Narconon, le commencement de la fin ?

Ça va mal pour Narconon, très mal.

Après la fermeture de sa branche du Québec en 2012,  Narconon doit maintenant faire face à une vingtaine de procès aux États-Unis. Parmi les chefs d’accusation : homicide involontaire, escroquerie à l’assurance, abus de confiance, exercice illégal de la médecine, faux témoignage, parjure, trafic de drogue, obtention de faveurs sexuelles en échange de drogues, faux et usage de faux, etc – la liste est longue et sordide. Pour rappel, l’an dernier, trois patients sont morts à Narconon Arrowhead, en Oklahoma, en l’espace de neuf mois.

Mais la longue descente aux enfers de Narconon ne fait que commencer.

Hier, 26 avril 2013, sur ordre du gouvernement régional, la police effectué une descente à Narconon Géorgie, près d’Atlanta, et saisi tous les ordinateurs et des dizaines de cartons de dossiers médicaux et de documents financiers.

Mary Morton, l’une des plaignantes qui attaque Narconon Géorgie en justice, raconte que Narconon avait envoyé à sa compagnie d’assurance une facture de plus de 166 000 dollars pour le traitement de sa fille Emily alors qu’elle avait déjà entièrement réglé le traitement. On appelle ça escroquerie à l’assurance.

Ce raid de police contre Narconon Géorgie met David Miscavige et l’église de scientologie dans une position intenable – surtout que, dans au moins trois des poursuites en justice, le dictateur et l’église sont directement cités.

Que peut faire Miscavige ?

– Soit il laisse tomber Narconon comme une vieille chaussette pour éviter d’y être associé de près ou de loin, et les plaignants seront sûrs de gagner leurs procès, ce qui ouvrira la voie à d’autres procès et condamnera à moyen terme tous les centres Narconon.

– Soit il se bat bec et ongle pour défendre Narconon, ce qui équivaudrait à admettre que Narconon et l’église de scientologie ne font qu’une, mais il serait alors certain de perdre le combat car, au vu des chefs d’accusation, il apparaît clairement que Narconon est désormais une organisation criminelle qui mérite d’être condamnée.

Pour l’instant, personne n’a été inculpé, mais cela ne saurait tarder.

Cette affaire est bien plus grave pour l’église qu’il n’y paraît. Narconon risque de devenir la brèche par laquelle les autorités américaines pourraient s’infiltrer pour faire tomber Miscavige et l’église.

Celle-ci a beau nier qu’elle n’a rien à voir avec Narconon, le fait est que le programme Narconon est, et a toujours été, de la scientologie. Sur le site officiel de l’église, il existe un lien « Narconon » dans la rubrique « Liens apparentés » (Related Sites), en bas de la page d’accueil. Il ne serait pas étonnant que ce lien disparaisse du jour au lendemain.

Le dictateur va-t-il lancer un nouvel « appel aux armes » pour essayer de sauver Narconon ? Cela semble improbable, car de nombreux paroissiens risqueraient d’aller jeter un coup d’œil sur internet pour en savoir plus – chose que Miscavige veut éviter à tout prix.

Le calvaire du dictateur et de son église ne fait que commencer. Nous sommes les premiers à nous en réjouir.

Luis Garcia va-t-il faire tomber la scientologie de Miscavige pour escroquerie ?

Fin janvier, Luis Garcia et sa femme, des ex-scientologues américains qui avaient versé plus de 1,3 millions de dollars à l’église de scientologie  (dont quelque 420 000 dollars pour le projet Super Power), ont attaqué cette dernière en justice pour escroquerie. L’un de leur douze chefs d’accusation était que malgré les nombreuses annonces publiques de Miscavige concernant l’ouverture imminente du building de Super Power, celui-ci était toujours fermé.

Garcia couple

Début mars, les avocats de l’église ont alors tenté d’obtenir du juge James Whittemore qu’il déboute les Garcia et les oblige à passer par le système d’arbitration interne de la scientologie pour obtenir leur remboursement.

Les Garcia et leur avocat viennent de contre-attaquer en fisant valoir que le système d’éthique de la scientologie est fait de telle façon qu’un scientologue demandant un remboursement à l’église ne l’obtiendra jamais. En effet, dès qu’un scientologue demande son remboursement, il est automatiquement excommunié. Donc, lorsqu’il veut se rendre dans une église pour effectuer les étapes qui mènent au remboursement, on ne le laisse pas entrer puisqu’il est désormais persona non grata.

Pour étayer ses arguments, Luis Garcia a monté un dossier composé de nombreuses déclarations sous serment d’ex-scientologues proéminents qui confirment qu’obtenir son remboursement en scientologie est une quasi-impossibilité et un chemin de croix.

Parmi ces ex-scientologues, Marty Rathbun. Dans sa déclaration sous serment, Rathbun dit que, sur ordre de Miscavige, il a lui-même élaboré tout le système actuel qui rend les remboursements impossibles ou, au mieux, très difficiles. A cette déclaration, il joint toutes les HCO PL concernant le sujet.

Marty_Rathbun

Marty Rathbun, lorsqu’il était Inspecteur Général de RTC

Lorsque le juge lira ces HCO PL, sa réaction pourrait être violente.

Si les Garcia venaient à gagner ce procès, ils ouvriraient la voie à des centaines de scientologues et d’ex-scientologues qui aimeraient bien récupérer tout l’argent qu’on leur a extorqué.

Nous vous tiendrons au courant de l’évolution de cette affaire qui s’annonce passionnante.

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En bonus, voici le lien de la lettre que Luis Garcia a envoyée à David Miscavige le 6 novembre 2010. Elle est en anglais.

La scientologie de Miscavige est une escroquerie

La scientolgie est probablement, à l’heure actuelle, le mouvement le plus malhonnête du monde. Elle escroque ses paroissiens sans le moindre scrupule.

L’accusation est grave mais ô combien fondée. Jugez plutôt.

Un superviseur des cas (personne qui supervise et programme les auditions) fait parvenir une estimation technique à un paroissien concernant le nombre d’intensives (une intensive = douze heures et demie d’audition) dont il va avoir besoin pour sa prochaine étape d’audition. Disons, par exemple, que la prochaine étape d’audition du paroissien est le niveau appelé Nouvel OT V (un niveau élevé – l’étape la plus élevée de l’église étant OT VIII). Le superviseur des cas examine les dossiers d’audition du paroissien et décrète que ce dernier aura besoin de 6 à 8 intensives, dont deux intensives de set-up et d’éligibilités. Les set-ups, ce sont des actions d’audition qui préparent le paroissien pour sa prochaine étape. Les éligibilités, ce sont des sec-checks (confessions) destinés à s’assurer que le paroissien ne traîne pas des casseroles susceptibles d’empêcher ses progrès spirituels. Chez les non-scientologues, on appelle ça des interrogatoires.

Donc, ce paroissien, muni de ces informations fournies par le superviseur des cas, va regarder l’état de ses finances. Il lui faut huit intensives. Il pourrait en acheter six, mais c’est risqué car il pourrait lui manquer une ou deux intensives si jamais l’audition ne se déroule pas comme prévu. (De nos jours, l’audition, totalement pervertie par Miscavige, se déroule RAREMENT comme prévu.) Donc, notre paroissien décide de se payer un « package » de huit intensives. En scientologie, on offre des « packages » pour attirer le client. Un package de huit intensives donne droit à 40% de réduction. En gros, ça fait huit intensives pour le prix de cinq. Une aubaine ! Sauf que même avec 40% de réduction, huit intensives, ça fait quand même la bagatelle de trente-cinq mille euros !

Le paroissien est plutôt embêté. Il a réussi au cours des 16 derniers mois à verser à Saint Hill (une église anglaise qui dispense OT V) un accompte de douze mille euros en vidant son compte épargne, en se privant de vacances et en ne remplaçant pas sa vieille voiture pourrie qui n’arrête pas de tomber en panne. Mais où va-t-il trouver les vingt-trois mille euros qui lui manquent ? Il attendrait bien encore un an ou deux pour rassembler la somme manquante, mais le registrar (VRP en poste dans les églises dont le travail est de faire cracher les paroisiens au bassinet) l’appelle dix fois par semaine à n’importe quelle heure du jour et de la nuit (souvent même au travail) pour l’exorter à payer la somme manquante et à venir faire OT V le plus vite possible. Le reg (registrar) est une espèce de morpion hyper coriace qui ne lâche jamais sa victime. Si le paroissien hésite ou se montre réticent ou annonce qu’il n’a pas l’argent, le reg lui envoie les arguments suivants à la figure :

– La vie du paroissien est en danger. Il faut faire OT V le plus vite possible car, techniquement, il court de gros risques à ne pas franchir cette étape dans les plus brefs délais.

– L’immortalité du paroissien est en jeu. Veut-il vraiment renoncer à la liberté totale ?

– Le paroissien doit « manier ». Cet emploi bizarre du verbe « manier » est une traduction littérale du verbe anglais « to handle ». En gros, le paroissien doit se débrouiller comme il veut, il faut qu’il trouve ces vingt-trois mille euros, point barre !

– Le paroissien, en faisant l’étape d’OT V, va acquérir des aptitudes fabuleuses qu’il n’aurait jamais imaginées possibles même dans ses rêves les plus fous. (Le reg ne dit pas quelles aptitudes car il n’en a aucune idée. Il a lui-même reçu très peu d’audition.)

Souvent le reg « aide » le paroissien à trouver l’argent en proposant un certain nombre de « solutions » : emprunter à un membre de la famille, faire un emprunt à la banque sous de faux prétextes (un grand classique), hypothéquer un bien immobilier, vendre sa voiture, etc.

Après avoir été harcelé pendant des mois, le paroissien réussit péniblement à rassembler les vingt-trois mille euros manquants. Il a emprunté une grosse partie de la somme à une soeur non scientologue qui gagne très bien sa vie. Le reste, il l’a obtenu en faisant un crédit revolving (grave erreur – les revolvings, c’est mortel si on ne les rembourse pas très vite.)

Le paroissien décide de venir faire OT V à Saint Hill en juillet pendant les vacances d’été. Il utilisera l’argent des congés payés pour le gîte et le couvert chez l’habitant. Durée estimée du séjour : trois semaines. Sa femme et ses enfants iront passer les vacances chez sa mère, à la campagne.

Une fois que le paroissien est sur place, les choses ne se passent absolument pas comme prévu.

Pendant les éligibilities, on découvre que que le beau-frère du paroissien, un non-scientologue, est journaliste. Alerte rouge ! Le paroissien se mange trois intensives de confessions. On découvre finalement que le beau-frère est journaliste sportif et qu’il est spécialisé dans le golf. Ouf ! Fausse alerte. On passe aux set-ups et là, ça va. A peine une demi-intensive. Restent quatre intensives et demie. Cela va être juste mais c’est jouable.

Notre paroissien est maintenant super stressé. Il a un problème permanent : va-t-il réussir à finir dans les temps ? Son audition se passe mal. L’auditeur ne respecte pas le code de l’auditeur et passe son temps à faire des listes de correction et à chercher les overts (actes nuisibles) et les retenues (overts non révélés) du paroissien.

Les huit intensives ont été utilisées et les trois semaines se sont presque écoulées. Le superviseur des cas décrète soudain qu’en examinant les dossiers du paroissien, il a découvert qu’il n’était pas « Clair », état indispensable pour faire les étapes d’OT. Il faut que le paroissien refasse toutes les étapes qui conduisent à l’état de Clair. Estimation : quatre intensives. Le paroissien proteste. Il n’est pas d’accord avec les conclusions du superviseur des cas et, de toute façon, il doit rentrer chez lui car il reprend le travail lundi, sans compter qu’il n’a pas le moindre sou sur son compte pour se payer les quatre intensives. Il annonce qu’il part le lendemain.

Impossible. Il n’aura le droit de partir que s’il a l’autorisation du superviseur des cas. De plus, il doit faire son « leaving sec-check » (confession de départ obligatoire lorsqu’on est sur les étapes d’OT). Ce leaving sec-check est payant, bien évidemment. N’ayant plus d’argent, le paroissien est obligé de signer des « open invoices » (des reconnaissances de dette où l’heure d’audition est facturée plein pot à 450-500 euros de l’heure). Le paroissien est tellement énervé qu’il met 22 heures à terminer son leaving sec-check. Blam ! 10 000 euros de dette.

Il réussit in extremis à attraper le ferry en roulant comme un malade  et en commettant moult infractions au code de la route.

Il reprend son travail.

Non seulement, il n’a pas terminé l’étape d’OT V, mais il a dix mille euros de dettes, il a un revolving qui lui coûte la peau des fesses et sa soeur n’arrête pas de l’appeler pour lui demander quand il la remboursera. En outre, tant qu’il n’aura pas remboursé les dix mille euros de ses open invoices, il ne pourra pas recevoir la moindre audition. De plus, il doit désormais refaire les étapes qui mènent à l’état de Clair.

Il s’est fait escroquer.

1) Toutes les confessions (inutiles) qu’il a reçues ne sont pas de l’audition et devraient donc être gratuites. Ce sont des « actions de justice » en jargon scientologique.

2) Si le superviseur des cas découvre que de l’audition passée a été ratée, elle devrait être remboursée ou recréditée sur le compte que le paroissien possède à l’église. Faire payer les erreurs des auditeurs et des superviseurs des cas est une escroquerie. Si vous achetez un ordinateur qui tombe en panne au bout de deux mois, on vous le rembourse ou on vous le remplace.

3) La pratique de l’open invoice est de l’extorsion pure et simple.

Dans cet exemple, le paroissien a dépensé trente cinq mille euros POUR RIEN et il est reparti avec une ardoise de dix mille euros. Merci la scientologie.

Mais il y a bien pire que ça.

En moyenne, un niveau comme OT V ne devrait pas prendre plus de quatre ou cinq intensives.

Nous connaissons pas mal de personnes qui ont payé 20, 30, voire 40 intensives pour finir OT V. Un paroissien est parvenu péniblement à la moitié d’OT V après plus de 30 intensives. Un autre n’a toujours pas terminé après 40 intensives (on a « découvert » qu’il devait refaire ses Objectifs). Un autre encore est mort après plus de 40 intensives.

Dépenser plusieurs centaines de milliers d’euros pour ne pas terminer un niveau d’audition, voilà ce qui attend le scientologue lambda.

Le pire dans tout ça, ce n’est pas que les paroissiens continuent bêtement de payer pour une audition pourrie, c’est que l’église continue de soutirer de l’argent aux paroissiens sans la moindre notion d’échange.

En général, quand on paye pour un produit, on obtient le produit.

En scientologie, quand on paye pour un produit, les chances de l’obtenir sont très maigres. En scientologie, quand on paye pour un produit et que l’on ne l’obtient pas, on paye à nouveau dans l’espoir de l’obtenir, et ainsi de suite.

En scientologie, on paye jsuqu’à ce qu’on soit ruiné, malade ou mort.

En scientologie, la seule façon d’atteindre la liberté totale, c’est de mourir ruiné et malade. Là, on est enfin délivré.

Scientologues, demandez votre remboursement. Vous avez été grugés et trahis.

Jenna Miscavige rejette la scientologie (et on la comprend)

Le mois dernier, devant la commission sénatoriale, concernant le livre de Jenna Miscavige-Hill, le « révérend » Eric Roux affirmait : « Dans ce que j’ai lu, il y a des choses absolument fausses, quand elle parle de son oncle. On est dans un contexte complètement américain, il n’y a qu’en France que ce livre a été traduit. Même aux Etats-Unis, il n’a pas le succès qu’il a en France. »

Faux. Le livre marche très bien aux USA. Et il a même été n°1 au Canada. Il a aussi été traduit en allemand.

Le 11 février dernier, un article de trois pages était publié dans le magazine américain People. Il faut savoir que ce magazine compte 46 millions de lecteurs. C’est le magazine américain le plus lu. C’est le genre de magazine qu’on trouve dans les salles d’attente des médecins et des dentistes, dans les salons de coiffure, etc. La durée de vie d’un numéro, après sa publication, se compte en mois.

Cet article est un véritable camouflet pour l’église de Miscavige car Jenna y est très claire : elle rejette la scientologie en bloc.

Sa seule source de bonheur, à l’heure actuelle, c’est d’avoir pu fonder une famille – chose qu’elle n’aurait jamais pu faire dans la Sea Org.

Miscavige a réussi l’exploit de transformer sa propre nièce en une ennemie féroce de la scientologie.

46 millions d’Américains sont désormais convaincus que la scientologie est un mouvement criminel et dangereux dirigé par un fou.

Nous souhaitons bien du plaisir aux body-routers (recruteurs qui font du prosélytisme dans la rue)  des églises américaines.

A part ça, tout va bien, Lors de la sauterie en Technicolor du 13 mars, le dictateur a affirmé sans sourciller que la scientologie ne s’est jamais aussi bien portée.

Combien de temps perpétuera-t-il le mensonge ?

Nous connaissons tous la réponse : tant que l’argent continuera d’affluer dans ses caisses.

Cliquez sur les images pour les agrandir.

Jenna1

Jenna2

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La vidéo de l’audition d’Eric Roux a été mise en ligne sur le site du Sénat. Les images donnent beaucoup plus de relief à la profonde bêtise du révérend. Il réussit parfaitement, à l’instar de son dieu, David Miscavige, à précipiter l’effondrement inéluctable de l’église. Qu’il en soit remercié.

Le jargon des scientologues

Le scientologue lambda utilise souvent un jargon ridicule qui bafoue allègrement les règles élémentaires de la langue française.

En voici quelques exemples :

« Aujourd’hui, j’étais sur le cours. » Ah oui ? Où ça exactement ? Au plafond ? A l’étage supérieur ?

« Il faut auditer le pc dans la chaise. » Ça ne veut strictement rien dire.

Un jour, j’ai entendu un scientologue dire à un non-scientologue : « Ce film était très restimulant. » L’autre n’a rien compris mais n’a rien dit. J’ai pris le scientologue à part un peu plus tard et je lui ai dit que le mot « restimulant » était un terme technique. Étonnement du scientologue. Il croyait que c’était un mot courant de la langue française. Certain scientologues utilisent des mots techniques dans la vie de tous les jours et courent le risque de passer pour des Martiens. Autre exemple de phrase utilisée à tort et à travers : « C’est pas réel pour moi. » Oui, et ce n’est surtout pas réel pour celui qui entend cette expression.

Maintenant prenons les mots « manier » et « maniement », traduction littérale (et stupide) de « handle » et « handling ».

« J’y arrive pas. » « Eh bien, t’as qu’à manier. »

« Ça devrait s’arranger. J’ai fait un maniement. »

« Je suis allé me faire manier en éthique. »

Il y a de nombreuses façons de traduire « handle » et « handling ». Mais le scientologue lambda endoctriné préfère massacrer la langue française. « Manier » est un autre mot que les scientologues utilisent dans la vie courante, semant autour d’eux l’incompréhension. Revoyez la définition française du mot.

« Chapeau » est un autre exemple d’usage incorrect et grotesque. « Il n’a pas porté son chapeau. » « Le chapeau de l’étudiant. » « Il n’est pas chapeauté. » (Cette dernière expression est particulièrement risible.). Le verbe « to hat » a été inventé par LRH et ne saurait être traduit par « chapeauter » qui veut dire totalement autre chose en français (superviser, contrôler, avoir la responsabilité de). On pourrait le traduire, dans ce contexte, par « former ». Le substantif anglais « hat », quant à lui, doit être traduit par « casquette », mot français courant qui désigne un poste. « J’ai plusieurs casquettes : producteur, réalisateur et monteur. »

Ce ne sont là que quelques exemples.

Si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à nous les communiquer.

La sacro-sainte sécurité des matériaux d’OT – Acte 2

Le calvaire continue. Suite et fin du billet d’Emile Louis-Marc.

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Une fois maitrisée la gymnastique d’entrer dans le sas (entre la salle de cours confidentielle et le couloir) avec la mallette, de sortir le dossier, de refermer ladite mallette (à clef, sinon c’est Trahison à remonter) et de s’engouffrer dans la salle de cours, on pourrait croire que ça y est, on a tout compris sur la sécurité.

Las… Nous ne sommes que sur le sommet de l’iceberg.

Quand vous attaquez la section solo audition, vous vous auditez. Jusque-là,  tout va bien ou presque.

Les plus friqués s’auditent à Sandcastle. Ils sortent du cours et hop, dans la chambre juste au dessus, et « in session ». Risque de sécurité minimal. D’autant plus que, comme il faut faire un examen après chaque séance, il suffit de monter deux étages. Pratique. Mais onéreux… La chambrette coûte entre 2 et 300$ la nuit. Quand vous restez 30 jours… je vous laisse calculer. (Nourriture non comprise.)

Les moins friqués, et c’était mon cas, on s’auditait au Yachtman. (Quand même 54$ la nuit.) Assez loin.  A pied, 2 bons kilomètres. Possiblilté de prendre la navette mais c’est toutes les 20 minutes. Risque de sécurité maximal. Sans compter les retards de la navette, les coups de chaud, car on est sous les tropiques, et le risque réel, si vous venez à pied, de se faire braquer la mallette. (Minime quand même car le quartier est assez tranquille). Ouf, on arrive à l’examinateur. Tout va bien, l’aiguille flotte.

Il faut aussi que vous sachiez que quand vous vous baladez dans la base du Sandcastle, votre mallette doit avoir un cordon de sécurité qui la relie à votre ceinture.

Discret…

Quand j’ai demandé pourquoi, on m’a répondu que c’est pour éviter le vol à l’arraché. Ah ! Ben oui, c’est vrai qu’à l’intérieur du Sandcastle, c’est pire qu’à la Courneuve ou Vénissieux… Sans blague. Ils poussent même le vice à ce qu’un responsable de la sécurité essaie de vous piquer la mallette. Gare à vous s’il n’y a pas le précieux cordon. Vous connaissez la sentence : Trahison à remonter. C’est lassant à la longue, car répétitif.

J’oubliais. Si vous sortez de la base à pied avec la mallette, il ne faut pas oublier de débrancher le cordon ombilical, car sinon, réellement, les gens que vous croisez dans la rue, risquent de vous prendre pour un diamantaire venu d’Anvers et, bien sûr, de vouloir piquer la précieuse mallette… Idem : Oubli = Trahison. Je vois que vous apprenez vite.

Un jour, j’ai eu le malheur de discuter sécurité avec un autre solo nots français, où il m’expliquait, que dans l’avion, il prenait sa mallette pour aller pisser. Discrétion absolue ! C’est vrai, quoi de plus naturel que d’aller pisser avec son attaché-case ?

Tous les passagers vous prennent instantanément pour un membre d’Al-Qaïda.

J’ai donc tenté d’expliquer à l’autre pingouin que c’était mieux d’aller pisser sans, car comme ça, aucun soupçon ne risquait de s’éveiller. Pas de bol, je suis tombé ce jour là sur un « intello » qui ne voulait pas démordre de son point de vue.

C’est vrai, des fois qu’un passager chourre la mallette, mette un parachute et saute du Boeing volant à plus de 10 000 mètres d’altitude…

Vous me croirez si vous voulez, mais cette anecdote est vraie. L’abruti m’a même fait un rapport car j’avais osé discuter sécurité avec lui et il a fallu que je m’explique en HCO. Quelle stupidité!

Que vous ne lâchiez pas votre mallette dans le métro, dans un TER ou RER, je comprends. Mais dans un avion ?

Retour au bercail avec les matériaux. Chaud les marrons. Il faut avoir préparé un coffre. Ce dernier doit être vissé avec de longues tiges dans le sol ou dans le mur, pour éviter le vol. Soit dit en passant, un coffre inviolable n’existe pas.

J’ai essayé de faire comprendre à un gars de la sécurité à Flag qu’en Europe, les maisons anciennes à la campagne sont différentes des maisons aux USA. Chez nous, c’est de la pierre. Chez eux, souvent du carton-pâte. Dur de la comprenette, le petit gars. Je lui disais que plutôt que de mettre bêtement un coffre, il suffisait de planquer ça dans une alvéole faite dans un mur, avec une pierre devant. Comme ça, personne n’y voit rien, et là on est proche de l’inviolabilité.

Rien à faire. La règle est un coffre. Le reste est out-sécurité et c’est Trahison….Encore et toujours.

Je vous passe toutes les fois où vous devez vous balader dans votre pays avec les matériaux, car pour ne jamais faire d’out-sécurité, il faut être balaise.

J’oubliais. Vous voulez vous prendre un petit week-end à la mer, histoire de vous ïoder les poumons. Vous vous dites, je laisse les matériaux dans le coffre pour deux jours. Eh bien non, trop facile.

Soit vous emmenez la mallette, soit vous mettez quelqu’un chez vous pour garder le coffre, (la personne doit être OTVII, pas en dessous), soit vous ne partez pas en week-end. J’avais trouvé la solution, je l’emmenais. Pas moyen d’être peinard…

Mais une fois à l’hôtel pour passer la nuit, quoi faire de cette mallette qui ne devait pas me quitter ? Les mecs de la sécurité à Flag m’avaient dit de dormir avec.

Non pas possible….Mais si, et même qu’elle devait être attachée au poignet.  L’enfer… Essayez de dormir avec une mallette attachée au poignet, vous m’en direz des nouvelles.

Finalement, je faisais la même chose qu’avec  le foutu badge : je la mettais entre le matelas et le sommier et, au petit matin, hop je la récupérais… Car si je l’oubliais, je ne vous fais pas un dessin. Le mot commence par T et finit par N. Là où ça coinçait un peu, c’ était de descendre dans la salle de petit déjeuner avec un attaché-case. Encombrant, mais bon…

C’est ce que l’on appelle un excès de règles de sécurité. C’est fait pour introvertir encore plus les pré-OTs. Bon d’accord, il peut exister des gens négligents, c’est vrai. Mais là, c’est pire que tout. Vous vivez et vous vous auditez au travers d’un stress permanent.

Ironie de l’histoire, cela n’a jamais empêché les fuites. C’est là que c’est drôle et presque hilarant. En fait c’est pathétique, stupide et totalement inutile.

Eric Roux devant la commission d’enquête sénatoriale

Aujourd’hui, ça se bouscule un peu au portillon.

Après la vidéo du reportage de RMC Découverte,voici le lien du compte-rendu de l’audition d’Eric Roux devant la commission d’enquête sénatoriale.

C’est assez long (et souvent ennuyeux) mais cela mérite d’être lu.

Roux excelle dans l’art de noyer le poisson – mais il n’y réussit pas toujurs.

Il se montre poliment agressif et il est douteux qu’il se soit fait beaucoup d’amis ce jour-là.

A un moment, il dit que 50% du livre de Jenna Miscavige contient des mensonges (l’un des sénateurs lui fait alors remarquer que les autres 50% contiennent donc la vérité), puis un peu plus tard, il avoue n’avoir pas lu le livre, juste des extraits, car il n’en a pas eu le temps. Il a dû se rappeler à la dernière seconde qu’en PR, il ne faut jamais mentir. Mais le mal était déjà fait car, pour critiquer le livre, il s’est contenté d’ânonner la lettre de protestation officielle de l’église qu’il a publiée il y a quelques semaines sur son blog. Pas très pro, ça, mon cher Roux.

En tout cas, grâce à lui, nous apprenons aussi que le premier livre de dianétique de 1950 est un ouvrage sacré – comme la Bible. Bravo, Eric. Là, vous avez convaincu tout le monde.

Nous n’en dirons pas plus. Courage et bonne lecture.

Afin de vous laisser le temps de réagir sur la vidéo et le présent compte-rendu, nous publierons le prochain article dimanche ou lundi.

La plus ancienne des orgs idéales est encore en non-existence !

Nous avons décidé de publier (en français) le dernier billet de Mike Rinder.

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Malheureusement, la promo ci-dessous n’est pas une blague.

Y a t-il une limite à leur dépravation ?

Ils utilisent carrément des ENFANTS pour vendre leurs p… de livres reliés cuir destinés à financer la campagne de non-existence de la plus ancienne des orgs idéales ! Alors, comment elle avance, ta stratégie des Orgs Idéales, David Miscavige ? Au bout de dix ans, ils commencent à envisager de sortir de non-existence. A condition, bien sûr, que suffisamment de gamins vendent suffisamment de livres.

Merci à notre correspondant local de nous avoir envoyé cette promo (sauf qu’il n’a jamais été public de l’org de Buffalo, ce qui constitue un léger outpoint).

Lisez. Il y a de quoi pleurer.

buffalo non ex

Traduction (assez libre) de la promo :

Je soutiens la campagne de dissémination de non-existence de l’org idéale de Buffalo.

J’aide à vendre des livres reliés cuir pour la campagne de non-existence de l’org idéale de Buffalo afin de contribuer à l’expansion de la scientologie dans la région.

Une fois que la campagne sera lancée, elle permettra aux gens de savoir que nous sommes là et ils viendront dans l’org pour se faire aider.

La scientologie m’ai aidé et je veux renvoyer le flux pour que d’autres puissent être aidés.

Luke Uzarowski, Buffalo, New York (10 ans).

FAITES UNE DONATION POUR LA CAMPAGNE DE NON-EXISTENCE DE L’ORG IDÉALE DE BUFFALO AUJOURD’HUI !

Appelez le (n° de tél) ou répondez à cet email.

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Nous espérons que les gros donateurs français pour l’org idéale de Paris auront le courage de lire cet article et prendront conscience qu’ils jettent leur argent par les fenêtres.

10 ans après, la toute première org idéale est toujours en non-ex.

Le programme des orgs idéales est un fiasco. Allez faire un tour à Bruxelles ou à Berlin, si vous ne nous croyez pas.

La sacro-sainte sécurité des matériaux d’OT – Acte 1

A l’heure où tous les matériaux des niveaux d’OT, les anciens comme les nouveaux, sont disponibles sur Internet, ce nouveau billet de notre ami Emile Louis-Marc démontre que l’église de Miscavige ne recule devant rien pour instaurer une paranoïa inutile et ridicule chez les pré-OT. Nous ne sommes plus en scientologie, nous sommes chez Ubu. Bonne lecture.

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Quand vous attestez clair, vous êtes fin prêt pour parcourir les niveaux d’OT. (Niveaux supérieurs de la scientologie.). Vous vous rendez donc dans ce qui est appelé une organisation avancée pour gravir les échelons.

Je passe sur les embûches du parcours. En effet, je les ai décrites dans des précédents billets. Non, là je vais vous parler de la sécurité.

Une sécurité entière et absolue veut dire que vous ne sortez plus de chez vous, que vous êtes enfermé dans un bunker et que vous ne communiquez avec personne. Comme ça, sécurité maximale et neurasthénie assurées.

Il y a donc toujours un moment où la sécurité devient relative. Il faut donc l’appliquer avec bon sens.

C’est justement ça qui fait défaut dans les organisations avancées. Au hasard, prenons Flag… J’aime bien prendre la Mecque de l’Imperfection Technique comme exemple car ce sont les rois en la matière.

Avant d’aller dans la salle de cours confidentielle, il faut bien sûr obtenir l’accord de RTC, après moult sec-checks au cas où on aurait volé un caramel mou dans le buffet et qu’on ne l’aurait pas dit…

Enfin, ca y est, on est invité à faire le niveau. Ouf ! Maintenant,  il faut aller chercher son badge magnétique format carte de Tarot, avec sa photo. On le met autour du cou, et on décide d’un code secret qui est enregistré dans la section sécurité, située au-dessus de HCO sur l’organigramme. Car en plus du sésame, il faut avoir un code secret.

Ça y est. Je me balade avec le précieux sésame. Celui qui me permet de franchir toutes les portes à codes de sécurité. Pas peu fier au début… Ça m’amuse. Je vois une porte avec un digicode et hop, je place mon badge devant et, miracle, la porte s’ouvre. Un vrai môme. Soit dit en passant, les portes des salles de cours confidentielles ne s’ouvrent qu’avec un code, pas avec le badge. La rigolade ne dure pas. Je croise un public qui me fait remarquer que le badge ne doit pas se porter ostensiblement  sur la chemise, mais entre le torse et la liquette. Ah ! Et pourquoi donc ? Pour éviter qu’on le prenne en photo, me répond-t-on. Fichtre, des paparazzis à Flag…..Allons bon, manquait plus que ça.

Avoir un badge implique une responsabilité. Si on le perd, Trahison à remonter de suite et niveaux d’OT pouvant devenir inaccessibles. Diable… De plus, quand on dort la nuit, il faut garder ce badge sur soi. C’est la règle. Génial. Impossible de dormir avec ce truc, car dès que je change de position, la plaquette me rentre dans les côtes. Du coup, je la mets sous le lit, entre le matelas et le sommier. Bonne idée. Là, on ne peut rien me reprocher. Mais attention, le matin, la première chose à faire est de récupérer le précieux grigri, car sinon, hop, Trahison à remonter. Faut être bien réveillé, je vous le dis. En général la première chose à laquelle je pense le matin est le café…Mais là, pas le choix. Ensuite la douche. Impossible de se doucher avec ce truc, car l’eau risque de l’abimer. Du coup obligé de le placer bien en vue. On ne sait jamais, dès fois qu’un lutin mal avisé me le vole. (Dans une chambre d’hôtel de la sea org fermée à clé, gardée par la section de sécurité, on croit rêver.)

J’arrive donc la première fois dans cette salle de cours ultra confidentielle. Séquence émotion. Accueil et interview par le course admin. Il m’explique qu’il faut que je garde ma checksheet avec moi tout le temps. Et quand il dit tout le temps, c’est tout le temps. Exemple. Vous êtes assis à une table, votre checksheet (feuille de contrôle) devant vous. Vous vous levez pour prendre un dictionnaire sur l’étagère situé à deux mètres, il faut prendre votre checksheet avec vous. Sinon, c’est une condition de Danger à remonter de suite. Sans blague… Mais à quoi ça sert, demandai-je une fois ? Réponse : On ne sait jamais. Pour rappel, on est dans une salle de cours confidentielle où seuls les admis peuvent aller. Totalement débile. Autre réponse : C’est pour vous habituer à la sécurité. Ah, ben oui….CQFD

Toutes les feuilles des matériaux utilisés ont des fils métalliques à l’intérieur. Ces feuilles sont reliées entre elles dans un classeur, qui lui-même à un fil électrique se terminant avec une fiche jack. Cette fiche jack doit être placée dans une fiche femelle située sur les tables. Chaque table de cours possède plusieurs fiches femelles, comme ça il y a de la place pour tout le monde et tous les classeurs des matériaux confidentiels.

Là où on se marre, c’est que quand vous voulez bouger un classeur de place. Vous débranchez la fiche jack. Et là, ça bloque les portes. Plus personne ne peut entrer ou sortir de la salle, tant que vous n’avez pas rebranché la fiche jack.  

Déjà, c’est compliqué, mais alors là, c’est le bouquet. Qu’il y ait des fils métalliques dans les feuilles, avec des détecteurs à l’entrée de la salle de cours, comme dans les grands magasins, pourquoi pas ? Mais les fiches jack, fallait y penser.

D’autant plus qu’il y a des courts-jus avec les fiches jack. Ben oui, à force de les brancher et de les débrancher, il y a des faux contacts, et forcément, de temps en temps, ça ne connecte plus. Une fois, on est resté bloqués une heure dans la salle sans pouvoir sortir. Envie de pipi, monsieur le superviseur…

La mallette à code de sécurité reste en dehors de la salle de cours, dans un sas sécurisé. Mais attention, quand vous sortez votre dossier « brûlant de confidentialité » de l’attaché-case, vous devez le garder serré contre vous et entrer le plus vite possible dans la salle de cours, sous peine d’out-sécurité. Mince, je me suis planté de code… Flunk, recommence.

Suite dans l’acte 2

Emile Louis-Marc