The Gang Bang Theory

En 2013, Karen de la Carriere, Classe XII formée par LRH, ex-Sea Og, ex-femme de Heber Jentsch, le président de l’église de scientologie internationale qui a disparu de la circulation, a commencé à produire une série de vidéos intitulée « Surviving Scientology » (survivre à la scientologie). Ces vidéos dénoncent, souvent sous forme de satire, les crimes et les dérives de la prétendue « église » actuellement dirigée par David Miscavige.

Dans sa dernière vidéo, Karen décrit l’une des techniques de persuasion utilisée par la scientologie : la technique du gang, également surnommée technique du gang bang. Pour amadouer ou submerger la cible, on utilise un gang dans le but de la faire craquer. Il est à noter que le mot « gang », en français, est défini comme une bande organisée de malfaiteurs.

Tout d’abord, il y a le « gang bang seck checking ». Cette pratique a vu le jour au début des années 80 lors de la grande purge. Les paroissiens et les membres du personnel soupçonnés de n’être pas à 100% fidèles à la cause scientologique recevaient des « security checks » (confessions forcées) en présence d’une demi-douzaine de personnes qui leur hurlaient dessus et les accusaient des pires ignominies. Je vous laisse imaginer les traumatismes subis par ces pauvres bougres.

Ensuite, Karen nous parle du procès qui oppose l’église à Monique Rathbun – un autre exemple de la technique du gang bang : 22 avocats pour représenter la scientologie contre Ray Jeffries, l’avocat de Monique. Pour l’instant, Jeffries mènent largement aux points, pour reprendre une expression de boxe et la technique du gang bang chère à la scientologie a montré qu’elle ne fonctionne pas toujours.

Karen enchaîne avec la triste histoire de Janet Light, ex–directrice de l’IAS. Lorsque Janet a accusé Miscavige de s’enrichir personnellement avec l’argent de l’IAS au nez et à la barbe du fisc américain et exprimé son désaccord, un groupe de membres de la Sea Org enragés lui est tombé dessus (en présence de l’un des avocats de l’église, Monique Yingling !), l’a traitée plus bas que terre et l’a envoyée au tristement célèbre Trou (la prison où sont enfermés une cinquantaine de super cadres de la scientologie depuis des années). Il a ensuite fallu une demi-douzaine de Sea Org pour maîtriser le mari de Janet, rendu furieux par cet emprisonnement arbitraire.

La technique du gang bang a également été utilisée contre Mary Sue Hubbard à la mort de son mari. Sur ordre de Miscavige, toute une bande de membres du personnel en uniforme s’est rendu chez elle et l’a obligée à céder à l’église tous les biens qu’elle possédait sous le régime de la communauté.

Lorsque John Brousseau s’est évadé de la Sea Org en 2010, Miscavige a envoyé VINGT personnes, dont Tommy Davis, pour tenter de le récupérer. Brousseau n’a pas cédé.

Karen aborde ensuite le gang bang regging. Pour extorquer de l’argent à un paroissien, on envoie au minimum 4 personnes pour lui vider ses comptes en banque, de préférence tard le soir quand il n’a qu’une envie : aller se coucher. Bon nombre d’entre vous ont été victime de ces regs agressifs capables de vous harceler pendant des heures jusqu’à ce que vous jetiez l’éponge et sortiez votre carte de crédit. Une autre technique de gang bang regging est communément utilisée de nos jours. Lors d’une soirée de collecte de fonds, on ferme les portes, on place un membre du personnel devant et on ne vous laisse sortir que lorsque vous avez craché au bassinet. Si vous ne donnez rien, on vous fait sentir par le regard ou par quelque remarque assassine que vous êtes un mauvais scientologue.

Karen n’en parle pas dans sa vidéo, mais la technique du gang bang est également utilisée pour recruter de nouveaux membres du personnel. J’ai personnellement été la cible à plusieurs reprises de tentatives par un petit groupe de Sea Org de me recruter. Ils arrivent à cinq ou six, vingt minutes avant 14 heures, le jeudi, et vous mettent le contrat d’un milliard d’années sous le nez, puis tentent de vous convaincre avec force de le signer. Comme j’ai toujours détesté l’uniforme, je n’ai jamais signé, mais j’ai connu pas mal de scientologues qui, dans les mêmes circonstances, se sont laissé avoir.

Pour conclure sa vidéo, Karen parle de ce qu’on pourrait appeler la « gang bang validation ». Un scientologue qui vient par exemple de faire une grosse donation pour l’IAS ou les morgues idéales, ou qui a atteint un nouveau statut de donateur, va soudain être applaudi à tout rompre par tout le groupe comme un super héros qui vient de sauver le monde.

Voici une anecdote qui illustre bien la technique de la gang bang validation. Une scientologue, après avoir fini de payer sa carte Patron, a vu les Jive Aces faire irruption, en musique, dans le bureau de l’officier d’éthique où elle avait été convoquée pour quelque broutille, puis elle a eu droit à une haie d’honneur de tout le personnel de l’org. Inutile de préciser que les quelques broutilles qu’elle devait régler en éthique ont été immédiatement balayées sous le tapis.

Voici donc la vidéo de Karen (en anglais). Vous trouverez toutes ses autres vidéos ici.

Avortements forcés – suite et fin

La seconde vidéo de Gary Weber vient d’être postée sur YouTube.

Si vous n’avez pas encore pris connaissance de la première vidéo et de l’article qui l’accompagne, cliquez ici.

Dans cette seconde vidéo, Gary explique que, régulièrement, les femmes Sea Org enceintes grimpaient dans deux mini-bus pouvant contenir jusqu’à douze passagers chacun et quittaient Flag pour aller se faire avorter dans diverses clinques de Floride.

Puis, il raconte l’histoire de son couple. Avec sa femme, Sea Org elle aussi, ils ont une petite fille qu’ils voient quand ils peuvent malgré leurs horaires démentiels. La femme de Gary tombe à nouveau enceinte et décide de garder le bébé malgré le règlement de la Sea Org. Elle est envoyée dans le RPF, le goulag de la Sea Org, où les repas se composent uniquement de riz et de fayots, puis dans le RPF du RPF, sorte de super goulag où on lui fait nettoyer des bennes à ordures avec une brosse à dents et où il lui est interdit de parler à qui que ce soit. Gary finit par dire à sa femme qu’ils devraient quitter la Sea Org. Sa femme refuse et dénonce son mari à l’éthique. Gary est envoyé dans le RPF. Il s’enfuit sans sa femme.

Ce n’est pas exactement un happy end, mais il y a rarement des happy ends en scientologie.

Et dire qu’Eric Roux va aller pleurnicher devant la Cour européenne des droits de l’homme…

Monsieur Roux, vous devriez avoir honte !

Les avortements forcés au sein de l’élite « ecclésiastique » de la scientologie

Dans le livre La Dianétique : La science moderne de la santé mentale, L. Ron Hubbard déclare que l’avortement et les tentatives d’avortement entraînent de graves traumatismes psychiques et psychologiques chez la mère et l’enfant à naître.

En 1967, Hubbard fonde une organisation paramilitaire, la Sea Organization (organisation maritime), ou Sea Org, chargée de diriger et d’encadrer les églises et les missions de sicentologie partout dans le monde et de « mettre l’éthique en place sur la planète ». Ses membres signent un contrat d’un milliard d’années et constituent l’élite « ecclésiastique » de la scientologie. Logés et nourris, ils travaillent 80-100 heures par semaine pour un salaire hebdomadaire de 50 dollars.

Au bout de quelques années, un problème majeur se pose : il y a de plus en plus de couples mariés avec des enfants et les crèches de la Sea Org n’arrivent plus à suivre.

En 1982, la Sea Org interdit aux couples mariés d’avoir des enfants. Les femmes enceintes sont alors encouragées à se faire avorter. Les couples mariés qui refusent l’avortement sont débarqués de la Sea Org et choisissent soit de travailler dans une organisation Classe V (non Sea Org), soit de retourner à la vie active avec l’obligation de rembourser tous les services (audition et formation) qu’ils ont reçus gratuitement durant leurs années de labeur dans la Sea Org.

En 2009, lorsque le scandale des avortements forcés est dénoncé dans les médias américains, le règlement change à nouveau : Désormais, les couples mariés qui attendent un enfant sont purement et simplement éjectés de la Sea Org.

Plusieurs femmes, ex-Sea Org, comme Laura DeCrescenzo ou Claire Headley ont relaté comment elles avaient été forcées à avorter. Laura Decrescenszo poursuit actuellement la scientologie en justice pour ce motif.

Dans la vidéo ci-dessous, Gary Weber, ex-Sea Org de 1979 à 1984 et membre du Guardian’s Office (le GO, qui a été démantelé au début des années 80 pour être remplacé par OSA), raconte comment il a supervisé des dizaines d’avortement forcés lorsqu’il travaillait à Flag. En fait, il y avait tellement d’avortements forcés dans la Sea Org qu’il était obligé de dispatcher les femmes dans diverses cliniques d’avortement en Floride car si toutes avaient interrompu leur grossesse dans la même clinique, ça aurait fait jaser.

Gary raconte aussi sa première rencontre avec David Miscavige en 1979, lorsque ce dernier était en poste à CMO. Le nom de Miscavige était encore inconnu de la plupart du personnel à l’époque et Gary ignorait qui il était. Gary entend une femme crier et va voir ce qu’il se passe. Il trouve Miscavige en train de tenir un fer à repasser brûlant devant le visage d’une jeune femme et de menacer de lui écraser le fer à repasser sur la figure. Gary dit au jeune freluquet de poser le fer. S’ensuit une discussion animée durant laquelle Miscavige apostrophe Gary en lui disant : « Est-ce que tu sais qui je suis ? » Gary lui dit « Non, je ne sais pas qui tu es, pose ce fer. » Finalement Miscavige pose le fer et Gary apprend que Dave-La-Petite-Frappe était en rogne contre la jeune femme parce qu’il estimait qu’elle avait mal repassé sa chemise !

Gary raconte également que le GO était chargé d’ouvrir des comptes bancaires à l’étranger, dont le Lichenstein, afin de faire disparaître certaines sommes d’argent. Il ignore le montant de ces sommes mais nous apprend que les signataires de ces comptes étaient Miscavige ainsi que Pat et Anne Broeker. Tout cela, bien sûr, était top secret et on a fait comprendre à Gary qu’il avait intérêt à garder cela pour lui.

Dans la seconde vidéo, à venir bientôt (et que nous publierons dès qu’elle sera en ligne), Gary raconte ses déboires quand sa femme est tombée enceinte une première fois, puis une seconde fois. En attendant, voici la première vidéo.

Vous pouvez également trouver le témoignage complet de Gary Weber en cliquant ici. C’est en anglais, c’est long et détaillé mais c’est très, très intéressant.

Le rundown de la vérité ou comment conditionner les scientologues

Dans cette interview réalisée par Mark Bunker, un ex-membre de la Sea Org, Bruce Hines, raconte comment on conditionne les « fauteurs de troubles » condamnés au RPF (Rehabilitation Project Force – le camp de « réinsertion » de la Sea Org). On appele ça le « Truth Rundown » (le rundown de la vérité).

Lorsqu’une personne débarque dans le RPF, on rassemble tous les rapports de connaissance, ou autres, qu’elle a écrits et dans lesquels elle dit des choses considérées comme négatives sur un membre du personnel, sur les cadres superieurs de l’église et son top management, sur la scientologie et sur L. Ron Hubbard. Puis, on les classe par ordre d’importance.

Ensuite on s’en sert pour soumettre la personne à une longue série de sec checks (confessions). L’auditeur lui demande : « Dans ce rapport tu as écrit telle et telle chose. Quand exactement as-tu observé cela ?

Réponse : Quand David Miscavige a donné un coup de poing dans le ventre à Ray Mithoff.

Auditeur : Très bien. Maintenant va jusqu’au tout premier moment où tu as observé cela.

La personne trouve un premier moment où elle a vu Miscavige agir de la sorte.

Auditeur : Bien. Juste avant d’observer ça, quel overt (acte nuisible) as-tu commis ?

Donc, en fait, la personne doit trouver ce qu’ELLE  a fait de mal avant d’observer ce qu’elle a observé.

L’idée derrière tout ça, c’est que la personne a mal observé, qu’elle s’est trompée, qu’elle a halluciné.

La personne va alors trouver un overt, puis une chaîne d’overts similaires. Lorsqu’elle a trouvé le tout premier overt de la chaîne, on lui demande : « Y avait-il un but malveillant ou une intention destructrice qui t’a incité à commettre cet overt ? »

Autrement dit, maintenant que la personne a trouvé l’acte nuisible qu’elle a commis, elle doit trouver ce qu’il y a de mauvais et de malveillant en elle, le mal intérieur qui la ronge et qui l’a poussée à avoir une fausse observation, une hallucination. Puis, elle doit « effacer » cette intention destructrice.

Toutes les choses que la personne a dénoncées dans ses rapports sont traitées de cette façon.

Ensuite, on  pose une série de questions du genre « As-tu déjà dit des choses négatives sur la scientologie ? » As-tu déjà dit du mal de L. Ron Hubbard à quelqu’un ? » Et ainsi de suite – une liste interminable de questions de cet accabit, avec la procédure décrite ci-dessus. La « cognition » (prise de conscience) qu’on attend de la personne, c’est qu’elle a imaginé tout ce qu’elle a observé, qu’elle a halluciné. Cela fait partie du « phénomène final » (résultat demandé) de toutes ces actions.

Le tout dure généralement des mois. Tous les jours, la personne recherche le mal qui est ancré en elle.

Et lorsque ce programme est terminé, la personne pense que tout le monde est génial et que ce sont ses intentions destructrices qui l’ont fait halluciner. Tant qu’elle n’a pas eu cette cognition, elle reste sur le RPF. Il y a d’autres actions que la personne doit accomplir avant de sortir du RPF, mais cette interminable série de sec checks est la plus importante.

Vous avez dit inquisition ?

Mémoires d’un guerrier de la scientologie – Résumé – Partie 1

 

warrior

J’ai traduit « Memoirs of a Scientology Warrior » par « Mémoires d’un guerrier de la scientologie », plutôt que par « Mémoires d’un guerrier scientologue ». Pourquoi ? Parce que Marty Rathbun, aujourd’hui, ne se considère plus comme scientologue.

Dans le résumé qui suit, je me suis attardé sur les faits qui, pour moi, sont les plus significatifs. Il couvre un peu plus du premier tiers du livre. La suite dans quelques jours.

* * * * *

Dans le premier chapitre de son livre, Marty raconte qu’il vient d’une famille très perturbée. Lorsqu’il a cinq ans, sa mère, suivie depuis des années par des psychiatres, se suicide en se jetant du Golden Gate Bridge. Ses deux frères aînés ne s’en remettront jamais. Le plus âgé, Scott (huit ans de plus que Marty), diagnostiqué « schizophrène », passera la majeure partie de sa vie adulte en hôpital psychiatrique. Son autre frère, Bruce (quatre ans de plus que Marty), fera des allers-retours en hôpital psy avant de mourir poignardé à 27 ans au cours d’une rixe dans un bar.

A la fin des années 2000, quand l’église de scientologie démarre sa campagne de haine contre Marty, elle se sert de ses antécédents familiaux pour tenter de convaincre les médias et les scientologues qu’il est fou à lier et qu’il vient d’une famille de cinglés – bref, que c’était génétique, invalidant au passage toutes les théories dianétiques. Tout cela, bien entendu, venait de ses dossiers confidentiels de paroissien. Au cours d’une séance d’audition, Marty avait contacté un incident prénatal dans lequel sa mère avait reçu des électrochocs alors qu’elle était enceinte de lui. Le choc avait éjecté Marty du corps du fœtus (la première extériorisation de sa vie présente) et il était resté là à regarder la terrible scène en se demandant s’il devait réintégrer le corps ou aller se réincarner ailleurs. Finalement, il opta pour la première solution.

Mais quelque chose tarabustait Marty : cet incident était-il réel ou imaginaire ? En effet, sa famille ne lui en avait jamais parlé. Quelque temps plus tard, il raconta l’incident à sa tante, qui, stupéfaite, le confirma.

Je passe rapidement sur l’enfance et l’adolescence de Marty : un père qui se remarie deux fois, deux frères traumatisés par le suicide de leur mère et qui détestent ses « remplaçantes » et Marty qui tente, en vain, de faire régner un semblant de paix familiale.

Dans les années 70, quand la famille s’installe à Laguna Beach, en Californie, il se prend de passion pour le basket-ball. Il joue d’abord au streetball et rencontre un jeune marginal qui l’initie au Tao. Puis, il intègre l’équipe du lycée dont il devient rapidement un joueur clé. Au cours d’un match, il extériorise avec toutes les perceptions et prend conscience de sa nature spirituelle. Il prend également conscience d’un rapport télépathique avec l’un des joueurs avec lequel il multiplie les passes à l’aveugle.

Alors que Marty est dans sa dernière année de lycée, son frère Bruce est renvoyé de l’armée pour comportement violent et enfermé à l’asile d’Oakland. Marty réussit à le faire sortir et s’occupe de lui comme il peut en faisant avec lui de longues randonnées et autres activités en plein air.

Puis suivent deux années de fac passées surtout à prendre des drogues hallucinogènes et à essayer diverses techniques de méditation avec plus ou moins de succès. A l’été 1977, Rathbun arrête la fac avec l’intention de voyager et de devenir écrivain comme ses héros, Kerouac et Hemingway. Il fait des petits boulots en Oregon et en Californie. Un jour son père lui téléphone : Bruce a rechuté et a été enfermé à l’hôpital psy de Portland. Marty s’y rend immédiatement. Il s’agit de l’hôpital de Dammasch, là où a été tourné Vol au-dessus d’un nid de coucou. Il réussit à nouveau à faire sortir Bruce et s’installe avec lui dans un minuscule appartement qu’il a loué avec ses maigres économies. Mais Bruce est très vite repris par ses vieux démons, se fait arrêter et se retrouve à nouveau à Dammasch. Marty jette l’éponge. Il ne peut rien pour son frère. Il décide de prendre le bus et de partir pour le Mexique. Il est temps pour lui de vivre sa vie.

Alors qu’il se rend à la gare routière pour prendre le bus, il rencontre Mark, l’un des « body routers » de la mission de Portland. Les « body routers » sont les employés d’une mission ou d’une église de scientologie qui écument les rues pour trouver de nouveaux paroissiens. Marty les croisait de temps en temps dans la rue mais n’avait eu, jusque là, aucune véritable conversation avec eux. Avant de prendre son bus, Rathbun demande à Mark de lui dire ce qu’est la scientologie. Mark lui dit qu’en essence, la scientologie est spécialisée dans la communication. Cela éveille l’intérêt de Marty car soudain il se dit que s’il améliore son niveau de communication, peut-être pourra-t-il aider son frère après tout.

Au lieu de partir pour le Mexique, Rathbun s’inscrit au cours de communication et découvre les TR de 0 à 4 qui, à l’époque, se font à la dure. Sur le TR 0, il en bave. Un jour, il découvre qu’il peut être là, à l’aise et confronter, et il extériorise avec toutes les perceptions. Mais cette fois-ci, son extériorisation ne dure pas quelques secondes mais de longues minutes. Il en informe son superviseur qui lui dit qu’il a réussi l’exercice et qu’il peut « redescendre » quand bon lui semblera. Qu’il savoure cette victoire.

A partir de cet instant, Rathbun est totalement converti. Il termine son cours, puis lit le Livre Un de la dianétique. On l’informe aussi sur les différents niveaux du tableau des grades. Il trouve un boulot et va quotidiennement voir Bruce (son frère) à Dammasch. Peu à peu, il parvient à entrer en communication avec lui et à le convaincre qu’il existe une sortie de secours : la dianétique et la scientologie. Entre temps, il achète des livres, le cours de la casquette de l’étudiant (sudent hat) et un électromètre, ce qui lui mange toutes ses économies. Il réussit à faire sortir Bruce une fois de plus. Il l’emmène à la mission et là, patatras, on lui annonce que son frère ne peut être audité à cause de ses séjours répétés chez les psys. Bruce le prend très mal et se referme comme une huitre, cessant de communiquer avec Marty qui ne sait plus quoi faire pour lui remonter le moral.

Il commence le Student Hat à la mission et se prend KSW 1 de plein fouet. Il comprend très vite qu’il ne pourra pas continuer à étudier la scientologie s’il n’est pas à 100% d’accord avec les règles dictées par KSW, lesquelles demandent une soumission aveugle qui est en contradiction totale avec le fait de penser par soi-même. Finalement, il laisse son intégrité au vestiaire et décide d’adhérer, à contrecœur, à ces règles en raisonnant que c’est la seule façon pour lui de continuer à étudier la scientologie et peut-être de sauver son frère. Ce n’est que 30 ans plus tard qu’il comprend son erreur en lisant L’Âge de Raison, de Thomas Paine : Lorsqu’un homme a corrompu et prostitué la pureté de son esprit au point de souscrire à des choses en lesquelles il ne croit pas, il s’est préparé à commettre n’importe quel crime.

Peu après, un recruteur de la Sea Org arrive à la mission de Portland et convainc Marty de signer un contrat d’un milliard d’années en lui assénant l’argument massue : Grâce à la Sea Org, Marty va pouvoir contribuer à nettoyer le domaine de la santé mentale.

Marty se retrouve à Los Angeles dans le complexe immobilier (en pleine rénovation) du Cedars of Lebanon Hospital qui couvre tout un pâté de maisons à la lisière du centre ville et qui regroupe l’org Classe IV de Los Angeles, l’org avancée qui dispense les niveaux supérieurs, la maison d’édition (Pubs Org, qui, plus tard, deviendra Bridge publications), et le QG du management de la Côte Ouest. Ces bâtiments, construits dans les années 30, ont été rachetés par l’église pour une bouchée de pain dans les années 70. Rathbun se retrouve sur le EPF (Estates Project Force), stage d’initiation à la Sea Org : cinq heures de travaux manuels et cinq heures de cours consacrés à l’étude des Flag Orders (règlements de LRH relatifs à la Sea Org) et des conférences de Hubbard traitant exclusivement de la Sea Org et de sa raison d’être : remettre l’éthique en place sur la planète et lui apporter la santé d’esprit en dépit des efforts des ennemis de la scientologie pour l’en empêcher. Sur le moment, Rathbun, qui jusque là avait plutôt mené une vie de bohême, trouve qu’il s’agit là « d’une expérience socialiste plutôt réussie » même si la discipline militaire et les uniformes de la marine ne l’enthousiasment guère.

Après l’EPF et divers boulots, Rathbun est posté comme manutentionnaire dans la Pubs Org (maison d’édition). Il a droit à cinq heures d’étude par jour. Au bout de quelques semaines, son superviseur de cours, John Colletto, un Classe VIII, est envoyé au RPF (Rehabilitation Project Force – le camp de réinsertion de la Sea Org) car on a découvert qu’il était un « rockslammeur ». Le rockslam est un mouvement anarchique et violent de l’aiguille de l’électromètre qui, d’après Hubbard, montre que la personne a des intentions nuisibles. Un jour, Colletto quitte brusquement le RPF et s’évapore dans la nature. Sa femme, Diane, est également membre de la Sea Org et occupe le poste de directeur du marketing des livres de Hubbard.

Un soir, le cousin de Diane demande à Marty d’attendre la jeune femme et de la raccompagner jusqu’à ses quartiers. John Colletto l’aurait menacée et elle ne se sent pas en sécurité. Marty monte dans la voiture de Diane qui démarre. Ils n’arriveront jamais à destination. John Colletto surgit dans une vieille Volvo et percute le véhicule de Diane qui fait une embardée et s’immobilise contre le trottoir. Colletto sort de la Volvo, arme au poing, fracasse la vitre côté Diane et lui tire une balle dans la jambe. Marty est déjà sorti de la voiture et saute sur Colletto. S’ensuit un violent corps à corps entre Colletto et Marty qui tente de le désarmer. Colletto estourbit Marty à coups de crosse. Marty extériorise et voit Colletto courir vers Diane, blessée à la jambe. Elle gît sur la route à quelques mètres de sa voiture. Colletto lui tire une balle dans la bouche, lâche son arme et s’enfuit.

Marty, tout d’abord soupçonné du crime, est finalement innocenté. Deux jours plus tard, John Colletto est retrouvé mort. Il s’est tiré une balle dans la tête. Durant la cérémonie scientologique des obsèques de la jeune femme, Marty perçoit Diane qui le remercie d’avoir risqué sa vie, sort par une fenêtre et disparaît. Marty considère cette expérience spirituelle comme l’une des plus fortes de son existence – « la perception objective d’une âme qui extériorise et qui poursuit son existence après la mort du corps. »

L. Ron Hubbard entend parler de l’acte d’héroïsme du jeune Sea Org. Peu après, Marty est transféré à la base secrète où vit Hubbard – située à la Quinta en Californie. Nous sommes en 1978 et la vie de Rathbun va changer du tout au tout.

A suivre…

Jenna Miscavige rejette la scientologie (et on la comprend)

Le mois dernier, devant la commission sénatoriale, concernant le livre de Jenna Miscavige-Hill, le « révérend » Eric Roux affirmait : « Dans ce que j’ai lu, il y a des choses absolument fausses, quand elle parle de son oncle. On est dans un contexte complètement américain, il n’y a qu’en France que ce livre a été traduit. Même aux Etats-Unis, il n’a pas le succès qu’il a en France. »

Faux. Le livre marche très bien aux USA. Et il a même été n°1 au Canada. Il a aussi été traduit en allemand.

Le 11 février dernier, un article de trois pages était publié dans le magazine américain People. Il faut savoir que ce magazine compte 46 millions de lecteurs. C’est le magazine américain le plus lu. C’est le genre de magazine qu’on trouve dans les salles d’attente des médecins et des dentistes, dans les salons de coiffure, etc. La durée de vie d’un numéro, après sa publication, se compte en mois.

Cet article est un véritable camouflet pour l’église de Miscavige car Jenna y est très claire : elle rejette la scientologie en bloc.

Sa seule source de bonheur, à l’heure actuelle, c’est d’avoir pu fonder une famille – chose qu’elle n’aurait jamais pu faire dans la Sea Org.

Miscavige a réussi l’exploit de transformer sa propre nièce en une ennemie féroce de la scientologie.

46 millions d’Américains sont désormais convaincus que la scientologie est un mouvement criminel et dangereux dirigé par un fou.

Nous souhaitons bien du plaisir aux body-routers (recruteurs qui font du prosélytisme dans la rue)  des églises américaines.

A part ça, tout va bien, Lors de la sauterie en Technicolor du 13 mars, le dictateur a affirmé sans sourciller que la scientologie ne s’est jamais aussi bien portée.

Combien de temps perpétuera-t-il le mensonge ?

Nous connaissons tous la réponse : tant que l’argent continuera d’affluer dans ses caisses.

Cliquez sur les images pour les agrandir.

Jenna1

Jenna2

Jenna3

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La vidéo de l’audition d’Eric Roux a été mise en ligne sur le site du Sénat. Les images donnent beaucoup plus de relief à la profonde bêtise du révérend. Il réussit parfaitement, à l’instar de son dieu, David Miscavige, à précipiter l’effondrement inéluctable de l’église. Qu’il en soit remercié.

La sacro-sainte sécurité des matériaux d’OT – Acte 2

Le calvaire continue. Suite et fin du billet d’Emile Louis-Marc.

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Une fois maitrisée la gymnastique d’entrer dans le sas (entre la salle de cours confidentielle et le couloir) avec la mallette, de sortir le dossier, de refermer ladite mallette (à clef, sinon c’est Trahison à remonter) et de s’engouffrer dans la salle de cours, on pourrait croire que ça y est, on a tout compris sur la sécurité.

Las… Nous ne sommes que sur le sommet de l’iceberg.

Quand vous attaquez la section solo audition, vous vous auditez. Jusque-là,  tout va bien ou presque.

Les plus friqués s’auditent à Sandcastle. Ils sortent du cours et hop, dans la chambre juste au dessus, et « in session ». Risque de sécurité minimal. D’autant plus que, comme il faut faire un examen après chaque séance, il suffit de monter deux étages. Pratique. Mais onéreux… La chambrette coûte entre 2 et 300$ la nuit. Quand vous restez 30 jours… je vous laisse calculer. (Nourriture non comprise.)

Les moins friqués, et c’était mon cas, on s’auditait au Yachtman. (Quand même 54$ la nuit.) Assez loin.  A pied, 2 bons kilomètres. Possiblilté de prendre la navette mais c’est toutes les 20 minutes. Risque de sécurité maximal. Sans compter les retards de la navette, les coups de chaud, car on est sous les tropiques, et le risque réel, si vous venez à pied, de se faire braquer la mallette. (Minime quand même car le quartier est assez tranquille). Ouf, on arrive à l’examinateur. Tout va bien, l’aiguille flotte.

Il faut aussi que vous sachiez que quand vous vous baladez dans la base du Sandcastle, votre mallette doit avoir un cordon de sécurité qui la relie à votre ceinture.

Discret…

Quand j’ai demandé pourquoi, on m’a répondu que c’est pour éviter le vol à l’arraché. Ah ! Ben oui, c’est vrai qu’à l’intérieur du Sandcastle, c’est pire qu’à la Courneuve ou Vénissieux… Sans blague. Ils poussent même le vice à ce qu’un responsable de la sécurité essaie de vous piquer la mallette. Gare à vous s’il n’y a pas le précieux cordon. Vous connaissez la sentence : Trahison à remonter. C’est lassant à la longue, car répétitif.

J’oubliais. Si vous sortez de la base à pied avec la mallette, il ne faut pas oublier de débrancher le cordon ombilical, car sinon, réellement, les gens que vous croisez dans la rue, risquent de vous prendre pour un diamantaire venu d’Anvers et, bien sûr, de vouloir piquer la précieuse mallette… Idem : Oubli = Trahison. Je vois que vous apprenez vite.

Un jour, j’ai eu le malheur de discuter sécurité avec un autre solo nots français, où il m’expliquait, que dans l’avion, il prenait sa mallette pour aller pisser. Discrétion absolue ! C’est vrai, quoi de plus naturel que d’aller pisser avec son attaché-case ?

Tous les passagers vous prennent instantanément pour un membre d’Al-Qaïda.

J’ai donc tenté d’expliquer à l’autre pingouin que c’était mieux d’aller pisser sans, car comme ça, aucun soupçon ne risquait de s’éveiller. Pas de bol, je suis tombé ce jour là sur un « intello » qui ne voulait pas démordre de son point de vue.

C’est vrai, des fois qu’un passager chourre la mallette, mette un parachute et saute du Boeing volant à plus de 10 000 mètres d’altitude…

Vous me croirez si vous voulez, mais cette anecdote est vraie. L’abruti m’a même fait un rapport car j’avais osé discuter sécurité avec lui et il a fallu que je m’explique en HCO. Quelle stupidité!

Que vous ne lâchiez pas votre mallette dans le métro, dans un TER ou RER, je comprends. Mais dans un avion ?

Retour au bercail avec les matériaux. Chaud les marrons. Il faut avoir préparé un coffre. Ce dernier doit être vissé avec de longues tiges dans le sol ou dans le mur, pour éviter le vol. Soit dit en passant, un coffre inviolable n’existe pas.

J’ai essayé de faire comprendre à un gars de la sécurité à Flag qu’en Europe, les maisons anciennes à la campagne sont différentes des maisons aux USA. Chez nous, c’est de la pierre. Chez eux, souvent du carton-pâte. Dur de la comprenette, le petit gars. Je lui disais que plutôt que de mettre bêtement un coffre, il suffisait de planquer ça dans une alvéole faite dans un mur, avec une pierre devant. Comme ça, personne n’y voit rien, et là on est proche de l’inviolabilité.

Rien à faire. La règle est un coffre. Le reste est out-sécurité et c’est Trahison….Encore et toujours.

Je vous passe toutes les fois où vous devez vous balader dans votre pays avec les matériaux, car pour ne jamais faire d’out-sécurité, il faut être balaise.

J’oubliais. Vous voulez vous prendre un petit week-end à la mer, histoire de vous ïoder les poumons. Vous vous dites, je laisse les matériaux dans le coffre pour deux jours. Eh bien non, trop facile.

Soit vous emmenez la mallette, soit vous mettez quelqu’un chez vous pour garder le coffre, (la personne doit être OTVII, pas en dessous), soit vous ne partez pas en week-end. J’avais trouvé la solution, je l’emmenais. Pas moyen d’être peinard…

Mais une fois à l’hôtel pour passer la nuit, quoi faire de cette mallette qui ne devait pas me quitter ? Les mecs de la sécurité à Flag m’avaient dit de dormir avec.

Non pas possible….Mais si, et même qu’elle devait être attachée au poignet.  L’enfer… Essayez de dormir avec une mallette attachée au poignet, vous m’en direz des nouvelles.

Finalement, je faisais la même chose qu’avec  le foutu badge : je la mettais entre le matelas et le sommier et, au petit matin, hop je la récupérais… Car si je l’oubliais, je ne vous fais pas un dessin. Le mot commence par T et finit par N. Là où ça coinçait un peu, c’ était de descendre dans la salle de petit déjeuner avec un attaché-case. Encombrant, mais bon…

C’est ce que l’on appelle un excès de règles de sécurité. C’est fait pour introvertir encore plus les pré-OTs. Bon d’accord, il peut exister des gens négligents, c’est vrai. Mais là, c’est pire que tout. Vous vivez et vous vous auditez au travers d’un stress permanent.

Ironie de l’histoire, cela n’a jamais empêché les fuites. C’est là que c’est drôle et presque hilarant. En fait c’est pathétique, stupide et totalement inutile.

RJ 68 – La suite

Voici un billet de Marie-Antoinette concernant RJ 68. Un grand parfum de nostalgie nous envahit et nous incite à ressortir nos vieux vyniles.

*****

RJ 68 marque une époque.

1968. La guerre du Vietnam fait rage… Si je pouvais vous raconter cette histoire sur fond musical, je choisirais Jimi Hendrix… Janis Joplin… le Jefferson Airplane…ou Mama Cass… ou le Grateful Dead – la liste est longue des musiciens mythiques de l’époque.

Oui, certains, un nombre non négligeable, faisaient de la sciento.

Les missions californiennes étaient pleines à craquer d’étudiants qui faisaient du training zéro. Pour la plupart, des « beautiful people » (le terme qu’emploie Ron est très précis). Ils ont vingt ans ou moins, la rencontre avec la sciento est pour eux la découverte qu’il existe une tech pour mener à bout leur quête spirituelle commencée par la méditation, la lecture de Krishnamurti, mais le plus souvent en fumant de la marijuana et en expérimentant le LSD.

A cette époque, LRH développe le Class 8 Drug Rundown, qui commence par la réhabilitation des états de libération atteint sous drogue. Il a compris pourquoi les gens ayant pris des drogues restaient collés dans leur libération qui agissait comme un engramme en étant une attention fixée sur la piste de temps. Puis il décrit sur la grade chart les états qui peuvent être atteints, des états dont l’humanité rêve depuis le commencement des temps. L’original OT 6 (supprimé de la grade chart depuis 1982) a pour phénomène final : « Aptitude à opérer à  l’extérieur du corps ».

Les orgs débordent de publics, les missions américaines atteignent quelquefois 100 staffs ou plus. Le problème est de trouver une chaise pour s’asseoir et on audite dans les placards à balai.

Telles sont les orgs idéales de l’époque. Du reste selon les Data Series, la scène idéale est un instantané du moment où la stat était la plus haute, et à cette époque, il est probable qu’un nombre non négligeable d’orgs et même de missions étaient « St Hill Size ».

Mais continuons avec le contexte de l’époque : le monde est séparé entre « beautiful people » et « pigs ». Les « pigs » sont les middle class, exactement tels que LRH les décrit dans un des derniers bulletins incontestablement écrits par lui (« PTSness more about » de 1982). Les pigs sont les flics qui interrompent le concert de Jim Morisson, ils sont au FBI, ils bossent pour J. Edgar Hoover dans des opérations comme COINTELPRO où ils peuvent harceler les mouvements contestataires. Et la Scientologie est sur la liste noire de Hoover et de Nixon (et déjà sous Johnson et même Kennedy) et L Ron Hubbard fait partie des gens que l’on doit abattre.

Hubbard est un précurseur de l’antipsychiatrie, personnifiée par  David Cooper, Ronald Laing, Thomas Szasz (cofondateur de CCDH). Mais Ron a commencé à dénoncer la barbarie des traitements dès 1950. On peut considérer qu’il a tracé une voie que d’autres ont suivi dans la dénonciation des abus psychiatriques. C’est le cinéma qui va populariser cette cause auprès du grand public « Family Life » de Ken Loach en 1971,  le fameux « Vol au-dessus d’un nid de coucou » avec Jack Nicholson en 1975, « Frances » en 1983, avec Jessica Lange, un film poignant et révoltant sur la vie d’une star de cinéma détruite par la psychiatrie.

La trace de l’œuvre de Hubbard existe dans la société. En 1969, il écrit un texte appelé : « Le retard culturel » disant que la société a un retard culturel (entre 50 et 100 ans) par rapport aux découvertes de la Dianétique. Et c’est juste : de nombreuses thérapies maintenant existent qui ressemblent à la Dianétique. Mais le sujet originel est désormais honni, emprisonné entre les griffes d’un monopole qui en a détruit l’esprit.

Mais Hubbard ne trace pas seulement la route. Par moments, il est carrément prophétique. Je m’excuse de ne pas pouvoir vous citer la référence exacte, cette citation fait partie des bandes de l’étude. Dans une de ces bandes, il dit que le monde gris des petits employés de bureau, des conformistes, des flics, va exploser… Il réfléchit un instant et dit : « En 1968, ça sera en 1968 ». La conférence date de 1964.

Tout cela pour replacer le Hubbard de RJ68, le Hubbard des « beautiful people » qui vient de donner le cours de Class 8 et de découvrir OTIII, et qui par son code de réforme va donner une impulsion immense à la Scientologie, une montée en puissance qui durera pendant toutes les années 70, et qui s’achèvera par la parution en mars 1982 de la première policy pondue par les « pigs » qui se sont emparés de l’église : OT eligibility.  Entre 1968 et 1982, l’eligibility n’existe pas et pour cause, elle est hors policy.

L’erreur de base dans une organisation est L’INSPECTION AVANT LES FAITS. Cela veut dire : inspecter avant que quelque chose de négatif ne soit arrivé.

Le fait de violer cette règle est si épouvantable que ça a détruit toutes les grandes civilisations – les Romains, l’Empire Britannique, toutes. Car chaque flux est ralenti ou stoppé.

(…) Les passeports, la douane, les règles de sécurité, l’interférence du gouvernement avant que quelque chose de mauvais ne se soit produit, aboutissent à une SOCIÉTÉ SUPPRESSIVE et par conséquent, rapidement à une société morte.

Le fait de sanctionner les criminels après les faits n’entraîne pas la majorité des gens vers l’état de criminel.

HCO PL  du 6 février 1968 – Organisation — L’erreur  (OEC Vol 0, p. 66)

Comme on peut s’en rendre compte, les OTs sont traités comme des criminels et sont ralentis et stoppés. Pourquoi sec-checker sans arrêt des gens qui sont supposés être naturellement éthique ?

Mais pour un suppressif, être vraiment un clair ou OT, ça doit être le pire des crimes ! Ça le rend dingue ! (voir bulletin « OT Level » de 1982)

Voici la policy à laquelle LRH se réfère dans RJ68 quand il dit que les sec checks ont été abolis, elle est dans les anciens volumes verts. Je suis désolée, mais je n’ai pas trouvé de traduction française.

 HCO PL 26 Aug. 1968 “Security Checks Abolished

The practice of security checking from security check lists like the “Joburg” has been abolished.

There are several reasons for this:

1. We have no interest in the secrets and crimes of people and no use for them.

2. Security checking is often done without regard to the point where the person feels better and so became overrun.

3. Security checking is often done in disregard of the state of a person’s case.

4. Low level cases do not react on actual crimes and so the “security” furnished is often a false security.

5. There is public criticism of security checking as a practice.

6. The existence of lists of crimes in folders often makes it necessary to destroy the folder which may contain other technical data which is constructive and valuable.

7. If a person is a criminal or has overt acts which affect his case, and speaks of them to an auditor of his own volition, the auditor is bound by the Auditor’s Code not to publish, use or reveal them.

Nothing in this policy letter alters standard grade processing or rudiments.

L. Ron Hubbard – Founder

Cette PL parle d’elle-même.

Bien à vous,

Marie Antoinette

OT VII – Piège à c… !

Voic un billet de notre ami Emile Louis-Marc. Publié brut de pomme, tel quel.

Comment Flag piège les OTs ?

Flag, la Mecque de l’imperfection technique……

En débarquant un beau jour à Flag, j’étais loin de me douter dans quel piège tordu j’allais me fourrer.

Atterrissage à Tampa, ville de Floride. De suite, on est séduit par le côté exotique des contrées tropicales. Beau temps, palmiers omniprésents, mer bleue sillonnée de pélicans,  température agréable….. Navette de Flag en retard mais bon… On a le temps d’admirer le trafic local de cet aéroport aux dimensions humaines.

Et puis on se retrouve à la base de Clearwater. La séquence séduction est vite oubliée, car la chambre retenue au Fort Harrison (Hôtel de Flag) ne m’attendait pas.  Après un questionnaire succinct mais fouillé du MLO (Médical Liaison Officer) pour voir si je n’avais  pas la fièvre aphteuse ou autres, commence un mini parcours du combattant. Comme d’autres venants de l’Europe, nous n’avions pas moins d’une quinzaine d’heures d’avion, sans compter quelques heures d’attentes en transit. On aspirait donc en arrivant à une bonne douche, et puis peut être un bon café. Que nenni.

Mystérieusement la réceptionniste ne trouve pas ma réservation, alors que ma venue a été au moins enregistrée par 5 personnes différentes bien avant. Pas de réservation, donc pas de chambre. Mais, il y a une solution. Miracle. Une suite est libre. Ah ….. Et le prix ?…. Pas de réponse, mais on va vous montrer la suite. Il faut la voir….

Un peu désagréable, mais bon. On visite. Ah oui, Ultra chic, mais bon, pas mieux qu’un hôtel 3 ou 4 étoiles standard. Vous vous dites : « C’est bien, il m’offre une suite en compensation de ma réservation non enregistrée ». Et bien non. Le mot « offrir » est un mot qui n’existe pas dans le groupe appelé « église de scientologie ».

La réceptionniste finit par vous cracher qu’il vous en coutera 200$ par jour. Evidemment je dis non, et cela devient compliqué. Pas de chambres. Ca commence à m’énerver, car j’aimerais poser mes fesses et être cool. Je monte un peu le ton, et finalement elle me trouve une chambre.

On a passé 1h30 à ce petit jeu débile. Tout ça pour me faire casquer 200$ par nuit.

Ce petit jeu se refera quasiment à chaque fois que je mettrai les pieds à Flag. Après bien sur, les choses iront plus vite, vu que je connais le modus operandi. Refus de visiter comme ça je coupe court au cinéma en 3D……

Enfin dans la piaule. Ouf.  Soit dit en passant, mettre 200$ dans une piaule ou vous n’y êtes jamais, je ne vois pas l’intérêt. En effet, le matin 9h30 sur le cours jusqu’à 22h. 23h dodo, et on recommence. Que l’on soit dans une suite ou une chambre normale, je ne vois pas la différence. Mais bon, ca doit flatter l’ego de certains.

Vous allez dire que j’insiste sur l’arrivée à FSO, ce qui peut paraître exagéré, mais finalement non, car cela donne le ton de ce qu’est la base de Flag et de ce qui s’y passe.

Le lendemain, c’est parti. Routing-form (Feuille de route décrivant les étapes à faire en arrivant) d’arrivée et on passe de services en services. On se retrouve assez vite en séance, encadré par des « pages » (Genre de nounou) qui surveille, entre autres, si vous mangez des œufs le matin, car sans protéines, séances moins bonnes. Un peu énervant mais bon…..

Les staffs, en général, prennent assez soins de vous. Quoique, l’ambiance est plus impersonnelle qu’à UK ou EU. Mais bon, c’est Flag.

Passage obligé chez le Registrar (celui qui encaisse l’argent). Là, les choses se gâtent. En effet, les estimations techniques sont tout le temps en dessous de la quantité d’intensives prévues, et le cauchemar commence. De carte visa, en passant par la Master Card, et finissant par l’Américan Express, on se retrouve endetté quasiment de suite. On a beau être « multicartes »……

La première semaine à FSO se passe en général pas trop mal, mais après, votre compte bancaire étant en négatif, le PTP (Problème de temps présent) s’installe.

Là commence l’out-tech. On m’a souvent demandé qu’elle était la première des out-tech ? Réponse : Celle-ci. En effet, comment pouvez-vous être en séance avec un PTP permanent ? Impossible.

Vous arrivez en séance, et bien sur l’aiguille ne flotte pas. Et pour cause, les quelques milliers de $ en négatif sur votre compte vous cause un tracas permanent. Après une séance de Ruds (Rudiments. Action pour mettre quelqu’un en séance), la question : As-tu un problème de temps présent ? réagit à chaque fois. Enervant. Oui j’ai un PTP, je n’ai plus de blé sur mon compte, je suis en découvert et mon banquier va me mettre en rouge et j’en ai plein le c….

Je ne sais même pas comment ça peut flotter au bout d’un moment, mais les séances arrivent à continuer. Sauf que l’audité pense quelque part à son trou bancaire et au temps qui passe. Une contrariété en séance et merde, perte de temps. Donc perte d’argent. Argggh…..

Enfin, un beau jour, le Saint Graal. La salle confidentielle ou on étudie OTVII. Après une pression énorme pour tout se farcir dans un temps record, commence aussi une autre galère. Celle des séances solo, car il faut passer à l’examinateur après et faire six séances par jour. La hantise car souvent, après la dernière séance, la fatigue arrive et si ca ne flotte pas… Hop en qual, revue, cramming et pognon, car la revue n’est pas gratuite.

Les six premiers mois sont très certainement les plus cools du solo Nots, car pas de six months checks.

Au bout de six mois d’audition à la maison, retour à FSO. Le sketch de la « suite royale » passé, direction le Registrar, on paye et hop en séance. Pour auditer quoi ? Rien de majeur. C’est un sec check sur la sécurité (Pour voir si vous n’êtes pas devenu journaliste entre temps, ou membre du KGB…). 1 intensive pour ça. A 7000$, ca a du mal à passer.

Ensuite un petit cramming. Pourquoi pas. Mais le tout sous pression. De fric, de temps, car les billets d’avion sont à dates bloqués, donc il faut que tout soit bien huilé. Un grain de sable et patatras.

Dans l’avion du retour, soupir de soulagement. Pas pour longtemps, car le compte bancaire est en rouge….Donc il faut une solution….Jusqu’au prochain Six months check… Cercle vicieux. Au fait, savez-vous combien d’argent faut-il par an pour s’auditer sur OTVII ? Pas moins de 20 000$ (Souvent hors donations)…..

En fait, j’ai demandé souvent de lire la référence de LRH sur les « six months check ». On ne me l’a jamais montré car elle n’existe pas. Et pour cause, LRH ne l’a jamais écrite. C’est pas beau ça ? Mais faire venir les OTS tous les six mois c’est le jackpot. Business is business…

De plus LRH est clair. On ne doit pas sec checker ceux qui s’auditent en solo. S’ils roulent bien, pas de sec checks. Si vraiment la personne manifeste des signes d’out-éthique, dans ce cas oui. Cela reste hyper marginal.

Pour résumer. OTVII est un vrai calvaire. Voici pourquoi :

–       PTPs financiers permanents

–       Six months check squirrels. Machine à cracher du pognon.

–       Redging infernal de toutes les sections de Flag. (Section de l’éthique, les auditeurs, les staffs du Président, les examinateurs (Ton aiguille flotte, combien tu donnes ? Réel, je l’ai vu), l’IAS, le building, etc….

–       Condition d’éthique acceptée que si vous donnez de l’argent. Oui, oui, c’est vrai.

–       Re définition de la FN, non écrite par LRH. Cela mets les auditeurs et les auditeurs solos dans la confusion.

–       Tech incomplète de NOTs. Et oui….

–       Obligation pour tous les OTs de refaire du NED. (Dianétique). LRH a dit qu’il ne fallait jamais le faire. Hormis la dépense de deux ou trois intensives non prévues (15 000€), ca vous met la tête à l’envers et ça peut vous tuer. Oui, oui.

–       Obligation pour certains de refaire le purif et les objectifs.

–       Refaire le cours PTS/SP. Oui on ne sait jamais…..Le « grand » Miscavige l’aurait étudié 5 fois. Alors vous pensez, le quidam moyen….

N’en jetez plus la cour est pleine. Des OTs sont morts, d’autres ne vont pas bien, et même quelques uns donnent des signes d’Alzheimer. Génial ……..

Flag, la Mecque de l’Imperfection Technique….Si vous cherchez l’enfer, il est là. Les Seniors C/S, les C/S, les auditeurs, les superviseurs de cours, ne savent plus ou ils en sont. Ils sont sous la coupe des staffs de RTC, jeunes minettes en chemises et pantalons noirs, (Ca vous rappelle pas une certaine époque ?) otalement inféodées à Miscavige.

Sous couvert de vous faire gravir le Pont vers la liberté totale, à coup sur cela risque de vous diriger tout droit vers des contrées maudites, ou la lumière s’est éteinte à tout jamais.

Trahison totale. Du grand chantage à l’éternité. Tu payes cher, tu montes ton pont, mais en plus c’est un pont de pacotille. Du grand vide.

Vous voulez un vrai Pont ? Dirigez vous vers les scientologues indépendants, ou ce que vous voulez, mais pas la pseudo « église de scientologie » actuelle, totalement corrompu par le sieur Miscavige. Oubliez- le, oubliez les.

Ouvrez les yeux. C’est un piège incroyable, tellement perverti que pas mal ne le voit pas. C’est tellement fin comme piège que ce n’est pas évident de l’appréhender.

Heureusement nous pouvons le montrer du doigt aujourd’hui et le dénoncer, pour le bien de tous, pour notre survie et, bien sûr, pour tous ceux qui voudraient se lancer dans l’aventure.