État des lieux

Le moment est venu de faire le point sur l’état actuel de la scientologie dans le monde.

La scientologie va mal, très mal.

L’église officielle s’est de plus en plus radicalisée ces trente dernières années sous le règne du dictateur David Miscavige qui a progressivement pris le pouvoir en éliminant tous les cadres supérieurs qui occupaient les postes clés. Officiellement, il est aujourd’hui le « chef ecclésiastique » de l’église.

Grâce à lui, la scientologie est devenue très riche, avec plusieurs milliards de dollars de réserves réparties dans divers comptes un peu partout dans le monde. La mise en place de l’IAS et du programme des orgs idéales, le recyclage de la tech et le repackaging des livres et des conférences de LRH ont rapporté à l’église des sommes colossales.

Mais derrière cette façade de prospérité et d’expansion, l’empire scientologue est en train de s’effondrer. Les missions, sources de nouveaux clients, ont quasiment disparu et les quelques-unes qui existent encore s’éteignent peu à peu, faute de public. Les orgs idéales et les orgs Classe V sont vides et n’arrivent pas à survivre. Les orgs avancées ont du mal à joindre les deux bouts, ne produisent plus que quelques clairs et OT par mois et certaines comme ASHO ont cessé de délivrer le Briefing Course depuis belle lurette. Quant à FSO (Flag Ship Org), elle a vu sa fréquentation et ses revenus baisser de façon catastrophique et a commencé à dépouiller les orgs Classe V et les orgs avancées de leur clientèle, ou du moins ce qu’il en reste.

A moyen terme, les missions et la plupart des orgs idéales et des orgs Classe V devront mettre la clé sous la porte. Dans certains pays, la scientologie disparaîtra purement et simplement – c’est juste une question de temps.

Les raisons de cet effondrement sont multiples et ont été amplement couvertes dans ce blog donc inutile de revenir dessus.

Venons-en maintenant aux « scientologues indépendants ». Étant donné la nature autoritariste de la scientologie, l’association de ces deux termes constitue un paradoxe. Je m’explique.

Celui ou celle qui a quitté le giron de la lourde machine scientologue qui prône l’obéissance aveugle et l’adhésion inconditionnelle aux écrits de son fondateur, se retrouve confronté à bon nombre de dilemmes philosophiques et existentiels. Son raisonnement logique est soumis à rude épreuve.

Vous avez des « scientologues indépendants » qui vont vous dire : « Je suis d’accord avec Ron sur tout, sauf la Sea Org – la Sea Org, ça a tout fichu en l’air ». D’autres vous disent : « A part la tech de l’éthique, il n’y a rien à jeter. » D’autres encore affirment : « Faut brûler tous les volumes verts et uniquement garder les volumes rouges. » Certains disent même : « Moi, personnellement, je n’auditerais que les grades et NED et j’oublierais complètement les niveaux d’OT car au-delà de Clair, c’est n’importe quoi. »

Autrement dit, beaucoup de « scientologues indépendants » choisissent ce qui les « branche ». Ils font le tri. Certain d’entre eux, avec le temps, à mesure qu’ils décompressent, finissent par se désintéresser du sujet et passent à autre chose.

Il y a aussi ceux qui, une fois sortis de l’église, rejettent tout en bloc et l’attaquent tout azimut. Ça devient pratiquement leur raison de vivre. Ils sont aussi fanatiques et intolérants que les scientologues radicaux.

Et puis, il y a les « scientologues indépendants » qui vous disent que « LRH n’était pas un saint, c’était juste un être humain faillible et imparfait, mais ça m’est égal car sa tech est parfaite et elle fonctionne. » Ceux-là ne supportent pas les critiques et les données négatives concernant LRH ou la tech (pour eux, c’est de l’enthêta) et s’enferment dans une bulle semblable à celle de l’église officielle.

Dans les blogs des « indépendants radicaux », on ne trouve que des commentaires « thêtas », « constructifs » et « positifs ». Les commentaires ou les points de vue jugés négatifs sont censurés et leurs auteurs sont invalidés, condamnés et ostracisés. Ils ne sont pas déclarés suppressifs, comme dans l’église, mais c’est tout comme. Ils sont accusés d’avoir des overts, des mots mal compris, d’être intolérants, d’être « out-list » ou PTS, j’en passe et des meilleurs.

Ces « scientologues indépendants radicaux » constituent une minorité et, assez bizarrement, ils ont chacun leur propre critère de ce qu’est la tech standard.

J’ai plusieurs fois soumis que, pour mettre fin à toutes ces querelles de clocher, il serait souhaitable d’évaluer scientifiquement la technologie de LRH. Cette proposition a été, c’est le moins qu’on puisse dire, fraîchement accueillie. Un ou deux excités ont été jusqu’à me qualifier de suppressif. Je les plains. Pourquoi tant de haine ?

Il semblerait que le mouvement des « Indépendants » suive le même chemin que l’église officielle en terme d’intolérance et de fanatisme. Chaque groupuscule a sa vision propre de ce qu’est la « tech standard » et rejette en bloc toute autre vision qui ne concorde pas à 100% avec la sienne. Mais ce n’est guère étonnant. C’est dans l’ADN même de la scientologie et dans les écrits de son fondateur.

Lorsqu’on a été formaté pendant des années, voire des dizaines d’années, à la pensée scientologue, il est très difficile de s’en libérer.

La scientologie tente de nous convaincre que l’être humain est implanté et sous l’emprise de son mental réactif et que la seule solution, c’est de s’en libérer. Pourquoi pas ? Mais une chose est sûre, la scientologie elle-même, avec son autoritarisme et son refus de tout système de pensée non scientologue, agit elle-même comme un implant. Et c’est là où le bât blesse.

Une org avancée « idéale » de 26 millions d’Euros

La scientologie vient d’acquérir, près de Sydney, une propriété sur laquelle s’érigera la base australienne de la Sea Org, laquelle abritera une nouvelle « org avancée idéale » et le QG local du management et ce, pour la bagatelle de 37 millions de dollars australiens (32 millions de dollars US – 26 millions d’Euro). Miscavige l’a annoncé avec tambours et trompettes lors de la grande fiesta annuelle de l’IAS en octobre dernier.

Au dernier recensement, l’Australie comptait un peu plus de 2000 scientologues.

Le gag, c’est que cette somme colossale est un investissement à perte. L’église elle-même a annoncé dans un communiqué que l’org avancée comptera 220 membres du personnel qui délivreront des services à 87 paroissiens, dans le meilleur des cas.

26 millions d’Euros pour 87 pékins ! Ça, c’est du business model !

Ce genre de « bonne nouvelle » est bien évidemment destinée aux scientologues qui n’ont pas encore quitté le navire pour leur montrer que l’argent qu’ils versent à l’IAS et aux orgs idéales est bien employé et contribue à l’expansion sans précédent de la scientologie.

La seule expansion visible de la scientologie, c’est son parc immobilier qui ne cesse de grandir, car pour le reste, les statistiques d’audition, de formation d’auditeurs, de ventes de livres et de « viande fraîche » (nouveaux publics) sont aussi plates que l’encéphalogramme du scientologue lambda.

Vous trouverez tous les détails de cette nouvelle avancée spectaculaire de l’église qui rétrécit le plus rapidement dans le monde ici et ici.

Le top management de la scientologie pète un câble

Il y a trois jours, Marty Rathbun a posté une vidéo sur YouTube dans laquelle il est pris à partie par trois cadres supérieurs du top management de la scientologie.

Alors qu’il attendait son avion à l’aéroport de Los Angeles, Rathbun est soudain agressé par Jenny Linson Devocht, Marc Yager et Dave Bloomberg.

Marc Yager, qui avait disparu de la circulation depuis bon nombre d’années après avoir été envoyé au « Trou » par Miscavige, est le patron du Watchdog Committee, l’entité qui chapeaute l’église de scientologie internationale (également appelée « Int »).

Dave Bloomberg (celui qui filme Rathbun) est depuis des années un cadre supérieur d' »Int ».

Jenny Linson Devocht est une proche de Miscavige et l’une de ses assistantes personnelles.

Ces trois individus ont soudain déboulé devant Rathbun et l’ont longuement insulté, sans doute dans l’espoir de le faire sortir de ses gonds et de susciter chez lui une réaction violente. Rathbun a gardé son calme et a tranquillement filmé les délires de ses agresseurs avec son mobile (ce qui explique la qualité médiocre de la vidéo).

Cette rencontre « fortuite » avec Rathbun dans un aéroport était bien évidemment planifiée. Rathbun rapporte que dans la vidéo, on ne voit pas les réactions de stupéfaction des voyageurs présents dans le terminal.

Les images parlent d’elle-même. Nous avons affaire à trois marionnettes de Miscavige dont la santé d’esprit laisse beaucoup à désirer.

 Voici une transcription approximative envoyée par un blogger sur le site de Rathbun.

0:01 MY: Works great doesn’t it? It makes you feel good. You know you could…you can actually get your ethics in Marty. That would be [sane?]

0:09 JL: Stop committing suppressive acts, full time suppressive acts. full time. [inaudible]. Just end it. Go live a life. Why don’t you get a life, man. Just get a life. You’ve had zero effect, none. And nobody gives a fuck about you. That’s the truth.

0:31 MY: Right. We are doing so well. So stinking well. You are standing afraid.

0:34 JL: Nobody has even noticed you’re gone man.

0:37 DB: Nobody… [inaudible] or […You’re not going to lose your throat]

0:39 JL: You’re nothing. That’s the point. You’re nothing.

0:42 MY: No comm cycle. Is that what you want?

0:45 JL: Brilliant

0:45 MY: No comm cycle

0:46 JL: Your TRs are brilliant. Why don’t you just stop committing suppressive acts and live a real life. We need a…What’s he doing in LA anyway? What are you doing in LA? Why are you here?

1:01 MY: What a pathetic individual. All you are is your camera.

1:03 JL: Why don’t you just end it and start living a decent life and do something to help mankind. Cause you guys do nothing to help mankind. Between you [and] Mike it’s pathetic. You guys are embarrassing and pathetic. Pathetic. It’s disgusting and it’s all over your face and you look terrible.

1:22 MY: Brilliant

1:26 JL: [inaudible]…longer before a fight (not sure if this was JL)

1:31 JL: Wow. He’s such a loser. It’s embarrassing. Why don’t you do something with your life. You’re an embarrassment. An embarrassment to the fact that you were ever, ever connected to us. You have zero facts.

1:45 Marty: Could you people move on please?

1:48 JL: [mild laughter]

1:49 MY: That would be the [word that ?][inaudible]

1:49 JL: That…[inaudible]

1:51 MY: …We made a lot of progress

1:54 JL: It’s unbelievable.Did you get…[inaudible]… Wow. Embarrassing, humiliating, disgusting. An absolute embarrassment that you were ever connected. You have no facts. Nobody cares. Nobody’s interested. You’ve done nothing. You have no… I mean some movement, it’s a God damned joke. No one gives a crap. OK?

2:21 Marty: Can you move on please.

2:21 JL: We’ve moved on. We have moved on and the church has been better…

Ce n’est pas la première fois qu’un « apostat » est ainsi vilipendé. Il y a quelques années, Mike Rinder, lorsqu’il s’était évadé de la Sea Org, avait lui aussi été agressé par des cadres supérieurs de la Sea Org, sa femme et ses enfants. Vous en trouverez le compte rendu en cliquant ici. C’est terrifiant.

Sur son site, Jonathan Swift se demande si ce genre d’agression dans un lieu public hyper sécurisée tel qu’un aéroport ne constitue pas une infraction passible de poursuites.

Dans certains pays, où la scientologie ne peut pas se réfugier derrière son statut de religion, ce genre de chose serait considéré comme de la discrimination pure et simple.

Cette vidéo a déjà été vue près de 600 000 fois sur YouTube et a été reprise par de nombreux médias. En voici quelques-uns :

International Business Times

Tony Ortega’s Underground Bunker

Stern (en Allemagne)

Vox

Ces articles ont suscité des milliers de commentaires négatifs de la part des lecteurs.

Une parodie de Panopea Abrupta n’a pas tardé à faire son apparition sur YouTube.

Bref, non seulement, ces trois abrutis n’ont pas réussi à déstabiliser Rathbun mais ils sont maintenant la risée du monde entier.

Encore une idée brillante de Miscavige qui lui explose à la figure. Des têtes vont tomber.

12 Years a Slave

Une jeune femme de 30 ans, Jillian Schlesinger s’est évadée de la Sea Org (l’élite « ecclésiastique » paramilitaire de la scientologie) il y a environ trois mois. En jargon scientologique, elle a « blowé » –  elle est partie sans prévenir et sans passer par l’interminable processus de départ visant à lui soutirer des confessions à l’électromètre pendant des semaines ou des mois, puis à lui faire signer un document lui interdisant de révéler ce qu’elle a observée durant ses années de travaux forcés dans la Sea Org.

Après 12 ans d’esclavage durant lesquels elle a travaillé jusqu’à 19 heures par jour pour un salaire de misère (entre 15 et 45 dollars par semaine), Jillian en a eu assez.

Elle vivait dans un dortoir avec 11 autres filles, une douche et un W.C. par étage (quand il fonctionnait), elle n’a jamais eu de téléphone protable, elle n’a jamais eu de voiture ni passé son permis, elle n’a jamais eu de chéquier ou de carte de crédit, elle n’a jamais eu d’ordinateur, elle n’a jamais regardé la télé ni surfé sur internet, elle n’a jamais lu le journal, elle ne savait pas ce qu’il se passait dans le monde et les seules fois où elle a été au cinéma, c’est quand des cars étaient affrétés pour elle et ses co-esclaves de la Sea Org afin de voir des films de Tom Cruise ou de John Travolta.

Fraîchement évadée de l’enfer, Jillian a d’abord parlé à Karen de la Carriere qui a réalisé plusieurs interviews filmées, puis à Tony Ortega.

Commençons par l’interview de Tony Ortega.

Depuis quelques semaines. Jillian travaille sur un chantier dans un bâtiment de Los Angeles appartenant à la Sea Org. Les conditions de travail sont déplorables. L’idée de prendre la fuite commence à la turlupiner. Un matin, elle bourre un sac marin de voyage vide dans un grand sac en plastique d’une chaîne de supermarché et le cache dans le « réfectoire » de l’immeuble où elle travaille. Puis, chaque jour, elle prend deux ou trois vêtements dans son dortoir, et les emporte sur son lieu de travail pour les mettre dans le sac marin. Elle répète cette opération pendant quelques jours jusqu’à ce que son sac soit plein, tout cela à l’insu de ses collègues de travail, et elle appelle son père depuis le téléphone à pièces du réfectoire. Elle convient avec lui d’un endroit où il peut venir en voiture collecter le sac. Il vient et prend le sac. Elle lui donne rendez-vous dans une semaine au même endroit et à la même heure. Puis, elle continue de transférer discrètement ses affaires. Une semaine plus tard, son père les récupère. Mais Jillian n’est toujours pas sûre de vouloir s’enfuir. Son père lui dit qu’il comprend. Jamais il ne la forcera à partir. C’est à elle de prendre la décision.

Quelques jours s’écoulent. Un mercredi, Jillian apprend par hasard qu’elle et ses co-esclaves vont être transférés sur un autre chantier dans l’immeuble où ils sont logés. Jillian se dit que c’est pour elle une occasion unique de prendre le large car une telle opportunité ne se représentera pas de sitôt. Le lendemain, comme personne dans son immeuble n’est au courant du changement de chantier, elle sait qu’on ne remarquera pas son absence et que tout le monde pensera qu’elle est allée travailler à l’ancien chantier. Elle prend le car qui l’emmène à l’ancien chantier, désormais vide, et de là, marche jusqu’au métro et, avec ses maigres économies, prend un ticket jusqu’à la gare où elle achète un billet de train pour Orange County. Arrivée là-bas, elle prend un taxi jusqu’au lieu de travail de son père qui l’accueille à bras ouverts. Elle vient de quitter la Sea Org !

Jillian a été scientologue toute sa vie. Avant sa naissance, ses parents, John et Paula, avaient fait un bref séjour dans la Sea Org, puis ils l’avaient quittée pour devenir de simples « publics » en bon standing. A l’âge de 12 ans, Jillian a commencé à suivre des cours de scientologie à l’org de Tustin, où elle a subi d’innombrables pressions pour devenir membre du personnel et pour rejoindre la Sea Org.

A 15 ans, elle décide de devenir membre du personnel de l’org d’Orange County et elle est postée dans le département des affaires spéciales, branche locale d’OSA, où elle travaille dans les relations publiques. Parallèlement, elle poursuit sa scolarité mais elle est constamment harcelée par les recruteurs de la Sea Org, en personne et par lettres.  Finalement, elle craque et signe un contrat d’un milliard d’années à 18 ans. Dans la Sea Org, elle est envoyée à CMO où elle est chargée de superviser, pendant quelques années, la santé financière des orgs californiennes.

Entre temps, ses parents ont divorcé. Son père craint que sa fille ne soit envoyée à Int. (au QG du management international) où elle serait inévitablement « formatée ». Lui-même avait travaillé à Int. et avait fini par « blower ».

En 2003, Jillian est transférée non pas à Int., mais à Flag où elle va passer les années suivantes à être formée pour rejoindre Int. et travailler directement sous les ordres de Miscavige – exactement ce que son père redoutait. Finalement, en 2012, elle n’est pas envoyée à Int., mais à Bridge Publications pour y auditer le personnel car, durant son séjour à Flag, elle avait reçu une formation d’auditeur. Sa mission était de requinquer le personnel afin d’améliorer leur productivité.

Dès qu’elle arrive à Bridge, elle est confrontée à un problème : Bridge n’étant pas une église, mais une maison d’édition, elle ne pouvait pas en auditer le personnel pour des raisons légales. Elle se retrouve à travailler à Bridge comme manutentionnaire et à préparer les livres et les matériaux de GAT II.

Puis, l’année dernière, elle est brusquement transférée à Los Angeles au Hollywood Guaranty Building, l’un des bâtiments les plus importants de la Sea Org qui abrite au rez-de-chaussée l’exposition permanente consacrée à LRH. Là, Jillian travaille dans les sous-sol où elle scanne des milliers de dossiers d’étudiants – un travail fastidieux mais moins éprouvant que de travailler sur l’un des nombreux chantiers de la Sea Org où elle finit pourtant par être transférée. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et qui motive son évasion, décrite plus haut.

Ce n’est qu’au bout de plusieurs jours que son absence est constatée. Des membres de la Sea Org la joignent par téléphone chez son père et lui demandent de revenir. Elle accepte, à une condition : qu’elle ne soit pas obligée de rester sur place et qu’elle soit autorisée à rentrer chez son père tous les soirs. Elle veut bien recevoir de l’audition et signer des papiers entérinant son départ, mais rien d’autre. Cela semble prendre la Sea Org au dépourvu. Une semaine s’écoule avant qu’on ne recontacte Jillian. On lui demande de lire quelques textes du livre d’éthique, ce qu’elle fait. Mais entre temps, elle a commencé à parler à Karen de la Carriere. La veille de la mise en ligne de la première vidéo, Jillian reçoit un email de l’église qui semble prête à accepter ses exigences. L’église savait-elle qu’elle avait donné une interview à Karen ? Possible.

Le lendemain, la première vidéo apparaît sur le Web. Depuis, l’église ne s’est plus manifestée. Jillian n’a reçu ni document d’excommunication ni freeloader bill. (Une freeloader bill est une facture envoyée à toute personne qui quitte la Sea Org. Elle comprend tous les services (audition et formation) reçus par la personne durant ses années dans la Sea Org. La personne doit les rembourser en les payant plein tarif. Cette pratique est illégale mais l’église n’en a cure.)

De toutes les personnes qui ont quitté la Sea Org, Jillian est l’une des rares à témoigner, à peine quelques jours après son départ, des condition de vie inhumaines dont elle a été à la fois victime et témoin. La plupart des ex-Sea Org, avant de s’exprimer publiquement, passent par une période de décompression qui peut durer plusieurs années. Jillian mérite donc un grand coup de chapeau.

Avant d’aborder la vie dans la Sea Org avec Jillian, Karen nous rappelle brièvement que les enfants de scientologues, appelés scientologues de la seconde génération, sont souvent recrutés par la Sea Org avec l’accord de leurs parents. Jenna Miscavige, la nièce du Dictateur, y a consacré un livre remarquable.

Jillian commence par raconter ses conditions de vie – douze filles par chambre, une douche et un W.C. par étage. Dans toute l’aile du bâtiment, il n’y avait que 6 douches qui étaient couvertes de dépôts visqueux. Certaines douches ne fonctionnaient plus et il fallait alors se rabattre sur les douches restantes.

Jillian travaillait entre 14 et 19 heures par jour sans le moindre jour de congé. En moyenne,  elle gagnait 8 dollars par semaine à Los Angeles – 6 cents de l’heure. (Alors que la scientologie a amassé plusieurs milliards de dollars.)

Jillian raconte ensuite qu’il y a environ 6 mois, Miscavige a fait faire une analyse des revenus de la Sea Org : la Floride et ses 2000 membres du personnel lui rapportaient en moyenne 1,5 millions de dollars par semaine, alors que Los Angeles et ses 2000 Sea Org lui en rapportaient beaucoup moins. Donc, pour « rentabiliser » Los Angeles et les églises de l’ouest des U.S. et en diminuer les frais de gestion, il a fait transférer du personnel à L.A. et à Las Vegas et l’a affecté à la rénovation de divers bâtiments appartenant à la Sea Org, ce qui évitait de devoir faire appel à des entrepreneurs extérieurs.  Du jour au lendemain, Jillian s’est retrouvée à Las Vegas, en compagnie d’une fille de 17 ans, en train de retirer toute la fibre de verre du plafond de l’auditorium du CC Las Vegas pratiquement sans aucune protection – ce qui lui a provoqué de graves éruptions cutanées.

Puis Jillian dit à Karen que la plupart des membres de la Sea Org pensent que Miscavige travaille au moins aussi dur qu’eux, étant donné qu’il est le grand chef censé donner l’exemple, et que ses conditions de vie sont un peu meilleures que les leurs mais pas beaucoup plus. Lorsqu’elle a découvert, après son départ de la Sea Org, qu’il vivait comme un millionnaire, elle en restée comme deux ronds de flan.

Autre pratique de la Sea Org : à chaque anniversaire de Miscavige, on prélève la moitié, voire l’intégralité, de la paye hebdomadaire des employés de la Sea Org pour lui acheter un cadeau. Cette semaine-là, les Sea Org reçoivent la paye maximum : 46 dollars. La Sea Org compte environ 5000 employés mondialement, ce qui nous fait un cadeau d’anniversaire de 115 000 dollars, en admettant que chaque employé donne la moitié de sa paye.

Cette première vidéo se termine avec l’info qui tue : un employé de la Sea Org gagne environ 416 dollars par an et n’a aucune couverture sociale ou médicale.

Ça vous tente ?

Passons à la deuxième vidéo. Elle concerne la famille, considérée dans la Sea Org comme étant secondaire, superflue et sacrifiable.

Nous y apprenons les faits suivants :

En scientologie et tout perticulièrement dans la Sea Org, la délation est une pratique courante et vivement encouragée. Tout le monde dénonce tout le monde. Un père ou une mère dénonce son enfant si ce dernier n’a pas une conduite 100% « éthique ». Un mari dénonce sa femme. Une femme dénonce son mari. Un enfant dénonce ses parents. Une scientologue dénonce sa meilleure amie. Etc, etc. Au sein de la Sea Org, on vit dans la peur d’être dénoncé pour un oui ou pour un non.

Dans la Sea Org, un couple ne peut pas avoir d’enfant. L’idée même d’avoir un jour un enfant peut valoir une convocation en éthique car c’est une idée « destructrice » pour le groupe. Une femme qui tombe enceinte est encouragée à avorter, mais moins ouvertement et plus « subtilement » qu’avant en raison de la mauvaise publicité qu’avaient créée les nombreux articles et reportages sur les avortements forcés dans la Sea Org. Désormais, on ne dit plus à une femme enceinte qu’elle DOIT avorter mais qu’elle le DEVRAIT – par devoir, pour la scientologie et « pour le plus grand bien ». C’est un travail de sape pernicieux où l’on met la femme enceinte « en face de ses responsabilités ».

Il y a encore quelques années, les femmes qui refusaient d’avorter étaient condamnées à des travaux manuels éprouvants. Elles dormaient peu, mangeaient mal et étaient considérées comme la lie de la Sea Org et de la scientologie.

Ce qui n’empêche pas la scientologie de se présenter comme la championne des droits de l’homme. Le cynisme et l’hypocrisie de la secte ne connaissent pas de limites.

Aujourd’hui, de plus en plus de couples font volontairement un enfant pour pouvoir quitter la Sea Org « légalement » en se faisant déclarer inaptes au service. De cette façon, ils ne sont pas excommuniés. Christie Collbran, qui a quitté la Sea Org en 2006, raconte qu’elle a réussi à dissimuler sa grossesse jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour elle pour avorter, mettant ainsi la Sea Org devant le fait accompli.

Vers le milieu de la vidéo, Jillian raconte l’histoire de Rachel Gomez, une jeune Sea org mariée qui occupait un poste à Los Angeles dans le grand bâtiment bleu (surnommé « Big Blue »). Rachel démarre une relation extra-conjugale avec un nouveau public scientologue rencontré lors de l’inauguration de l’org d’Inglewood. Au bout d’un an, le pot aux roses est découvert et Rachel est enfermée dans une chambre et placée sous surveillance 24 heures sur 24. Lorsqu’elle se déplace, elle est toujours accompagnées par des garde-chiourmes.  Pendant ce temps, son mari est également placé sous surveillance et suivi en permanence par des détectives privés car il envisage de quitter la Sea Org.

C’est une pratique courante en scientologie de séquestrer des adeptes ou des membres du personnel jugés « dangereux pour la sécurité de l’église ». La vidéo revient brièvement sur la tristement célèbre affaire Lisa McPherson.

En France, il y a eu l’affaire Martine Boublil.

Pour en revenir à Rachel Gomez, après deux tentatives d’évasion, la Sea Org a fini par la laisser partir car ses parents étaient de très gros donateurs et le père était un médaillé de l’IAS. En scientologie, l’argent l’emporte toujours sur les considérations idéologiques et les règlements internes. Au départ, Rachel devait être excommuniée et déclarée suppressive, mais il est probable qu’un gros chèque de son père, ou la crainte de voir son père ne plus jamais donner d’argent, a convaincu les gros pontes de la Sea Org de laisser Rachel s’en aller « en bon standing ».

Karen a réalisé d’autres vidéos avec Jillian Schlesinger. Vous pouvez les trouvez ici.

A tous les scientologues francophones qui hésitent à élever la voix, je ne dirai qu’une chose : cessez de soutenir financièrement une organisation criminelle qui maltraite son personnel et ses adeptes et qui utilise les mêmes méthodes que la psychiatrie radicale. Vous êtes devenus scientologues pour libérer les hommes, pas pour les asservir.

Du rififi à Clearwater

Une série de conférences sur les dérives de la scientologie aura lieu à Clearwater du lundi 5 mai au vendredi 9 mai, Les écrivains Russell Miller et John Sweeney prendront la parole, ainsi que des ex-scientologues tels que Chris Shelton (ex-Sea Org) ou Geir Isene (OT VIII), sans oublier Jamie DeWolf, arrière-petit-fils de L.Ron Hubbard.

Seront abordés des sujets tels que la déconnexion, Fair Game, les violences et les conditions de travail inhumaines dans la Sea Org, les levées de fonds abusives de l’IAS, les magouilles qui ont permis à la scientologie d’obtenir, aux Etats-Unis, le statut de religion et l’exemption fiscale en 1993, les opérations d’espionnage et de persécution orchestrées par le GO et OSA, la mort tragique, à Flag, de Linda McPherson en 1995, ou encore les dérives de Narconon.

Cette série de conférences, appelée « Flag Down 2014 » promet d’être explosive et pourra être suivie en streaming ici.

Le site « Flag Down 2014 » fournit le programme des festivités aisni qu’une courte biographie de chacun des intervenants. Il a également mis en ligne un info pack très complet qui est téléchargeable ici.

Ces conférences seront suivies par le Tampa Bay Times.

OSA Flag va avoir du pain sur la planche.

* * * * *

« The Scientology Money Project », le site de Jonathan Swift, mérite toute votre attention.

Son guide illustré de l’église de scientologie vaut le détour.

Les perles du mois

Alors que le printemps frappe à notre porte après des semaines de pluies et de tempêtes, entamons ce mois de mars avec une nouvelle rubrique intitulée « Les perles du mois ».

Commençons avec un email envoyé dernièrement aux scientologues de l’organisation non idéale d’Angers et relayé par l’un de nos correspondants.

Canular ou triste vérité ?

  1. De :Scientologie Angers

Date : 07/03/2014 20:47:24

A : 

Sujet : Vos anciens matériaux

Chers scientologues,

  1. À la sortie de l’Âge d’or de la Tech phase II en novembre dernier,
    des milliers de nouveaux matériaux sont sortis !!
    Vous avez commencé à vous les procurer selon les cours sur lesquels vous vous inscriviez ou individuellement selon vos envies, vos besoins ou votre curiosité.
  2. Les anciennes versions ne sont donc plus valides,
    et doivent être collectées pour être recyclées ou détruites.
    Vous pouvez les retourner à l’Org et nous nous en occuperons.
  3. Cela inclus tous les matériaux : tout ce qui s’allume, s’écoute, se lit etc….
    Ceci vous permet de faire de la place pour les nouveautés
    et pouvoir avancer rapidement vers la Liberté
    avec les matériaux 100% standard à portée de la main
    et en complète application dans votre vie !Amenez vos anciens matériaux obsolètes auprès du libraire d’AngersARC, Manon Lafon – Responsable du marketing des ressources de l’org et l’échange.

Cet email m’a inspiré cette photo très légèrement photoshopée. (Cliquez sur l’image.)

Et voici une promo reçue par l’un de nos correspondants, accompagnée d’une enquête. Notre correspondant, en bon scientologue, y a bien sûr répondu.

Bonjour XXX !

Voici une autre citation que j’aimerai partager avec toi.

Dis-moi ce que tu en penses et prends le temps de répondre aux quelques questions ci-jointes.

ARC, Anne-Claire

Tous les membres de l’Organisation maritime sont considérés capables de faire n’importe quel travail et d’accomplir la totalité des actions de leur poste.

Vous êtes tous là depuis longtemps, et rien de ce que vous avez à apprendre n’est totalement nouveau.

L’attitude gagnante est  » vous le savez  » – maintenant, sans  » oui… mais « .

Je fais mon travail.

On attend de moi que je le fasse correctement du premier coup.

C’est ce que je fais.

Je n’attends pas moins de vous. »

L. Ron Hubbard, ORDRE DE FLAG 833

ENQUÊTE

1.        Que penses-tu de la citation ci-dessus ?

2.        As-tu déjà pensé à joindre l’Organisation maritime ? maintenant ? dans le futur ?

3.        Connais-tu quelqu’un qui a exprimé de l’intérêt pour l’Organisation maritime ou qui serait à sa place dans l’Organisation maritime d’après ton observation ?

Réponse de notre correspondant :

Anne, ma chère Anne (Claire),

Permets-moi tout d’abord de te remercier pour la sollicitude et l’abnégation dont tu fais preuve à mon endroit en m’offrant de partager ces citations, c’est toujours une joie. Merci à Manon également. C’est avec plaisir que je prends le temps de te répondre.

  1. Je trouve que cette citation est vraiment excellente, ça donne envie, c’est sûr !
  2. Oui, j’ai souvent pensé à rejoindre l’Organisation maritime mais j’ai toujours renoncé en me disant que je n’en serais pas capable : j’ai les pieds plats et la bite en bois, ce n’est pas top pour la navigation…
  3. Oui, je connais quelqu’un qui serait à sa place dans l’Organisation maritime : Garcimore n’étant plus de ce monde (paix à son âme), je pense que Casimir, avec qui j’ai diné hier, y serait assez à son aise. 

A mon tour de partager une citation avec toi, et de te demander ce que tu en penses, si tu veux bien prendre le temps de répondre aux quelques questions ci-après.

« Nous allons poser le monstrogoth au point TC sur le 120-Est dans les environs de Curlepolis. Le monstrogoth qui vient de parcourir la distance Véga-Terre en quelques secondes peut atterrir en douceur au point fixé grâce à la précision de ses circuits intégrés. C’est une merveilleuse machine, indestructible, sa conception va en faire le plus grand ravageur des temps modernes » (Réflexion in petto de l’infâme Dantus, Ministre du grand Stratéguerre, chef des armées de Véga avant la redoutable attaque de la planète Terre par cet antérak de nouvelle génération, in Goldorak, épisode 52 « La génération des monstres » min. 7 sec. 22).

QUESTIONS :

  1. Qu’est-ce que le monstrogoth a de supérieur aux Golgoths de base (au niveau du thermotactisme s’entend) ? 
  1. Si le monstrogoth décolle de Véga à 9 heures (heure locale) à la vitesse moyenne de 500 kms/seconde, entre dans l’hyperespace deux heures plus tard, quelle est sa vitesse lorsqu’il entre dans l’atmosphère terrestre, sachant que, toutes choses égales par ailleurs, un des cinq rétro-propulseurs thermostatiques est tombé en panne 10 minutes après le décollage ?  (attention, il y a un piège !) 
  1. As-tu déjà pensé à rejoindre les forces intergalactiques de Véga ?

* * * * *

Pour finir, voici une autre promo reçue par le même correspondant – avec sa réponse. Comme toujours, cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Chère Europe Idéale,

Mais quelle soirée ! Quel Event incroyable, unique ! Je souhaite témoigner pour dire, simplement, comment j’ai été littéralement transpercé par la fulgurance transcendantale de cette énergie suborbitale – pour ne pas dire cosmique – qui m’a frappée à l’annonce de tout ce qui a été accompli (en un mot, j’ai la gaule). Grandiose, fantastique, je suis tellement heureux  de voir cette expansion exponentielle se réaliser. Et tous ces fonds collectés, quel bonheur ! Comme dirait Enrico, « Donnez, donnez, dodo-onnez Donnez, donnez-moi, Donnez, donnez, dodo-onnez, Dieu vous le rendra…» Quel kiff ! En un mot, c’est de la Bâle (Joke !). Juste bémol : attention au costume de super héros, ça peut rapidement faire ridicule, surtout en Europe, même si les photos sont très chouettes (on s’poile !)

Allez, bises !

The Gang Bang Theory

En 2013, Karen de la Carriere, Classe XII formée par LRH, ex-Sea Og, ex-femme de Heber Jentsch, le président de l’église de scientologie internationale qui a disparu de la circulation, a commencé à produire une série de vidéos intitulée « Surviving Scientology » (survivre à la scientologie). Ces vidéos dénoncent, souvent sous forme de satire, les crimes et les dérives de la prétendue « église » actuellement dirigée par David Miscavige.

Dans sa dernière vidéo, Karen décrit l’une des techniques de persuasion utilisée par la scientologie : la technique du gang, également surnommée technique du gang bang. Pour amadouer ou submerger la cible, on utilise un gang dans le but de la faire craquer. Il est à noter que le mot « gang », en français, est défini comme une bande organisée de malfaiteurs.

Tout d’abord, il y a le « gang bang seck checking ». Cette pratique a vu le jour au début des années 80 lors de la grande purge. Les paroissiens et les membres du personnel soupçonnés de n’être pas à 100% fidèles à la cause scientologique recevaient des « security checks » (confessions forcées) en présence d’une demi-douzaine de personnes qui leur hurlaient dessus et les accusaient des pires ignominies. Je vous laisse imaginer les traumatismes subis par ces pauvres bougres.

Ensuite, Karen nous parle du procès qui oppose l’église à Monique Rathbun – un autre exemple de la technique du gang bang : 22 avocats pour représenter la scientologie contre Ray Jeffries, l’avocat de Monique. Pour l’instant, Jeffries mènent largement aux points, pour reprendre une expression de boxe et la technique du gang bang chère à la scientologie a montré qu’elle ne fonctionne pas toujours.

Karen enchaîne avec la triste histoire de Janet Light, ex–directrice de l’IAS. Lorsque Janet a accusé Miscavige de s’enrichir personnellement avec l’argent de l’IAS au nez et à la barbe du fisc américain et exprimé son désaccord, un groupe de membres de la Sea Org enragés lui est tombé dessus (en présence de l’un des avocats de l’église, Monique Yingling !), l’a traitée plus bas que terre et l’a envoyée au tristement célèbre Trou (la prison où sont enfermés une cinquantaine de super cadres de la scientologie depuis des années). Il a ensuite fallu une demi-douzaine de Sea Org pour maîtriser le mari de Janet, rendu furieux par cet emprisonnement arbitraire.

La technique du gang bang a également été utilisée contre Mary Sue Hubbard à la mort de son mari. Sur ordre de Miscavige, toute une bande de membres du personnel en uniforme s’est rendu chez elle et l’a obligée à céder à l’église tous les biens qu’elle possédait sous le régime de la communauté.

Lorsque John Brousseau s’est évadé de la Sea Org en 2010, Miscavige a envoyé VINGT personnes, dont Tommy Davis, pour tenter de le récupérer. Brousseau n’a pas cédé.

Karen aborde ensuite le gang bang regging. Pour extorquer de l’argent à un paroissien, on envoie au minimum 4 personnes pour lui vider ses comptes en banque, de préférence tard le soir quand il n’a qu’une envie : aller se coucher. Bon nombre d’entre vous ont été victime de ces regs agressifs capables de vous harceler pendant des heures jusqu’à ce que vous jetiez l’éponge et sortiez votre carte de crédit. Une autre technique de gang bang regging est communément utilisée de nos jours. Lors d’une soirée de collecte de fonds, on ferme les portes, on place un membre du personnel devant et on ne vous laisse sortir que lorsque vous avez craché au bassinet. Si vous ne donnez rien, on vous fait sentir par le regard ou par quelque remarque assassine que vous êtes un mauvais scientologue.

Karen n’en parle pas dans sa vidéo, mais la technique du gang bang est également utilisée pour recruter de nouveaux membres du personnel. J’ai personnellement été la cible à plusieurs reprises de tentatives par un petit groupe de Sea Org de me recruter. Ils arrivent à cinq ou six, vingt minutes avant 14 heures, le jeudi, et vous mettent le contrat d’un milliard d’années sous le nez, puis tentent de vous convaincre avec force de le signer. Comme j’ai toujours détesté l’uniforme, je n’ai jamais signé, mais j’ai connu pas mal de scientologues qui, dans les mêmes circonstances, se sont laissé avoir.

Pour conclure sa vidéo, Karen parle de ce qu’on pourrait appeler la « gang bang validation ». Un scientologue qui vient par exemple de faire une grosse donation pour l’IAS ou les morgues idéales, ou qui a atteint un nouveau statut de donateur, va soudain être applaudi à tout rompre par tout le groupe comme un super héros qui vient de sauver le monde.

Voici une anecdote qui illustre bien la technique de la gang bang validation. Une scientologue, après avoir fini de payer sa carte Patron, a vu les Jive Aces faire irruption, en musique, dans le bureau de l’officier d’éthique où elle avait été convoquée pour quelque broutille, puis elle a eu droit à une haie d’honneur de tout le personnel de l’org. Inutile de préciser que les quelques broutilles qu’elle devait régler en éthique ont été immédiatement balayées sous le tapis.

Voici donc la vidéo de Karen (en anglais). Vous trouverez toutes ses autres vidéos ici.

Avortements forcés – suite et fin

La seconde vidéo de Gary Weber vient d’être postée sur YouTube.

Si vous n’avez pas encore pris connaissance de la première vidéo et de l’article qui l’accompagne, cliquez ici.

Dans cette seconde vidéo, Gary explique que, régulièrement, les femmes Sea Org enceintes grimpaient dans deux mini-bus pouvant contenir jusqu’à douze passagers chacun et quittaient Flag pour aller se faire avorter dans diverses clinques de Floride.

Puis, il raconte l’histoire de son couple. Avec sa femme, Sea Org elle aussi, ils ont une petite fille qu’ils voient quand ils peuvent malgré leurs horaires démentiels. La femme de Gary tombe à nouveau enceinte et décide de garder le bébé malgré le règlement de la Sea Org. Elle est envoyée dans le RPF, le goulag de la Sea Org, où les repas se composent uniquement de riz et de fayots, puis dans le RPF du RPF, sorte de super goulag où on lui fait nettoyer des bennes à ordures avec une brosse à dents et où il lui est interdit de parler à qui que ce soit. Gary finit par dire à sa femme qu’ils devraient quitter la Sea Org. Sa femme refuse et dénonce son mari à l’éthique. Gary est envoyé dans le RPF. Il s’enfuit sans sa femme.

Ce n’est pas exactement un happy end, mais il y a rarement des happy ends en scientologie.

Et dire qu’Eric Roux va aller pleurnicher devant la Cour européenne des droits de l’homme…

Monsieur Roux, vous devriez avoir honte !

Les avortements forcés au sein de l’élite « ecclésiastique » de la scientologie

Dans le livre La Dianétique : La science moderne de la santé mentale, L. Ron Hubbard déclare que l’avortement et les tentatives d’avortement entraînent de graves traumatismes psychiques et psychologiques chez la mère et l’enfant à naître.

En 1967, Hubbard fonde une organisation paramilitaire, la Sea Organization (organisation maritime), ou Sea Org, chargée de diriger et d’encadrer les églises et les missions de sicentologie partout dans le monde et de « mettre l’éthique en place sur la planète ». Ses membres signent un contrat d’un milliard d’années et constituent l’élite « ecclésiastique » de la scientologie. Logés et nourris, ils travaillent 80-100 heures par semaine pour un salaire hebdomadaire de 50 dollars.

Au bout de quelques années, un problème majeur se pose : il y a de plus en plus de couples mariés avec des enfants et les crèches de la Sea Org n’arrivent plus à suivre.

En 1982, la Sea Org interdit aux couples mariés d’avoir des enfants. Les femmes enceintes sont alors encouragées à se faire avorter. Les couples mariés qui refusent l’avortement sont débarqués de la Sea Org et choisissent soit de travailler dans une organisation Classe V (non Sea Org), soit de retourner à la vie active avec l’obligation de rembourser tous les services (audition et formation) qu’ils ont reçus gratuitement durant leurs années de labeur dans la Sea Org.

En 2009, lorsque le scandale des avortements forcés est dénoncé dans les médias américains, le règlement change à nouveau : Désormais, les couples mariés qui attendent un enfant sont purement et simplement éjectés de la Sea Org.

Plusieurs femmes, ex-Sea Org, comme Laura DeCrescenzo ou Claire Headley ont relaté comment elles avaient été forcées à avorter. Laura Decrescenszo poursuit actuellement la scientologie en justice pour ce motif.

Dans la vidéo ci-dessous, Gary Weber, ex-Sea Org de 1979 à 1984 et membre du Guardian’s Office (le GO, qui a été démantelé au début des années 80 pour être remplacé par OSA), raconte comment il a supervisé des dizaines d’avortement forcés lorsqu’il travaillait à Flag. En fait, il y avait tellement d’avortements forcés dans la Sea Org qu’il était obligé de dispatcher les femmes dans diverses cliniques d’avortement en Floride car si toutes avaient interrompu leur grossesse dans la même clinique, ça aurait fait jaser.

Gary raconte aussi sa première rencontre avec David Miscavige en 1979, lorsque ce dernier était en poste à CMO. Le nom de Miscavige était encore inconnu de la plupart du personnel à l’époque et Gary ignorait qui il était. Gary entend une femme crier et va voir ce qu’il se passe. Il trouve Miscavige en train de tenir un fer à repasser brûlant devant le visage d’une jeune femme et de menacer de lui écraser le fer à repasser sur la figure. Gary dit au jeune freluquet de poser le fer. S’ensuit une discussion animée durant laquelle Miscavige apostrophe Gary en lui disant : « Est-ce que tu sais qui je suis ? » Gary lui dit « Non, je ne sais pas qui tu es, pose ce fer. » Finalement Miscavige pose le fer et Gary apprend que Dave-La-Petite-Frappe était en rogne contre la jeune femme parce qu’il estimait qu’elle avait mal repassé sa chemise !

Gary raconte également que le GO était chargé d’ouvrir des comptes bancaires à l’étranger, dont le Lichenstein, afin de faire disparaître certaines sommes d’argent. Il ignore le montant de ces sommes mais nous apprend que les signataires de ces comptes étaient Miscavige ainsi que Pat et Anne Broeker. Tout cela, bien sûr, était top secret et on a fait comprendre à Gary qu’il avait intérêt à garder cela pour lui.

Dans la seconde vidéo, à venir bientôt (et que nous publierons dès qu’elle sera en ligne), Gary raconte ses déboires quand sa femme est tombée enceinte une première fois, puis une seconde fois. En attendant, voici la première vidéo.

Vous pouvez également trouver le témoignage complet de Gary Weber en cliquant ici. C’est en anglais, c’est long et détaillé mais c’est très, très intéressant.

Le rundown de la vérité ou comment conditionner les scientologues

Dans cette interview réalisée par Mark Bunker, un ex-membre de la Sea Org, Bruce Hines, raconte comment on conditionne les « fauteurs de troubles » condamnés au RPF (Rehabilitation Project Force – le camp de « réinsertion » de la Sea Org). On appele ça le « Truth Rundown » (le rundown de la vérité).

Lorsqu’une personne débarque dans le RPF, on rassemble tous les rapports de connaissance, ou autres, qu’elle a écrits et dans lesquels elle dit des choses considérées comme négatives sur un membre du personnel, sur les cadres superieurs de l’église et son top management, sur la scientologie et sur L. Ron Hubbard. Puis, on les classe par ordre d’importance.

Ensuite on s’en sert pour soumettre la personne à une longue série de sec checks (confessions). L’auditeur lui demande : « Dans ce rapport tu as écrit telle et telle chose. Quand exactement as-tu observé cela ?

Réponse : Quand David Miscavige a donné un coup de poing dans le ventre à Ray Mithoff.

Auditeur : Très bien. Maintenant va jusqu’au tout premier moment où tu as observé cela.

La personne trouve un premier moment où elle a vu Miscavige agir de la sorte.

Auditeur : Bien. Juste avant d’observer ça, quel overt (acte nuisible) as-tu commis?

Donc, en fait, la personne doit trouver ce qu’ELLE  a fait de mal avant d’observer ce qu’elle a observé.

L’idée derrière tout ça, c’est que la personne a mal observé, qu’elle s’est trompée, qu’elle a halluciné.

La personne va alors trouver un overt, puis une chaîne d’overts similaires. Lorsqu’elle a trouvé le tout premier overt de la chaîne, on lui demande : « Y avait-il un but malveillant ou une intention destructrice qui t’a incité à commettre cet overt ? »

Autrement dit, maintenant que la personne a trouvé l’acte nuisible qu’elle a commis, elle doit trouver ce qu’il y a de mauvais et de malveillant en elle, le mal intérieur qui la ronge et qui l’a poussée à avoir une fausse observation, une hallucination. Puis, elle doit « effacer » cette intention destructrice.

Toutes les choses que la personne a dénoncées dans ses rapports sont traitées de cette façon.

Ensuite, on  pose une série de questions du genre « As-tu déjà dit des choses négatives sur la scientologie ? » As-tu déjà dit du mal de L. Ron Hubbard à quelqu’un ? » Et ainsi de suite – une liste interminable de questions de cet accabit, avec la procédure décrite ci-dessus. La « cognition » (prise de conscience) qu’on attend de la personne, c’est qu’elle a imaginé tout ce qu’elle a observé, qu’elle a halluciné. Cela fait partie du « phénomène final » (résultat demandé) de toutes ces actions.

Le tout dure généralement des mois. Tous les jours, la personne recherche le mal qui est ancré en elle.

Et lorsque ce programme est terminé, la personne pense que tout le monde est génial et que ce sont ses intentions destructrices qui l’ont fait halluciner. Tant qu’elle n’a pas eu cette cognition, elle reste sur le RPF. Il y a d’autres actions que la personne doit accomplir avant de sortir du RPF, mais cette interminable série de sec checks est la plus importante.

Vous avez dit inquisition ?