Leah Remini – Scientology and the Aftermath – Saison 2 – Episode 11

Dans cet épisode, Mike, Leah et son amie d’enfance Chantal Dodson, s’entretiennent avec Ramina, la mère de Chantal. Ramina révèle qu’au bout de 42 ans dans la secte, elle a décidé de la quitter après avoir regardé bon nombre d’épisodes de l’émission de Leah. Par ailleurs, quelques participants à la saison 1 racontent l’impact que l’émission a eu sur leur vie. Cet épisode est en anglais.

 

Leah Remini – Scientology and the Aftermath – Saison 2 – Episode 10

Dans cet épisode, Leah s’entretient avec deux de ses amies d’enfance, Chantal Dodson et Sherry Ollins. Toutes les trois évoquent, sans langue de bois, les expériences communes qu’elles ont vécues en scientologie durant leur adolescence. Cet épisode est en anglais.

 

Leah Remini – Scientology and the Aftermath – Saison 2 – Episodes 8 et 9

L’épisode 8 de la saison 2 traite du « plus grand bien ». Deux femmes qui, enfants, ont été abandonnées par leurs parents témoignent.

* * * * * * * * *

L’épisode 9 de la saison 2 est consacré à l’aspect financier de la scecte et démontre qu’il ne s’agit pas d’une religion mais d’un business. Mat Pesch, ancien cadre responsable des finances à Flag et Jeffrey Augustine, mari de Karen de la Carrière, décortiquent les mécanismes mis en place par la secte pour inciter les scientologues à cracher au bassinet et les empêcher de récupérer leur argent s’ils décident de se faire rembourser (comme le démontre Luis Garcia, en procès avec la scientologie depuis 5 ans). Cet épisode est en anglais.

Leah Remini – Scientology and the Aftermath – Saison 2 – Episode 3

Deuxième saison de la série de Leah Remini qui vient d’être récompensée par la Television Crtics Association et nominée aux Emmy Awards. L’épisode 3, intitulé The Perfect Scientology Family est consacré à la famille scientologue « idéale » – autrement dit une famille qui applique la déconnexion à la lettre lorsque l’un de ses membres quitte ou critique la scientologie. Cet épisode est en anglais.

Leah Remini – Scientology and the Aftermath – Saison 1 – Episode 1

Salut à tous !

Après un break prolongé, le blog est de retour. En effet, il s’est produit tellement de choses depuis un an qu’il devenait de plus en plus difficile de les passer sous silence.

L’événement le plus marquant de 2016 a bien sûr été la diffusion de la série de Leah Remini, Scientology and the Aftermath (littéralement : L’après-scientologie), dont les 10 épisodes ont été diffusés en fin d’année par la chaîne de télévision A&E. Avec une moyenne de près de 2 millions de spectateurs, cette série est l’un des plus gros succès de la chaîne qui vient de commander une deuxième saison.

La série a provoqué une formidable tempête médiatique aux Etats-Unis et, avec l’annonce d’une deuxième saison, les oreilles de la Scientologie ne sont pas près de s’arrêter de siffler.

Espérons qu’une chaîne française achètera la série et la diffusera cette année.

Voici le premier épisode. Il est en anglais. De temps en temps il est coupé par des pubs (très courtes). Après ces pubs, il est parfois nécessaire de remettre le son.

La première partie de cet épisode est consacré au parcours de Leah en Scientologie et aux raisons pour lesquelles elle a fini par quitter la secte. La seconde partie aborde la « déconnexion » en racontant l’histoire d’Amy Scobee qui a été recrutée à l’âge de 16 ans par la Sea Org, laquelle a forcé les parents d’Amy à rompre les liens avec elle quand, après plus de 20 ans d’esclavage, elle a claqué la porte de la secte.

Enjoy.

 

Autodestruction

J’avais publié cet article en juin 2013 et il est plus que jamais d’actualité. Aujourd’hui la scientologie agonise. Elle est sous respiration artificielle grâce à une centaine de donateurs millionnaires. Flag, les orgs et les missions sont vides. Miscavige s’en est assuré en se débarrassant de tous les scientologues qui pensaient par eux-mêmes et avaient la prétention de vouloir exercer leur libre-arbitre. Si des scientologues lisent cet article, ils savent ce qu’il leur reste à faire.

* * * * *

Il y a quelque jours, Mike Rinder a publié une enquête sur les excommunications de l’église au cours des dix dernières années. Les questions étaient les suivantes :

Comment avez-vous appris que vous étiez excommunié (déclaré) ?

–       Par un ami/une connaissance (rumeur circulant sur vous)

–       Verbalement, par un officiel de la scientologie

–       Par une lettre de l’église de scientologie

–       Par une déclaration officielle de l’église de scientologie comme quoi vous étiez suppressif (SP declare)

–       Autre

Nombre d’années en scientologie

Niveau d’audition

Niveau d’entraînement

Niveau d’entraînement administratif

Nombre d’années dans la Sea Org

Nombre d’années comme employé d’une org ou d’une mission

Mike Rinder a reçu 200 réponses et publié aujourd’hui les premiers résultats.

Voici donc le profil d’un excommunié de l’Âge d’Or des SP :

28 ans en scientologie : Actuellement, un SP excommunié a passé en moyenne 28 ans en scientologie. Il s’agit donc de quelqu’un qui savait ce qu’était la scientologie AVANT que Miscavige n’assoie son pouvoir. Si vous avez 28 ans de scientologie ou plus, vous êtes dans la catégorie de ceux qui ont le plus de chances d’être excommunié.

10 ans en tant que membre du personnel : C’est le nombre moyen d’années pour une personne excommuniée. Si vous travaillez comme membre du personnel depuis 10 ans ou plus, vous êtes probablement un SP « du nouvel âge ». Excommuniez-vous vous-même pour éviter au dictateur la tâche pénible d’avoir à le faire.

Clairs ou OT : Accrochez-vous, 71% des SPs excommuniés sont clairs et OT. 50% sont OT et 38% sont OT V ou au-dessus.

Auditeurs entraînés : 66% des SP déclarés sont des auditeurs entraînés, niveau 0 ou au-dessus. Si on inclut les personnes qui se sont co-auditées et celles qui ont audité avec un livre (Livre Un, Auto-analyse), on arrive à 72%. Parmi, ces auditeurs, il y a des Classe V grad’, des Classe VI et des Classe VIII. 21% sont Classe V Grad’ ou au-dessus.

Entraînement administratif : 72% des SP déclarés ont fait le Staff Statut II ou au-dessus. Sur les 200 réponses reçues, 14 SP déclarés ont fait l’OEC/FEBC et 13 autres le cours d’évaluateur des Data Series.

La statistique la plus parlante est celle du pourcentage de SP déclarés qui ont été membres du personnel : 83% d’entre eux ont travaillé dans une org, dans une mission ou dans la sea org, soit 167 personnes sur 200.

Sur les 200 personnes qui ont répondu à cette enquête, seules 32 ont reçu une déclaration SP officielle par écrit. Donc, si vous êtes excommunié, vous avez 16% de chances d’en être informé officiellement. Les 84% restants sont donc privés de tout recours et resteront excommuniés ad vitam æternam.

8,5% des personnes excommuniées en ont été informées par une lettre de l’église leur disant simplement qu’elles étaient déclarées et 11,5% en ont été informées verbalement par un officiel de l’église.

Autrement dit, 64% des personnes déclarées n’en ont jamais été informées par l’église et ont appris leur excommunication par un ami, un membre de la famille ou une connaissance (qui ont, bien sûr, immédiatement coupé les ponts).

Et dire que l’église se targue d’avoir le système de justice le plus avancé du monde…

Beaucoup de scientologues sont au courant de ces violations fondamentales des droits de l’homme au sein de leur église. Mais ils ne font rien. Ils ont trop peur des conséquences et, ce faisant, ils tuent la scientologie en tant que SUJET.

L’unique façon de mettre fin à cette pratique immonde, c’est de continuer à faire pression sur l’église et ses paroissiens pour qu’ils la bannissent à jamais car c’est la seule arme dont dispose le dictateur pour les contrôler.

Désarmons Miscavige !

______________________________________________________

Sur son blog, David St Lawrence a publié une lettre d’un membre du personnel d’une org américaine concernant les excommunications.

En voici un extrait :

Cette photo montre les ordres de déclaration (excommunication) reçus par mon org au cours des six derniers mois. Ce dossier fait plus de 300 pages.

Cela fait 4 ans que ça dure – au même rythme.

Grosso modo, ça fait 2500 personnes qui ont été excommuniées (déclarées) sur papier.

En admettant qu’il y a actuellement 40 000 scientologues actifs dans le monde, ça nous fait 6% de scientologues excommuniés perdus par l’église au cours des 4 dernières années.

J’ai remarqué que pour chaque scientologue déclaré dans mon org, 3 autres scientologues disparaissent dans la nature. (…)

Donc, ça fait 18% de scientologues supplémentaires qui ne sont plus là. (…)

A ce rythme, d’après mes calculs, si l’église perd 24% de ses paroissiens tous les 4 ans, il n’y aura plus personne dans 12 ans.

(…)

______________________________________________________

Un article de Mike Rinder décrypte le nouveau système d’excommunication mis en place par le dictateur.

Avant, lorsque’un paroissien était excommunié, on affichait une feuille jaune (goldenrod) dans un endroit public de l’org ou de la mission afin de prévenir les paroissiens qu’un tel ou une telle avait commis des crimes qui avaient conduit à son exclusion. On y donnait tous les détails avec des preuves. Le paroissien excommunié recevait une copie de cette déclaration.

C’est désormais de l’histoire ancienne.

Comme le nombre de paroissiens mécontents qui quittent l’église augmente exponentiellement, il ne saurait être question d’afficher chaque semaine les excommunications car les paroissiens pourraient se demander pourquoi tant de gens sont soudain devenus « suppressifs ».

Donc, maintenant on excommunie en cachette. Si un paroissien demande pourquoi on ne voit plus un tel ou une telle depuis quelques mois, il lui est répondu que la personne a été excommuniée. Si le paroissien veut savoir pourquoi, on le convoque dans un bureau et on lui montre la feuille jaune du paroissien excommunié où sont énumérés tous ces « crimes » – souvent des généralités qui n’ont jamais été prouvées, du genre : « Il a rejoint un groupe d’apostats » ou « Il s’est ouvertement opposé au management en le dénigrant. » Ces déclarations se ressemblent toutes. C’est toujours plus ou moins le même texte. Seuls le nom de l’excommunié et la date changent.

Il arrive que le paroissien excommunié soit prévenu qu’il est désormais « suppressif », sous la forme d’une lettre avec l’en-tête : Senior Hubbard Communications Office. Dans cette lettre, le Justice Chief annonce à la personne qu’elle a été excommuniée pour les crimes surlignés dans la pièce jointe (HCOPL 7.3.1965RB I, republiée le 4.11.2001). Voir ci-dessous.

Là aussi, il s’agit juste de généralités. On surligne des crimes en jaune, mais on ne précise JAMAIS ce que la personne a vraiment fait, quand elle l’a fait, où elle l’a fait, etc, chose qu’Hubbard demande expressément dans la HCOPL du 2 juin 1965 – Comment écrire un ordre d’éthique.

When writing an Ethics Order, don’t ARC Break its readers by leaving out the data. Don’t create a mystery. Example of Wrong phrasing: “Woody McPheeters is declared a Suppressive Person. He stopped a student from coming on course.” That leaves out all the data. Leaves questions – Where did it happen? Is it in our area? What did he do? Who did he do it to? What’s the evidence? Correct Example: “WOODY McPHEETERS in Baltimore, U.S.A. is declared a Suppressive Person. On (date) he discouraged Fred Fairchild from taking the Saint Hill Course by writing to him lies about the course, well known by said McPheeters to be false statements. Evidence: Letter from McPheeters dated – – to – – now available in Ethics Files….
Don’t be unspecific or you leave people in a huge mystery. Ethics Orders are supposed to run group engrams out, not in!
Always put in what you know, nothing you don’t know, and only what you have evidence or witnesses for. Ethics Orders are issued on real data, not opinion.

Dans la lettre ci-dessus envoyée à la personne excommuniée, on lui dit qu’elle peut faire les étapes de A à E pour réintégrer l’église et que la seule personne à qui elle peut s’adresser, c’est le International Justice Chief. Autrement dit, elle n’a plus le droit de communiquer avec les scientologues tant qu’elle n’a pas fait les étapes de A à E.

Cette façon de « rendre la justice » sans jamais exiber la moindre preuve nous renvoie aux heures glorieuses de mouvements totalitaires comme le stalinisme, le nazisme ou le maosime. On condamne arbitrairement sans aucune forme de procès.

Aux USA, cette pratique étant « religieuse », elle est difficilement attaquable.

En France, par contre, elle pourrait tomber sous le coup de la loi car ce n’est rien d’autre qu’une forme d’ostracisme. Qu’attend notre chère République, prétendu pays des droits de l’homme, pour mettre son nez là-dedans ?

Déconnexion = Discrimination

Voici un billet très intéressant sur la déconnexion signé Marie-Antoinette. Partagez-vous son point de vue ?

* * * * *

Il me semble utile de revenir sur la déconnexion en Scientologie qui a causé bon nombre de familles désunies, d’amitiés brisées, d’associations détruites.

Voici ce qu’en dit un site de relation publique de l’Eglise de Scientologie :

http://www.la-scientologie.fr/deconnexion/

Si un individu qui tente d’améliorer sa vie par la Scientologie se heurte à l’opposition acharnée d’une personne de son entourage, sa progression spirituelle est freinée.

Dans la majorité des cas, l’antagonisme naît de fausses informations sur la Scientologie, et rétablir la vérité met fin à cette situation. En dernier recours, lorsque toutes les tentatives pour régler la situation ont échoué, le scientologue peut décider de se séparer de cette personne jusqu’à ce que l’antagonisme prenne fin.

Une personne qui se sépare ne fait qu’exercer son droit de communiquer ou de ne pas communiquer avec une personne précise. C’est l’un des droits les plus fondamentaux de l’homme. Les membres des autres religions s’en servent depuis le début des temps lorsqu’ils se heurtent à ceux qui s’opposent systématiquement à la pratique de leur religion. Les Témoins de Jéhovah et les Amish pratiquent la ségrégation (une forme de déconnexion) et ce droit leur a été reconnu par de nombreux tribunaux aux Etats-Unis. Certaines congrégations juives orthodoxes pratiquent une forme extrême de déconnexion en mimant l’enterrement des membres apostats. La déconnexion de la Scientologie n’est ni nouvelle ni étrangère à l’histoire des religions.

Pour compléter ce qui est dit là, j’ajouterais l’excommunication catholique mais qui est cependant une pratique qui est tombée en désuétude mais qui fut par le passé une arme utilisée par le clergé catholique pour vaincre la dissidence. Tout à fait à la manière actuelle de l’Eglise de Scientologie.

Cette idée de déconnexion est introduite vers 1965. C’est un principe technique au départ. Si vous êtes connecté avec quelqu’un qui a des intentions contraires aux vôtres et qui perpétuellement vous opprime, pour récupérer votre liberté, vous pouvez déconnecter de cette personne.
Par exemple vous tenez à faire quelque chose et une personne de votre entourage veut vous décourager, vous invalide etc… Au bout d’un moment vous ne voulez plus le voir et vous le fuiez. Quoi de plus naturel ?

C’est à partir de là qu’est forgé le concept de « personne suppressive ». C’est le genre de pisse-froid qui veut vous empêcher de vous éclater comme vous voulez.
En 1965 la sciento est un truc moderne, et les anti sont de vieux réacs. Souvent le jeune scientologue (de l’époque des Beatles) est en révolte. Le baby boomer en pleine explosion. Les parents, profs etc… sont des vieux cons encore en noir et blanc avec chapeau, manteau, gros croquenots, chaussettes pendouillantes et haleine de chiotte. Coincés de partout, réfractaires à toute idée un peu nouvelle. La fameuse « middle class » (les « pigs » chez les hippies).
Ainsi naît le « suppressif ». A hostilité cachée (ou ouverte) sur l’échelle de ton, il fait perdre ses gains au pauvre préclair qui commence à faire des montagnes russes, du fait des invalidations du suppressif.  Et comme l’activité principale du suppressif est de stopper, on détermine qu’il est coincé sur la piste de temps essayant d’arrêter un incident qui est en train de le submerger. Plutôt intéressante comme idée.

Puis, la déclaration de suppressif devient plus politique, et touche plus ceux qui deviennent personna non grata par rapport à Hubbard ou certains dirigeants de l’église. Ça devient, d’après les policies, obligatoire de déconnecter de telles personnes. La déconnexion est née. Elle devient vite très impopulaire, générant beaucoup de problèmes. En 1968, dans son « code de réforme » Hubbard annule la déconnexion.

Et cette pratique disparaît de la scientologie qui vit dans les années 70 de très belles années de réelle expansion. Pour ceux qui sont arrivés dans les années 70, la notion de déconnexion n’a aucun sens. Elle est obsolète, passée, inconnue. Par contre, certains même se plaignent de n’avoir pas eu le droit de déconnecter de gens qu’ils ne pouvaient plus supporter. On les incitait à « manier », « mettre de l’ARC ». Il est vrai que des situations ultra tendues pouvaient se désactiver en cessant de créer de l’antagonisme, et en mettant de l’ARC. On est dans la résolution standard des situations PTS et ça marche bien. Le fait d’accorder l’être est l’élément principal.

En 1982, on expérimente une sorte de coup d’état. Hubbard n’est plus au poste de commandement. Une nouvelle structure appelé RTC (Religious Technology Center) coiffe l’église. Cette nouvelle structure est dirigée par le jeune David Miscavige (20 ans à l’époque), Pat Broeker et une nouvelles junte (qui sera par la suite décimée par Miscavige…)  Guillaume Lesèvre, Ray Mithoff, Vicky Aznaran, Marc Yager et Heber Jentzsch … s’emparent du pouvoir et virent les scientologues historiques qui étaient aux commandes : David Mayo classe XII, senior CS international, Marie Sue Hubbard femme de Ron et patronne du Gardian Office, Bill Robertson classe VIII, capitaine de la Sea Org qui avait ouvert la plupart des organisations avancées (en particulier Copenhague). Et de nombreux autres sont virés de la Sea Org, sans compter la destruction du réseau des missions qui sont ignoblement rackettées et mises sous coupe franche.

Mayo et Robertson crient au scandale, à la prise de pouvoir par des fascistes et créent des structures indépendantes de l’église pour délivrer la sciento : le Advanced Ability Center et la Ron’s Org.

Miscavige voit ses clients fondre comme neige au soleil. Les « rebelles » se passent le mot. RTC doit stopper l’hémorragie.
Dans de telles situations, il y a toujours le bâton et la carotte.
La carotte : fin 1982, une nouvelle charte de gradation est publiée promettant des niveaux d’OT de VIII à XV, que bien sûr ne possède pas la dissidence. Ni l’église apparemment. 32 ans plus tard, personne n’a jamais vu ces fameux niveaux d’OT. Miscavige n’a fait qu’inventer des prérequis inatteignables (toutes les orgs ST Hill size, toutes les orgs idéales) pour être sûr de ne jamais avoir à délivrer ces niveaux qui n’existent sans doute pas.

Ces niveaux étant la carotte, voyons le bâton, et venons-en à notre propos. On fait des déclarations SP à tour de bras. Et pour empêcher la contagion de la dissidence, il faut réinstaurer la déconnexion. Si les gens peuvent communiquer, c’est la fin. La scientologie s’est transformée en dictature totalitaire.
Le 10 septembre 1983 sort le HCOB « PTS ness and Disconnection ». Si vous avez fait le cours SP PTS et que vous ayez conservé votre pack, vous avez ce texte à portée de la main. Tout d’abord, il est question du droit de communiquer et de ne pas communiquer. Avec beaucoup de malignité, l’auteur du texte établit une relation avec des fondements, mais on sent qu’il a une idée derrière la tête. C’est au niveau des exemples que son intention se dévoile quand il glisse subrepticement l’idée que l’on doit déconnecter d’un groupe ou d’un individu déclaré suppressif par HCO. En fait, le seul but du texte est de faire digérer ce passage. Relisez le bulletin, vous verrez c’est enrobé dans quelques lieux communs pour faire avaler la pilule comme une loi fondamentale.

Je reproduis le passage et vous verrez qu’il n’est plus question de liberté de communiquer ou de ne pas communiquer mais bel et bien l’ordre explicite de déconnecter, avec lettre de déconnexion vérifiée par « l’officier d’éthique ».

« Un préclair est connecté à une personne ou un groupe qui a été déclaré suppressif par HCO dans un ordre d’éthique publié. Il doit déconnecter et, s’il veut en informer le SP, il peut écrire une lettre de déconnexion. Une telle lettre est très directe. Elle informerait de la déconnexion ainsi que de la raison. Elle ne serait pas émotionnelle ou accusative, ça ne servirait qu’à créer plus d’antagonisme. La lettre serait inspectée par l’officier d’éthique avant qu’elle soit envoyée, et des copies seraient gardées dans les dossiers d’éthique et de préclair de la personne. Aucune tentative ne serait faite pour communiquer avec le SP pour « clarifier les choses » ou essayer de l’amender. Amender le SP se trouve strictement entre les mains de HCO. Le PTS simplement déconnecte. »

Avant ce passage, le début du bulletin est plein de belles paroles sur le droit de communiquer ou de ne pas communiquer, pour finalement imposer la règle que je viens de citer. Ce genre de tactique 1,1 ne ressemble pas à Hubbard. Et d’après le témoignage suivant, il semblerait que ça ne soit pas Hubbard qui ait écrit « PTS ness and Disconnection », mais un certain Vaughn Young, qui a travaillé pour l’église qui déclare devant une court qu’il a agi sur l’ordre de David Miscavige et a écrit lui-même le texte :http://www.forum.exscn.net/showthread.php?19203-%93Earlier-disconnection-as-a-condition-was-cancelled-quot

Rien ne prouve que Vaughn Young ait dit la vérité, mais rien ne prouve non plus qu’il ait menti. Seule la production d’un document écrit de la main de LRH et rigoureusement authentifié pourrait lever le doute.

En tout cas, écrite ou non par Hubbard : « PTS ness and Disconnection » est une policy officielle de l’église. Ainsi qui pourrait dire, à l’instar de Tommy Davis, que la déconnexion n’existe pas ?

De la même manière, le petit texte de relation publique, cité au début, développe l’idée que la déconnexion est liée à l’histoire des religions .

Mais que citent-ils pour prouver la légitimité religieuse de la déconnexion ? Des groupes auxquels personnes en France ne voudrait être identifié, connus pour être rétrogrades (pardon si j’ai l’air de nourrir des préjugés). Ils citent des religions aux pratiques sectaires, l’extrémité de leur sectarisme étant des règles de ségrégation, c’est à dire d’atteinte aux droits de l’homme ! Celui qui a écrit cela a desservi sa cause. Mais peut-être n’était-ce qu’un avocat conservateur américain qui ne pensait qu’en terme de jurisprudence.

En 2009, une nouvelle crise de dissidence éclate. Les premiers rebelles sont Marty Rathbun (ex n°2 de RTC, co-acteur avec David Miscavige de la reconnaissance en 1993 par l’IRS)  et Mike Rinder (ex patron d’OSA int). Tous deux ont cotoyé David Miscavige d’extrêmement près, et ils témoignent du « hole » (le “trou”, la prison dans laquelle sont enfermés les “execs” en disgrâce), des accès de violence verbale et physique de leur patron, et de la façon dont il a pris le contrôle absolu et total de l’église. Nombre de Scientologues qui ont vécu des expériences similaires leur emboîtent le pas. Célébrités et Scientologues de haut nom rejoignent la dissidence. On ne fait plus de déclaration suppressive, en tout cas on ne les envoie plus au « coupable » pour éviter des poursuites en diffamation (ce n’est plus les policies de Hubbard qui sont appliquées mais les recommandations des avocats). Par contre la déconnexion marche à plein régime.

Et pour ceux qui l’ont expérimenté, elle emporte des membres de leur famille qui ne leur parleront plus jamais. Un mécanisme subtil étant que les gens qui pratiquent la déconnexion et qui ne peuvent ni avouer, ni s’avouer qu’ils appliquent simplement la policy, finissent par rechercher dans le caractère de celui ou celle dont ils ont déconnecté, des défauts prouvant qu’il était vraiment suppressif et qu’ils ne s’en étaient pas rendu compte. Pour que leur décision de déconnecter puisse apparaître comme auto-déterminée.

La règle sur la déconnexion est complètement en contradiction avec l’esprit fondamental de la Scientologie et  contrevient aux lois en vigueur sur la discrimination religieuse.

En effet, la déclaration de personne suppressive et la déconnexion est un exemple d’ostracisme parfait. L’apostat peut ainsi être privé de ses amis, de son travail et de sa famille.

Imaginez ce que dirait l’Eglise de Scientologie si des gens déconnectaient des scientologues, les privaient de leur famille et de tout soutient par un règlement édicté par le gouvernement en lutte contre les « sectes ». Obligeant les familles à abandonner leurs membres scientologues. L’église de Scientologie et ses membres porteraient plainte pour discrimination religieuse, et feraient remonter ça jusqu’aux instances européennes. Ils se plaignent déjà de subir des procès en sorcellerie (ce qui est quelquefois vrai). Mais aucun cas de discrimination organisée et élevée au rang de règlement n’a été signalé en France, en tout cas pas à ma connaissance. Et la France est le pays du monde dans lequel la Scientologie est le plus attaquée.

Ce qui veut dire que la discrimination organisée, et réglementée par l’Eglise de Scientologie dans sa forme actuelle, est sans commune mesure avec  celle qu’elle subit.

Il n’y aucun exemple notable en France de quelqu’un qui sur l’ordre de l’état (oui, une instance officielle comme l’église autrement ça ne se compare pas) aurait été privé de sa famille, de son travail ou de ses amis parce qu’il était scientologue.

Par contre, on pourrait citer des dizaines d’exemples de familles déchirées, d’amitiés détruites, d’associations rompues, relatées avec la pratique de la déclaration de personne suppressive et de la déconnexion.

Du rififi à Clearwater

Une série de conférences sur les dérives de la scientologie aura lieu à Clearwater du lundi 5 mai au vendredi 9 mai, Les écrivains Russell Miller et John Sweeney prendront la parole, ainsi que des ex-scientologues tels que Chris Shelton (ex-Sea Org) ou Geir Isene (OT VIII), sans oublier Jamie DeWolf, arrière-petit-fils de L.Ron Hubbard.

Seront abordés des sujets tels que la déconnexion, Fair Game, les violences et les conditions de travail inhumaines dans la Sea Org, les levées de fonds abusives de l’IAS, les magouilles qui ont permis à la scientologie d’obtenir, aux Etats-Unis, le statut de religion et l’exemption fiscale en 1993, les opérations d’espionnage et de persécution orchestrées par le GO et OSA, la mort tragique, à Flag, de Linda McPherson en 1995, ou encore les dérives de Narconon.

Cette série de conférences, appelée « Flag Down 2014 » promet d’être explosive et pourra être suivie en streaming ici.

Le site « Flag Down 2014 » fournit le programme des festivités aisni qu’une courte biographie de chacun des intervenants. Il a également mis en ligne un info pack très complet qui est téléchargeable ici.

Ces conférences seront suivies par le Tampa Bay Times.

OSA Flag va avoir du pain sur la planche.

* * * * *

« The Scientology Money Project », le site de Jonathan Swift, mérite toute votre attention.

Son guide illustré de l’église de scientologie vaut le détour.