Vérité et mensonges

J’ai suivi avec attention les commentaires des derniers jours et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça chauffe.

Le 29 avril dernier, Marty Rathbun a publié un billet fort intéressant qui devrait remettre les pendules à l’heure.

Je l’ai en partie traduit et j’ai ajouté quelques commentaires çà et là.

Mes commentaires sont en caractères gras.

Le signe (…) indique qu’un passage du billet de Marty a été omis.

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Dans son cours de « Doyen de la Technologie » intitulé Classe VIII, L. Ron Hubbard suggère que l’état de conscience ultime qu’il est possible d’atteindre en scientologie (l’état d’OT – Operating Thetan – en français, Thétan Opérant) est simple. L’individu atteint cet état quand il s’est délesté de tous les mensonges. (…)

Effectivement, on ne saurait être un véritable OT si on continue de porter en soi, et avec soi, des mensonges.

Il en va de même pour la scientologie elle-même. En tant que sujet, elle renferme une technologie exceptionnelle qui permet à une personne de se défaire des mensonges au travers desquels cette personne filtre l’univers qui l’entoure. Le plus grand problème, lorsqu’on veut appliquer cette technologie et la propager, c’est l’interdiction auto-imposée de faire la distinction entre la technologie elle-même et les nombreux autres écrits scientologiques qui, eux, grouillent de mensonges.

Les mots clés, ici, sont « interdiction auto-imposée ».

A cause du manteau religieux dans lequel L. Ron Hubbard a choisi d’envelopper la scientologie, il n’est pas facile de faire la distinction entre les vérités qu’elle renferme et les mensonges qui l’encombrent. L. Ron Hubbard a écrit un vaste ensemble de doctrines qui diabolisent toute personne qui tente de poser un  regard critique sur ses travaux. En fait, le terme même de « critique » –  lorsque la critique visait Hubbard ou la scientologie – a été fermement redéfini en scientologie pour signifier : jugement  émis uniquement par des psychopathes criminels.

C’est ainsi qu’en 1967, Hubbard a publié dans un journal de scientologie un article adressé à tous les scientologues dans lequel il leur dicte la conduite à adopter.

Voici un extrait de cet article intitulé Ceux qui critiquent la scientologie : 

« Comprenez bien ce fait technique qui n’est pas juste une belle idée : Chaque fois que nous avons fouillé le passé d’une personne qui critique la scientologie, nous avons découvert des crimes pour lesquels elle serait passible d’une peine de prison en regard de la loi. Il n’existe pas de personnes qui critiquent la scientologie qui n’aient pas de passé criminel…

… Quand une personne vous critique, si vous vous montrez suffisamment féroce et insistant pour lui faire avouer son crime, vous l’obtiendrez, avec ou sans électromètre. Ne débattez jamais de la scientologie avec quelqu’un qui la critique. Débattez uniquement de ses crimes, qu’ils soient connus ou non. Et ne doutez pas un seul instant qu’ils n’existent pas. Car ils existent. »

Hubbard a publié, pour son église, des dizaines de pages de directives avec, pour instruction, d’enquêter sur les personnes qui critiquaient la scientologie afin de les détruire. Pour démontrer la véracité du « fait technique » énoncé ci-dessus, Hubbard a créé un service de renseignement appelé le Guardian’s Office (G.O.). Le G.O. a dû se rendre à l’évidence : ce « fait technique » était erroné. Hubbard a alors ordonné au G.O. de laisser tomber les enquêtes et de fabriquer des preuves, puis de les « découvrir », puis de les rendre publiques. Dans ses directives, Hubbard a été particulièrement malveillant et impitoyable avec tous ceux qui tentaient de clarifier, de peaufiner ou de simplifier la technologie de la scientologie dans le but de la rendre plus accessible et efficace. Un seul mot d’ordre : détruire ces personnes.

En 1955, dans l’un des Bulletins de l’Auditeur Professionnel (Professional Auditor’s Bulletin – P.A.B.) , Hubbard dit aux scientologues comment ils doivent traiter les scientologues qui ne se conforment pas aux principes religieux de la scientologie :

« Personnellement, si j’étais à la place d’un auditeur qui découvre que tout part à vau-l’eau dans son secteur et que cet auditeur laisse faire, j’aurais le sentiment de ne pas avoir fait tout ce qui est en mon pouvoir pour propager la scientologie dans ce secteur. Moi, je me serais débarrassé du cinglé qui a causé tout ce micmac avec une telle vivacité qu’il aurait eu l’impression d’avoir été percuté par un poids lourd, et quand je dis « percuté », je ne veux pas dire par la pensée. La différence entre un auditeur apathique et moi, c’est que  je me bats et que je vais jusqu’au bout des choses. »

Hubbard décrète ensuite que ce genre de « cinglé » doit être traîné en justice comme suit :

« Le but de l’action en justice n’est pas de gagner, mais de harceler et de décourager. On peut très facilement se servir de la loi pour harceler. Si on harcèle suffisamment quelqu’un qui sait très bien qu’il n’a pas l’autorisation de pratiquer, et qui est donc sur le fil du rasoir, on provoquera généralement sa ruine professionnelle. Bien entendu, si possible, détruisez-le complètement. »

Hubbard a continué de traiter les « squirrels » de cette façon jusqu’à la fin de sa vie. (Squirrel : nom donné par Hubbard à ceux qui n’appliquent pas la scientologie à la lettre.) Et c’est exactement de cette façon qu’il a traité son propre auditeur à la fin des années 70, un certain David Mayo, qui a été le dernier auditeur d’Hubbard et que ce dernier avait lui-même nommé superviseur mondial de la technologie scientologique. Lorsque Mayo commença à pratiquer la scientologie en dehors de l’église au début des années 80, Hubbard ordonna que Mayo soit « écrabouillé comme un insecte ». Pourquoi une telle fureur ? Parce que Mayo avait eu le culot de vouloir « clarifier » la scientologie en avançant que les aspects violents et revanchards de la technologie de L. Ron Hubbard n’étaient pas la vraie scientologie.

C’est à cause de tout cela que le Bureau des Affairs Spéciales (Office of Special Affairs – O.S.A. – le service de renseignement de la scientologie qui a succédé au G.O.) continue de vouloir détruire toute personne (y compris ma femme et moi) qui s’élève pour dire la vérité en ce qui concerne la scientologie. Ce n’est pas parce que David Miscavige l’a ordonné. C’est parce qu’O.S.A. est tenu, de par le caractère religieux de la scientologie, d’essayer de nous détruire par tous les moyens possibles.

Effectivement, dans la mesure où tous les écrits de Hubbard sont des textes sacrés, le paroissien lambda est tenu de les appliquer à la lettre et de combattre activement quiconque ne les applique pas à la lettre.

RJ 38 (qui date du nouvel an 1984) est très révélateur. Hubbard y fait l’éloge de RTC, pourfendeur d’innombrables « squirrels ».

L’attitude violente et réactive envers les « squirrels » a été implantées si profondément chez les scientologues que même dans le mouvement récent de la scientologie indépendante (un mouvement que l’église de scientologie qualifie de « squirrel »), il existe des gens qui qualifient de « nazis », « criminels de guerre » et « gestapistes » tous ceux qui tentent de faire la distinction entre la technologie qui fonctionne et l’énorme quantité de mensonges qui vérole le sujet.

Ironiquement, cette attitude hostile fermement implantée est diamétralement opposée aux attitudes, états d’esprit et états de conscience qu’une application sensée et rationnelle des procédés de scientologie est capable de produire.

(…) Dans la mesure où nous serons capables de faire la distinction entre ce qui fonctionne en scientologie et ce qui l’handicape (en particulier, la radicalisation), les idées de L. Ron Hubbard survivront. Dans la mesure où le processus de différentiation sera tué dans l’œuf, ses idées mourront.(…)

Je vous laisse, amis squirrels, méditer sur ces réflexions fort pertinentes.