Quelques réflexions…

Le blog fait un break. Le prochain billet sera posté début septembre.

Mais rassurez-vous, je continuerai de publier vos commentaires tout l’été. 

En attendant, je vous laisse ruminer ces quelques réflexions que m’ont inspirées les commentaires de nos bloggeuses et bloggeurs les plus assidus.

Bonnes vacances à tous.

* * * * *

Tout système de pensée devient restrictif lorsque nous ne parvenons pas à nous en détacher. Nous en devenons alors l’esclave. C’est ainsi que nous bâtissons autour de nous une prison mentale et spirituelle qui nous coupe des autres points de vue et nous passons notre existence à juger et à condamner depuis l’intérieur de notre prison.

Autrement dit, nous évaluons et nous invalidons, pour reprendre la terminologie scientologue.

Il existe une infinité de « vérités ». Chacune d’elles véhicule son lot d’évaluations et d’invalidations. La scientologie ne fait pas exception.

Une philosophie ou une religion ou une thérapie se doit d’être ouverte à TOUS les points de vue, sinon elle asservit.

Un système de pensée qui n’évolue pas est un système de pensée qui est condamné à disparaître.

Ou, dit différemment, lorsque l’élève n’arrive pas à dépasser le Maître, c’est que le Maître a échoué.

GAT 2 – La débâcle

Il y a deux semaines, l’un de nos bloggers, apas, m’a envoyé le dernier numéro de l’organe officiel de Flag , le magazine Source.

Il contient des données TRÈS intéressantes.

J’ai commencé à rédiger cet article il y a environ dix jours. Entre temps, Mike Rinder en a rédigé un sur le même sujet et j’ai inclus une partie de son analyse dans ce billet.

Les scientologues intégristes se plaignent constamment que les infos répandues par les ex-scientologues sur l’échec cuisant de GAT 2 ne sont que de la « propagande noire » de bas étage visant à discréditer la scientologie et Miscavige. Si l’on en croit les pubs et les emails envoyés à leurs ouailles par les orgs partout dans le monde, GAT 2 est un succès planétaire sans précédent qui est en train de changer la face du monde et de produire plus d’auditeurs, de Clairs et d’OT que jamais.

Ah oui ?

Alors examinons les données publiées par Source.

Commençons avec cet encadré :

Il s’agit des stats de l’org avancée de Flag.

Traduction :

– Depuis le lancement de GAT II, 377 Clairs et OT ont terminé le Cours d’Auditeur Solo à Flag – et tous en respectant le temps de checksheet.

– Les salles de cours du solo ont accueilli des scientologues de 36 pays et dispensé l’entraînement en 16 langues.

– Tout en haut du Pont, les vannes sont grand ouvertes. Depuis novembre 2013, il y a eu plus de 130 personnes qui ont terminé le nouvel OT VII.

Bien.

Si nous allons page 44 et page 47, nous tombons sur ceci (cliquez sur les images pour les agrandir) :

On peut estimer que ces stats couvrent les trois derniers mois.

Source annonce que 130 personnes ont terminé OT VII depuis le lancement de GAT 2, mais plus loin nous n’en voyons que 70 (dont Zoë Pascal et Brigitte Dimanche). Ce qui signifie, que les trois mois d’avant il y en a eu 60. Cela nous fait un peu plus de 20 OT VII par mois depuis la sortie de GAT 2 .

(Environ 6500 personnes ont terminé OT VII depuis 30 ans que le niveau existe. La plupart de ces 6500 personnes ont fait le niveau deux fois. Et parmi ces 6500 individus, au moins un millier (je suis sans doute bien en dessous de la vérité) ont été déclarés suppressifs mais continuent d’être comptés dans la stat. Au rythme actuel de 240 OT VII par an, il faudra encore 15 ans pour atteindre les 10 000 OT VII. Mais il est fort à parier que d’ici 15 ans, la plupart des OT VII auront été déclarés supressifs, en admettant que la scientologie existe encore.)

Maintenant, allez page 47 et regardez combien de personnes ont terminé OT 6 au cours des trois derniers mois : 14. Il n’ y a que 14 personnes qui ont démarré Solo NOTs (OT VII). C’est une stat en chute libre

Le « boum » tout en haut du pont est un FIASCO.

Durant la même période de 3 mois, Flag a formé 4 nouveaux auditeurs solo. QUATRE. Et seulement 7 auditeurs solo – Partie Un. Ce qui fait 11 NOUVEAUX auditeurs solo (et je suis généreux car on ne peut pas vraiment auditer après avoir terminé le cours d’auditeur solo 1 Partie Un et il semble étrange qu’AUCUNE de ces personnes n’aient terminé le cours d’auditeur solo Partie Deux). Donc, doublons ces chiffres et nous obtenons 22 nouveaux auditeurs solo et 28 nouveaux OT VI depuis l’avènement de GAT II il y a six mois, 

Revoyons ce qui était annoncé plus haut :

Depuis le lancement de GAT II (en novembre 2013), 377 Clairs et OT ont terminé le Cours d’Auditeur Solo à Flag – et tous en respectant le temps de checksheet.

Cela ne peut vouloir dire qu’une chose : Sur ces 377 personnes, 327 étaient en réentraînement. Tous ceux qui se solo-auditaient sur VII ou sur I, II, III ont refait le cours d’auditeur solo. Et ils osent parler d’expansion !

Et voici la page 45.

Le bas de la page 44 et l’intégralité la page 45 sont consacrés aux rundowns exclusifs de Flag.

180 personnes ont terminé Super Power au cours des trois derniers mois, soit 60 par mois.

120 personnes ont terminé le Cause Resurgence Rundown (courir pendant des jours autour d’un poteau), soit 40 par mois.

53 personnes ont terminé L 11, soit 18 par mois.

35 personnes ont terminé L 10, soit 12 par mois.

78 personnes ont terminé L 12, soit 26 par mois.

Que nous apprennent tous ces chiffres ?

Que ce n’est pas vraiment la ruée pour Super Power et le Cause Resurgence Rundown. Lorsqu’on sait que des milliers de scientologues ont participé au financement de cette « cathédrale » qui a coûté 80 millions de dollars (et qui en a rapporté 140 en donations), on se demande où ils sont tous passés… Ah mais oui, ils sont sur le purif et les objectifs, conditions préalables obligatoires pour faire Super Power et le CRRD.

Pour ce qui est des « L », que l’on peut faire pratiquement à n’importe quel endroit du Pont et qui coûtent excessivement cher, elles sont bien moins populaires qu’avant. Elles ne sont plus une source de revenus aussi significative qu’il y a cinq ou dix ans.

Maintenant examinons la page 46.

C’est une page très intéressante qui montre le nombre élevé de personnes qui ont terminé le Purif, le Survival RD et les Objectifs, autrement dit tous les OT VII et VIII et tous les quidams programmés pour Super Power et le Cause Resurgence RD. Tous ces scientologues ont accepté de reprendre le pont à zéro et de totalement invalider tout ce qu’ils ont fait en scientologie.

En comparaison, le nombre de personnes qui ont terminé le Scn Drug RD, Life Repair, le Happiness RD, Fil Direct et les Grades amplifiés est dérisoire.

Retournez à la page 47 ( affichée plus haut) pour la suite.

Nous avons déjà parlé du nombre ridicule de personnes qui ont terminé le Cours d’auditeur Solo.

Mais la suite n’est pas mal non plus :

Un seul OT I

Deux OT II

Quatre OT III

Cinq OT IV

Cinq OT V

Tout ça en TROIS MOIS !

Sept HQS

Environ 70 Student Hat version GAT 2 (un peu plus de 20 par mois).

Une quarantaine de cours de TRs Pro (à refaire avec GAT 2) – environ 13 par mois.

Une trentaine de Cours de Upper Indocs (à refaire avec GAT 2) – 10 par mois.

Une vingtaine de cours à l’électromètre (à refaire avec le Mark VIII) – 7 par mois (principalement des étudiants étrangers – taïwanais, russes, etc).

De Classe 0 à Classe IV, c’est quasiment le désert, ce qui confirme que GAT I et GAT II ont totalement annihilé la formation des auditeurs.

Et, en effet, seulement DEUX étudiants ont terminé le Class IV Internship.

Cinq étudiants ont terminé le cours de NED.

Et après, plus personne !

Pas de NED Internship.

Pas de Classe V Graduate !

Pas de Classe VI. Pas le moindre niveau de SHSBC terminé (normal, tous les auditeurs et étudiants-auditeurs ont été mis sur GAT 2 et ont dû recommencer l’entraînement à zéro).

Pas de Classe VIII.

Flag ne produit pour ainsi dire plus aucun auditeur !

Et le nombre d’OTs est en chute libre !

L’accent est mis sur le purif, les objectifs, le Survival RD, GAT 2 (on recommence tout l’entraînement à zéro avec le Student Hat et le cours à l’électromètre), Super Power, les L, le Cause Resurgence RD et…

…les Fondements, que la plupart des scientologues, depuis leur lancement en 2007, n’ont toujours pas terminé !

La fin de la page 47 et toute la page 48 donnent la liste des personnes qui ont terminé un livre ou une série de conférences des Fondements.

Le Pont de la scientologie n’existe plus. C’est devenu un cercle.

Danielle Gounord, OT VIII, est bien placée pour le savoir, elle qui figure parmi les scientologues qui viennent de terminer le Purif.

Les stats fournies par Source parlent d’elles-mêmes. GAT 2 a encore accéléré le déclin de la scientologie. Miscavige peut être fier.

12 Years a Slave

Une jeune femme de 30 ans, Jillian Schlesinger s’est évadée de la Sea Org (l’élite « ecclésiastique » paramilitaire de la scientologie) il y a environ trois mois. En jargon scientologique, elle a « blowé » –  elle est partie sans prévenir et sans passer par l’interminable processus de départ visant à lui soutirer des confessions à l’électromètre pendant des semaines ou des mois, puis à lui faire signer un document lui interdisant de révéler ce qu’elle a observée durant ses années de travaux forcés dans la Sea Org.

Après 12 ans d’esclavage durant lesquels elle a travaillé jusqu’à 19 heures par jour pour un salaire de misère (entre 15 et 45 dollars par semaine), Jillian en a eu assez.

Elle vivait dans un dortoir avec 11 autres filles, une douche et un W.C. par étage (quand il fonctionnait), elle n’a jamais eu de téléphone protable, elle n’a jamais eu de voiture ni passé son permis, elle n’a jamais eu de chéquier ou de carte de crédit, elle n’a jamais eu d’ordinateur, elle n’a jamais regardé la télé ni surfé sur internet, elle n’a jamais lu le journal, elle ne savait pas ce qu’il se passait dans le monde et les seules fois où elle a été au cinéma, c’est quand des cars étaient affrétés pour elle et ses co-esclaves de la Sea Org afin de voir des films de Tom Cruise ou de John Travolta.

Fraîchement évadée de l’enfer, Jillian a d’abord parlé à Karen de la Carriere qui a réalisé plusieurs interviews filmées, puis à Tony Ortega.

Commençons par l’interview de Tony Ortega.

Depuis quelques semaines. Jillian travaille sur un chantier dans un bâtiment de Los Angeles appartenant à la Sea Org. Les conditions de travail sont déplorables. L’idée de prendre la fuite commence à la turlupiner. Un matin, elle bourre un sac marin de voyage vide dans un grand sac en plastique d’une chaîne de supermarché et le cache dans le « réfectoire » de l’immeuble où elle travaille. Puis, chaque jour, elle prend deux ou trois vêtements dans son dortoir, et les emporte sur son lieu de travail pour les mettre dans le sac marin. Elle répète cette opération pendant quelques jours jusqu’à ce que son sac soit plein, tout cela à l’insu de ses collègues de travail, et elle appelle son père depuis le téléphone à pièces du réfectoire. Elle convient avec lui d’un endroit où il peut venir en voiture collecter le sac. Il vient et prend le sac. Elle lui donne rendez-vous dans une semaine au même endroit et à la même heure. Puis, elle continue de transférer discrètement ses affaires. Une semaine plus tard, son père les récupère. Mais Jillian n’est toujours pas sûre de vouloir s’enfuir. Son père lui dit qu’il comprend. Jamais il ne la forcera à partir. C’est à elle de prendre la décision.

Quelques jours s’écoulent. Un mercredi, Jillian apprend par hasard qu’elle et ses co-esclaves vont être transférés sur un autre chantier dans l’immeuble où ils sont logés. Jillian se dit que c’est pour elle une occasion unique de prendre le large car une telle opportunité ne se représentera pas de sitôt. Le lendemain, comme personne dans son immeuble n’est au courant du changement de chantier, elle sait qu’on ne remarquera pas son absence et que tout le monde pensera qu’elle est allée travailler à l’ancien chantier. Elle prend le car qui l’emmène à l’ancien chantier, désormais vide, et de là, marche jusqu’au métro et, avec ses maigres économies, prend un ticket jusqu’à la gare où elle achète un billet de train pour Orange County. Arrivée là-bas, elle prend un taxi jusqu’au lieu de travail de son père qui l’accueille à bras ouverts. Elle vient de quitter la Sea Org !

Jillian a été scientologue toute sa vie. Avant sa naissance, ses parents, John et Paula, avaient fait un bref séjour dans la Sea Org, puis ils l’avaient quittée pour devenir de simples « publics » en bon standing. A l’âge de 12 ans, Jillian a commencé à suivre des cours de scientologie à l’org de Tustin, où elle a subi d’innombrables pressions pour devenir membre du personnel et pour rejoindre la Sea Org.

A 15 ans, elle décide de devenir membre du personnel de l’org d’Orange County et elle est postée dans le département des affaires spéciales, branche locale d’OSA, où elle travaille dans les relations publiques. Parallèlement, elle poursuit sa scolarité mais elle est constamment harcelée par les recruteurs de la Sea Org, en personne et par lettres.  Finalement, elle craque et signe un contrat d’un milliard d’années à 18 ans. Dans la Sea Org, elle est envoyée à CMO où elle est chargée de superviser, pendant quelques années, la santé financière des orgs californiennes.

Entre temps, ses parents ont divorcé. Son père craint que sa fille ne soit envoyée à Int. (au QG du management international) où elle serait inévitablement « formatée ». Lui-même avait travaillé à Int. et avait fini par « blower ».

En 2003, Jillian est transférée non pas à Int., mais à Flag où elle va passer les années suivantes à être formée pour rejoindre Int. et travailler directement sous les ordres de Miscavige – exactement ce que son père redoutait. Finalement, en 2012, elle n’est pas envoyée à Int., mais à Bridge Publications pour y auditer le personnel car, durant son séjour à Flag, elle avait reçu une formation d’auditeur. Sa mission était de requinquer le personnel afin d’améliorer leur productivité.

Dès qu’elle arrive à Bridge, elle est confrontée à un problème : Bridge n’étant pas une église, mais une maison d’édition, elle ne pouvait pas en auditer le personnel pour des raisons légales. Elle se retrouve à travailler à Bridge comme manutentionnaire et à préparer les livres et les matériaux de GAT II.

Puis, l’année dernière, elle est brusquement transférée à Los Angeles au Hollywood Guaranty Building, l’un des bâtiments les plus importants de la Sea Org qui abrite au rez-de-chaussée l’exposition permanente consacrée à LRH. Là, Jillian travaille dans les sous-sol où elle scanne des milliers de dossiers d’étudiants – un travail fastidieux mais moins éprouvant que de travailler sur l’un des nombreux chantiers de la Sea Org où elle finit pourtant par être transférée. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et qui motive son évasion, décrite plus haut.

Ce n’est qu’au bout de plusieurs jours que son absence est constatée. Des membres de la Sea Org la joignent par téléphone chez son père et lui demandent de revenir. Elle accepte, à une condition : qu’elle ne soit pas obligée de rester sur place et qu’elle soit autorisée à rentrer chez son père tous les soirs. Elle veut bien recevoir de l’audition et signer des papiers entérinant son départ, mais rien d’autre. Cela semble prendre la Sea Org au dépourvu. Une semaine s’écoule avant qu’on ne recontacte Jillian. On lui demande de lire quelques textes du livre d’éthique, ce qu’elle fait. Mais entre temps, elle a commencé à parler à Karen de la Carriere. La veille de la mise en ligne de la première vidéo, Jillian reçoit un email de l’église qui semble prête à accepter ses exigences. L’église savait-elle qu’elle avait donné une interview à Karen ? Possible.

Le lendemain, la première vidéo apparaît sur le Web. Depuis, l’église ne s’est plus manifestée. Jillian n’a reçu ni document d’excommunication ni freeloader bill. (Une freeloader bill est une facture envoyée à toute personne qui quitte la Sea Org. Elle comprend tous les services (audition et formation) reçus par la personne durant ses années dans la Sea Org. La personne doit les rembourser en les payant plein tarif. Cette pratique est illégale mais l’église n’en a cure.)

De toutes les personnes qui ont quitté la Sea Org, Jillian est l’une des rares à témoigner, à peine quelques jours après son départ, des condition de vie inhumaines dont elle a été à la fois victime et témoin. La plupart des ex-Sea Org, avant de s’exprimer publiquement, passent par une période de décompression qui peut durer plusieurs années. Jillian mérite donc un grand coup de chapeau.

Avant d’aborder la vie dans la Sea Org avec Jillian, Karen nous rappelle brièvement que les enfants de scientologues, appelés scientologues de la seconde génération, sont souvent recrutés par la Sea Org avec l’accord de leurs parents. Jenna Miscavige, la nièce du Dictateur, y a consacré un livre remarquable.

Jillian commence par raconter ses conditions de vie – douze filles par chambre, une douche et un W.C. par étage. Dans toute l’aile du bâtiment, il n’y avait que 6 douches qui étaient couvertes de dépôts visqueux. Certaines douches ne fonctionnaient plus et il fallait alors se rabattre sur les douches restantes.

Jillian travaillait entre 14 et 19 heures par jour sans le moindre jour de congé. En moyenne,  elle gagnait 8 dollars par semaine à Los Angeles – 6 cents de l’heure. (Alors que la scientologie a amassé plusieurs milliards de dollars.)

Jillian raconte ensuite qu’il y a environ 6 mois, Miscavige a fait faire une analyse des revenus de la Sea Org : la Floride et ses 2000 membres du personnel lui rapportaient en moyenne 1,5 millions de dollars par semaine, alors que Los Angeles et ses 2000 Sea Org lui en rapportaient beaucoup moins. Donc, pour « rentabiliser » Los Angeles et les églises de l’ouest des U.S. et en diminuer les frais de gestion, il a fait transférer du personnel à L.A. et à Las Vegas et l’a affecté à la rénovation de divers bâtiments appartenant à la Sea Org, ce qui évitait de devoir faire appel à des entrepreneurs extérieurs.  Du jour au lendemain, Jillian s’est retrouvée à Las Vegas, en compagnie d’une fille de 17 ans, en train de retirer toute la fibre de verre du plafond de l’auditorium du CC Las Vegas pratiquement sans aucune protection – ce qui lui a provoqué de graves éruptions cutanées.

Puis Jillian dit à Karen que la plupart des membres de la Sea Org pensent que Miscavige travaille au moins aussi dur qu’eux, étant donné qu’il est le grand chef censé donner l’exemple, et que ses conditions de vie sont un peu meilleures que les leurs mais pas beaucoup plus. Lorsqu’elle a découvert, après son départ de la Sea Org, qu’il vivait comme un millionnaire, elle en restée comme deux ronds de flan.

Autre pratique de la Sea Org : à chaque anniversaire de Miscavige, on prélève la moitié, voire l’intégralité, de la paye hebdomadaire des employés de la Sea Org pour lui acheter un cadeau. Cette semaine-là, les Sea Org reçoivent la paye maximum : 46 dollars. La Sea Org compte environ 5000 employés mondialement, ce qui nous fait un cadeau d’anniversaire de 115 000 dollars, en admettant que chaque employé donne la moitié de sa paye.

Cette première vidéo se termine avec l’info qui tue : un employé de la Sea Org gagne environ 416 dollars par an et n’a aucune couverture sociale ou médicale.

Ça vous tente ?

Passons à la deuxième vidéo. Elle concerne la famille, considérée dans la Sea Org comme étant secondaire, superflue et sacrifiable.

Nous y apprenons les faits suivants :

En scientologie et tout perticulièrement dans la Sea Org, la délation est une pratique courante et vivement encouragée. Tout le monde dénonce tout le monde. Un père ou une mère dénonce son enfant si ce dernier n’a pas une conduite 100% « éthique ». Un mari dénonce sa femme. Une femme dénonce son mari. Un enfant dénonce ses parents. Une scientologue dénonce sa meilleure amie. Etc, etc. Au sein de la Sea Org, on vit dans la peur d’être dénoncé pour un oui ou pour un non.

Dans la Sea Org, un couple ne peut pas avoir d’enfant. L’idée même d’avoir un jour un enfant peut valoir une convocation en éthique car c’est une idée « destructrice » pour le groupe. Une femme qui tombe enceinte est encouragée à avorter, mais moins ouvertement et plus « subtilement » qu’avant en raison de la mauvaise publicité qu’avaient créée les nombreux articles et reportages sur les avortements forcés dans la Sea Org. Désormais, on ne dit plus à une femme enceinte qu’elle DOIT avorter mais qu’elle le DEVRAIT – par devoir, pour la scientologie et « pour le plus grand bien ». C’est un travail de sape pernicieux où l’on met la femme enceinte « en face de ses responsabilités ».

Il y a encore quelques années, les femmes qui refusaient d’avorter étaient condamnées à des travaux manuels éprouvants. Elles dormaient peu, mangeaient mal et étaient considérées comme la lie de la Sea Org et de la scientologie.

Ce qui n’empêche pas la scientologie de se présenter comme la championne des droits de l’homme. Le cynisme et l’hypocrisie de la secte ne connaissent pas de limites.

Aujourd’hui, de plus en plus de couples font volontairement un enfant pour pouvoir quitter la Sea Org « légalement » en se faisant déclarer inaptes au service. De cette façon, ils ne sont pas excommuniés. Christie Collbran, qui a quitté la Sea Org en 2006, raconte qu’elle a réussi à dissimuler sa grossesse jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour elle pour avorter, mettant ainsi la Sea Org devant le fait accompli.

Vers le milieu de la vidéo, Jillian raconte l’histoire de Rachel Gomez, une jeune Sea org mariée qui occupait un poste à Los Angeles dans le grand bâtiment bleu (surnommé « Big Blue »). Rachel démarre une relation extra-conjugale avec un nouveau public scientologue rencontré lors de l’inauguration de l’org d’Inglewood. Au bout d’un an, le pot aux roses est découvert et Rachel est enfermée dans une chambre et placée sous surveillance 24 heures sur 24. Lorsqu’elle se déplace, elle est toujours accompagnées par des garde-chiourmes.  Pendant ce temps, son mari est également placé sous surveillance et suivi en permanence par des détectives privés car il envisage de quitter la Sea Org.

C’est une pratique courante en scientologie de séquestrer des adeptes ou des membres du personnel jugés « dangereux pour la sécurité de l’église ». La vidéo revient brièvement sur la tristement célèbre affaire Lisa McPherson.

En France, il y a eu l’affaire Martine Boublil.

Pour en revenir à Rachel Gomez, après deux tentatives d’évasion, la Sea Org a fini par la laisser partir car ses parents étaient de très gros donateurs et le père était un médaillé de l’IAS. En scientologie, l’argent l’emporte toujours sur les considérations idéologiques et les règlements internes. Au départ, Rachel devait être excommuniée et déclarée suppressive, mais il est probable qu’un gros chèque de son père, ou la crainte de voir son père ne plus jamais donner d’argent, a convaincu les gros pontes de la Sea Org de laisser Rachel s’en aller « en bon standing ».

Karen a réalisé d’autres vidéos avec Jillian Schlesinger. Vous pouvez les trouvez ici.

A tous les scientologues francophones qui hésitent à élever la voix, je ne dirai qu’une chose : cessez de soutenir financièrement une organisation criminelle qui maltraite son personnel et ses adeptes et qui utilise les mêmes méthodes que la psychiatrie radicale. Vous êtes devenus scientologues pour libérer les hommes, pas pour les asservir.