L’ennemi

Voici une traduction d’un article que Marty Rathbun a posté hier sur son blog. Il nous a aimablement donné la permission de le publier en français.

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L’ennemi

Dans le cadre de mon article intitulé Scientology Regression, j’ai répondu à deux reprises à des commentaires pour dire qu’il n’y a pas d’ennemi ; la maladie, c’est d’en avoir un.

Apparemment, la Scientologie inculque la croyance ferme selon laquelle il existe des gens qui méritent l’étiquette « ennemi » et qu’il faut les réduire à l’impuissance et se débarrasser d’eux ou, dans certains cas, les forcer à  se comporter et à agir de façon acceptable. Je suis sûr que quelqu’un va s’opposer à cette affirmation en citant l’article Qu’est-ce que la grandeur ? publié en 1966 dans un magazine. Auquel cas, quelqu’un d’autre pourrait tout aussi facilement citer la HCO PL La responsabilité des leaders, qui fut publiée en tant que règlement l’année suivante et qui justifie le meurtre de l’ennemi d’un dirigeant puissant à condition qu’il soit perpétré secrètement.

Vous avez même un procédé d’auto-audition en scientologie qui est destiné aux gens dont les actes, selon le verdict des autorités du groupe, leur a valu l’étiquette d’ennemi. La formule de cette condition, la condition d’ennemi, exige de l’individu qu’il change l’essence même de son être – le concept même de son identité – afin de se conformer aux desideratas des puissants qui dirigent le groupe. Ce procédé peut être plutôt déstabilisant et destructeur lorsqu’on considère que « découvrir qui on est » constitue le produit final du pont lui-même de la Scientologie. De plus, pour être à nouveau acceptée par le groupe, la personne doit suivre d’autres étapes, dont l’une consiste à « livrer un coup efficace, malgré le danger que cela comporte pour soi, aux ennemis du groupe dont on a prétendu faire partie. »

Je pense qu’il peut être bénéfique pour quelqu’un qui a adhéré aux croyances de la Scientologie de réfléchir à la notion d’ennemi qui lui a été inculquée, ainsi qu’au fait de coller à des gens l’étiquette « ennemi » et de les traiter comme tel. Réfléchissez à l’effet que cela pourrait avoir sur vos relations avec les autres et votre tranquillité d’esprit. Si vous désirez méditer sur l’attitude à adopter face à quelqu’un qui déclare que vous êtes son ennemi(e), voici un extrait du Tao Te King qui pourrait vous aider. Cet extrait décrit ce qu’est un « grand homme » :

Il conçoit son ennemi comme étant l’ombre que lui-même projette.

Marty Rathbun – 21 mars 2013