Narconon, le commencement de la fin ?

Ça va mal pour Narconon, très mal.

Après la fermeture de sa branche du Québec en 2012,  Narconon doit maintenant faire face à une vingtaine de procès aux États-Unis. Parmi les chefs d’accusation : homicide involontaire, escroquerie à l’assurance, abus de confiance, exercice illégal de la médecine, faux témoignage, parjure, trafic de drogue, obtention de faveurs sexuelles en échange de drogues, faux et usage de faux, etc – la liste est longue et sordide. Pour rappel, l’an dernier, trois patients sont morts à Narconon Arrowhead, en Oklahoma, en l’espace de neuf mois.

Mais la longue descente aux enfers de Narconon ne fait que commencer.

Hier, 26 avril 2013, sur ordre du gouvernement régional, la police effectué une descente à Narconon Géorgie, près d’Atlanta, et saisi tous les ordinateurs et des dizaines de cartons de dossiers médicaux et de documents financiers.

Mary Morton, l’une des plaignantes qui attaque Narconon Géorgie en justice, raconte que Narconon avait envoyé à sa compagnie d’assurance une facture de plus de 166 000 dollars pour le traitement de sa fille Emily alors qu’elle avait déjà entièrement réglé le traitement. On appelle ça escroquerie à l’assurance.

Ce raid de police contre Narconon Géorgie met David Miscavige et l’église de scientologie dans une position intenable – surtout que, dans au moins trois des poursuites en justice, le dictateur et l’église sont directement cités.

Que peut faire Miscavige ?

– Soit il laisse tomber Narconon comme une vieille chaussette pour éviter d’y être associé de près ou de loin, et les plaignants seront sûrs de gagner leurs procès, ce qui ouvrira la voie à d’autres procès et condamnera à moyen terme tous les centres Narconon.

– Soit il se bat bec et ongle pour défendre Narconon, ce qui équivaudrait à admettre que Narconon et l’église de scientologie ne font qu’une, mais il serait alors certain de perdre le combat car, au vu des chefs d’accusation, il apparaît clairement que Narconon est désormais une organisation criminelle qui mérite d’être condamnée.

Pour l’instant, personne n’a été inculpé, mais cela ne saurait tarder.

Cette affaire est bien plus grave pour l’église qu’il n’y paraît. Narconon risque de devenir la brèche par laquelle les autorités américaines pourraient s’infiltrer pour faire tomber Miscavige et l’église.

Celle-ci a beau nier qu’elle n’a rien à voir avec Narconon, le fait est que le programme Narconon est, et a toujours été, de la scientologie. Sur le site officiel de l’église, il existe un lien « Narconon » dans la rubrique « Liens apparentés » (Related Sites), en bas de la page d’accueil. Il ne serait pas étonnant que ce lien disparaisse du jour au lendemain.

Le dictateur va-t-il lancer un nouvel « appel aux armes » pour essayer de sauver Narconon ? Cela semble improbable, car de nombreux paroissiens risqueraient d’aller jeter un coup d’œil sur internet pour en savoir plus – chose que Miscavige veut éviter à tout prix.

Le calvaire du dictateur et de son église ne fait que commencer. Nous sommes les premiers à nous en réjouir.