La sacro-sainte sécurité des matériaux d’OT – Acte 1

A l’heure où tous les matériaux des niveaux d’OT, les anciens comme les nouveaux, sont disponibles sur Internet, ce nouveau billet de notre ami Emile Louis-Marc démontre que l’église de Miscavige ne recule devant rien pour instaurer une paranoïa inutile et ridicule chez les pré-OT. Nous ne sommes plus en scientologie, nous sommes chez Ubu. Bonne lecture.

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Quand vous attestez clair, vous êtes fin prêt pour parcourir les niveaux d’OT. (Niveaux supérieurs de la scientologie.). Vous vous rendez donc dans ce qui est appelé une organisation avancée pour gravir les échelons.

Je passe sur les embûches du parcours. En effet, je les ai décrites dans des précédents billets. Non, là je vais vous parler de la sécurité.

Une sécurité entière et absolue veut dire que vous ne sortez plus de chez vous, que vous êtes enfermé dans un bunker et que vous ne communiquez avec personne. Comme ça, sécurité maximale et neurasthénie assurées.

Il y a donc toujours un moment où la sécurité devient relative. Il faut donc l’appliquer avec bon sens.

C’est justement ça qui fait défaut dans les organisations avancées. Au hasard, prenons Flag… J’aime bien prendre la Mecque de l’Imperfection Technique comme exemple car ce sont les rois en la matière.

Avant d’aller dans la salle de cours confidentielle, il faut bien sûr obtenir l’accord de RTC, après moult sec-checks au cas où on aurait volé un caramel mou dans le buffet et qu’on ne l’aurait pas dit…

Enfin, ca y est, on est invité à faire le niveau. Ouf ! Maintenant,  il faut aller chercher son badge magnétique format carte de Tarot, avec sa photo. On le met autour du cou, et on décide d’un code secret qui est enregistré dans la section sécurité, située au-dessus de HCO sur l’organigramme. Car en plus du sésame, il faut avoir un code secret.

Ça y est. Je me balade avec le précieux sésame. Celui qui me permet de franchir toutes les portes à codes de sécurité. Pas peu fier au début… Ça m’amuse. Je vois une porte avec un digicode et hop, je place mon badge devant et, miracle, la porte s’ouvre. Un vrai môme. Soit dit en passant, les portes des salles de cours confidentielles ne s’ouvrent qu’avec un code, pas avec le badge. La rigolade ne dure pas. Je croise un public qui me fait remarquer que le badge ne doit pas se porter ostensiblement  sur la chemise, mais entre le torse et la liquette. Ah ! Et pourquoi donc ? Pour éviter qu’on le prenne en photo, me répond-t-on. Fichtre, des paparazzis à Flag…..Allons bon, manquait plus que ça.

Avoir un badge implique une responsabilité. Si on le perd, Trahison à remonter de suite et niveaux d’OT pouvant devenir inaccessibles. Diable… De plus, quand on dort la nuit, il faut garder ce badge sur soi. C’est la règle. Génial. Impossible de dormir avec ce truc, car dès que je change de position, la plaquette me rentre dans les côtes. Du coup, je la mets sous le lit, entre le matelas et le sommier. Bonne idée. Là, on ne peut rien me reprocher. Mais attention, le matin, la première chose à faire est de récupérer le précieux grigri, car sinon, hop, Trahison à remonter. Faut être bien réveillé, je vous le dis. En général la première chose à laquelle je pense le matin est le café…Mais là, pas le choix. Ensuite la douche. Impossible de se doucher avec ce truc, car l’eau risque de l’abimer. Du coup obligé de le placer bien en vue. On ne sait jamais, dès fois qu’un lutin mal avisé me le vole. (Dans une chambre d’hôtel de la sea org fermée à clé, gardée par la section de sécurité, on croit rêver.)

J’arrive donc la première fois dans cette salle de cours ultra confidentielle. Séquence émotion. Accueil et interview par le course admin. Il m’explique qu’il faut que je garde ma checksheet avec moi tout le temps. Et quand il dit tout le temps, c’est tout le temps. Exemple. Vous êtes assis à une table, votre checksheet (feuille de contrôle) devant vous. Vous vous levez pour prendre un dictionnaire sur l’étagère situé à deux mètres, il faut prendre votre checksheet avec vous. Sinon, c’est une condition de Danger à remonter de suite. Sans blague… Mais à quoi ça sert, demandai-je une fois ? Réponse : On ne sait jamais. Pour rappel, on est dans une salle de cours confidentielle où seuls les admis peuvent aller. Totalement débile. Autre réponse : C’est pour vous habituer à la sécurité. Ah, ben oui….CQFD

Toutes les feuilles des matériaux utilisés ont des fils métalliques à l’intérieur. Ces feuilles sont reliées entre elles dans un classeur, qui lui-même à un fil électrique se terminant avec une fiche jack. Cette fiche jack doit être placée dans une fiche femelle située sur les tables. Chaque table de cours possède plusieurs fiches femelles, comme ça il y a de la place pour tout le monde et tous les classeurs des matériaux confidentiels.

Là où on se marre, c’est que quand vous voulez bouger un classeur de place. Vous débranchez la fiche jack. Et là, ça bloque les portes. Plus personne ne peut entrer ou sortir de la salle, tant que vous n’avez pas rebranché la fiche jack.

Déjà, c’est compliqué, mais alors là, c’est le bouquet. Qu’il y ait des fils métalliques dans les feuilles, avec des détecteurs à l’entrée de la salle de cours, comme dans les grands magasins, pourquoi pas ? Mais les fiches jack, fallait y penser.

D’autant plus qu’il y a des courts-jus avec les fiches jack. Ben oui, à force de les brancher et de les débrancher, il y a des faux contacts, et forcément, de temps en temps, ça ne connecte plus. Une fois, on est resté bloqués une heure dans la salle sans pouvoir sortir. Envie de pipi, monsieur le superviseur…

La mallette à code de sécurité reste en dehors de la salle de cours, dans un sas sécurisé. Mais attention, quand vous sortez votre dossier « brûlant de confidentialité » de l’attaché-case, vous devez le garder serré contre vous et entrer le plus vite possible dans la salle de cours, sous peine d’out-sécurité. Mince, je me suis planté de code… Flunk, recommence.

Suite dans l’acte 2

Emile Louis-Marc