RJ 68 – La suite

Voici un billet de Marie-Antoinette concernant RJ 68. Un grand parfum de nostalgie nous envahit et nous incite à ressortir nos vieux vyniles.

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RJ 68 marque une époque.

La guerre du Vietnam fait rage… Si je pouvais vous raconter cette histoire sur fond musical, je choisirais Jimi Hendrix… Janis Joplin… le Jefferson Airplane…ou Mama Cass… ou le Grateful Dead – la liste est longue des musiciens mythiques de l’époque.

Oui, certains, un nombre non négligeable, faisaient de la sciento.

Les missions californiennes étaient pleines à craquer d’étudiants qui faisaient du training zéro. Pour la plupart, des « beautiful people » (le terme qu’emploie Ron est très précis). Ils ont vingt ans ou moins, la rencontre avec la sciento est pour eux la découverte qu’il existe une tech pour mener à bout leur quête spirituelle commencée par la méditation, la lecture de Krishnamurti, mais le plus souvent en fumant de la marijuana et en expérimentant le LSD.

A cette époque, LRH développe le Class 8 Drug Rundown, qui commence par la réhabilitation des états de libération atteint sous drogue. Il a compris pourquoi les gens ayant pris des drogues restaient collés dans leur libération qui agissait comme un engramme en étant une attention fixée sur la piste de temps. Puis il décrit sur la grade chart les états qui peuvent être atteints, des états dont l’humanité rêve depuis le commencement des temps. L’original OT 6 (supprimé de la grade chart depuis 1982) a pour phénomène final : « Aptitude à opérer à  l’extérieur du corps ».

Les orgs débordent de publics, les missions américaines atteignent quelquefois 100 staffs ou plus. Le problème est de trouver une chaise pour s’asseoir et on audite dans les placards à balai.

Telles sont les orgs idéales de l’époque. Du reste selon les Data Series, la scène idéale est un instantané du moment où la stat était la plus haute, et à cette époque, il est probable qu’un nombre non négligeable d’orgs et même de missions étaient « St Hill Size ».

Mais continuons avec le contexte de l’époque : le monde est séparé entre « beautiful people » et « pigs ». Les « pigs » sont les middle class, exactement tels que LRH les décrit dans un des derniers bulletins incontestablement écrits par lui (« PTSness more about » de 1982). Les pigs sont les flics qui interrompent le concert de Jim Morisson, ils sont au FBI, ils bossent pour J. Edgar Hoover dans des opérations comme COINTELPRO où ils peuvent harceler les mouvements contestataires. Et la Scientologie est sur la liste noire de Hoover et de Nixon (et déjà sous Johnson et même Kennedy) et L Ron Hubbard fait partie des gens que l’on doit abattre.

Hubbard est un précurseur de l’antipsychiatrie, personnifiée par  David Cooper, Ronald Laing, Thomas Szasz (cofondateur de CCDH). Mais Ron a commencé à dénoncer la barbarie des traitements dès 1950. On peut considérer qu’il a tracé une voie que d’autres ont suivi dans la dénonciation des abus psychiatriques. C’est le cinéma qui va populariser cette cause auprès du grand public « Family Life » de Ken Loach en 1971,  le fameux « Vol au-dessus d’un nid de coucou » avec Jack Nicholson en 1975, « Frances » en 1983, avec Jessica Lange, un film poignant et révoltant sur la vie d’une star de cinéma détruite par la psychiatrie.

La trace de l’œuvre de Hubbard existe dans la société. En 1969, il écrit un texte appelé : « Le retard culturel » disant que la société a un retard culturel (entre 50 et 100 ans) par rapport aux découvertes de la Dianétique. Et c’est juste : de nombreuses thérapies maintenant existent qui ressemblent à la Dianétique. Mais le sujet originel est désormais honni, emprisonné entre les griffes d’un monopole qui en a détruit l’esprit.

Mais Hubbard ne trace pas seulement la route. Par moments, il est carrément prophétique. Je m’excuse de ne pas pouvoir vous citer la référence exacte, cette citation fait partie des bandes de l’étude. Dans une de ces bandes, il dit que le monde gris des petits employés de bureau, des conformistes, des flics, va exploser… Il réfléchit un instant et dit : « En 1968, ça sera en 1968 ». La conférence date de 1964.

Tout cela pour replacer le Hubbard de RJ68, le Hubbard des « beautiful people » qui vient de donner le cours de Class 8 et de découvrir OTIII, et qui par son code de réforme va donner une impulsion immense à la Scientologie, une montée en puissance qui durera pendant toutes les années 70, et qui s’achèvera par la parution en mars 1982 de la première policy pondue par les « pigs » qui se sont emparés de l’église : OT eligibility.  Entre 1968 et 1982, l’eligibility n’existe pas et pour cause, elle est hors policy.

L’erreur de base dans une organisation est L’INSPECTION AVANT LES FAITS. Cela veut dire : inspecter avant que quelque chose de négatif ne soit arrivé.

Le fait de violer cette règle est si épouvantable que ça a détruit toutes les grandes civilisations – les Romains, l’Empire Britannique, toutes. Car chaque flux est ralenti ou stoppé.

(…) Les passeports, la douane, les règles de sécurité, l’interférence du gouvernement avant que quelque chose de mauvais ne se soit produit, aboutissent à une SOCIÉTÉ SUPPRESSIVE et par conséquent, rapidement à une société morte.

Le fait de sanctionner les criminels après les faits n’entraîne pas la majorité des gens vers l’état de criminel.

HCO PL  du 6 février 1968 – Organisation — L’erreur  (OEC Vol 0, p. 66)

Comme on peut s’en rendre compte, les OTs sont traités comme des criminels et sont ralentis et stoppés. Pourquoi sec-checker sans arrêt des gens qui sont supposés être naturellement éthique ?

Mais pour un suppressif, être vraiment un clair ou OT, ça doit être le pire des crimes ! Ça le rend dingue ! (voir bulletin « OT Level » de 1982)

Voici la policy à laquelle LRH se réfère dans RJ68 quand il dit que les sec checks ont été abolis, elle est dans les anciens volumes verts. Je suis désolée, mais je n’ai pas trouvé de traduction française.

HCO PL 26 Aug. 1968 “Security Checks Abolished

The practice of security checking from security check lists like the “Joburg” has been abolished.

There are several reasons for this:

  1. We have no interest in the secrets and crimes of people and no use for them.
  2. Security checking is often done without regard to the point where the person feels better and so became overrun.
  3. Security checking is often done in disregard of the state of a person’s case.
  4. Low level cases do not react on actual crimes and so the “security” furnished is often a false security.
  5. There is public criticism of security checking as a practice.
  6. The existence of lists of crimes in folders often makes it necessary to destroy the folder which may contain other technical data which is constructive and valuable.
  7. If a person is a criminal or has overt acts which affect his case, and speaks of them to an auditor of his own volition, the auditor is bound by the Auditor’s Code not to publish, use or reveal them.

Nothing in this policy letter alters standard grade processing or rudiments.

L. Ron Hubbard – Founder

Cette PL parle d’elle-même.

Bien à vous,

Marie Antoinette