourrait tomber sous le coup de la loi car ce n’est rien d’autre qu’une forme d’ostracisme. Qu’attend notre chère République, prétendu pays des droits de l’homme, pour mettre son nez là-dedans ?

La morgue idéale de Zurich

Achetée, il y a quatre ans pour 8 millions de dollars, la morgue de Zurich n’a toujours pas été rénovée malgré les 7 ou 8 millions de dollars supplémentaires extorqués entre temps aux paroissiens suisses.

En 2011, le dictateur annonçait sur le Freewinds que Zurich ressemblerait à ça :

En juin 2012, la morgue de Zurich ressemblait à ça :

Ce magnifique bâtiment est situé à 8 km du centre ville dans un environnement esthétique et zen peu fréquenté par les piétons, ce qui garantit que les paroissiens ne seront pas dérangés.

Et maintenant voici à quoi ressemble la morgue de Zurich aujourd’hui en 2013 :

Rien n’a changé. Toujours pas de rénovations en vue.

Scientologues, réjouissez-vous. Votre argent est bien dépensé. Gloire à David Miscavige !