Leah Remini – Scientology and the Aftermath – Saison 2 – Episode 5

L’épisode 5 de la saison 2 est consacré à David Miscavige, à son parcours dans la Sea Org, à son putsch pour accéder au pouvoir et à sa mainmise sur la scientologie. Cet épisode est en anglais.

Leah Remini – Scientology and the Aftermath – Saison 2 – Episode 1

Deuxième saison de la série de Leah Remini qui vient d’être récompensée par la Television Crtics Association. L’épisode 1, intitulé Thetans in  Young Bodies est consacré à deux femmes victimes de pédophilie dans la Sea Org lorsqu’elles étaient enfants. L’épisode vient juste d’être diffusé. Il est en anglais.

 

American Horror Stories – 1

Salut à tous !

Après un break prolongé, le blog est de retour. En effet, il s’est produit tellement de choses depuis un an qu’il devenait de plus en plus difficile de les passer sous silence.

L’événement le plus marquant de 2016 a bien sûr été la diffusion de la série de Leah Remini, Scientology and the Aftermath (littéralement : L’après-scientologie), dont les 10 épisodes ont été diffusés en fin d’année par la chaîne de télévision A&E. Avec une moyenne de près de 2 millions de spectateurs, cette série est l’un des plus gros succès de la chaîne qui vient de commander une deuxième saison.

La série a provoqué une formidable tempête médiatique aux Etats-Unis et, avec l’annonce d’une deuxième saison, les oreilles de la Scientologie ne sont pas près de s’arrêter de siffler.

Espérons qu’une chaîne française achètera la série et la diffusera cette année.

Voici le premier épisode. Il est en anglais. De temps en temps il est coupé par des pubs (très courtes). Après ces pubs, il est parfois nécessaire de remettre le son.

La première partie de cet épisode est consacré au parcours de Leah en Scientologie et aux raisons pour lesquelles elle a fini par quitter la secte. La seconde partie aborde la « déconnexion » en racontant l’histoire d’Amy Scobee qui a été recrutée à l’âge de 16 ans par la Sea Org, laquelle a forcé les parents d’Amy à rompre les liens avec elle quand, après plus de 20 ans d’esclavage, elle a claqué la porte de la secte.

Enjoy.


Leah Remini Scientology And The Aftermath S01E01 par brandy-forsman

Papa fait de la résistance

La sortie du livre tant attendu de Ron Miscavige, le paternel de qui-vous-savez, est prévue pour le 3 mai. Intitulé « Ruthless – Scientology, My Son David Miscavige and Me » (Impitoyable – La scientologie, mon fils David Miscavige et moi), cette autobiographie s’annonce explosive. C’est après avoir appris que son rejeton le faisait suivre par des détectives privés depuis qu’il s’était échappé de la Sea Org que Ron Miscavige avait décidé de coucher ses mémoires sur le papier.

Ça va saigner !

Une org avancée « idéale » de 26 millions d’Euros

La scientologie vient d’acquérir, près de Sydney, une propriété sur laquelle s’érigera la base australienne de la Sea Org, laquelle abritera une nouvelle « org avancée idéale » et le QG local du management et ce, pour la bagatelle de 37 millions de dollars australiens (32 millions de dollars US – 26 millions d’Euro). Miscavige l’a annoncé avec tambours et trompettes lors de la grande fiesta annuelle de l’IAS en octobre dernier.

Au dernier recensement, l’Australie comptait un peu plus de 2000 scientologues.

Le gag, c’est que cette somme colossale est un investissement à perte. L’église elle-même a annoncé dans un communiqué que l’org avancée comptera 220 membres du personnel qui délivreront des services à 87 paroissiens, dans le meilleur des cas.

26 millions d’Euros pour 87 pékins ! Ça, c’est du business model !

Ce genre de « bonne nouvelle » est bien évidemment destinée aux scientologues qui n’ont pas encore quitté le navire pour leur montrer que l’argent qu’ils versent à l’IAS et aux orgs idéales est bien employé et contribue à l’expansion sans précédent de la scientologie.

La seule expansion visible de la scientologie, c’est son parc immobilier qui ne cesse de grandir, car pour le reste, les statistiques d’audition, de formation d’auditeurs, de ventes de livres et de « viande fraîche » (nouveaux publics) sont aussi plates que l’encéphalogramme du scientologue lambda.

Vous trouverez tous les détails de cette nouvelle avancée spectaculaire de l’église qui rétrécit le plus rapidement dans le monde ici et ici.

 

Le top management de la scientologie pète un câble

Il y a trois jours, Marty Rathbun a posté une vidéo sur YouTube dans laquelle il est pris à partie par trois cadres supérieurs du top management de la scientologie.

Alors qu’il attendait son avion à l’aéroport de Los Angeles, Rathbun est soudain agressé par Jenny Linson Devocht, Marc Yager et Dave Bloomberg.

Marc Yager, qui avait disparu de la circulation depuis bon nombre d’années après avoir été envoyé au « Trou » par Miscavige, est le patron du Watchdog Committee, l’entité qui chapeaute l’église de scientologie internationale (également appelée « Int »).

Dave Bloomberg (celui qui filme Rathbun) est depuis des années un cadre supérieur d' »Int ».

Jenny Linson Devocht est une proche de Miscavige et l’une de ses assistantes personnelles.

Ces trois individus ont soudain déboulé devant Rathbun et l’ont longuement insulté, sans doute dans l’espoir de le faire sortir de ses gonds et de susciter chez lui une réaction violente. Rathbun a gardé son calme et a tranquillement filmé les délires de ses agresseurs avec son mobile (ce qui explique la qualité médiocre de la vidéo).

Cette rencontre « fortuite » avec Rathbun dans un aéroport était bien évidemment planifiée. Rathbun rapporte que dans la vidéo, on ne voit pas les réactions de stupéfaction des voyageurs présents dans le terminal.

Les images parlent d’elle-même. Nous avons affaire à trois marionnettes de Miscavige dont la santé d’esprit laisse beaucoup à désirer.

 Voici une transcription approximative envoyée par un blogger sur le site de Rathbun.

0:01 MY: Works great doesn’t it? It makes you feel good. You know you could…you can actually get your ethics in Marty. That would be [sane?]

0:09 JL: Stop committing suppressive acts, full time suppressive acts. full time. [inaudible]. Just end it. Go live a life. Why don’t you get a life, man. Just get a life. You’ve had zero effect, none. And nobody gives a fuck about you. That’s the truth.

0:31 MY: Right. We are doing so well. So stinking well. You are standing afraid.

0:34 JL: Nobody has even noticed you’re gone man.

0:37 DB: Nobody… [inaudible] or […You’re not going to lose your throat]

0:39 JL: You’re nothing. That’s the point. You’re nothing.

0:42 MY: No comm cycle. Is that what you want?

0:45 JL: Brilliant

0:45 MY: No comm cycle

0:46 JL: Your TRs are brilliant. Why don’t you just stop committing suppressive acts and live a real life. We need a…What’s he doing in LA anyway? What are you doing in LA? Why are you here?

1:01 MY: What a pathetic individual. All you are is your camera.

1:03 JL: Why don’t you just end it and start living a decent life and do something to help mankind. Cause you guys do nothing to help mankind. Between you [and] Mike it’s pathetic. You guys are embarrassing and pathetic. Pathetic. It’s disgusting and it’s all over your face and you look terrible.

1:22 MY: Brilliant

1:26 JL: [inaudible]…longer before a fight (not sure if this was JL)

1:31 JL: Wow. He’s such a loser. It’s embarrassing. Why don’t you do something with your life. You’re an embarrassment. An embarrassment to the fact that you were ever, ever connected to us. You have zero facts.

1:45 Marty: Could you people move on please?

1:48 JL: [mild laughter]

1:49 MY: That would be the [word that ?][inaudible]

1:49 JL: That…[inaudible]

1:51 MY: …We made a lot of progress

1:54 JL: It’s unbelievable.Did you get…[inaudible]… Wow. Embarrassing, humiliating, disgusting. An absolute embarrassment that you were ever connected. You have no facts. Nobody cares. Nobody’s interested. You’ve done nothing. You have no… I mean some movement, it’s a God damned joke. No one gives a crap. OK?

2:21 Marty: Can you move on please.

2:21 JL: We’ve moved on. We have moved on and the church has been better…

Ce n’est pas la première fois qu’un « apostat » est ainsi vilipendé. Il y a quelques années, Mike Rinder, lorsqu’il s’était évadé de la Sea Org, avait lui aussi été agressé par des cadres supérieurs de la Sea Org, sa femme et ses enfants. Vous en trouverez le compte rendu en cliquant ici. C’est terrifiant.

Sur son site, Jonathan Swift se demande si ce genre d’agression dans un lieu public hyper sécurisée tel qu’un aéroport ne constitue pas une infraction passible de poursuites.

Dans certains pays, où la scientologie ne peut pas se réfugier derrière son statut de religion, ce genre de chose serait considéré comme de la discrimination pure et simple.

Cette vidéo a déjà été vue près de 600 000 fois sur YouTube et a été reprise par de nombreux médias. En voici quelques-uns :

International Business Times

Tony Ortega’s Underground Bunker

Stern (en Allemagne)

Vox

Ces articles ont suscité des milliers de commentaires négatifs de la part des lecteurs.

Une parodie de Panopea Abrupta n’a pas tardé à faire son apparition sur YouTube.

Bref, non seulement, ces trois abrutis n’ont pas réussi à déstabiliser Rathbun mais ils sont maintenant la risée du monde entier.

Encore une idée brillante de Miscavige qui lui explose à la figure. Des têtes vont tomber.

12 Years a Slave

Une jeune femme de 30 ans, Jillian Schlesinger s’est évadée de la Sea Org (l’élite « ecclésiastique » paramilitaire de la scientologie) il y a environ trois mois. En jargon scientologique, elle a « blowé » –  elle est partie sans prévenir et sans passer par l’interminable processus de départ visant à lui soutirer des confessions à l’électromètre pendant des semaines ou des mois, puis à lui faire signer un document lui interdisant de révéler ce qu’elle a observée durant ses années de travaux forcés dans la Sea Org.

Après 12 ans d’esclavage durant lesquels elle a travaillé jusqu’à 19 heures par jour pour un salaire de misère (entre 15 et 45 dollars par semaine), Jillian en a eu assez.

Elle vivait dans un dortoir avec 11 autres filles, une douche et un W.C. par étage (quand il fonctionnait), elle n’a jamais eu de téléphone protable, elle n’a jamais eu de voiture ni passé son permis, elle n’a jamais eu de chéquier ou de carte de crédit, elle n’a jamais eu d’ordinateur, elle n’a jamais regardé la télé ni surfé sur internet, elle n’a jamais lu le journal, elle ne savait pas ce qu’il se passait dans le monde et les seules fois où elle a été au cinéma, c’est quand des cars étaient affrétés pour elle et ses co-esclaves de la Sea Org afin de voir des films de Tom Cruise ou de John Travolta.

Fraîchement évadée de l’enfer, Jillian a d’abord parlé à Karen de la Carriere qui a réalisé plusieurs interviews filmées, puis à Tony Ortega.

Commençons par l’interview de Tony Ortega.

Depuis quelques semaines. Jillian travaille sur un chantier dans un bâtiment de Los Angeles appartenant à la Sea Org. Les conditions de travail sont déplorables. L’idée de prendre la fuite commence à la turlupiner. Un matin, elle bourre un sac marin de voyage vide dans un grand sac en plastique d’une chaîne de supermarché et le cache dans le « réfectoire » de l’immeuble où elle travaille. Puis, chaque jour, elle prend deux ou trois vêtements dans son dortoir, et les emporte sur son lieu de travail pour les mettre dans le sac marin. Elle répète cette opération pendant quelques jours jusqu’à ce que son sac soit plein, tout cela à l’insu de ses collègues de travail, et elle appelle son père depuis le téléphone à pièces du réfectoire. Elle convient avec lui d’un endroit où il peut venir en voiture collecter le sac. Il vient et prend le sac. Elle lui donne rendez-vous dans une semaine au même endroit et à la même heure. Puis, elle continue de transférer discrètement ses affaires. Une semaine plus tard, son père les récupère. Mais Jillian n’est toujours pas sûre de vouloir s’enfuir. Son père lui dit qu’il comprend. Jamais il ne la forcera à partir. C’est à elle de prendre la décision.

Quelques jours s’écoulent. Un mercredi, Jillian apprend par hasard qu’elle et ses co-esclaves vont être transférés sur un autre chantier dans l’immeuble où ils sont logés. Jillian se dit que c’est pour elle une occasion unique de prendre le large car une telle opportunité ne se représentera pas de sitôt. Le lendemain, comme personne dans son immeuble n’est au courant du changement de chantier, elle sait qu’on ne remarquera pas son absence et que tout le monde pensera qu’elle est allée travailler à l’ancien chantier. Elle prend le car qui l’emmène à l’ancien chantier, désormais vide, et de là, marche jusqu’au métro et, avec ses maigres économies, prend un ticket jusqu’à la gare où elle achète un billet de train pour Orange County. Arrivée là-bas, elle prend un taxi jusqu’au lieu de travail de son père qui l’accueille à bras ouverts. Elle vient de quitter la Sea Org !

Jillian a été scientologue toute sa vie. Avant sa naissance, ses parents, John et Paula, avaient fait un bref séjour dans la Sea Org, puis ils l’avaient quittée pour devenir de simples « publics » en bon standing. A l’âge de 12 ans, Jillian a commencé à suivre des cours de scientologie à l’org de Tustin, où elle a subi d’innombrables pressions pour devenir membre du personnel et pour rejoindre la Sea Org.

A 15 ans, elle décide de devenir membre du personnel de l’org d’Orange County et elle est postée dans le département des affaires spéciales, branche locale d’OSA, où elle travaille dans les relations publiques. Parallèlement, elle poursuit sa scolarité mais elle est constamment harcelée par les recruteurs de la Sea Org, en personne et par lettres.  Finalement, elle craque et signe un contrat d’un milliard d’années à 18 ans. Dans la Sea Org, elle est envoyée à CMO où elle est chargée de superviser, pendant quelques années, la santé financière des orgs californiennes.

Entre temps, ses parents ont divorcé. Son père craint que sa fille ne soit envoyée à Int. (au QG du management international) où elle serait inévitablement « formatée ». Lui-même avait travaillé à Int. et avait fini par « blower ».

En 2003, Jillian est transférée non pas à Int., mais à Flag où elle va passer les années suivantes à être formée pour rejoindre Int. et travailler directement sous les ordres de Miscavige – exactement ce que son père redoutait. Finalement, en 2012, elle n’est pas envoyée à Int., mais à Bridge Publications pour y auditer le personnel car, durant son séjour à Flag, elle avait reçu une formation d’auditeur. Sa mission était de requinquer le personnel afin d’améliorer leur productivité.

Dès qu’elle arrive à Bridge, elle est confrontée à un problème : Bridge n’étant pas une église, mais une maison d’édition, elle ne pouvait pas en auditer le personnel pour des raisons légales. Elle se retrouve à travailler à Bridge comme manutentionnaire et à préparer les livres et les matériaux de GAT II.

Puis, l’année dernière, elle est brusquement transférée à Los Angeles au Hollywood Guaranty Building, l’un des bâtiments les plus importants de la Sea Org qui abrite au rez-de-chaussée l’exposition permanente consacrée à LRH. Là, Jillian travaille dans les sous-sol où elle scanne des milliers de dossiers d’étudiants – un travail fastidieux mais moins éprouvant que de travailler sur l’un des nombreux chantiers de la Sea Org où elle finit pourtant par être transférée. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et qui motive son évasion, décrite plus haut.

Ce n’est qu’au bout de plusieurs jours que son absence est constatée. Des membres de la Sea Org la joignent par téléphone chez son père et lui demandent de revenir. Elle accepte, à une condition : qu’elle ne soit pas obligée de rester sur place et qu’elle soit autorisée à rentrer chez son père tous les soirs. Elle veut bien recevoir de l’audition et signer des papiers entérinant son départ, mais rien d’autre. Cela semble prendre la Sea Org au dépourvu. Une semaine s’écoule avant qu’on ne recontacte Jillian. On lui demande de lire quelques textes du livre d’éthique, ce qu’elle fait. Mais entre temps, elle a commencé à parler à Karen de la Carriere. La veille de la mise en ligne de la première vidéo, Jillian reçoit un email de l’église qui semble prête à accepter ses exigences. L’église savait-elle qu’elle avait donné une interview à Karen ? Possible.

Le lendemain, la première vidéo apparaît sur le Web. Depuis, l’église ne s’est plus manifestée. Jillian n’a reçu ni document d’excommunication ni freeloader bill. (Une freeloader bill est une facture envoyée à toute personne qui quitte la Sea Org. Elle comprend tous les services (audition et formation) reçus par la personne durant ses années dans la Sea Org. La personne doit les rembourser en les payant plein tarif. Cette pratique est illégale mais l’église n’en a cure.)

De toutes les personnes qui ont quitté la Sea Org, Jillian est l’une des rares à témoigner, à peine quelques jours après son départ, des condition de vie inhumaines dont elle a été à la fois victime et témoin. La plupart des ex-Sea Org, avant de s’exprimer publiquement, passent par une période de décompression qui peut durer plusieurs années. Jillian mérite donc un grand coup de chapeau.

Avant d’aborder la vie dans la Sea Org avec Jillian, Karen nous rappelle brièvement que les enfants de scientologues, appelés scientologues de la seconde génération, sont souvent recrutés par la Sea Org avec l’accord de leurs parents. Jenna Miscavige, la nièce du Dictateur, y a consacré un livre remarquable.

Jillian commence par raconter ses conditions de vie – douze filles par chambre, une douche et un W.C. par étage. Dans toute l’aile du bâtiment, il n’y avait que 6 douches qui étaient couvertes de dépôts visqueux. Certaines douches ne fonctionnaient plus et il fallait alors se rabattre sur les douches restantes.

Jillian travaillait entre 14 et 19 heures par jour sans le moindre jour de congé. En moyenne,  elle gagnait 8 dollars par semaine à Los Angeles – 6 cents de l’heure. (Alors que la scientologie a amassé plusieurs milliards de dollars.)

Jillian raconte ensuite qu’il y a environ 6 mois, Miscavige a fait faire une analyse des revenus de la Sea Org : la Floride et ses 2000 membres du personnel lui rapportaient en moyenne 1,5 millions de dollars par semaine, alors que Los Angeles et ses 2000 Sea Org lui en rapportaient beaucoup moins. Donc, pour « rentabiliser » Los Angeles et les églises de l’ouest des U.S. et en diminuer les frais de gestion, il a fait transférer du personnel à L.A. et à Las Vegas et l’a affecté à la rénovation de divers bâtiments appartenant à la Sea Org, ce qui évitait de devoir faire appel à des entrepreneurs extérieurs.  Du jour au lendemain, Jillian s’est retrouvée à Las Vegas, en compagnie d’une fille de 17 ans, en train de retirer toute la fibre de verre du plafond de l’auditorium du CC Las Vegas pratiquement sans aucune protection – ce qui lui a provoqué de graves éruptions cutanées.

Puis Jillian dit à Karen que la plupart des membres de la Sea Org pensent que Miscavige travaille au moins aussi dur qu’eux, étant donné qu’il est le grand chef censé donner l’exemple, et que ses conditions de vie sont un peu meilleures que les leurs mais pas beaucoup plus. Lorsqu’elle a découvert, après son départ de la Sea Org, qu’il vivait comme un millionnaire, elle en restée comme deux ronds de flan.

Autre pratique de la Sea Org : à chaque anniversaire de Miscavige, on prélève la moitié, voire l’intégralité, de la paye hebdomadaire des employés de la Sea Org pour lui acheter un cadeau. Cette semaine-là, les Sea Org reçoivent la paye maximum : 46 dollars. La Sea Org compte environ 5000 employés mondialement, ce qui nous fait un cadeau d’anniversaire de 115 000 dollars, en admettant que chaque employé donne la moitié de sa paye.

Cette première vidéo se termine avec l’info qui tue : un employé de la Sea Org gagne environ 416 dollars par an et n’a aucune couverture sociale ou médicale.

Ça vous tente ?

Passons à la deuxième vidéo. Elle concerne la famille, considérée dans la Sea Org comme étant secondaire, superflue et sacrifiable.

Nous y apprenons les faits suivants :

En scientologie et tout perticulièrement dans la Sea Org, la délation est une pratique courante et vivement encouragée. Tout le monde dénonce tout le monde. Un père ou une mère dénonce son enfant si ce dernier n’a pas une conduite 100% « éthique ». Un mari dénonce sa femme. Une femme dénonce son mari. Un enfant dénonce ses parents. Une scientologue dénonce sa meilleure amie. Etc, etc. Au sein de la Sea Org, on vit dans la peur d’être dénoncé pour un oui ou pour un non.

Dans la Sea Org, un couple ne peut pas avoir d’enfant. L’idée même d’avoir un jour un enfant peut valoir une convocation en éthique car c’est une idée « destructrice » pour le groupe. Une femme qui tombe enceinte est encouragée à avorter, mais moins ouvertement et plus « subtilement » qu’avant en raison de la mauvaise publicité qu’avaient créée les nombreux articles et reportages sur les avortements forcés dans la Sea Org. Désormais, on ne dit plus à une femme enceinte qu’elle DOIT avorter mais qu’elle le DEVRAIT – par devoir, pour la scientologie et « pour le plus grand bien ». C’est un travail de sape pernicieux où l’on met la femme enceinte « en face de ses responsabilités ».

Il y a encore quelques années, les femmes qui refusaient d’avorter étaient condamnées à des travaux manuels éprouvants. Elles dormaient peu, mangeaient mal et étaient considérées comme la lie de la Sea Org et de la scientologie.

Ce qui n’empêche pas la scientologie de se présenter comme la championne des droits de l’homme. Le cynisme et l’hypocrisie de la secte ne connaissent pas de limites.

Aujourd’hui, de plus en plus de couples font volontairement un enfant pour pouvoir quitter la Sea Org « légalement » en se faisant déclarer inaptes au service. De cette façon, ils ne sont pas excommuniés. Christie Collbran, qui a quitté la Sea Org en 2006, raconte qu’elle a réussi à dissimuler sa grossesse jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour elle pour avorter, mettant ainsi la Sea Org devant le fait accompli.

Vers le milieu de la vidéo, Jillian raconte l’histoire de Rachel Gomez, une jeune Sea org mariée qui occupait un poste à Los Angeles dans le grand bâtiment bleu (surnommé « Big Blue »). Rachel démarre une relation extra-conjugale avec un nouveau public scientologue rencontré lors de l’inauguration de l’org d’Inglewood. Au bout d’un an, le pot aux roses est découvert et Rachel est enfermée dans une chambre et placée sous surveillance 24 heures sur 24. Lorsqu’elle se déplace, elle est toujours accompagnées par des garde-chiourmes.  Pendant ce temps, son mari est également placé sous surveillance et suivi en permanence par des détectives privés car il envisage de quitter la Sea Org.

C’est une pratique courante en scientologie de séquestrer des adeptes ou des membres du personnel jugés « dangereux pour la sécurité de l’église ». La vidéo revient brièvement sur la tristement célèbre affaire Lisa McPherson.

En France, il y a eu l’affaire Martine Boublil.

Pour en revenir à Rachel Gomez, après deux tentatives d’évasion, la Sea Org a fini par la laisser partir car ses parents étaient de très gros donateurs et le père était un médaillé de l’IAS. En scientologie, l’argent l’emporte toujours sur les considérations idéologiques et les règlements internes. Au départ, Rachel devait être excommuniée et déclarée suppressive, mais il est probable qu’un gros chèque de son père, ou la crainte de voir son père ne plus jamais donner d’argent, a convaincu les gros pontes de la Sea Org de laisser Rachel s’en aller « en bon standing ».

Karen a réalisé d’autres vidéos avec Jillian Schlesinger. Vous pouvez les trouvez ici.

A tous les scientologues francophones qui hésitent à élever la voix, je ne dirai qu’une chose : cessez de soutenir financièrement une organisation criminelle qui maltraite son personnel et ses adeptes et qui utilise les mêmes méthodes que la psychiatrie radicale. Vous êtes devenus scientologues pour libérer les hommes, pas pour les asservir.

Du rififi à Clearwater

Une série de conférences sur les dérives de la scientologie aura lieu à Clearwater du lundi 5 mai au vendredi 9 mai, Les écrivains Russell Miller et John Sweeney prendront la parole, ainsi que des ex-scientologues tels que Chris Shelton (ex-Sea Org) ou Geir Isene (OT VIII), sans oublier Jamie DeWolf, arrière-petit-fils de L.Ron Hubbard.

Seront abordés des sujets tels que la déconnexion, Fair Game, les violences et les conditions de travail inhumaines dans la Sea Org, les levées de fonds abusives de l’IAS, les magouilles qui ont permis à la scientologie d’obtenir, aux Etats-Unis, le statut de religion et l’exemption fiscale en 1993, les opérations d’espionnage et de persécution orchestrées par le GO et OSA, la mort tragique, à Flag, de Linda McPherson en 1995, ou encore les dérives de Narconon.

Cette série de conférences, appelée « Flag Down 2014 » promet d’être explosive et pourra être suivie en streaming ici.

Le site « Flag Down 2014 » fournit le programme des festivités aisni qu’une courte biographie de chacun des intervenants. Il a également mis en ligne un info pack très complet qui est téléchargeable ici.

Ces conférences seront suivies par le Tampa Bay Times.

OSA Flag va avoir du pain sur la planche.

* * * * *

« The Scientology Money Project », le site de Jonathan Swift, mérite toute votre attention.

Son guide illustré de l’église de scientologie vaut le détour.

Les perles du mois

Alors que le printemps frappe à notre porte après des semaines de pluies et de tempêtes, entamons ce mois de mars avec une nouvelle rubrique intitulée « Les perles du mois ».

Commençons avec un email envoyé dernièrement aux scientologues de l’organisation non idéale d’Angers et relayé par l’un de nos correspondants.

Canular ou triste vérité ?

De : Scientologie Angers

Date : 07/03/2014 20:47:24
A : 
Sujet : Vos anciens matériaux
Chers scientologues,

À la sortie de l’Âge d’or de la Tech phase II en novembre dernier,
des milliers de nouveaux matériaux sont sortis !!
Vous avez commencé à vous les procurer selon les cours sur lesquels vous vous inscriviez ou individuellement selon vos envies, vos besoins ou votre curiosité.

Les anciennes versions ne sont donc plus valides,
et doivent être collectées pour être recyclées ou détruites.
Vous pouvez les retourner à l’Org et nous nous en occuperons.

Cela inclus tous les matériaux : tout ce qui s’allume, s’écoute, se lit etc….
Ceci vous permet de faire de la place pour les nouveautés
et pouvoir avancer rapidement vers la Liberté
avec les matériaux 100% standard à portée de la main
et en complète application dans votre vie !

Amenez vos anciens matériaux obsolètes
auprès du libraire d’Angers


ARC, Manon Lafon – Responsable du marketing des ressources de l’org et l’échange.

Cet email m’a inspiré cette photo très légèrement photoshoppée. (Cliquez sur l’image.)

Et voici une promo reçue par l’un de nos correspondants, accompagnée d’une enquête. Notre correspondant, en bon scientologue, y a bien sûr répondu.

Bonjour XXX !

Voici une autre citation que j’aimerai partager avec toi.

Dis-moi ce que tu en penses et prends le temps de répondre aux quelques questions ci-jointes.

ARC, Anne-Claire

Tous les membres de l’Organisation maritime sont considérés capables de faire n’importe quel travail et d’accomplir la totalité des actions de leur poste.

Vous êtes tous là depuis longtemps, et rien de ce que vous avez à apprendre n’est totalement nouveau.

L’attitude gagnante est  » vous le savez  » – maintenant, sans  » oui… mais « .

Je fais mon travail.

On attend de moi que je le fasse correctement du premier coup.

C’est ce que je fais.

Je n’attends pas moins de vous. »

L. Ron Hubbard, ORDRE DE FLAG 833

ENQUÊTE

1.        Que penses-tu de la citation ci-dessus ?

2.        As-tu déjà pensé à joindre l’Organisation maritime ? maintenant ? dans le futur ?

3.        Connais-tu quelqu’un qui a exprimé de l’intérêt pour l’Organisation maritime ou qui serait à sa place dans l’Organisation maritime d’après ton observation ?

Réponse de notre correspondant :

Anne, ma chère Anne (Claire),

Permets-moi tout d’abord de te remercier pour la sollicitude et l’abnégation dont tu fais preuve à mon endroit en m’offrant de partager ces citations, c’est toujours une joie. Merci à Manon également. C’est avec plaisir que je prends le temps de te répondre.

  1. Je trouve que cette citation est vraiment excellente, ça donne envie, c’est sûr !
  2. Oui, j’ai souvent pensé à rejoindre l’Organisation maritime mais j’ai toujours renoncé en me disant que je n’en serais pas capable : j’ai les pieds plats et la bite en bois, ce n’est pas top pour la navigation…
  3. Oui, je connais quelqu’un qui serait à sa place dans l’Organisation maritime : Garcimore n’étant plus de ce monde (paix à son âme), je pense que Casimir, avec qui j’ai diné hier, y serait assez à son aise. 

A mon tour de partager une citation avec toi, et de te demander ce que tu en penses, si tu veux bien prendre le temps de répondre aux quelques questions ci-après.

« Nous allons poser le monstrogoth au point TC sur le 120-Est dans les environs de Curlepolis. Le monstrogoth qui vient de parcourir la distance Véga-Terre en quelques secondes peut atterrir en douceur au point fixé grâce à la précision de ses circuits intégrés. C’est une merveilleuse machine, indestructible, sa conception va en faire le plus grand ravageur des temps modernes » (Réflexion in petto de l’infâme Dantus, Ministre du grand Stratéguerre, chef des armées de Véga avant la redoutable attaque de la planète Terre par cet antérak de nouvelle génération, in Goldorak, épisode 52 « La génération des monstres » min. 7 sec. 22).

QUESTIONS :

  1. Qu’est-ce que le monstrogoth a de supérieur aux Golgoths de base (au niveau du thermotactisme s’entend) ? 
  1. Si le monstrogoth décolle de Véga à 9 heures (heure locale) à la vitesse moyenne de 500 kms/seconde, entre dans l’hyperespace deux heures plus tard, quelle est sa vitesse lorsqu’il entre dans l’atmosphère terrestre, sachant que, toutes choses égales par ailleurs, un des cinq rétro-propulseurs thermostatiques est tombé en panne 10 minutes après le décollage ?  (attention, il y a un piège !) 
  1. As-tu déjà pensé à rejoindre les forces intergalactiques de Véga ?

* * * * *

Pour finir, voici une autre promo reçue par le même correspondant – avec sa réponse. Comme toujours, cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Chère Europe Idéale,

Mais quelle soirée ! Quel Event incroyable, unique ! Je souhaite témoigner pour dire, simplement, comment j’ai été littéralement transpercé par la fulgurance transcendantale de cette énergie suborbitale – pour ne pas dire cosmique – qui m’a frappée à l’annonce de tout ce qui a été accompli (en un mot, j’ai la gaule). Grandiose, fantastique, je suis tellement heureux  de voir cette expansion exponentielle se réaliser. Et tous ces fonds collectés, quel bonheur ! Comme dirait Enrico, « Donnez, donnez, dodo-onnez Donnez, donnez-moi, Donnez, donnez, dodo-onnez, Dieu vous le rendra…» Quel kiff ! En un mot, c’est de la Bâle (Joke !). Juste bémol : attention au costume de super héros, ça peut rapidement faire ridicule, surtout en Europe, même si les photos sont très chouettes (on s’poile !)

Allez, bises !