Leah Remini – Scientology and the Aftermath – Saison 2 – Episode 6

L’épisode 6 de la saison 2 est consacré aux célébrités scientologues. Paul Haggis, scénariste et producteur oscarisé, est l’une des premières célébrités à avoir ouvertement quitté la scientologie. Il témoigne et exhorte les célébrités scientologues à ouvrir les yeux et à dénoncer les abus de la secte. Cet épisode est en anglais.

Leah Remini – Scientology and the Aftermath – S02E06 – The Betrayal of Paul Haggis

Leah Remini – Scientology and the Aftermath – Saison 2 – Episode 2

Deuxième saison de la série de Leah Remini qui vient d’être récompensée par la Television Crtics Association et nominée aux Emmy Awards. L’épisode 2, intitulé The Ultimate Failure of Scientology est consacré au suicide de deux scientologues . L’épisode vient juste d’être diffusé. Il est en anglais.

 

Arnaque idéale

La semaine dernière, le Boston Globe publiait un article sur l’Hotel Alexandra acheté en 2008 par la scientologie et censé devenir « l’org idéale » de Boston. Six ans plus tard, le bâtiment tombe en ruine et les représentants locaux de la scientologie avouent ne pas avoir les fonds nécessaires pour commencer les rénovations. Dans un billet posté hier, Mike Rinder fait toute la lumière sur cette affaire.

Tout commence lorsque les dirigeants de l’org de Boston, laquelle occupait un grand bâtiment bien situé, reçoivent l’ordre de le vendre afin de couvrir l’achat de la future org idéale. Un acheteur leur fait une offre de 20 millions de dollars. En haut lieu, le prix est jugé insuffisant et la vente ne se fait pas. Arrive le crash financier et immobilier et les voilà obligés de brader l’immeuble 12 millions. Mais comme ils avaient déjà signé la promesse d’achat de l’Hotel Alexandria, un bâtiment certes beaucoup plus grand mais complètement délabré, il ne leur restait plus un cent pour effectuer les rénovations. Résultat : ils ont perdu un très bel immeuble qui leur convenait parfaitement et ils occupent actuellement des locaux minables dans la petite ville voisine de Quincy en attendant que l’Hotel Alexandria soit remis à neuf et opérationnel ce qui ne semble pas près d’arriver.

Mais s’il n’y avait que Boston. On ne compte plus les bâtiments qui ont été achetés avec l’argent des scientologues et qui sont en attente de rénovation alors que Miscavige annonce régulièrement leur ouverture prochaine à grands coups de vidéos tape-à-l’œil : Chicago, Philadelphie, Detroit, Battle Creek, Kansas City, Vancouver, Montréal, Albuquerque, Atlanta, Birmingham, Manchester, Sunderland, Auckland, Plymouth, Capetown, Durban, Bulawayo, Harare, Zürich, Bâle, San Diego, New Haven, Copenhague, St Louis et Cagliari.

Quant aux orgs idéales opérationnelles, elles sont toutes désespérément VIDES. Dallas n’a plus les moyens de payer ses factures d’eau et d’électricité et tente de négocier un deal avec les fournisseurs en faisant valoir qu’elle est une « église ». Berlin a mis ses ascenseurs hors service (ça leur coûtait trop cher) et n’a plus le téléphone (lignes coupées). Denver loue ses dizaines de places de parking les jours de match (l’org est située tout près du stade de base-ball). Minneapolis loue sa salle de théâtre. Bruxelles n’est plus qu’une coquille vide et n’allume plus les lumières que dans quelques pièces. Même chose à Malmö (en Suède).

Mais l’exemple le plus frappant de l’échec de la « stratégie » des orgs idéales, c’est l’org de Valley (en Californie). Elle se vante de posséder la plus grande concentration de scientologues dans le monde. Cela fait des années que le management international et local pompe ses paroissiens sans répit. Jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année, on leur demande toujours plus pour que « l’org idéale la plus importante du monde » voie le jour. Et après 10 ans de collectes de fonds, il manque encore 8 millions de dollars. La plus grande concentration de scientologues au monde n’arrive même pas à cracher quelques millions de dollars. Combien de temps va-t-il s’écouler avant que Miscavige se décide à mettre la main à la poche et aide Valley à concrétiser « la vision de Ron » ?

Ci-dessous, le dernier « briefing » de Valley. C’est pathétique. Une quarantaine de scientologues « déterminés » et « enthousiastes » manifestent leur joie d’avoir presque atteint l’objectif de ne plus avoir que 8 millions de dollars à débourser. Quarante gogos idéaux. Et ce, dans la région qui a la plus forte concentration de scientologues au monde.

S’il y a encore en France et en Europe des scientologues qui donnent de l’argent pour cette méga arnaque appelée « orgs idéales », ils feraient peut-être bien de consulter un psy.

Chimères

Un correspondant m’a envoyé cette pub de SEL (Scientologie Espace Librairie) en me faisant remarquer que les scientologues « vivent vraiment dans une bulle mégalo ».

Bien dit.

Les orgs, idéales ou non, et les missions sont vides et ont du mal à joindre les deux bouts, les procès contre la scientologie et ses satellites tels que Narconon s’accumulent et coûtent des dizaines de millions de dollars, le nombre de clairs et d’OT que la secte produit chaque semaine est au plus bas, Super Power est un bide (à peine un millier de personnes l’ont terminé depuis son lancement il y a près d’un an), GAT 2 est un fiasco (les auditeurs en ont marre de tout devoir réétudier et la plupart ont jeté l’éponge), mais à part ça, tout va bien – à tel point que SEL nous assène une citation de LRH qui n’a absolument rien à voir avec la réalité et qui est évidemment destinée aux quelques adeptes lobotomisés qui n’ont pas encore quitté le navire.

Le réveil sera vraiment dur pour eux lorsque la bulle dans laquelle ils se sont enfermés éclatera.

Le grand n’importe quoi

A peine m’étais-je préparé à passer un été tranquille et créatif que bing ! Mike Rinder publie un billet qui m’a fait hurler de rire. La bêtise et l’aveuglement des scientologues radicaux ne connaîssent apparemment pas de limites.

Ci-dessus (cliquez sur l’image), un OT V parle des gains qu’il a eus en refaisant le Purif  :

En tant qu’OT V, j’ai fait des gains avec le nouveau Purif standard et j’ai résolu des problèmes physiques que mon audition passée n’avait pas réussi à résoudre malgré mes efforts.

Autrement dit, toute son audition passée, y compris NED, OT IV et OT V n’a servi à rien. Il a fallu qu’il refasse le Purif (qui maintenant est enfin standard – merci COB) pour résoudre certains problèmes physiques.

Mes perceptions ont augmenté, ma vision et ma conscience de l’espace se sont améliorées et mon niveau de ton a monté.

Chaque fois qu’un scientologue termine un niveau quelconque d’audition, c’est le genre de généralité qu’il vous sortira dans ses lettres de succès. Son niveau de ton a monté, annonce-t-il. Il ne dit pas jusqu’à où. Apathie ?

Ce Purif a résolu des charges que mes précédents Purifs n’avaient pas réussi à atteindre, dont une restimulation d’anesthésie générale qui était active depuis 30 ans.

Ici, nous apprenons que Ben a fait plusieurs purifs et qu’il était restimulé depuis 30 ans malgré toute l’audition qu’il a reçue. Autrement dit, Ben annonce joyeusement au monde que la scientologie ne fonctionne pas et qu’elle est une perte de temps.

Pour finir, il remercie le C/S et le Purif I/C mais omet de remercier COB pour lui avoir fait recommencer le Pont à zéro. Ben est un ingrat.

Comment se fait-il que les scientologues, lorsqu’ils lisent ce genre de lettre de succès, ne se posent pas la moindre question ?

Leur QI a-t-il tellement baissé qu’ils ne sont plus capables du moindre raisonnement logique ? Ou bien étaient-ils déjà irrécupérables avant même de commencer la scientologie ?

Allez, bonnes vacances.

A côté de la plaque !

Ces trois messages envoyés par l’org de Paris (Association Spirituelle de l’Eglise de Scientologie d’Île-de-France) en disent long sur l’état hallucinatoire dont souffrent  les scientologues radicaux. (Cliquez sur les images pour les agrandir.)

Une vie de couple heureuse en scientologie alors que l’on y détruit les familles ? Hum… Cherchez l’erreur.

« On peut y faire quelque chose. » (Traduction littérale de « Something can be done about it ».) Ce slogan à la syntaxe approximative encourage les scientologues à promouvoir la tech en appuyant sur des boutons « sociaux ».  Le problème, c’est que l’impact de la scientologie est proche du zéro absolu et que sa tech coûte la peau des fesses.

Et, pour finir, un message du médaillé de l’IAS, Frédéric Grossmann datant d’il y a deux ans.

« L’IAS constitue le seul vrai espoir d’apporter un changement sur cette planète. » Non, monsieur Grossmann, l’IAS ne fait RIEN pour cette planète. Depuis 30 ans que l’IAS existe, son impact sur la planète est nul. L’argent de l’IAS sert principalement à payer les avocats de l’église et à acheter le silence de ceux qui pourraient révéler les vilains secrets de la scientologie et de son chef suprême, David Miscavige. Réveillez-vous, monsieur Grossmann !

Une scientologue cherche un nouveau corps pour sa mère décédée

Mike Rinder vient de mettre en ligne un article qui laisse pantois. En voici les grandes lignes :

Une scientologue américaine vient de publier l’annonce ci-dessous sur Facebook (cliquez sur l’image pour l’agrandir). Vous trouverez la traduction sous l’annonce.

« Quelqu’un attend-il un heureux événement ? Ma maman cherche un nouveau foyer. Cela me gêne de demander ça, mais j’ai pensé que je pouvais l’aider. Elle a quitté son corps le jour de la Saint Patrick il y a quatre jours. Je serais vraiment ravie de la voir aller dans une famille scientologue heureuse et aimante dans sa prochaine vie. C’est quelqu’un de très maternel, de très affectueux et de très capable. Toute communication sur le sujet est la bienvenue. La cérémonie pour célébrer sa mémoire se tiendra le 26 mars dans le Colorado. Ce sera fabuleux de l’avoir avec nous là-bas à ce moment-là et, bien sûr, après la cérémonie, elle aura besoin d’être proche de sa nouvelle famille. Je vis à Clearwater mais je viens du Colorado où se déroulera la cérémonie. Merci de répondre ici à ma requête. »

Cette annonce délirante est la preuve que les scientologues intégristes ont perdu tout sens des réalités. Franchement, il vaut mieux éviter de publier ce genre d’annonce sur Facebook sous peine d’être la risée du Web.

Cette femme est persuadée que le salut de sa mère réside dans la scientologie et, par conséquent, dans le fait d’appartenir à une famille de scientologues. Au lieu de la laisser choisir, elle veut la « guider » car elle SAIT que la scientologie est la seule solution. Comme toujours, chez les scientologues intégristes, on impose des réalités et on est persuadé d’avoir la science infuse.

Comme le fait remarquer non sans humour Mike Rinder, cette femme a-t-elle pensé aux conséquences ? Admettons que la défunte prenne un nouveau corps dans une famille de scientologues. Eh bien, dès sa naissance, elle sera en butte à d’incessantes invalidations et évaluations parce que ses nouveaux parents « sauront » qui ce bébé a été dans sa vie précédente. Chaque fois qu’il émettra un rot, les parents s’extasieront : « Ouah ! Lucette faisait exactement les mêmes sons dans sa dernière vie ! » Un peu plus tard, les parents demanderont à l’enfant : « Tu te rappelles de nous ? On est les amis de ton ex-fille et on venait souvent prendre le thé chez toi ? » Ou encore : « Tu te rappelles la maison où tu vivais ? » Ou bien, quand l’enfant est couché : « Il a même façon de beurrer ses tartines que Lucette. »

Bien entendu, dès sa naissance, ses nouveaux parents lui paieront une carte de membre à vie de l’IAS. Quand l’enfant sera un peu plus grand, ils l’emmèneront à la morgue idéale de leur ville pour les soirées de collectes de fonds et le mettront sur des cours de base dès qu’il sera en âge de lire et écrire. Et s’ils sont vraiment très intégristes, ils en feront cadeau à la Sea Org à l’entrée de l’adolescence et ruineront définitivement sa vie.

J’ai rencontré des scientologues qui étaient plus ou moins persuadés que tel enfant était la réincarnation de tel ou tel scientologue. Au moins, ils avaient la décence de garder ça pour eux et de ne pas perturber l’enfant avec leur « feeling ». Mais cela en dit long sur l’état hallucinatoire de certains scientologues.

Dans le billet de Mike Rinder, Karen de la Carriere raconte qu’après le suicide de Quentin Hubbard, le fils de L. Ron Hubbard, pas moins de 2000 femmes, dans les années qui suivirent, affirmèrent que leur enfant était la réincarnation de Quentin. Certaines demandèrent même une pension alimentaire à la scientologie.

Un autre blogger pose une question cruciale : Et si un suppressif excommunié par la secte se réincarnait dans une famille de scientologues ? Imaginez les dégâts. Dès sa naissance, l’enfant, déclaré malveillant et nuisible par la scientologie dans sa vie précédente, s’emploierait activement à tourmenter et à détruire sa nouvelle famille. Comment faire pour éviter cela ? Simple : en tenant un registre des dates auxquelles les suppressifs décèdent et en s’assurant que les bébés de scientologues nés peu après ces dates soient purement et simplement éliminés. Le pire serait ainsi évité.

Il serait intéressant de connaître le nombre d’enfants de scientologues que la scientologie n’intéresse pas ou qui la rejettent entièrement. Il y a en probablement beaucoup plus qu’on ne le croit.

John Travolta sous camisole scientologique

Dans une longue interview donnée au quotidien britannique The Telegraph, John Travolta revient sur sa carrière, sur sa rencontre avec la scientologie et sur les bienfaits que cette dernière lui a apportés.

En scientologie, on appelle ça un article « thêta » – un article qui donne une bonne image de la secte. Et Dieu sait si la scientologie a besoin d’articles « thêtas » à l’heure actuelle.

Manque de chance, cet article a été repris par des dizaines de médias à travers le monde et s’est transformé en articles « enthêtas » – des articles qui donnent une mauvaise image de la secte.

La seule chose, finalement, qui semble avoir intéressé les autres médias dans cette interview, c’est lorsque Travolta parle du décès de son fils Jett en 2009 suite à une attaque foudroyante. Travolta, après avoir nié que son fils était autiste (l’autisme est une « aberration » que les scientologues ont du mal à confronter), a finalement avoué qu’il l’était bel et bien. Il dit que s’il n’y avait pas eu la scientologie, il n’aurait jamais pu surmonter cette épreuve :

“Oh mon Dieu, je ne sais pas ce que j’aurais fait si je n’avais pas eu le soutien de la scientologie. Je ne pense pas que j’aurais pu surmonter ça. Après la mort de Jett, les scientologues sont restés avec moi tous les jours. Ils ont même voyagé avec moi quand je devais m’en aller. Cela a duré deux bonnes années. Ce n’est qu’au cours de la deuxième année que j’ai commencé à me séparer d’eux pendant un ou deux jours – juste pour voir si j’arrivais à m’en sortir tout seul.”

Cette confession de Travolta a soulevé bon nombre de questions :

Suite à la mort de son fils, Travolta avait-il commencé à douter de la scientologie et Miscavige et OSA l’ont-ils placé sous surveillance ?

Il est courant en scientologie de recevoir quelques séances d’audition lorsqu’on perd un être cher. Mais comment se fait-il que Travolta, qui est OT, ait dû être suivi spirituellement pendant deux ans pour surmonter son chagrin ? L’audition serait-elle inefficace avec lui ?

Que Travolta ait été placé sous surveillance pendant deux ans est indéniable. La secte ne peut pas se permettre de perdre une super star comme lui. Il en résulterait un exode massif d’adeptes. Bien entendu, tous les détails des séances d’audition qu’il aura reçues pour « décharger » la mort de son fils auront été transmises directement à Miscavige et à OSA.

Ce qui est troublant, dans cette interveiw, c’est le fait que Travolta reconnaisse avoir été surveillé par des scientologues pendant deux ans. S’agit-il d’une maladresse de sa part ? Ou l’a-t-il fait volontairement ?

Travolta sait très bien qu’il ne peut pas quitter la scientologie car Miscavige détient des informations sur sa vie privée qu’il n’hésiterait pas à fournir aux medias si jamais l’acteur ne filait pas droit.

Par contre, sous couvert de maladresse, Travolta a peut-être essayé de faire passer le message que la scientologie est une organisation mafieuse qui contrôle sa vie et qui la contrôlera jusqu’à la fin de ses jours. Allez savoir…

Bon, d’accord, c’est hautement improbable mais je suis un indécrottable optimiste.

The Gang Bang Theory

En 2013, Karen de la Carriere, Classe XII formée par LRH, ex-Sea Og, ex-femme de Heber Jentsch, le président de l’église de scientologie internationale qui a disparu de la circulation, a commencé à produire une série de vidéos intitulée « Surviving Scientology » (survivre à la scientologie). Ces vidéos dénoncent, souvent sous forme de satire, les crimes et les dérives de la prétendue « église » actuellement dirigée par David Miscavige.

Dans sa dernière vidéo, Karen décrit l’une des techniques de persuasion utilisée par la scientologie : la technique du gang, également surnommée technique du gang bang. Pour amadouer ou submerger la cible, on utilise un gang dans le but de la faire craquer. Il est à noter que le mot « gang », en français, est défini comme une bande organisée de malfaiteurs.

Tout d’abord, il y a le « gang bang seck checking ». Cette pratique a vu le jour au début des années 80 lors de la grande purge. Les paroissiens et les membres du personnel soupçonnés de n’être pas à 100% fidèles à la cause scientologique recevaient des « security checks » (confessions forcées) en présence d’une demi-douzaine de personnes qui leur hurlaient dessus et les accusaient des pires ignominies. Je vous laisse imaginer les traumatismes subis par ces pauvres bougres.

Ensuite, Karen nous parle du procès qui oppose l’église à Monique Rathbun – un autre exemple de la technique du gang bang : 22 avocats pour représenter la scientologie contre Ray Jeffries, l’avocat de Monique. Pour l’instant, Jeffries mènent largement aux points, pour reprendre une expression de boxe et la technique du gang bang chère à la scientologie a montré qu’elle ne fonctionne pas toujours.

Karen enchaîne avec la triste histoire de Janet Light, ex–directrice de l’IAS. Lorsque Janet a accusé Miscavige de s’enrichir personnellement avec l’argent de l’IAS au nez et à la barbe du fisc américain et exprimé son désaccord, un groupe de membres de la Sea Org enragés lui est tombé dessus (en présence de l’un des avocats de l’église, Monique Yingling !), l’a traitée plus bas que terre et l’a envoyée au tristement célèbre Trou (la prison où sont enfermés une cinquantaine de super cadres de la scientologie depuis des années). Il a ensuite fallu une demi-douzaine de Sea Org pour maîtriser le mari de Janet, rendu furieux par cet emprisonnement arbitraire.

La technique du gang bang a également été utilisée contre Mary Sue Hubbard à la mort de son mari. Sur ordre de Miscavige, toute une bande de membres du personnel en uniforme s’est rendu chez elle et l’a obligée à céder à l’église tous les biens qu’elle possédait sous le régime de la communauté.

Lorsque John Brousseau s’est évadé de la Sea Org en 2010, Miscavige a envoyé VINGT personnes, dont Tommy Davis, pour tenter de le récupérer. Brousseau n’a pas cédé.

Karen aborde ensuite le gang bang regging. Pour extorquer de l’argent à un paroissien, on envoie au minimum 4 personnes pour lui vider ses comptes en banque, de préférence tard le soir quand il n’a qu’une envie : aller se coucher. Bon nombre d’entre vous ont été victime de ces regs agressifs capables de vous harceler pendant des heures jusqu’à ce que vous jetiez l’éponge et sortiez votre carte de crédit. Une autre technique de gang bang regging est communément utilisée de nos jours. Lors d’une soirée de collecte de fonds, on ferme les portes, on place un membre du personnel devant et on ne vous laisse sortir que lorsque vous avez craché au bassinet. Si vous ne donnez rien, on vous fait sentir par le regard ou par quelque remarque assassine que vous êtes un mauvais scientologue.

Karen n’en parle pas dans sa vidéo, mais la technique du gang bang est également utilisée pour recruter de nouveaux membres du personnel. J’ai personnellement été la cible à plusieurs reprises de tentatives par un petit groupe de Sea Org de me recruter. Ils arrivent à cinq ou six, vingt minutes avant 14 heures, le jeudi, et vous mettent le contrat d’un milliard d’années sous le nez, puis tentent de vous convaincre avec force de le signer. Comme j’ai toujours détesté l’uniforme, je n’ai jamais signé, mais j’ai connu pas mal de scientologues qui, dans les mêmes circonstances, se sont laissé avoir.

Pour conclure sa vidéo, Karen parle de ce qu’on pourrait appeler la « gang bang validation ». Un scientologue qui vient par exemple de faire une grosse donation pour l’IAS ou les morgues idéales, ou qui a atteint un nouveau statut de donateur, va soudain être applaudi à tout rompre par tout le groupe comme un super héros qui vient de sauver le monde.

Voici une anecdote qui illustre bien la technique de la gang bang validation. Une scientologue, après avoir fini de payer sa carte Patron, a vu les Jive Aces faire irruption, en musique, dans le bureau de l’officier d’éthique où elle avait été convoquée pour quelque broutille, puis elle a eu droit à une haie d’honneur de tout le personnel de l’org. Inutile de préciser que les quelques broutilles qu’elle devait régler en éthique ont été immédiatement balayées sous le tapis.

Voici donc la vidéo de Karen (en anglais). Vous trouverez toutes ses autres vidéos ici.

Les avortements forcés au sein de l’élite « ecclésiastique » de la scientologie

Dans le livre La Dianétique : La science moderne de la santé mentale, L. Ron Hubbard déclare que l’avortement et les tentatives d’avortement entraînent de graves traumatismes psychiques et psychologiques chez la mère et l’enfant à naître.

En 1967, Hubbard fonde une organisation paramilitaire, la Sea Organization (organisation maritime), ou Sea Org, chargée de diriger et d’encadrer les églises et les missions de sicentologie partout dans le monde et de « mettre l’éthique en place sur la planète ». Ses membres signent un contrat d’un milliard d’années et constituent l’élite « ecclésiastique » de la scientologie. Logés et nourris, ils travaillent 80-100 heures par semaine pour un salaire hebdomadaire de 50 dollars.

Au bout de quelques années, un problème majeur se pose : il y a de plus en plus de couples mariés avec des enfants et les crèches de la Sea Org n’arrivent plus à suivre.

En 1982, la Sea Org interdit aux couples mariés d’avoir des enfants. Les femmes enceintes sont alors encouragées à se faire avorter. Les couples mariés qui refusent l’avortement sont débarqués de la Sea Org et choisissent soit de travailler dans une organisation Classe V (non Sea Org), soit de retourner à la vie active avec l’obligation de rembourser tous les services (audition et formation) qu’ils ont reçus gratuitement durant leurs années de labeur dans la Sea Org.

En 2009, lorsque le scandale des avortements forcés est dénoncé dans les médias américains, le règlement change à nouveau : Désormais, les couples mariés qui attendent un enfant sont purement et simplement éjectés de la Sea Org.

Plusieurs femmes, ex-Sea Org, comme Laura DeCrescenzo ou Claire Headley ont relaté comment elles avaient été forcées à avorter. Laura Decrescenszo poursuit actuellement la scientologie en justice pour ce motif.

Dans la vidéo ci-dessous, Gary Weber, ex-Sea Org de 1979 à 1984 et membre du Guardian’s Office (le GO, qui a été démantelé au début des années 80 pour être remplacé par OSA), raconte comment il a supervisé des dizaines d’avortement forcés lorsqu’il travaillait à Flag. En fait, il y avait tellement d’avortements forcés dans la Sea Org qu’il était obligé de dispatcher les femmes dans diverses cliniques d’avortement en Floride car si toutes avaient interrompu leur grossesse dans la même clinique, ça aurait fait jaser.

Gary raconte aussi sa première rencontre avec David Miscavige en 1979, lorsque ce dernier était en poste à CMO. Le nom de Miscavige était encore inconnu de la plupart du personnel à l’époque et Gary ignorait qui il était. Gary entend une femme crier et va voir ce qu’il se passe. Il trouve Miscavige en train de tenir un fer à repasser brûlant devant le visage d’une jeune femme et de menacer de lui écraser le fer à repasser sur la figure. Gary dit au jeune freluquet de poser le fer. S’ensuit une discussion animée durant laquelle Miscavige apostrophe Gary en lui disant : « Est-ce que tu sais qui je suis ? » Gary lui dit « Non, je ne sais pas qui tu es, pose ce fer. » Finalement Miscavige pose le fer et Gary apprend que Dave-La-Petite-Frappe était en rogne contre la jeune femme parce qu’il estimait qu’elle avait mal repassé sa chemise !

Gary raconte également que le GO était chargé d’ouvrir des comptes bancaires à l’étranger, dont le Lichenstein, afin de faire disparaître certaines sommes d’argent. Il ignore le montant de ces sommes mais nous apprend que les signataires de ces comptes étaient Miscavige ainsi que Pat et Anne Broeker. Tout cela, bien sûr, était top secret et on a fait comprendre à Gary qu’il avait intérêt à garder cela pour lui.

Dans la seconde vidéo, à venir bientôt (et que nous publierons dès qu’elle sera en ligne), Gary raconte ses déboires quand sa femme est tombée enceinte une première fois, puis une seconde fois. En attendant, voici la première vidéo.

Vous pouvez également trouver le témoignage complet de Gary Weber en cliquant ici. C’est en anglais, c’est long et détaillé mais c’est très, très intéressant.