Un message de Pierre Robillard à tous les scientologues canadiens

Ce message de Pierre Robillard s’adresse à tous les scientologues canadiens francophones.

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Mon nom est Pierre Robillard et je suis scientologue depuis 1969. J’ai été membre du personnel pendant près de 25 ans, surtout à  Montréal, et j’ai occupé la plupart des postes clés, tel que directeur-exécutif, superviseur des cas, etc.

Parce que j’étais là à ses débuts, j’ai toujours considéré l’org de Montréal comme une de mes responsabilités. Et j’ai toujours eu (et ai encore) une grande affinité pour cette org et tous les gens qui en font partie.

Je ne fais plus partie de l’Église de Scientologie traditionnelle depuis novembre 2012. Je suis un scientologue indépendant.

Le but de cette lettre est de communiquer mon désaccord vis-à-vis de l’interprétation faite de nos jours de la lettre de règlement  » L’Org Idéale. »

Il y a près de 6 ans, les paroissiens montréalais ont acheté un building et, depuis un mois, une campagne pour rénover ce building dans le but d’avoir une org idéale qui bat son plein.

Si quelqu’un étudie scrupuleusement cette lettre de règlement, il remarquera que la vocation principale d’une org idéale est de faire des clairs et des auditeurs compétents et de créer de nouveaux scientologues. L’org idéale est propre et attrayante sans être un palais royal. Mais le passage le plus important de cette lettre de règlement mentionne que l’org idéale SERAIT CONSTRUITE ÉTAPE PAR ÉTAPE EN POLISSANT ET EN AMÉLIORANT TOUTES LES FONCTIONS DE L’ORG.

C’était la façon d’opérer dans les années 70 et 80 et le programme d’anniversaire pour arriver à la taille de Saint Hill visait essentiellement à obtenir une org idéale en appliquant les règlements, avec comme récompense la mise au clair et plus des membres du personnel. L’org de Montréal a connu au début des années 80 une prospérité inégalée. Les annonces à la radio (CKOI) produisaient une vente minimum de 250 livres de Dianétique à des nouvelles personnes en une semaine. Les groupes de BOOK ONE (audition utilisant les méthodes prescrites dans le livre DSMSH) foisonnaient. Les heures d’audition atteignaient 450 heures par semaines. L’académie était remplie de gens qui étudiaient pour devenir des auditeurs et terminaient leurs cours. Les préclairs terminaient les grades et atteignaient le niveau de Clair.

Aujourd’hui, tout cela n’existe plus. On ne fait plus d’auditeur à Montréal. Ou si peu. En date de novembre 2012, il n’y avait pas d’auditeurs produits à Montréal depuis 1995. Ceux qui ont terminé des cours d’auditeur ont refait les classes avec l’âge d’or de la tech ou ont étudié à Flag ou ailleurs. On m’a présenté des listes d’auditeurs mais aucun auditeur n’a été produit à Montréal depuis 1995. Je pourrais élaborer davantage mais ce n’est pas le but de cette lettre. Sur le Web, il y a un site intitulé « Les amis de LRH » qui explique la différence entre la tech de LRH et la tech après la mort de LRH.

Voici comment on interprète de nos jours la lettre de règlement « L’org idéale. » On achète et rénove un building avec des spécifications extrêmement précises (lieu, taille, thème d’architecture, etc) et, bing, on a une Org Idéale ! On oublie l’étape première qui est de former les membres du personnel, faire des clairs et des auditeurs. L’org idéale est une bâtisse financée et rénovée au prix fort par les paroissiens et après on se débrouille avec ça.

A Toronto, on leur dit que lorsque le building sera totalement rénové, (en décembre 2012, il restait $7 millions à recueillir), un million de Torontois vont envahir l’org idéale par année et deviendront comme par magie des scientologues. Dans le film « Field of Dreams », le héros joué par l’acteur Kevin Costner entend des voix qui lui disent : « Build and they will come! » (bâtissez et ils viendront). Mais un building par lui-même ne fait pas des clairs ni des auditeurs.

Il y a un concept en Scientologie qu’on appelle BE-DO-HAVE (ÊTRE-FAIRE-AVOIR). Pour avoir ou obtenir quelque chose, il faut être ou avoir une certaine identité et agir en conséquence. Obtenir un building comme priorité est hors-séquence. C’est mettre la charrue avant les bœufs. Pour obtenir une org idéale, il faut être un staff ou un public actif, agir selon les lettres de règlement, faire des clairs, faire des auditeurs et des nouveaux scientologues et peut-être, éventuellement, acheter un building plus spacieux.

De plus, un building, c’est du MEST. On fait de la Scientologie surtout dans les niveaux d’OT pour atteindre des niveaux de spiritualité plus élevés et non pour s’étouffer dans le MEST. Quiconque dit le contraire n’est pas dans la bonne religion.

Nulle part dans les HCO PL de LRH trouve-t-on une mention de l’IAS, encore moins de Patron, Humanitaire et OT ambassadeur. Les PLs sur les memberships parlent d’une cotisation de $30.00 par an ou $75.00 à vie.

Il y a 2 lettres de règlement de base concernant l’achat de buildings. Dans la HCO PL « Building Fund Account » du 18 janvier 1965, il est écrit : « Chaque semaine, un pourcentage du revenu hebdomadaire doit être assigné au Fonds pour le Building, sans faute. Ce fonds sert à acheter un building et aucune autre solution est acceptable. »

Dans la PL « Ce que vous payez avec votre donation » (paiements pour l’entraînement et audition), il est écrit : « Où va votre argent ? La majorité de votre argent reste dans l’org pour s’assurer que le public ait un local pour recevoir de l’entraînement, l’audition et les matériaux, qu’il y ait de la promotion et que la qualité soit standard et efficace. »

AUTREMENT DIT, EN PAYANT POUR VOTRE PONT, TOUT LES FRAIS CONCERNANT L’ACHAT D’UN BUILDING SONT INCLUS. C’est ce que LRH a toujours écrit et l’org de Montréal sur Papineau et l’org de Toronto sur Yonge ont été achetées fin 70 avec les Réserves de la Sea Org.

Ce qui va se passer à Montréal, est ce qui se passe actuellement à Toronto.

J’ai déjà mentionné qu’à Noël 2012, il y avait encore $7.5 Millions à collecter. Il y a un tableau de Reconnaissance qui affiche les noms des donateurs en respectant les montants donnés. Par exemple, un Humanitaire a un statut plus élevé que Bienfaiteur ou Équipe Canada. Carol Nolan, en charge du projet étudie ce que vous avez déjà payé, votre potentiel (économies, REER, possibilités de prêts, héritage, deuxième hypothèque, etc) et décide du montant que vous devez payer. Autrement dit, on est très loin du pan-déterminisme et du but initial : MONTER LE PONT.

Il y a eu, à Toronto, 55 événements (soirées) pour l’org idéale de Toronto en moins d’un an. Chaque événement comprend la plupart du temps de la bouffe, de la musique, la remise des récompenses pour ceux qui ont contribué, un speech et, principalement, différents jeux pour collecter de l’argent. Un petit dépliant sur papier glacé en couleur de 4 pages est envoyé toutes les 3 semaines à Toronto et à travers le Canada pour informer et inciter les gens à donner davantage.

A qui profitent ces collectes? A CEUX QUI TRAVAILLENT À PRENDRE VOTRE ARGENT.

À Montréal, c’est Guy Peloquin et autres regs/FSM tel Robert Aumais. Les commissions pour ceux qui aident à récolter des fonds varient de 1% à 10%. Le reste va directement dans les réserves de la Sea Org ou de l’IAS.

Le pire dans tout ça, c’est qu’il est impossible d’avoir par écrit le montant des recettes et dépenses pour l’org idéale. Aux États-Unis, il y a des gens ayant investi jusqu’à 1 million pour une bâtisse qui voulaient savoir comment les fonds étaient dépensés et ils ont reçu une fin de non-recevoir, et quand ils ont insisté, ils ont finalement été expulsés de la Scientologie et déclarés suppressifs. Il y a plusieurs sites sur le Web qui expliquent ce phénomène.

Maintenant, admettons que la bâtisse de la rue Ste-Catherine devienne l’org idéale de Montréal. Qui en sera le propriétaire ? Pas l’org de Montréal. Pas les paroissiens qui auront tout financé. Comme aux États-Unis, ce seront des avocats inconnus. Comme partout ailleurs, les frais d’électricité et de téléphone seront beaucoup plus élevés – en plus de devoir payer chaque semaine au Landlord International un pourcentage pour occuper la bâtisse.

Mais là encore, est-ce que ça en vaudra la peine ? Il y a des dizaines d’exemples à travers le monde qui démontrent que ça n’en vaut pas la peine. Prenez l’org idéale de Cambridge (l’ancienne org de Kitchener. Elle avait recruté plus de 120 membres du personnel en décembre 2012 et maintenant il n’y en a plus que 65. Son revenu est de moins de $3000 par semaine. On y applique actuellement la condition de non-existence et on espère avoir la taille de Saint Hill en juillet 2014.

Mais pour un Montréalais, c’est beaucoup plus facile de trouver la réponse. Nous sommes très près de Québec qui a une org idéale depuis environ 5 ans.

Relisez la PL « L’org idéale » et comparez ce qui est écrit avec les statistiques principales de l’org de Québec (pas de stats farfelues mais les vraies stats d’une org : les services terminés et payés (paid completions), les wdh, les points d’étudiants, les nouveaux scientologues). Sans vouloir insulter l’org de Québec, ce n’est pas ce qui se passe. Combien de clairs Québec a-t-il produit depuis 5 ans ? Combien d’auditeurs ? Est-ce que le contrôle du PR (relations publiques) s’est amélioré? J’en doute. Le Narconon Trois-Rivières a été fermé par les services sociaux.

Est-ce que les staffs (il y en avait plus de 100 il y a 5 ans) sont à l’org à plein temps, montent leur pont et ne travaillent pas à l’extérieur (moonlighting) ? J’en doute. On ne nous parle plus que des cours des Basics (fondements). Moi, je parle d’auditeurs et de la route d’entraînement tracée par LRH. Actuellement, on ne nous parle plus que de l’Âge d’Or de la Tech n°2 qui va bientôt arriver et tout révolutionner. Ce ne sont que des paroles.

Pour contrer mon exposé, on va utiliser plusieurs stratagèmes. Premièrement, L’Église de Scientologie par l’intermédiaire du Bureau des Affaires Spéciales à Montréal (Jean Larivière) va envoyer à tous ceux qui auront lu ma lettre une panoplie de documents qui sont censés réfuter mes arguments. Là encore, relisez les PLs « L’Org idéale », « Le building fund account » et « Ce que vous payez avec votre donation ».

Il n’existe aucune PL écrite par LRH qui peut justifier l’IAS ou le programme actuel des orgs idéales.

On va aussi m’attaquer personnellement. On va dire que ca fait très longtemps que je ne suis pas sur les lignes, que je suis un rebelle, que je suis un apostat (un grand mot pour dire que j’ai renoncé à ma religion). Ce n’est pas vrai. Je n’ai pas renoncé aux écrits de LRH et je me considère être scientologue (comparez les mouvements scientologues indépendants avec le schisme entre les catholiques et les protestants au Moyen-âge et à la Renaissance). On va dire que je suis un squirrel. Il y a un vieux principe en Scientologie qui stipule que souvent les gens qui vous accusent d’actes néfastes ont en fait commis le même genre d’actes néfastes. Si appliquer à la lettre les lettres de règlement mentionnées dans le paragraphe précédent est un acte squirrel, alors je préfère être un squirrel.

On va dire que je suis influencé par quelques têtes fortes qui sont des SPs.  Je sais lire et observer.

On va aussi dire que j’aurais dû utiliser les lignes de commande de la Scientologie pour communiquer mes désaccords. Mais il n’y en a plus de lignes.

Il y a certains OTs de Montréal qui croient que tout ca n’est que peccadille ou arbitraire qui va se régler aisément. Permettez-moi en douter.

J’ai travaillé 70 000 heures en tant que staff et perçu en salaire $70 000 en 25 ans (taux horaire : $1.00). Cela n’a aucune importance si la philosophie et la tech de LRH demeurent intactes.

Je crois qu’un vrai scientologue doit faire en sorte que la Scientologie fonctionne. Je crois qu’un vrai scientologue doit regarder et non juste écouter. Il ne doit pas avoir peur de mettre sa vie en danger.

Je sais que la plus grande peur des scientologues et surtout des OTs est de perdre son Futur, son Éternité. Moi je dis que l’intégrité est ce qu’il y a de plus important. Un scientologue indépendant a dit : « Je n’ai pas perdu mon éternité. Je l’ai retrouvée. »

Merci de m’avoir lu.

Pierre Robillard