American Horror Stories – 2

Voici le deuxième épisode de la série de Leah Remini. Il est en anglais. De temps en temps il est coupé par des pubs (très courtes). Après ces pubs, il est parfois nécessaire de remettre le son.


Leah Remini Scientology And The Aftermath S01E02 par brandy-forsman

Bonus : La bande annonce du documentaire de Louis Théroux, My Scientology Movie.


My Scientology Movie – Official Trailer par filmow

American Horror Stories – 1

Salut à tous !

Après un break prolongé, le blog est de retour. En effet, il s’est produit tellement de choses depuis un an qu’il devenait de plus en plus difficile de les passer sous silence.

L’événement le plus marquant de 2016 a bien sûr été la diffusion de la série de Leah Remini, Scientology and the Aftermath (littéralement : L’après-scientologie), dont les 10 épisodes ont été diffusés en fin d’année par la chaîne de télévision A&E. Avec une moyenne de près de 2 millions de spectateurs, cette série est l’un des plus gros succès de la chaîne qui vient de commander une deuxième saison.

La série a provoqué une formidable tempête médiatique aux Etats-Unis et, avec l’annonce d’une deuxième saison, les oreilles de la Scientologie ne sont pas près de s’arrêter de siffler.

Espérons qu’une chaîne française achètera la série et la diffusera cette année.

Voici le premier épisode. Il est en anglais. De temps en temps il est coupé par des pubs (très courtes). Après ces pubs, il est parfois nécessaire de remettre le son.

La première partie de cet épisode est consacré au parcours de Leah en Scientologie et aux raisons pour lesquelles elle a fini par quitter la secte. La seconde partie aborde la « déconnexion » en racontant l’histoire d’Amy Scobee qui a été recrutée à l’âge de 16 ans par la Sea Org, laquelle a forcé les parents d’Amy à rompre les liens avec elle quand, après plus de 20 ans d’esclavage, elle a claqué la porte de la secte.

Enjoy.


Leah Remini Scientology And The Aftermath S01E01 par brandy-forsman

Déconnexion = Discrimination

déconnexion

Voici un billet très intéressant sur la déconnexion signé Marie-Antoinette. Partagez-vous son point de vue ?

* * * * *

Il me semble utile de revenir sur la déconnexion en Scientologie qui a causé bon nombre de familles désunies, d’amitiés brisées, d’associations détruites.

Voici ce qu’en dit un site de relation publique de l’Eglise de Scientologie :

http://www.la-scientologie.fr/deconnexion/

Si un individu qui tente d’améliorer sa vie par la Scientologie se heurte à l’opposition acharnée d’une personne de son entourage, sa progression spirituelle est freinée.

Dans la majorité des cas, l’antagonisme naît de fausses informations sur la Scientologie, et rétablir la vérité met fin à cette situation. En dernier recours, lorsque toutes les tentatives pour régler la situation ont échoué, le scientologue peut décider de se séparer de cette personne jusqu’à ce que l’antagonisme prenne fin.

Une personne qui se sépare ne fait qu’exercer son droit de communiquer ou de ne pas communiquer avec une personne précise. C’est l’un des droits les plus fondamentaux de l’homme. Les membres des autres religions s’en servent depuis le début des temps lorsqu’ils se heurtent à ceux qui s’opposent systématiquement à la pratique de leur religion. Les Témoins de Jéhovah et les Amish pratiquent la ségrégation (une forme de déconnexion) et ce droit leur a été reconnu par de nombreux tribunaux aux Etats-Unis. Certaines congrégations juives orthodoxes pratiquent une forme extrême de déconnexion en mimant l’enterrement des membres apostats. La déconnexion de la Scientologie n’est ni nouvelle ni étrangère à l’histoire des religions.

Pour compléter ce qui est dit là, j’ajouterais l’excommunication catholique mais qui est cependant une pratique qui est tombée en désuétude mais qui fut par le passé une arme utilisée par le clergé catholique pour vaincre la dissidence. Tout à fait à la manière actuelle de l’Eglise de Scientologie.

Cette idée de déconnexion est introduite vers 1965. C’est un principe technique au départ. Si vous êtes connecté avec quelqu’un qui a des intentions contraires aux vôtres et qui perpétuellement vous opprime, pour récupérer votre liberté, vous pouvez déconnecter de cette personne.
Par exemple vous tenez à faire quelque chose et une personne de votre entourage veut vous décourager, vous invalide etc… Au bout d’un moment vous ne voulez plus le voir et vous le fuiez. Quoi de plus naturel ?

C’est à partir de là qu’est forgé le concept de « personne suppressive ». C’est le genre de pisse-froid qui veut vous empêcher de vous éclater comme vous voulez.
En 1965 la sciento est un truc moderne, et les anti sont de vieux réacs. Souvent le jeune scientologue (de l’époque des Beatles) est en révolte. Le baby boomer en pleine explosion. Les parents, profs etc… sont des vieux cons encore en noir et blanc avec chapeau, manteau, gros croquenots, chaussettes pendouillantes et haleine de chiotte. Coincés de partout, réfractaires à toute idée un peu nouvelle. La fameuse « middle class » (les « pigs » chez les hippies).
Ainsi naît le « suppressif ». A hostilité cachée (ou ouverte) sur l’échelle de ton, il fait perdre ses gains au pauvre préclair qui commence à faire des montagnes russes, du fait des invalidations du suppressif.  Et comme l’activité principale du suppressif est de stopper, on détermine qu’il est coincé sur la piste de temps essayant d’arrêter un incident qui est en train de le submerger. Plutôt intéressante comme idée.

Puis, la déclaration de suppressif devient plus politique, et touche plus ceux qui deviennent personna non grata par rapport à Hubbard ou certains dirigeants de l’église. Ça devient, d’après les policies, obligatoire de déconnecter de telles personnes. La déconnexion est née. Elle devient vite très impopulaire, générant beaucoup de problèmes. En 1968, dans son « code de réforme » Hubbard annule la déconnexion.

Et cette pratique disparaît de la scientologie qui vit dans les années 70 de très belles années de réelle expansion. Pour ceux qui sont arrivés dans les années 70, la notion de déconnexion n’a aucun sens. Elle est obsolète, passée, inconnue. Par contre, certains même se plaignent de n’avoir pas eu le droit de déconnecter de gens qu’ils ne pouvaient plus supporter. On les incitait à « manier », « mettre de l’ARC ». Il est vrai que des situations ultra tendues pouvaient se désactiver en cessant de créer de l’antagonisme, et en mettant de l’ARC. On est dans la résolution standard des situations PTS et ça marche bien. Le fait d’accorder l’être est l’élément principal.

En 1982, on expérimente une sorte de coup d’état. Hubbard n’est plus au poste de commandement. Une nouvelle structure appelé RTC (Religious Technology Center) coiffe l’église. Cette nouvelle structure est dirigée par le jeune David Miscavige (20 ans à l’époque), Pat Broeker et une nouvelles junte (qui sera par la suite décimée par Miscavige…)  Guillaume Lesèvre, Ray Mithoff, Vicky Aznaran, Marc Yager et Heber Jentzsch … s’emparent du pouvoir et virent les scientologues historiques qui étaient aux commandes : David Mayo classe XII, senior CS international, Marie Sue Hubbard femme de Ron et patronne du Gardian Office, Bill Robertson classe VIII, capitaine de la Sea Org qui avait ouvert la plupart des organisations avancées (en particulier Copenhague). Et de nombreux autres sont virés de la Sea Org, sans compter la destruction du réseau des missions qui sont ignoblement rackettées et mises sous coupe franche.

Mayo et Robertson crient au scandale, à la prise de pouvoir par des fascistes et créent des structures indépendantes de l’église pour délivrer la sciento : le Advanced Ability Center et la Ron’s Org.
Miscavige voit ses clients fondre comme neige au soleil. Les « rebelles » se passent le mot. RTC doit stopper l’hémorragie.
Dans de telles situations, il y a toujours le bâton et la carotte.
La carotte : fin 1982, une nouvelle charte de gradation est publiée promettant des niveaux d’OT de VIII à XV, que bien sûr ne possède pas la dissidence. Ni l’église apparemment. 32 ans plus tard, personne n’a jamais vu ces fameux niveaux d’OT. Miscavige n’a fait qu’inventer des prérequis inatteignables (toutes les orgs ST Hill size, toutes les orgs idéales) pour être sûr de ne jamais avoir à délivrer ces niveaux qui n’existent sans doute pas.

Ces niveaux étant la carotte, voyons le bâton, et venons-en à notre propos. On fait des déclarations SP à tour de bras. Et pour empêcher la contagion de la dissidence, il faut réinstaurer la déconnexion. Si les gens peuvent communiquer, c’est la fin. La scientologie s’est transformée en dictature totalitaire.
Le 10 septembre 1983 sort le HCOB « PTS ness and Disconnection ». Si vous avez fait le cours SP PTS et que vous ayez conservé votre pack, vous avez ce texte à portée de la main. Tout d’abord, il est question du droit de communiquer et de ne pas communiquer. Avec beaucoup de malignité, l’auteur du texte établit une relation avec des fondements, mais on sent qu’il a une idée derrière la tête. C’est au niveau des exemples que son intention se dévoile quand il glisse subrepticement l’idée que l’on doit déconnecter d’un groupe ou d’un individu déclaré suppressif par HCO. En fait, le seul but du texte est de faire digérer ce passage. Relisez le bulletin, vous verrez c’est enrobé dans quelques lieux communs pour faire avaler la pilule comme une loi fondamentale.

Je reproduis le passage et vous verrez qu’il n’est plus question de liberté de communiquer ou de ne pas communiquer mais bel et bien l’ordre explicite de déconnecter, avec lettre de déconnexion vérifiée par « l’officier d’éthique ».

« Un préclair est connecté à une personne ou un groupe qui a été déclaré suppressif par HCO dans un ordre d’éthique publié. Il doit déconnecter et, s’il veut en informer le SP, il peut écrire une lettre de déconnexion. Une telle lettre est très directe. Elle informerait de la déconnexion ainsi que de la raison. Elle ne serait pas émotionnelle ou accusative, ça ne servirait qu’à créer plus d’antagonisme. La lettre serait inspectée par l’officier d’éthique avant qu’elle soit envoyée, et des copies seraient gardées dans les dossiers d’éthique et de préclair de la personne. Aucune tentative ne serait faite pour communiquer avec le SP pour « clarifier les choses » ou essayer de l’amender. Amender le SP se trouve strictement entre les mains de HCO. Le PTS simplement déconnecte. »

Avant ce passage, le début du bulletin est plein de belles paroles sur le droit de communiquer ou de ne pas communiquer, pour finalement imposer la règle que je viens de citer. Ce genre de tactique 1,1 ne ressemble pas à Hubbard. Et d’après le témoignage suivant, il semblerait que ça ne soit pas Hubbard qui ait écrit « PTS ness and Disconnection », mais un certain Vaughn Young, qui a travaillé pour l’église qui déclare devant une court qu’il a agi sur l’ordre de David Miscavige et a écrit lui-même le texte :http://www.forum.exscn.net/showthread.php?19203-%93Earlier-disconnection-as-a-condition-was-cancelled-quot

Rien ne prouve que Vaughn Young ait dit la vérité, mais rien ne prouve non plus qu’il ait menti. Seule la production d’un document écrit de la main de LRH et rigoureusement authentifié pourrait lever le doute.

En tout cas, écrite ou non par Hubbard : « PTS ness and Disconnection » est une policy officielle de l’église. Ainsi qui pourrait dire, à l’instar de Tommy Davis, que la déconnexion n’existe pas ?

De la même manière, le petit texte de relation publique, cité au début, développe l’idée que la déconnexion est liée à l’histoire des religions .

Mais que citent-ils pour prouver la légitimité religieuse de la déconnexion ? Des groupes auxquels personnes en France ne voudrait être identifié, connus pour être rétrogrades (pardon si j’ai l’air de nourrir des préjugés). Ils citent des religions aux pratiques sectaires, l’extrémité de leur sectarisme étant des règles de ségrégation, c’est à dire d’atteinte aux droits de l’homme ! Celui qui a écrit cela a desservi sa cause. Mais peut-être n’était-ce qu’un avocat conservateur américain qui ne pensait qu’en terme de jurisprudence.

En 2009, une nouvelle crise de dissidence éclate. Les premiers rebelles sont Marty Rathbun (ex n°2 de RTC, co-acteur avec David Miscavige de la reconnaissance en 1993 par l’IRS)  et Mike Rinder (ex patron d’OSA int). Tous deux ont cotoyé David Miscavige d’extrêmement près, et ils témoignent du « hole » (le “trou”, la prison dans laquelle sont enfermés les “execs” en disgrâce), des accès de violence verbale et physique de leur patron, et de la façon dont il a pris le contrôle absolu et total de l’église. Nombre de Scientologues qui ont vécu des expériences similaires leur emboîtent le pas. Célébrités et Scientologues de haut nom rejoignent la dissidence. On ne fait plus de déclaration suppressive, en tout cas on ne les envoie plus au « coupable » pour éviter des poursuites en diffamation (ce n’est plus les policies de Hubbard qui sont appliquées mais les recommandations des avocats). Par contre la déconnexion marche à plein régime.

Et pour ceux qui l’ont expérimenté, elle emporte des membres de leur famille qui ne leur parleront plus jamais. Un mécanisme subtil étant que les gens qui pratiquent la déconnexion et qui ne peuvent ni avouer, ni s’avouer qu’ils appliquent simplement la policy, finissent par rechercher dans le caractère de celui ou celle dont ils ont déconnecté, des défauts prouvant qu’il était vraiment suppressif et qu’ils ne s’en étaient pas rendu compte. Pour que leur décision de déconnecter puisse apparaître comme auto-déterminée.

La règle sur la déconnexion est complètement en contradiction avec l’esprit fondamental de la Scientologie et  contrevient aux lois en vigueur sur la discrimination religieuse.

En effet, la déclaration de personne suppressive et la déconnexion est un exemple d’ostracisme parfait. L’apostat peut ainsi être privé de ses amis, de son travail et de sa famille.

Imaginez ce que dirait l’Eglise de Scientologie si des gens déconnectaient des scientologues, les privaient de leur famille et de tout soutient par un règlement édicté par le gouvernement en lutte contre les « sectes ». Obligeant les familles à abandonner leurs membres scientologues. L’église de Scientologie et ses membres porteraient plainte pour discrimination religieuse, et feraient remonter ça jusqu’aux instances européennes. Ils se plaignent déjà de subir des procès en sorcellerie (ce qui est quelquefois vrai). Mais aucun cas de discrimination organisée et élevée au rang de règlement n’a été signalé en France, en tout cas pas à ma connaissance. Et la France est le pays du monde dans lequel la Scientologie est le plus attaquée.

Ce qui veut dire que la discrimination organisée, et réglementée par l’Eglise de Scientologie dans sa forme actuelle, est sans commune mesure avec  celle qu’elle subit.

Il n’y aucun exemple notable en France de quelqu’un qui sur l’ordre de l’état (oui, une instance officielle comme l’église autrement ça ne se compare pas) aurait été privé de sa famille, de son travail ou de ses amis parce qu’il était scientologue.

Par contre, on pourrait citer des dizaines d’exemples de familles déchirées, d’amitiés détruites, d’associations rompues, relatées avec la pratique de la déclaration de personne suppressive et de la déconnexion.

Miscavige et la scientologie sont K.O. debout

6 mars 2015 : Canal + a acquis les droits de « Going Clear ». Pas de date de diffusion pour l’instant.

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23 février 2015 : Un article paru au Canada résume bien la situation décrite dans ce billet. Cliquez ici.

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A la fin de sa projection au Festival de Sundance, dimanche dernier, le film d’Alex Gibney consacré à la scientologie, « Going Clear », a reçu une standing ovation, événement rarissime pour un documentaire.

En publiant des pleines pages de pub attaquant le film (sans même l’avoir vu) dans plusieurs grands quotidiens américains, dont le New York Times, la scientologie avait créé le buzz. Les festivaliers s’étaient précipités en masse pour voir le film et la salle de projection était pleine à craquer. Des centaines de festivaliers ont dû rester dehors dans le froid, faute de places, et se rabattre sur la seconde projection du film le jour suivant. A la sortie de la projection, Alex Gibney a remercié la scientologie d’avoir dépensé 250 000 dollars pour promouvoir son documentaire.

Mike Rinder et Tony Ortega, ainsi que plusieurs ex-scientologues apparaissant dans le film, étaient présents à la projection et ont été enthousiasmés par le travail de recherche et d’investigation de Gibney, par son sens de la narration et par sa capacité à capter l’émotion chez les individus venus témoigner devant sa caméra.

Gibney reprend la plupart des révélations publiées dans le livre de Lawrence Wright (et dans ce blog depuis deux ans) donc pour ceux qui ont lu le livre ou suivi ce blog, il n’y a pas énormément de news fraîches à se mettre sous la dent. Par contre, les futurs spectateurs « wogs » qui ne connaissent pas la scientologie vont enfin découvrir ce qu’est cette église : une organisation criminelle, totalitaire et paranoïaque dirigée par un tyran cruel et sans scrupules dont le but est d’asservir ses ouailles et de leur soutirer un maximum d’argent. Avec ce film, la scientologie est définitivement discréditée.

Gibney a cependant réussi à dénicher quelques infos, images et séquences inédites :

– Des séquences jamais diffusées montrant la Sea Org sur l’Apollo, ou bien Miscavige au travail dans son bureau en compagnie de Marty Rathbun, ou encore des extraits inédits du discours triomphal de Miscavige en 1993 lorsqu’il a annoncé : « La guerre est terminée ».

– Un scoop de Marty Rathbun qui raconte, lorsqu’il auditait Tom Cruise que celui-ci, pendant une séance, avait dit plus ou moins pour plaisanter qu’il aimerait bien mettre Nicole Kidman sur écoute pour savoir avec qui elle parlait. Rathbun avait ensuite fidèlement rapporté les propos de Cruise à Miscavige qui lui avait aussitôt ordonné de mettre Kidman sur écoute. Pour rappel, Miscavige détestait Kidman car son père était psychologue (donc, un « ennemi ») et qu’il estimait qu’elle éloignait Cruise de la scientologie. Miscavige avait aussi tenté de convaincre les enfants adoptifs de Cruise et Kidman que leur mère était suppressive afin qu’ils coupent les ponts avec elle. Cette révélation de Marty Rathbun a immédiatement fait le tour du monde et a été reprise par des centaines de médias. Bien sûr, ce n’est pas la séquence la plus importante du film, mais au moins elle a le mérite de lui faire une énorme publicité.

– Vous connaissez sans doute le documentaire consacré à L.Ron Hubbard à bord de l’Appolo et diffusé en 1968 par la chaîne britannique Granada (devenue ITV). Eh bien, Gibney a retrouvé le réalisateur de ce documentaire qui lui a fourni une conversation « off-the record » (hors caméra) qu’il avait eue avec LRH et dans laquelle ce dernier admet que les mauvais traitements existent en scientologie. (Pour ceux qui l’ignorent, sur l’Apollo, on jetait les « cas d’éthique » par-dessus bord, quel que soit leur âge ou leur état physique, puis une fois qu’ils avaient bien « mariné », on les repêchait.)

– De nouvelles révélations accablantes tirées des témoignages écrits de Sara Northrup, la deuxième femme de Hubbard, montrent ce dernier sous un jour peu reluisant. Pour rappel, dans le documentaire diffusé par la chaîne de TV britannique « Granada » (l’ancêtre d’ITV) en 1968, Hubbard niait avoir épousé Northrup. Dans les années 80, il renia Alexis Hubbard, la fille qu’il avait eue avec elle.

Comme on pouvait s’y attendre, le film de Gibney n’est pas qu’un réquisitoire contre les crimes de l’église et de Miscavige, il fait aussi la lumière sur la véritable personnalité et les mensonges de LRH. Il va devenir de plus en plus difficile pour la scientologie de faire passer Hubbard pour un humaniste.

Enfin, le film illustre de façon détaillée le mythe de Xenu (les matériaux d’OT III)  qui, de toute façon, était devenu un secret de polichinelle puisque de nombreux sites internet y sont consacrés.

Bien entendu, la scientologie a immédiatement réagi en envoyant à tous les médias un communiqué de presse qui dépeint le film comme un tissu de mensonges et dans lequel elle se plaint de ne pas avoir été contactée par le réalisateur et par HBO pendant le tournage du film afin qu’elle puisse rétablir la vérité. Sauf qu’à la fin du film, Gibney remarque que l’église n’a jamais répondu aux multiples demandes d’interview adressées à Miscavige et aux cadres supérieurs de la scientologie.

Dans son communiqué de presse, la scientologie renvoie les médias à un lien, celui de Freedom Magazine, afin de leur faire bénéficier des « vraies infos ». Je suis allé y jeter un coup d’œil et l’article consacré au film n’est qu’un ramassis de bile haineuse et diffamatoire. Gibney, HBO et tous ceux qui ont participé au documentaire y sont traînés dans la boue selon le vieil adage scientologue : en cas d’attaque, ripostez et détruisez l’ennemi. Sauf que là, plus personne ne croit en la propagande surannée de l’église avec ses 11 000 églises et missions et ses 10 millions de scientologues.

Soit dit en passant, s’il y a vraiment des millions de scientologues dans le monde, comment se fait-il qu’on n’ait pas vu au moins quelques centaines d’entre eux manifester devant la salle où le film était projeté ? Comment se fait-il qu’aucun porte-parole de l’église n’ait fait le tour des télés pour dénoncer le film ?

Le fait est que Miscavige est mort de trouille et n’ose pas vraiment contre-attaquer. Sa seule défense aujourd’hui, c’est de crier : « Menteurs ! »

Car il sait que toutes les accusations portées dans le film sont vraies : le « Trou », les violences physiques, les tortures, le personnel Sea Org exploité, sous-payé et maltraité, le chantage exercé contre l’IRS (le fisc américain) pour obtenir le statut de religion et l’exemption fiscale, le fiasco des orgs idéales et de GAT 1 & 2 ou encore l’utilisation frauduleuse de l’argent de l’IAS pour payer les hordes d’avocats chargés de lui éviter la prison. Oui, il est fort à parier que Miscavige soit en train de souiller son caleçon en soie à 500 dollars.

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Gibney s’adresse directement à Tom Cruise et John Travolta. Il dit qu’ils ne pouvaient pas ne pas être au courant des exactions de l’église et de Miscavige. Il les met au défi d’exprimer publiquement leur désaccord et de se désolidariser d’une organisation qui n’hésite pas à fouler aux pieds les droits de l’homme et à obliger ses adeptes à rompre les liens avec tous ceux qui sont considérés comme des « ennemis » de la scientologie.

Tom et John, un défi vous a été lancé. Le relèverez-vous ? Le monde entier vous regarde.

Voici quelques liens. Cliquez ici, ici, ici et ici.

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2 février 2015. Un de nos bloggers a envoyé cette photo publiée dans un vieil « Advance ».

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3 février 2015 : La scientologie continue de creuser sa tombe ici.
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Le suicide médiatique de la scientologie

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Dans mon précédent billet, je vous parlais de la sortie du documentaire d’Alex Gibney intitulé Going Clear: Scientology and the Prison of Belief, produit par la chaîne de télévision américaine HBO et basé sur le livre éponyme de Lawrence Wright paru il y a deux ans.

Je me demandais quand l’église de scientologie et Miscavige allaient réagir.

Eh bien ça y est, c’est fait. A dix jours de la première mondiale du film au festival de Sundance, la scientologie a publié une pleine page (payante) dans le New York Times pour attaquer et dénoncer violemment le film sans même l’avoir vu ! C’est ce qu’on appelle se tirer une balle dans le pied. Vous trouverez tous les détails de ce suicide médiatique ici, ici, ici et ici.

HBO et Gibney doivent se frotter les mains. Cette publicité gratuite pour leur film va éveiller la curiosité de bon nombre de « wogs » qui, au départ, ne seraient sans doute jamais allés voir le film.

On peut s’attendre à ce que cette page de « pub » paraisse dans d’autres quotidiens et hebdomadaires, ce qui augmentera un peu plus le nombre de spectateurs potentiels.

La bêtise de l’église et de son chef ecclésiastique semble ne pas avoir de limites. Et c’est tant mieux car nous avons tellement peu d’occasions de rire ces derniers temps.

Je sens que 2015 va être un grand cru pour la scientologie et son petit pape. Ah, karma quand tu nous tiens…

Bonus : L’affiche du film (cliquez dessus pour l’agrandir).

GoingClearPoster

 

12 Years a Slave

liberté

Une jeune femme de 30 ans, Jillian Schlesinger s’est évadée de la Sea Org (l’élite « ecclésiastique » paramilitaire de la scientologie) il y a environ trois mois. En jargon scientologique, elle a « blowé » –  elle est partie sans prévenir et sans passer par l’interminable processus de départ visant à lui soutirer des confessions à l’électromètre pendant des semaines ou des mois, puis à lui faire signer un document lui interdisant de révéler ce qu’elle a observée durant ses années de travaux forcés dans la Sea Org.

Après 12 ans d’esclavage durant lesquels elle a travaillé jusqu’à 19 heures par jour pour un salaire de misère (entre 15 et 45 dollars par semaine), Jillian en a eu assez.

Elle vivait dans un dortoir avec 11 autres filles, une douche et un W.C. par étage (quand il fonctionnait), elle n’a jamais eu de téléphone protable, elle n’a jamais eu de voiture ni passé son permis, elle n’a jamais eu de chéquier ou de carte de crédit, elle n’a jamais eu d’ordinateur, elle n’a jamais regardé la télé ni surfé sur internet, elle n’a jamais lu le journal, elle ne savait pas ce qu’il se passait dans le monde et les seules fois où elle a été au cinéma, c’est quand des cars étaient affrétés pour elle et ses co-esclaves de la Sea Org afin de voir des films de Tom Cruise ou de John Travolta.

Fraîchement évadée de l’enfer, Jillian a d’abord parlé à Karen de la Carriere qui a réalisé plusieurs interviews filmées, puis à Tony Ortega.

Commençons par l’interview de Tony Ortega.

Depuis quelques semaines. Jillian travaille sur un chantier dans un bâtiment de Los Angeles appartenant à la Sea Org. Les conditions de travail sont déplorables. L’idée de prendre la fuite commence à la turlupiner. Un matin, elle bourre un sac marin de voyage vide dans un grand sac en plastique d’une chaîne de supermarché et le cache dans le « réfectoire » de l’immeuble où elle travaille. Puis, chaque jour, elle prend deux ou trois vêtements dans son dortoir, et les emporte sur son lieu de travail pour les mettre dans le sac marin. Elle répète cette opération pendant quelques jours jusqu’à ce que son sac soit plein, tout cela à l’insu de ses collègues de travail, et elle appelle son père depuis le téléphone à pièces du réfectoire. Elle convient avec lui d’un endroit où il peut venir en voiture collecter le sac. Il vient et prend le sac. Elle lui donne rendez-vous dans une semaine au même endroit et à la même heure. Puis, elle continue de transférer discrètement ses affaires. Une semaine plus tard, son père les récupère. Mais Jillian n’est toujours pas sûre de vouloir s’enfuir. Son père lui dit qu’il comprend. Jamais il ne la forcera à partir. C’est à elle de prendre la décision.

Quelques jours s’écoulent. Un mercredi, Jillian apprend par hasard qu’elle et ses co-esclaves vont être transférés sur un autre chantier dans l’immeuble où ils sont logés. Jillian se dit que c’est pour elle une occasion unique de prendre le large car une telle opportunité ne se représentera pas de sitôt. Le lendemain, comme personne dans son immeuble n’est au courant du changement de chantier, elle sait qu’on ne remarquera pas son absence et que tout le monde pensera qu’elle est allée travailler à l’ancien chantier. Elle prend le car qui l’emmène à l’ancien chantier, désormais vide, et de là, marche jusqu’au métro et, avec ses maigres économies, prend un ticket jusqu’à la gare où elle achète un billet de train pour Orange County. Arrivée là-bas, elle prend un taxi jusqu’au lieu de travail de son père qui l’accueille à bras ouverts. Elle vient de quitter la Sea Org !

Jillian a été scientologue toute sa vie. Avant sa naissance, ses parents, John et Paula, avaient fait un bref séjour dans la Sea Org, puis ils l’avaient quittée pour devenir de simples « publics » en bon standing. A l’âge de 12 ans, Jillian a commencé à suivre des cours de scientologie à l’org de Tustin, où elle a subi d’innombrables pressions pour devenir membre du personnel et pour rejoindre la Sea Org.

A 15 ans, elle décide de devenir membre du personnel de l’org d’Orange County et elle est postée dans le département des affaires spéciales, branche locale d’OSA, où elle travaille dans les relations publiques. Parallèlement, elle poursuit sa scolarité mais elle est constamment harcelée par les recruteurs de la Sea Org, en personne et par lettres.  Finalement, elle craque et signe un contrat d’un milliard d’années à 18 ans. Dans la Sea Org, elle est envoyée à CMO où elle est chargée de superviser, pendant quelques années, la santé financière des orgs californiennes.

Entre temps, ses parents ont divorcé. Son père craint que sa fille ne soit envoyée à Int. (au QG du management international) où elle serait inévitablement « formatée ». Lui-même avait travaillé à Int. et avait fini par « blower ».

En 2003, Jillian est transférée non pas à Int., mais à Flag où elle va passer les années suivantes à être formée pour rejoindre Int. et travailler directement sous les ordres de Miscavige – exactement ce que son père redoutait. Finalement, en 2012, elle n’est pas envoyée à Int., mais à Bridge Publications pour y auditer le personnel car, durant son séjour à Flag, elle avait reçu une formation d’auditeur. Sa mission était de requinquer le personnel afin d’améliorer leur productivité.

Dès qu’elle arrive à Bridge, elle est confrontée à un problème : Bridge n’étant pas une église, mais une maison d’édition, elle ne pouvait pas en auditer le personnel pour des raisons légales. Elle se retrouve à travailler à Bridge comme manutentionnaire et à préparer les livres et les matériaux de GAT II.

Puis, l’année dernière, elle est brusquement transférée à Los Angeles au Hollywood Guaranty Building, l’un des bâtiments les plus importants de la Sea Org qui abrite au rez-de-chaussée l’exposition permanente consacrée à LRH. Là, Jillian travaille dans les sous-sol où elle scanne des milliers de dossiers d’étudiants – un travail fastidieux mais moins éprouvant que de travailler sur l’un des nombreux chantiers de la Sea Org où elle finit pourtant par être transférée. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et qui motive son évasion, décrite plus haut.

Ce n’est qu’au bout de plusieurs jours que son absence est constatée. Des membres de la Sea Org la joignent par téléphone chez son père et lui demandent de revenir. Elle accepte, à une condition : qu’elle ne soit pas obligée de rester sur place et qu’elle soit autorisée à rentrer chez son père tous les soirs. Elle veut bien recevoir de l’audition et signer des papiers entérinant son départ, mais rien d’autre. Cela semble prendre la Sea Org au dépourvu. Une semaine s’écoule avant qu’on ne recontacte Jillian. On lui demande de lire quelques textes du livre d’éthique, ce qu’elle fait. Mais entre temps, elle a commencé à parler à Karen de la Carriere. La veille de la mise en ligne de la première vidéo, Jillian reçoit un email de l’église qui semble prête à accepter ses exigences. L’église savait-elle qu’elle avait donné une interview à Karen ? Possible.

Le lendemain, la première vidéo apparaît sur le Web. Depuis, l’église ne s’est plus manifestée. Jillian n’a reçu ni document d’excommunication ni freeloader bill. (Une freeloader bill est une facture envoyée à toute personne qui quitte la Sea Org. Elle comprend tous les services (audition et formation) reçus par la personne durant ses années dans la Sea Org. La personne doit les rembourser en les payant plein tarif. Cette pratique est illégale mais l’église n’en a cure.)

De toutes les personnes qui ont quitté la Sea Org, Jillian est l’une des rares à témoigner, à peine quelques jours après son départ, des condition de vie inhumaines dont elle a été à la fois victime et témoin. La plupart des ex-Sea Org, avant de s’exprimer publiquement, passent par une période de décompression qui peut durer plusieurs années. Jillian mérite donc un grand coup de chapeau.

Première vidéo.

Avant d’aborder la vie dans la Sea Org avec Jillian, Karen nous rappelle brièvement que les enfants de scientologues, appelés scientologues de la seconde génération, sont souvent recrutés par la Sea Org avec l’accord de leurs parents. Jenna Miscavige, la nièce du Dictateur, y a consacré un livre remarquable.

Jillian commence par raconter ses conditions de vie – douze filles par chambre, une douche et un W.C. par étage. Dans toute l’aile du bâtiment, il n’y avait que 6 douches qui étaient couvertes de dépôts visqueux. Certaines douches ne fonctionnaient plus et il fallait alors se rabattre sur les douches restantes.

Jillian travaillait entre 14 et 19 heures par jour sans le moindre jour de congé. En moyenne,  elle gagnait 8 dollars par semaine à Los Angeles – 6 cents de l’heure. (Alors que la scientologie a amassé plusieurs milliards de dollars.)

Jillian raconte ensuite qu’il y a environ 6 mois, Miscavige a fait faire une analyse des revenus de la Sea Org : la Floride et ses 2000 membres du personnel lui rapportaient en moyenne 1,5 millions de dollars par semaine, alors que Los Angeles et ses 2000 Sea Org lui en rapportaient beaucoup moins. Donc, pour « rentabiliser » Los Angeles et les églises de l’ouest des U.S. et en diminuer les frais de gestion, il a fait transférer du personnel à L.A. et à Las Vegas et l’a affecté à la rénovation de divers bâtiments appartenant à la Sea Org, ce qui évitait de devoir faire appel à des entrepreneurs extérieurs.  Du jour au lendemain, Jillian s’est retrouvée à Las Vegas, en compagnie d’une fille de 17 ans, en train de retirer toute la fibre de verre du plafond de l’auditorium du CC Las Vegas pratiquement sans aucune protection – ce qui lui a provoqué de graves éruptions cutanées.

Puis Jillian dit à Karen que la plupart des membres de la Sea Org pensent que Miscavige travaille au moins aussi dur qu’eux, étant donné qu’il est le grand chef censé donner l’exemple, et que ses conditions de vie sont un peu meilleures que les leurs mais pas beaucoup plus. Lorsqu’elle a découvert, après son départ de la Sea Org, qu’il vivait comme un millionnaire, elle en restée comme deux ronds de flan.

Autre pratique de la Sea Org : à chaque anniversaire de Miscavige, on prélève la moitié, voire l’intégralité, de la paye hebdomadaire des employés de la Sea Org pour lui acheter un cadeau. Cette semaine-là, les Sea Org reçoivent la paye maximum : 46 dollars. La Sea Org compte environ 5000 employés mondialement, ce qui nous fait un cadeau d’anniversaire de 115 000 dollars, en admettant que chaque employé donne la moitié de sa paye.

Cette première vidéo se termine avec l’info qui tue : un employé de la Sea Org gagne environ 416 dollars par an et n’a aucune couverture sociale ou médicale.

Ça vous tente ?

Passons à la deuxième vidéo. Elle concerne la famille, considérée dans la Sea Org comme étant secondaire, superflue et sacrifiable.

Nous y apprenons les faits suivants :

En scientologie et tout perticulièrement dans la Sea Org, la délation est une pratique courante et vivement encouragée. Tout le monde dénonce tout le monde. Un père ou une mère dénonce son enfant si ce dernier n’a pas une conduite 100% « éthique ». Un mari dénonce sa femme. Une femme dénonce son mari. Un enfant dénonce ses parents. Une scientologue dénonce sa meilleure amie. Etc, etc. Au sein de la Sea Org, on vit dans la peur d’être dénoncé pour un oui ou pour un non.

Dans la Sea Org, un couple ne peut pas avoir d’enfant. L’idée même d’avoir un jour un enfant peut valoir une convocation en éthique car c’est une idée « destructrice » pour le groupe. Une femme qui tombe enceinte est encouragée à avorter, mais moins ouvertement et plus « subtilement » qu’avant en raison de la mauvaise publicité qu’avaient créée les nombreux articles et reportages sur les avortements forcés dans la Sea Org. Désormais, on ne dit plus à une femme enceinte qu’elle DOIT avorter mais qu’elle le DEVRAIT – par devoir, pour la scientologie et « pour le plus grand bien ». C’est un travail de sape pernicieux où l’on met la femme enceinte « en face de ses responsabilités ».

Il y a encore quelques années, les femmes qui refusaient d’avorter étaient condamnées à des travaux manuels éprouvants. Elles dormaient peu, mangeaient mal et étaient considérées comme la lie de la Sea Org et de la scientologie.

Ce qui n’empêche pas la scientologie de se présenter comme la championne des droits de l’homme. Le cynisme et l’hypocrisie de la secte ne connaissent pas de limites.

Aujourd’hui, de plus en plus de couples font volontairement un enfant pour pouvoir quitter la Sea Org « légalement » en se faisant déclarer inaptes au service. De cette façon, ils ne sont pas excommuniés. Christie Collbran, qui a quitté la Sea Org en 2006, raconte qu’elle a réussi à dissimuler sa grossesse jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour elle pour avorter, mettant ainsi la Sea Org devant le fait accompli.

Vers le milieu de la vidéo, Jillian raconte l’histoire de Rachel Gomez, une jeune Sea org mariée qui occupait un poste à Los Angeles dans le grand bâtiment bleu (surnommé « Big Blue »). Rachel démarre une relation extra-conjugale avec un nouveau public scientologue rencontré lors de l’inauguration de l’org d’Inglewood. Au bout d’un an, le pot aux roses est découvert et Rachel est enfermée dans une chambre et placée sous surveillance 24 heures sur 24. Lorsqu’elle se déplace, elle est toujours accompagnées par des garde-chiourmes.  Pendant ce temps, son mari est également placé sous surveillance et suivi en permanence par des détectives privés car il envisage de quitter la Sea Org.

C’est une pratique courante en scientologie de séquestrer des adeptes ou des membres du personnel jugés « dangereux pour la sécurité de l’église ». La vidéo revient brièvement sur la tristement célèbre affaire Lisa McPherson.

En France, il y a eu l’affaire Martine Boublil.

Pour en revenir à Rachel Gomez, après deux tentatives d’évasion, la Sea Org a fini par la laisser partir car ses parents étaient de très gros donateurs et le père était un médaillé de l’IAS. En scientologie, l’argent l’emporte toujours sur les considérations idéologiques et les règlements internes. Au départ, Rachel devait être excommuniée et déclarée suppressive, mais il est probable qu’un gros chèque de son père, ou la crainte de voir son père ne plus jamais donner d’argent, a convaincu les gros pontes de la Sea Org de laisser Rachel s’en aller « en bon standing ».

Karen a réalisé d’autres vidéos avec Jillian Schlesinger. Vous pouvez les trouvez ici.

A tous les scientologues francophones qui hésitent à élever la voix, je ne dirai qu’une chose : cessez de soutenir financièrement une organisation criminelle qui maltraite son personnel et ses adeptes et qui utilise les mêmes méthodes que la psychiatrie radicale. Vous êtes devenus scientologues pour libérer les hommes, pas pour les asservir.

Du rififi à Clearwater

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Une série de conférences sur les dérives de la scientologie aura lieu à Clearwater du lundi 5 mai au vendredi 9 mai, Les écrivains Russell Miller et John Sweeney prendront la parole, ainsi que des ex-scientologues tels que Chris Shelton (ex-Sea Org) ou Geir Isene (OT VIII), sans oublier Jamie DeWolf, arrière-petit-fils de L.Ron Hubbard.

Seront abordés des sujets tels que la déconnexion, Fair Game, les violences et les conditions de travail inhumaines dans la Sea Org, les levées de fonds abusives de l’IAS, les magouilles qui ont permis à la scientologie d’obtenir, aux Etats-Unis, le statut de religion et l’exemption fiscale en 1993, les opérations d’espionnage et de persécution orchestrées par le GO et OSA, la mort tragique, à Flag, de Linda McPherson en 1995, ou encore les dérives de Narconon.

Cette série de conférences, appelée « Flag Down 2014 » promet d’être explosive et pourra être suivie en streaming ici.

Le site « Flag Down 2014 » fournit le programme des festivités aisni qu’une courte biographie de chacun des intervenants. Il a également mis en ligne un info pack très complet qui est téléchargeable ici.

Ces conférences seront suivies par le Tampa Bay Times.

OSA Flag va avoir du pain sur la planche.

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« The Scientology Money Project », le site de Jonathan Swift, mérite toute votre attention.

Son guide illustré de l’église de scientologie vaut le détour.

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Et pour ceux que cela intéresse, AOSHUK a carrément mis en ligne les archives de ses e-mags (The Auditor, Advance!, etc) dans toutes les langues. Pour les consulter (ou les télécharger), cliquez ici. Vous y retrouverez quelques scientologues français et beaucoup, beaucoup de Russes.

John Travolta sous camisole scientologique

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Dans une longue interview donnée au quotidien britannique The Telegraph, John Travolta revient sur sa carrière, sur sa rencontre avec la scientologie et sur les bienfaits que cette dernière lui a apportés.

En scientologie, on appelle ça un article « thêta » – un article qui donne une bonne image de la secte. Et Dieu sait si la scientologie a besoin d’articles « thêtas » à l’heure actuelle.

Manque de chance, cet article a été repris par des dizaines de médias à travers le monde et s’est transformé en articles « enthêtas » – des articles qui donnent une mauvaise image de la secte.

La seule chose, finalement, qui semble avoir intéressé les autres médias dans cette interview, c’est lorsque Travolta parle du décès de son fils Jett en 2009 suite à une attaque foudroyante. Travolta, après avoir nié que son fils était autiste (l’autisme est une « aberration » que les scientologues ont du mal à confronter), a finalement avoué qu’il l’était bel et bien. Il dit que s’il n’y avait pas eu la scientologie, il n’aurait jamais pu surmonter cette épreuve :

“Oh mon Dieu, je ne sais pas ce que j’aurais fait si je n’avais pas eu le soutien de la scientologie. Je ne pense pas que j’aurais pu surmonter ça. Après la mort de Jett, les scientologues sont restés avec moi tous les jours. Ils ont même voyagé avec moi quand je devais m’en aller. Cela a duré deux bonnes années. Ce n’est qu’au cours de la deuxième année que j’ai commencé à me séparer d’eux pendant un ou deux jours – juste pour voir si j’arrivais à m’en sortir tout seul.”

Cette confession de Travolta a soulevé bon nombre de questions :

Suite à la mort de son fils, Travolta avait-il commencé à douter de la scientologie et Miscavige et OSA l’ont-ils placé sous surveillance ?

Il est courant en scientologie de recevoir quelques séances d’audition lorsqu’on perd un être cher. Mais comment se fait-il que Travolta, qui est OT, ait dû être suivi spirituellement pendant deux ans pour surmonter son chagrin ? L’audition serait-elle inefficace avec lui ?

Que Travolta ait été placé sous surveillance pendant deux ans est indéniable. La secte ne peut pas se permettre de perdre une super star comme lui. Il en résulterait un exode massif d’adeptes. Bien entendu, tous les détails des séances d’audition qu’il aura reçues pour « décharger » la mort de son fils auront été transmises directement à Miscavige et à OSA.

Ce qui est troublant, dans cette interveiw, c’est le fait que Travolta reconnaisse avoir été surveillé par des scientologues pendant deux ans. S’agit-il d’une maladresse de sa part ? Ou l’a-t-il fait volontairement ?

Travolta sait très bien qu’il ne peut pas quitter la scientologie car Miscavige détient des informations sur sa vie privée qu’il n’hésiterait pas à fournir aux medias si jamais l’acteur ne filait pas droit.

Par contre, sous couvert de maladresse, Travolta a peut-être essayé de faire passer le message que la scientologie est une organisation mafieuse qui contrôle sa vie et qui la contrôlera jusqu’à la fin de ses jours. Allez savoir…

Bon, d’accord, c’est hautement improbable mais je suis un indécrottable optimiste.