Toxicité

L’église de scientologie est toxique.

Elle l’est pour les paroissiens et elle l’est pour les ex-scientologues qui ont quitté l’église.

En apparence, l’église de scientologie prône des valeurs universelles telles que la tolérance ou la liberté de penser. Mais la réalité est tout autre. L’église interdit de penser autrement que son fondateur, L. Ron Hubbard. Toute pensée ou opinion qui diverge un tant soit peu des écritures de l’église est considérée comme hérétique.

Hubbard lui-même a planté la graine de l’intolérance en affirmant haut et fort que sa technologie était la seule à pouvoir sauver l’homme et que tous les autres domaines de l’activité humaine faisaient fausse route. Ce point de vue est profondément ancré chez les scientologues et les isole du reste de l’humanité – cette humanité qu’ils sont censés sauver.

« Avoir l’esprit ouvert » en scientologie est une aberration, un crime, car seule la scientologie possède toutes les réponses aux problèmes du monde. Alors à quoi bon regarder ou chercher ailleurs ?

Le scientologue, drapé dans son arrogance, ne regarde pas et ne se remet pas en question. Il sait qu’il a raison et que les autres ont tort. Il ne remet pas non plus en question les innombrables dérives de son église : violations des droits de l’homme, interrogatoires des paroissiens et employés jugés « problématiques », obligation de rompre les liens avec les « hérétiques » et les « ennemis », collectes de fonds abusives pour des causes « humanitaires », dons d’argent exorbitants pour accéder aux « niveaux supérieurs » top secret censés mener à « la liberté totale », publication du contenu des dossiers d’audition (thérapie) des ex-scientologues qui critiquent l’église, achat systématique, à coups de millions de dollars, du silence d’ex-scientologues dont les révélations pourraient nuire à l’église, etc, etc. La liste est longue et non exhaustive.

Lorsque vous parlez de ces dérives avec un scientologue, vous avez droit à trois types de réponses :

1) Ce sont des mensonges. (Déni.)

2) C’est provisoire et ça va s’arranger. (Déni naïf.)

3) La fin justifie les moyens. S’il faut violer les droits de l’homme pour sauver l’humanité, qu’il en soit ainsi. (Fanatisme.)

L’église de scientologie prend l’eau de partout et les brèches sont de plus en plus importantes et de plus en plus nombreuses. OSA et Miscavige n’arrivent plus à les colmater. Ils ont beau clamer que la scientologie ne s’est jamais aussi bien portée et qu’elle ouvre des églises hi-tech partout dans le monde, le fait est que plus personne ne les croit à part la poignée de fidèles irréductibles qui refusent de voir que le bateau est en train de sombrer alors qu’ils ont de l’eau jusqu’aux épaules.

Le scientologue n’a pas le droit de surfer sur internet et de jeter un coup d’œil aux sites « ennemis » ou « négatifs ». S’il le fait, il est convoqué en éthique pour un « réajustement » de sa pensée. Cela peut inclure des dizaines d’heures d’interrogatoires (sec checks, ou confessions) – aux frais du scientologue.

Le scientologue est l’esclave volontaire d’une idéologie qui prône la pensée unique.

D’après Hubbard, un scientologue est quelqu’un qui a appris à penser par lui-même et qui améliore les conditions de vie autour de lui.

Or, qu’observons-nous ?

Le scientologue lambda ne pense pas par lui-même, il régurgite du Hubbard à tout bout de champ.

Le scientologue n’améliore pas (ou très rarement) les conditions de vie autour lui car sa vie, c’est métro, boulot, sciento, dodo. Il n’a souvent même pas le temps de s’occuper de sa famille et de ses enfants et il se débat en permanence avec des problèmes d’argent et d’endettement car il donne tout ce qu’il gagne à l’église, alors comment voulez-vous qu’il améliore les conditions de vie autour de lui ? Il a déjà du mal à vivre correctement lui-même.

Oui, l’église de scientologie est toxique pour les scientologues.

Et elle l’est tout autant, bien que différemment, pour les ex-scientologues.

L’ex-scientologue a visité les sites « ennemis ». Il s’est renseigné. Peu à peu, il a découvert la vérité sur ce qu’est réellement l’église. Il a tenté de prévenir sa famille scientologue, ses amis scientologues, ses associés scientologues.

En vain.

Il a alors quitté l’église, plus ou moins bruyamment, et s’est fait excommunier. Sa famille et ses « amis » scientologues ont ensuite coupé les ponts avec lui. Ça l’a révolté.

Souvent, l’ex-scientologue décide alors de sauver les scientologues des griffes de l’église.

Mais le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?

N’est-il pas temps de passer à autre chose ?

N’est-il pas temps de laisser tout cela derrière soi et de commencer à se bâtir une nouvelle vie ?

A quoi bon vouloir sauver les scientologues ? Leur salut ne viendra pas de vous mais d’eux-mêmes. Toute prise de conscience est personnelle et autodéterminée.

Beaucoup d’ex-scientologues comme votre serviteur sont encore, malgré eux, connectés à l’église car ils y ont de la famille ou des amis. La déconnexion et l’excommunication ont pour effet de créer une situation d’oppression – pour les ex-scientologues comme pour les scientologues. Même lorsqu’on est sorti de l’église, on continue, d’une façon ou d’une autre, d’être opprimé.

Peut-être avez-vous de la famille ou des amis qui sont restés de bons petits paroissiens bien formatés et que cela vous énerve. Faites-vous une raison. Ces gens vous ont rayé de leur vie. Ils ne sont ni vos amis, ni les amis de l’humanité même s’ils prétendent le contraire. Ils ont donné leur accord à un système qui détruit les vies au lieu de les améliorer. Ils sont complices de Miscavige et de ses clones. D’une certaine façon ils SONT Miscavige.

Le jour où certains d’entre eux se réveilleront, accueillez-les à bras ouvert et aidez-les à décompresser et à surmonter le cauchemar qu’ils se sont eux-mêmes infligés.

Le plus difficile quand on coupe les ponts avec la scientologie, c’est de se pardonner à soi-même d’avoir été aveugle et d’avoir soutenu une organisation toxique.

C’est le premier pas vers la désintoxication.