Le rundown de la vérité ou comment conditionner les scientologues

Dans cette interview réalisée par Mark Bunker, un ex-membre de la Sea Org, Bruce Hines, raconte comment on conditionne les « fauteurs de troubles » condamnés au RPF (Rehabilitation Project Force – le camp de « réinsertion » de la Sea Org). On appele ça le « Truth Rundown » (le rundown de la vérité).

Lorsqu’une personne débarque dans le RPF, on rassemble tous les rapports de connaissance, ou autres, qu’elle a écrits et dans lesquels elle dit des choses considérées comme négatives sur un membre du personnel, sur les cadres superieurs de l’église et son top management, sur la scientologie et sur L. Ron Hubbard. Puis, on les classe par ordre d’importance.

Ensuite on s’en sert pour soumettre la personne à une longue série de sec checks (confessions). L’auditeur lui demande : « Dans ce rapport tu as écrit telle et telle chose. Quand exactement as-tu observé cela ?

Réponse : Quand David Miscavige a donné un coup de poing dans le ventre à Ray Mithoff.

Auditeur : Très bien. Maintenant va jusqu’au tout premier moment où tu as observé cela.

La personne trouve un premier moment où elle a vu Miscavige agir de la sorte.

Auditeur : Bien. Juste avant d’observer ça, quel overt (acte nuisible) as-tu commis?

Donc, en fait, la personne doit trouver ce qu’ELLE  a fait de mal avant d’observer ce qu’elle a observé.

L’idée derrière tout ça, c’est que la personne a mal observé, qu’elle s’est trompée, qu’elle a halluciné.

La personne va alors trouver un overt, puis une chaîne d’overts similaires. Lorsqu’elle a trouvé le tout premier overt de la chaîne, on lui demande : « Y avait-il un but malveillant ou une intention destructrice qui t’a incité à commettre cet overt ? »

Autrement dit, maintenant que la personne a trouvé l’acte nuisible qu’elle a commis, elle doit trouver ce qu’il y a de mauvais et de malveillant en elle, le mal intérieur qui la ronge et qui l’a poussée à avoir une fausse observation, une hallucination. Puis, elle doit « effacer » cette intention destructrice.

Toutes les choses que la personne a dénoncées dans ses rapports sont traitées de cette façon.

Ensuite, on  pose une série de questions du genre « As-tu déjà dit des choses négatives sur la scientologie ? » As-tu déjà dit du mal de L. Ron Hubbard à quelqu’un ? » Et ainsi de suite – une liste interminable de questions de cet accabit, avec la procédure décrite ci-dessus. La « cognition » (prise de conscience) qu’on attend de la personne, c’est qu’elle a imaginé tout ce qu’elle a observé, qu’elle a halluciné. Cela fait partie du « phénomène final » (résultat demandé) de toutes ces actions.

Le tout dure généralement des mois. Tous les jours, la personne recherche le mal qui est ancré en elle.

Et lorsque ce programme est terminé, la personne pense que tout le monde est génial et que ce sont ses intentions destructrices qui l’ont fait halluciner. Tant qu’elle n’a pas eu cette cognition, elle reste sur le RPF. Il y a d’autres actions que la personne doit accomplir avant de sortir du RPF, mais cette interminable série de sec checks est la plus importante.

Vous avez dit inquisition ?